DU CHAISE DANS LA VIEILLESSE
Le crftno peut être frappé dans son développement dès le début de la vie inlrautérine ; l'arrôt de développement est parfois complet, c'est-à-dire qu'il porte & la fois sur les vésicules encéphaliques et les vésicules crâniennes ; il en résulta! à la naissance une absence du crinc nommée acéphalie, et que Béclard appelait aci'ânie.
Les vésicules encéphaliques ou nerveuses peuvent élre seules frappées d'arrêt, tandis que lu capsule crânienne parcourt les diverses périodes de son développement. On conçoit toutefois que la voûte, qui se moule sur l'encéphale, ne puisse pas oITrir une disposition normale, puisque l'encéphale manque ; mais la base du crâne est bien formée. Cet état constitue l'ani-ncép/ialie.
A la place du cerveau existe parfois une masse ruugeàtre fibrineuse rappelant l'aspect du tissu érectile, ce qui constitue la pseudeneéphalie.
L'acéphalie, l'auencéphalie et la pseudeneéphalie s'accompagnent souvent d'arrêt de développement portant sur d'autres organes et sont d'ailleurs, bien entendu, incompatibles avec la vie extra-utérine.
Je rappelle que le cerveau est recouvert par les méninges : dure-mére, arachnoïde et pie-mère ; qu'il est enveloppé de tous cfilés par un liquide, le liquide céphalo-rachidien, et présente dans son intérieur des cavités appelées ventricules, lesquelles, au début de la vie intra-utérine, correspondent à l'axe du tube encéphalo-rachidien et contiennent de ce liquide. Or il peut se présenter à la naissance l'un des états suivants :
1" A travers un trou de la voûte crânienne les méninges seules font hernie au dehors et constituent une tumeur remplie de liquide et appelée méningocèle,
2" En mtme temps que les méninges une portion du cerveau sort à l'extérieur et se trouve dans la tumeur. Celle-ci, constituée par les méninges, une couche de liquide et une partie de l'encéphale, peut en conséquence être appelée wi^n'ingo-encéphiilocèle. Mais, comme il est impossible quole cerveau sorte au dehors sans être accompagné de ce qui l'entoure, membranes et liquide, le mot seul d'ennf/j^"/uc4°/e exprime la même idée.
3" L'encéphale est hors de la boite crânienne, mais celte sorte d'expulsion du cerveau est due à lu présence d'une quantité anormale de liquide dans la cavité ventriculaire : c'est alors un hydrencëphalocèle. Presque tout l'encéphale peut ainsi être repoussé Sx l'extérieur, et la boite crilnieune ne plus contenir que du liquide.
•*" Le cas précédent, ou Vhtfdrencéphalocèie, ne se produit évidemment que si l'hydropiste ventriculaire est apparue à une époque où la voûte crânienne n'olfrait aucune résistance ; la preuve en est que, si cette hydropisie survient plus tard, après l'ossificatioD du crâne membraneux, il se produit une distension générale de la voûte, et non plus une tumeur extérieure limitée. Cette distension totale de la voûte crânienne par suite d'une hydropisie intra-ventriculaire constitue V hydrocéphalie.
Nous avons déjà parlé plus haut (p. 33i de la microcé/i/inlie. 11 était tout naturel de rapprocher ces diverses tumeurs du crâne de celles qu'on observeplus fréquemment sur le trajet du canal racbidien et qu'on désigne sous le nom de spitui bifida; il est bien évident qu'elles procèdent les unes et les autres d'une cause identique : aussi Cruveilhier désignait-il v-a vices de conformation sous le nom de spîna bifida cnhum. Si la méningocèle, l'encéphalocële et l'hydrencéphalocèle, peuvent être dis-
tinguées l*une de Tautre théoriquement, ainsi que nous venons de le faire, 3 convient d'ajouter qu'au point de vue pratique il faut les confondre sous le nom d*encéphaIocèIe. Cette dernière est une tumeur de la voûte du crâne, occupant le plus souvent Tocciput et la racine du nez, toujours congénitale, communiquant avec la cavité crânienne par un trou ou une simple fente, et par conséquent plus ou moins réductible, siégeant sur la ligne médiane ou dans son Yoi> sinage, contenant dans son intérieur les méninges, une couche de liquide, el presque toujow*s (1) une portion plus ou moins considérable d'encéphale.
Le praticien doit donc bien se tenir en garde contre les tumeurs congénitales du crâne, car Textirpation, la simple ouverture d'une encéphalocèle (ainsi qn^ la science en compte nombre d'exemples) détermine ordinairement une méningo-encéphalite mortelle. Il est bon de savoir d'ailleurs que des sujets atteints d'encéphalocMe, même assez volumineuse, peuvent vivre longtemps sans présenter les moindres troubles dans leur santé générale, ce qui rend mieux compte des méprises faites par certains praticiens distingués.
Deux théories sont en présence pour expliquer les divers vices de conformation qui précèdent: une ancienne et une nouvelle.
L'ancienne rattache à des arrêts de développement ces divers états pathologiques ; d'après la nouvelle théorie, préconisée surtout par M. Spring (i), U sortie de l'encéphale et des méninges est une véritable hernie qui se produit après la formation de la voûte crânienne. La lésion résiderait dans une altération primitive des méninges donnant lieu à une méningocèle limitée, laquelle, pressant de dedans en dehors sur les parois crâniennes, en déterminerait l'usure.
Sans vouloir entrer dans les détails d'une discussion qui n'a pas un grand intérêt pratique, nous dirons que la théorie de Tarrôl de développement renduD compte plus satisfaisant des faits observés et s'applique surtout mieux à leur ensemble.
L'hydrocéphalie, constituée par une hydropisie iutra-ventriculaire, peut être très-légère, distendre modérément la voûte crânienne, le front surtout, et guérir spontanément. Mais elle peut atteindre des proportions énormes, et l'on voit alors une voûte du crâne deux fois plus volumineuse, je suppose, que celle d'un adulte, surplomber à la manière d'un immense chapiteau une petite face d'enfant. Dans ces cas, quelques chirurgiens, Malgaigne entre autres, ont essayé d'intervenir par la ponction et la compression de la cavité crânienne, mais saDs résultats favorables. Cependant, en présence d'une affection qui ne peut guérir, qui condamne le malade à une sorte de vie végétative, on est autorisé, ce me semble, à tenter de nouveaux efforts pour arriver sinon à le guérir complètement, du moins à améliorer son état. La ponction ne pourra être tentée que dans les premiers temps de la vie, alors que le crâne est mou et encore susceptible de subir un mouvement de retrait. Si la voûte crânienne est ossifiée, aucune intervention chirurgicale ne sera rationnelle, puisque la ponction produirait un vide que rien ne saurait combler, si ce n'est un nouvel épanchement.
L'ossification de la voûte du crâne suit chez les hydrocéphales une marche régulière au début de la vie, mais, dès qu'elle est complète et que la voûte ne peut plus se distendre sous la pression du liquide, il se produit une sorte de
(I) La mciiingocèlo o»t très-rare ; toutefois M. le D' Emile Lcpichc en a rapporté deux cas dans •on intéressante thèse inaugurale (1871;.