‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 3)Chapitre 19 sur 142 · C. — DU CRANE DANS LA VIEILLESSE · texte numérisé non relu

C. — DU CRANE DANS LA VIEILLESSE

En ce qui concerne les modiûcations que subit le crâne dans Tàge adulte, nous renvoyons au chapitre qui traite de la synostose, mais nous devons dire quelques mots de Vétal sénîle du crâne^ sujet remarquablement étudié en 1869 par M. Sauvage dans sa thèse inaugurale.

Lorsque le cerveau commence à diminuer de volume, ce qui arrive en moyenne à partir de cinquante ans, d'après les recherches de M. Broca, les os du crâne subissent eux-mêmes un mouvement de désassimilation auquel on a donné le nom ^'atrophie sénile. Cette atrophie commence en moyenne à Tàge de soixante-cinq ans. Sur 28 cas dans lesquels le sexe a été examiné, M. le docteur Sauvage a trouvé Tatrophie chez 22 femmes et chez 6 hommes : d*où il conclut que le sexe féminin possède pour Tatrophie sénile une prédisposition au moins trois fois plus forte que le sexe masculin.

L*atrophie du crâne est caractérisée par Tamincissement des parois, qui peuvent être réduites à 1 millimètre d'épaisseur et même à 0°*"',3, d'après M. Sauvage. Mais Tatrophie, qui est alors pathologique, s'observe très-rarement à ce degré. La table externe s'affaisse ; la table interne, plus fragile encore que chex Tadulte, tend à reprendre Taspect lisse du crâne de Tenfant ; les cellules du diploé s'agrandissent en même temps que les canaux veineux se multiplient et augmentent de volume.

L*atrophie sénile pathologique est essentiellement liée à la circulation artérielle et ne se rencontre que sur le trajet des artères méningées. Les artères le plus souvent ossifiées à cet âge de la vie déforment les sillons. Aussi trouve-t-on sur leur trajet une résorption du tissu osseux pouvant porter sur les deux tables et le diploé. 11 se fait une telle usure que la destruction de la table interne peut être complète et le diploé lui-même largement attaqué par le vaisseau ; la table externe disparaît aussi, de sorte qu'il en résulte une perforation de la boite crânienne.

L'atrophie a généralement pour siège les bosses pariétales, et, chose singulière, en même temps que se produit cette atrophie apparaît sur les points voisins, sur ceux qui bordent la lésion, une hypertrophie du tissu osseux portant exclusivement sur le diploé : d'où la formation d'un bourrelet qui fait paraître plus profonde encore la dépression crânienne.

J'ai signalé plus haut l'existence de certaines tumeurs sanguines de la voûte du crâne, réductibles et communiquant directement soit avec les sinus de la dure-mère, soit avec les veines du diploé. J'ai également rappelé la pneumatocèle du crâne provenant de la communication des cellules diploïques avec des cavités contenant normalement de l'air : sinus frontaux, cellules mastoïdiennes : or il me paraît rationnel d'admettre une certaine relation entre la production de ces diverses lésions et l'atrophie crânienne dont je viens de parler, d'autant plus que, si l'atrophie apparaît en moyenne vers l'âge de soixante-cinq ans, elle peut commencer exceptionnellement beaucoup plus tôt.

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