DE LA CORDE DL' TYMPAN. ) ÎT
CD deliura, grâce il sa légère obliquiLû, ce mouvement, est fui'L rusLi'tiinl, landis que la véritable action du muscle est de faire basculer l'os en détaclianl la branche antérieure de la niche oii il est contenu en y enroni;anL la poslérioure. Cela est vrai, mais qu'on veuille bien remarquer l'insertion précise du muscle interne du marteau. Elle ne se fait pas sur la face postérieure de l'osselet, mais bien sur la face antérieure et interne, en sorte que le manche du marteau n'est pas porté directement en arrière, mais subit, lui aussi, un mouvement de rotation qui est transmis & l'enclume et par suite à l'étrier. Ce mouvement de rotation de la chaîne fait que le plateau de l'étrier no vient pas presser centre pour centre contre la fenêtre ovale, mais qu'il y vient appuyer surtout par sa partie antérieure.
Ces deux muscles s'insèrent donc aux deux extrémités de la chaîne, l'un à la partie antérieure, l'autre à la partie postérieure (fig. 48). Par leur action isolée, chacun de ces muscles enfonce l'une des extrémités do la base de l'étrier dans la fenêtre ovale. De leur action commune et synergique résulte alors une pression directe de la base de l'étrier sur le vestibule, mais en même temps le muscle de l'étrier agit comme modérateur en contre-balançanl l'action trop violente du muscle du marteau ; il préserve la feuÈtre ovale contre les brusques secousses qui viennent parfois frapper la membrane du tympan.
Je ferai remarquer encore que le muscle de l'étrier est enveloppé d'une gaine fibreuse qui va du sommet de la pyramide se fixer, ainsi que lo tendon, au col de l'étrier. Cette disposition a porté quelques autours à penser que le muscle de l'étrier n'était qu'un ligament ; c'est une erreur manifeste. De cette disposition il résulte néanmoins que cette gaine Rbreuse du muscle est un véritable ligament dont l'action passive s'ajoute à celle du muscle pour s'opposer à l'enfoncement de l'étrier dans la fenêtre, action d'autant plus efllcace que, ainsi que je l'ai dit plus haut, la direction du tendon est légÈrement oblique d'arrière en avant et de dehors en dedans.
Je trouve encore une preuve de l'antagonisme do ces deux muscles dans leur innervation, qui provient de source dilférente. Le muscle du marteau reçoit, en effet, son nerf de la branche motrice du trijumeau par l'intermédiaire du ganglion o tique, tandis que le muscle de l'étrier est animé par le nerf facial. J'en trouve une autre preuve intéressante dans certains phénomènes pathologiques signalés par les auteurs et en particulier par Landouzy, phénomènes qui restent inexplicables sans la théorie que je propose. Je veux parler de la sensation pénible qu'éprouvent dans l'oreille, sous l'influence du bruit, les malades atteints de paralysie du nerf facial de cause cérébrale, dont le siège est par conséquent en arrière des points d'origine du filet de l'étrier. Le muscle modéraleur étantalors paralysé, le muscle interne du marteau agit sans contre-poidi 1 sur l'étrier et détermine un excès de pression sur le liquide labyrinthique, d'où résultent les accidents signalés.
Pour en finir avec le contenu de la caisse, j'ai quelques mots à dire de la corde du tympan.
Née du tronc du nerf facial dans l'aqueduc de Fallope à quelques millimètres au-dessus du trou stylo-mastoidien, la corrie du tympan suit un trajet rétro- J
ANATOMIB TOPOGRAPHIQUE.
grade, remonte dans l*aqueduc et pénètre dans la caisse en H (fig. 46) pan» petit orifice siégeant à la partie supérieure de la face postérieure de la caissr immédiatement au-dessus de la pyramide. Elle se dirige alors d'arrière en avant en partant du point K, passe entre la branche verticale de renclume, qui reste en dedans, et le manche du marteau, qui est en dehors, répond immédiatement, en ce point, au tendon du muscle dû marteau J, qui est placé au-dessous d*elk, et gagne la paroi antérieure de la caisse, où elle disparait; se portant ensuitr en bas, elle va s'unir à angle aigu avec le nerf lingual, après avoir traversé uc canal osseux parallèle à la scissure de Glaser, ainsi que Ta démontré Huguier.
La corde du tympan siège entre la moqueuse et la couche de fibres circulaires de la membrane du tympan. Elle suit un trajet presque rectiligne et se présente sur le rr vant, à un fort éclairage, sous Taspect d'une ligne foncée, horizontale, située toutprèsdi pôle supérieur de la membrane.
Les recherches de Longet, confirmées pir celles de M. Vulpian, ont démontré que b corde du tympan se terminait en définitive au niveau du ganglion sous-maxillaire, doiii elle forme la racine motrice. Il en résulte que son excitation détermine la sécrétion de la salive : or ce nerf, étant intimement unii la membrane et à la chaîne des osselets, par ticipe aux excitations incessantes que déter minent sur ces parties les ondes sonores « La situation de la corde du tympan dan> l'oreille moyenne, dit M. le D' Prompt dan> sa thèse inaugurale, a donc pour but de (l^ terminer la sécrétion continuelle d*une cet- Uxinc quantité de salive. »
M. Prompt a essayé de montrer d'une façon très-ingénieuse, et qui me parait vraisemblable, en quoi le phénomène physiologique peut se rapporter au fonctionnement du sens de Touîe. La salive incessamment sécrétée détermine à intenalles rapprochés un mouvement de déglutition : or, à chaque mouvement de déglutition, la trompe d*Eustadie s'ouvre, il s*y fait un appel d'air de la caisse dans le pharynx qui la dégip de ses mucosités : la corde du tympan aurait donc pour usage de maintenir b perméabilité de la trompe d'Eustache. Comme conséquence, dans les otites suppurées, lorsque la corde du tympan est détruite, la trompe d'Ëustacbe correspondiinte doit ôtre oblitérée, ce dont les faits pathologiques donneront sans doute plus tard la démonstration.
Des cellules mastoïdiennes.
En arrière du conduit auditif externe et de la caisse se trouve TapophY» mastoïde. A rencontre de la caisse, qui présente chez le nouveau-né des dimensions plus considérables que chez Tadulte, cette apophy.sc est très-peu
Fig. 50. — Osselets vus de face. — (Une portion seulement de la membrane du tympan a été conservée.)
a, tète du marteaa.
bf corpi de renclume.
«, branche horizontale de l'enclume.
d, branche verticale de reoclume.
e, apophyse externe du marteau.
/, manche du marteau.
g, extrémité inférieure ou spatule du marteau.
A, corde du tympan.
t't membrane du tympan.
jf insertion du muscle interne du marteau.
k^ point d'entrée de la corde du tympan dans
la caisse.
/, point de sortie de la corde du tympau dans la
caisse.
DES CELLULES MASTOÏDIENNES. 12»
ilùvulappée au début de la vie. En niômc Lcmps qu'elle s'uccroil apparuissent dans son intérieur des cavités ou ci'llules qui communiquent toutes entre elles et aussi avec la caisse du tympan, dont elles constituent une véritable dépen- , dancc.
Nous connaissons déjà le large orilice qui chez l'adulte fait communiquer lea cellules mastoïdonnes avec la caisse ; j'en ai plus haut précisé les rapports.
La figure 46 montre bien qu'à cet orilice C succède un vcril.ible canal dont la direction est horizontale et qui aboutit à des cellules D dont la direction est verticale.
Ces cellules, ainsi que le canal, sont l,ip[ssces par uul memhtine muqueuse
qui offre tous les caractères de celle de la caisse, dont elle n'est d'ailleurs qu'un prolongement : aussi est-il aisé de comprendre que la suppuration de la caisse s'accompagne k peu prés constamment de suppuration intra-mastoldieane; c'est d'ailleurs la production de ces abcËs mastoïdiens qui donne à cette région un intérêt chirurgical.
Le canal mastoïdien n'est séparé de la cavité crinienne, comme la caisse clle-môme, que par une mince lamelle osseuse : aussi des conséquences identiques en résultent-elles au point de vue do la propagation au cerveau des abcès développés dans ce canal.
Nous devons étudier les rapports des cellules mastoïdiennes : i" en de/iom : 2" Ml dedans: 3" en /ti'nriL
130 ANATOUIE TOPOGRAPHIQUR.
1° En dehors, les cellules sont séparées de la peau par une couche de liHii compacte plus ou moins épaisse suivant les sujets et suivant les âges. La pin. externe de la cavité niustoïdienne chez le vieillard peut être réduite à une imt roc|iic osseuse : d'où s:i destruction fucile par la Ruppuratïon, que cellMi vienne du dedans ou du dehors; d'où aussi la facilité plus grande de dooin issue au pus que coulieunent les cellules; elle n'est d'ailleurs recouverte qnt par les téguments.
2* Kn dedam. les cellules nfTcclent un rapport de la plus haute imporUm
avec le iinus latéral ; la li)i:iire 31 n'a d'autre but que de montrer ce rapport. \i
simisn'estsépuré des cellules mastoïdiennes quepar la lame interne ou vitrée li^
os du crâne : de plus, de nombreux vaisseaux veineux font communiquerenln
elles CCS deux parties : la phlébite ei
.'V (1 la thrombose du sinus latéral petiwl
<-n Ctrc la conséquence à lasuitedo
suppurations de l'oreille moyenne.
Le chirurgien ne perdra pas de w ce rapport, s'il se décide à pratiqua la trépanation de l'apophyse mastol^ pour des accidents cérébraux quinr ■■essiteront de porter ],i couronne ik trépan jusqu'au voisinage de la Ublr interne. 11 se rappellera que le siav latéral correspond dans le crâne ili race interne et surtout au bord anltricur de l'apophyse mastolde.
3° Kn avant, les cellules mastoïdin-
nés ne sont également séparées A
l'onduit auditif externe que par u«
couche plus ou moins épaisse do tisn
compacte , ainsi que le montre li
figure 52.11 résulte de ce dernier rappoR
*. «.Il» Kitaoîdc dn icnipor.1. plusieurs conséquencos intéressante^-
II, conduii .udiiit«iirnie. |" un abcès des cclIuIes mnstoldienon
MTp^rtZeiirtiUgiwM. du «.nridii nudiiir »«i.™.. poupra s'ouvrir dans le conduit audilil
E.E-, pWwie d« ni|»phyH |ii«ioi.i* Koraiiniiïiit .ï« t-xtcmi! ; 2'un abcèsde lacaisse poiim
F, «iiûici mattoidiiDDc» pénétrer dans le conduit auditif dm-
(1, P"'^'^°^^''™'J']î^'"^'j^'j^|'"j;™;,"']',''^^^^^^ ' '■ seulement par la face supérieure.
comme nous l'avons établi plus h*iit
mais par la face postérieure, à travers les cellules mastoïdiennes, avec intégrilê
de la membrane du tympan ; 3" un ahcés du conduit auditif externe peut <
miner des accidents cérébraux en se propageant à travers les cellules
toïdiemies suis que le tympan soit intéressé; \° une fracture do l'apopbys
/ mastoïde pourra donner lieu à un écoulement de sang par l'oreille sans qu'il
' existe ni perforation ni décollement du lympan.
Si l'on veut bien se reporler ii ce que j'ai dit précédemment de la continuité du périoste de l'apophyse mastoïde avec le revêtement cutanéo-périostique dt la portion osseuse du conduit auditif externe, à ce que j'ai dit de certains abcès mastoïdiens qui lui doivent une évolullon particulière, on comprendra aisément
Fijç. aï. — Coupt horiznitlale du i' ditif rrternf (urfiile droiii-
DES CELLULES MASTOÏDIENNES. 131
qu'il existe deus grandes variétés d'abcès mastoïdiens ayant une origine différente (1): l'un de ces abcès est ea:fr(ï-m(MW((/tffn, c'est-à-dire qu'il est situé d'abord CD dehors de l'apopbyse mastolde, sous le périoste qui la tccouvre, et ne communique que consécuUïement avec la cavité des cellules mastoïdiennes. Cet Abcès est ordinairement consécutif à une ostéo-périostite du conduit auditif 'externe. La seconde variété, abcès inlra-masloîdien, succède presque toujours à la propagation d'une iûQammation de la caisse aux cellules mastoïdiennes. La Inarche de ces doux variétés d'abcès, sur laquelle je n'ai pas il insister ici, les fera le plus souvent distinguer l'une de l'autre.
Que l'abcès mastoïdien se soit primitivement développé sous le périoste ou dans les cellules, il peut envahir successivement toute l'épaisseur de l'apopbyse et déterminer la production d'un abcès inlra-crùnien qui mérite le nom de tous-mastoïdien, en sorte que ces abcès doivent être divisés en extra-, intra- et fious-mastoïdiens. Le pus peut se trouver au-dessous de la dure-mère ou bien dans les couches de l'enciiphale contiguës au foyer primitif; quelquefois il est situé à distance de ce foyer primitif, dont le sépare une certaine épaisseur de substance cérébrale saine. Il est assez difficile d'expliquer l'étiologie de ces sortes d'abcès indirects, qu'il faut toutefois rattacher logiquement A la suppuration de l'oreille.
Lorsqu'un abcès aigu s'est développé dans l'intérieur de l'apophyse raastoïde, d'où qu'il vienne, la conduite à suivre est la même qu'en présence de tous les abcès : il faut donner issue au pus, c'est-à-dire appliquer une couronne de trépan à la face externe de l'apophyse; on se hâtera même de recourir à ce mode de traitement, si l'abcès a suivi une marche aiguë, car des lésions cérébrales graves pourraient être la conséquence d'une trop longue temporisation.
Dans les suppurations chroniques de l'apophyse, la trépanation est non moins indiquée. Il est alors fréquent de rencontrer un séquestre central plus ou moins volumineux. L'apophyse peut être à ce point nécrosée, que la dure-mére forme paroi du foyer. Au lieu du trépan ordinaire, je préfère donner issue au pus à l'aide du ciseau et du maillet. J'ai ainsi opéré un malade chez lequel la nécrose de l'apophyse mastoïde était superlicielle et manifestement de nature syphilitique.
Quant ii trépaner l'apophyse mastoïde pour rétablir dans la caisse l'équilibre de pression détruit par l'obstruction complète de la trompe d'Eustache, c'est une idée à laquelle on a renoncé h juste titre, car on obtiendrait un résultat à peu près identique par une opération plus facile et moins grave, la paracentèse de la membrane du tympan, sur laquelle je me suis expliqué plus haut.
Au point de vue de leur usage, les cellules mastoïdiennes ne jouent qu'uD rôle absolument secondaire dans la fonction de l'appareil auquel elles sont annexées. 11 me serait aisé de faire voir que leur existence ne se rattache en rien au perfectionnement de l'audition, contrairement à ce que répètent tous les auteurs : les cellules mastoïdiennes ont pour but, ainsi que je crois l'avoir démontré pour les grands sinus de la face, de donner aux os une plus large surface sans augmentation de poids.
(1] Il peut évidemment se renconlrer \ la râgion m&slojilleiina des abcès sous-cutanôs o pérlostinuEs comme on en trouve daim toutes les régions, aa.\% Je ne parle ici i|ae de ceux ' pour pninc dp di^p.irl I iippiroil andïtlr.
ANATONIE TOPOGRAPHIQUB.