DES NERFS DE L'ORBITE
la fjiMissc qui en remi la recherche un puu difficile, ce ganglion reijoit trois racines : une mutrico, venant du moteur oculaire commun, une sensitive, de la branche ophthalmique, et une ganglion naiio, du plexus caratidien. De ce ganglion se détachent tes nerfs ciliaires, f|uise portent d'arrière en avant pour aller traverser la sclérotique sur le pourtour du nerf optique, nerfs que nous retrouverons dans le globe de l'œil.
Je n'ai rien à ajouter sur les nerfs de l'orbite à ce qui en a été dit à propos des muscles et de leur paralysie. Je signalerai seulement une disposition ioléressante du nerf optique. J'ai dit plus haut que la pie-mère accompagnait les nerfs après leur sortie du crâne et constituait leur névrilèmc, tandis que la dure-mère se continuait avec le périoste au pourtour du trou de sortie des nerfs : la pie-mère accompagne donc le nerf optique jusqu'à son épanouissement dans la rétine, mais la dure-mère lui fournit également une gaine qui se prolonge jusqu'à la sclérotique, avec laquelle elle se continue. Il en résulte que la portion intrn-orbitaire du nerf optique présente deux gaines superposées ; cas doux gaines n'adhèrent pas l'une à l'autre, et entre elles e.usto un espace virtuel. M. Abadie a tiré un ingénieux parti do cette disposition anatomique pour expliquer certaines formes de cécité subite. Nous verrons plus loin que les causes de cécité subite (abstraction faite du glaucome aigu) sont le plus souvent une embolie de l'artère centrale de la rétine, une hémorrbagic de la macula ou bien un décollement de la rétine, lésions appréciables à l'ophlbalmoscopo. Il est des cas de cécité subite où l'examen du fond de l'œil ne fait découvrir aucune lésion et que l'on ne peut rattacher aune altération des contres nerveux, à cause de l'absence de troubles cérébraux. Cet accident reconnaîtrait souvent pour cause, d'après M. Abadie, uno hémorrhagie se produisant d'abord au niveau du chiasma des nerfs optiques ; fusant de Ift entre les deux gaines de ces nerfs, te sang en comprime la portion intra-orbi taire, d'où abolition de la vision. Sur une jeune flUe de 23 ans devenue aveugle en quelques heures, M. Abadie constata, onze mois après l'accident, que la papille, atrophtée, était entourée d'un anneau presque complet de couleur noirâtre qu'il considéra comme les restes d'un épanchement sanguin.
C'est de cette même façon que M. Abadie explique ta cécité subite qui sur vient parfois îl la suite d'une contusion de la région suurciliére.
Quoique très-ingénieuse, cette théorie a néanmoins besoin d'C'Uv cnnlirméc par des faits.
Nous avons vu que les différents organes contenus dans la loge orbitaire postérieure : muscles, artères, veines et nerfs, étaient plongés au sein d'une masse abondante de tissu ce llulo -adipeux ; la graisse peut prendre im développement anormal : d'où laformation d'un It'pûmr de torbiie. Ce genre de tumeur est trèsrare dans la région qui nous occupe ; il y faut toutefois songer lorsqu'au pourtour de l'orbite apparaîtra une tumeur molle, pâteuse, demi-fluctuante, indulente, non réductible, sans battements. C'est l'hyperémie d'abord et plus tard l'hypertrophie du tissu cellulo-adipeux de l'orbite qui produisent l'exophUialmio dans cette maladie singulière et mal connue, désignée sous le nom de goitre exophthalmique ou maladie de Basedow.
Une alTection qui intéresse beaucoup plus le chirurgien, c'est lintlammation de ce tissu, c'csUà-dire la phlegmim de l'orbite. A la suite d'un traumatisme,
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(l'une opération pratiquée sur les paupières, les voies lacrymales, ou bien encore spontanément après une maladie infectieuse, on peut voir apparaître une violente inflammation du tissu cellulaire de Torbite. Le début en est brusque, et le voisinage du globe de Tœil donne aux symptômes un caractère rapidement alarmant. En clTet, les tissus tuméfiés, étant limités par des parois , osseuses, n*ont d'action que surTœil: aussi voit-on survenir immédiatement un œdème considérable des paupières ainsi que du tissu cellulaire sous-conjonctival. Le globe de Tœil lui-même, et c'est là l'un des symptômes les plus importants de cette affection, enserré de toutes parts par ce tissu cellulaire tuméfié qui le comprime et le repousse, est complètement immobilisé dans l'orbite. On pourrait songer, en le touchant, à la sensation que donne un œil qui a été congelé sur place.
La vision est promptement anéantie dans cette affection et les centres nerveux peuvent éprouver une sérieuse atteinte. Une jeune fille qui a succombé dans mon service par suite d'un phlegmon de l'orbite présentait du pus dans les méninges.
Aussi faut-il agir promptement et pratiquer une incision dans le sillon oculopalpébral, sans attendre la suppuration : on choisira de préférence le point le plus saillant, en ayant soin de ne pas s'écarter des parois.
A mesure que du fond de l'orbite on se rapproche de l'équateur de l'œil, le tissu cellulo-fibreux devient plus abondant. 11 en existe surtout une couche épaisse entre le muscle droit supérieur et l'élévateur de la paupière. Par suite des mouvements incessants qu'exécutent ces muscles, il se développe quelquefois à ce niveau de petites cavités séreuses, et c'est sans doute là Torigine de certains kystes de V orbite ; ces kystes, à contenu séreux, apparaissent ordinairement vers l'angle externe de l'orbite et peuvent prendre un volume considérable, celui d'un œuf de poule, pîir exemple. La synoviale qui facilite les glissements du grand oblique dans sa poulie, ainsi que la portion orbi taire de la glande lacrymale, sont parfois encore le point de départ de ces kystes.
La loge postérieure de l'orbite est susceptible comme les autres points du corps d'être envahie par des néoplasmes tels que sarcomes, carcinomes, qu'ils naissent sur place, ou qu'ils proviennent des parties voisines. Les tumeurs acquièrent dans cette région un caractère de gravité particulière, à cause du globe de l'œil, qui est plus ou moins comprimé, refoulé, chassé de l'orbite et finalement détruit, et aussi à cause de l'encéphale, dont le voisinage impose des limites plus restreintes à l'action chirurgicale.
Pour en finir avec cette loge, je dirai qu'elle est parfois le siège d'emphysème, à la suite des fractures des os du nez, des cellules ethmoïdales, de la déchirure du sac lacrymal, et qu'elle peut, dans les mêmes circonstances, être remplie par du sang: mais ce qu'il importe surtout au chirurgien de connaître, c'est que des corps étrangers y peuvent pénétrer et séjourner pendant de longues années.
11 existe en effet entre le globe de l'œil et les parois orbitaires un espace, fort restreint, il est vrai, mais qui, grâce à la mobilité de l'œil, peut s*a§prandir singulièrement à un moment donné, sans que cependant l'œil soit lui-même intéressé. C'est ainsi que l'on peut s'expliquer la présence dans la loge postérieure de corps volumineux, tels qu'une balle de fusil ; c'est ainsi également