FE
Fig. 75. — Schéma mt/nivant le Liseau cornéen et la terminaison de la choroïde en itvant.
A, sclérotique.
B, cornée.
C, biseau cornéen.
D, choroïde.
K, muscle ciliaire.
F, procès ciliaires.
G, canal de Schlemm.
11, iris.
1, chambre postérieure.
J, cbanibie antérieure.
ligament ciliaire) : une couche externe radiée (muscle deBrucke) s*étendantdu canal de Schlemm en avant à la zone choroïdienne en arrière, qu'il contribue à former, et une couche interne circulaire (muscle de Rouget et H. Miiller). Ce muscle, appelé encore muscle tenseur de la choroïde, joue un rôle absolument déterminé aujourd'hui : c'est le muscle de l'accommodation. Il exerce une compression circulaire sur le cristallin, dont il modifie la courbure de façon à diminuer ou à augmenter la convergence des rayons lumineux. J'ai déjà parlé de l'action de ce muscle dans l'hypermétropie.
Hancock a voulu faire jouer au muscle ciliaire un rôle important dans la production du glaucome aigu, qui pour lui ne serait autre chose qu'une contracture de ce muscle. 11 proposa en conséquence de traiter cette affection par la section en travers des libres musculaires, et il obtint des résultats heureux. Mais je ferai remarquer qu'une ponction faite sur un point quelconque du globe diminue U pression intra-oculaire, aussi bien que l'iridectomie proposée par de Graeflfe, et qu'il est impossible d'affirmer qu'une ponction au niveau du muscle ciliaire agit seulement en brisant lanneau musculaire contracture.
Les p'ocès ciliaires (/*, fig, 74) forment autour du cristallin une couronne composée d'une soixantaine de plis rayonnes. Ils présentent une face externe en rap-
pcirL avec le ligament eiliairc ; une face interne en rappoil avec la zone Ue Zinn et la grande circonférence du cristallin ; une extrémité postérieure et supérieure se continuant avec la zone choroïdienne ; «ne extrémité antérieure et inférieuru libre, flottante dans la chambre postérieure, conliguË à la face postérieure de riris.
Placés entre le muscle ciliaire et le crislallin, les procès ciliaiies sont manifestement destinés à contribuer, comme agents passifs, à la production du phénomène si important de l'accommodation de l'œil aux dilTérontes distances; iU répartissent uniformément la pression sur la lentille en même temps qu'ils la protègent contre une action trop énergique du muscle.
La choroïde est susceptible d'être envaliie par des tumeurs sarcomateuses, tantôt blanches, le plus souvent chargées de pigment (1).
La marche de ce sarcome est très-insidieuse : il débute par une petite tumeur ijui, appréciable seulement à l'ophlbalmoscope, décolle d'abord la rélioe el modifie à peine le champ visuel. Il progresse peu à peu, flnit par abolir complètement la vision et provoque les violentes douleurs de la compression inlra-oculaire. Il détruit la coque de l'ieil, fait irruption à l'extérieur et peut franchir tes limites de l'orbite pour gagner la joue, le sinus maxillaire, la tempe et la cavité crânienne, ainsi que j'en ai obser\é dernièrement un triste exemple.
Il faut exiger impérieusement du malade le sacrifice complet de l'œil aussitàl que le diagnostic aura été établi, avani smlont que le produit moibide ait gagné les parois de l'orbite.
Iris.
L'iris représente un diaphragme tendu verticalement en arrière de la cornée, audevant du cristallin, el percé, à son centre, d'un trou qui forme la pupille.
Cette membrane est, comme la choroïde, essentiellement vasculaire, et des vaisseaux communs élabhsscnt entre elles de si intimes relations, que ces deux meoibranes ne constituent en réalité qu'un seul système : aussi l'inflammation les eiivahil^elle très-rarement d'une manière isolée et constitue-l-cUe une véritable irido-choroïdile.
L'iris, par sa grande circonférence, répond au bord postérieur du biseau cornéen, au point de jonction de la cornée, de la sclérotique, du muscle ciliaire et du canal de Schlemm.
Il est fixé en ce point par la réflexion de la lame élastique postérieure ou membrane de Descemet, qui constitue une sorte de ligament auquel on a donné le nom de ligament pectine; il est encore fixé par quelques fibres du muscle ciliaire, et aussi par les nombreux vaisseaux et nurfs qui du la sclérotique el de la choroïde se rendent à l'iris.
Malgré ces divers moyens d'union, les attaches de l'iris sont loin d'fitie résistantes, et elles cèdent à une légère traction, comme aussi à une contusion du globe de l'œil.
Tendu verticalement en avant du cristullln, sur lequel il semble se mouler, l'iris circonscrit entre cet organe et la coruée deux espaces auxquels on donne
il] ËtDdo clliiiqQeel aiiatamique lur le siircâinii de la clioroide et «ur li mëlanaae Inira-ocutaire par le D' Léon Brièri'. {Thêieii dt Paru, 1b13,)
le nom de chambres de fœil^ et que nous retrouvei'ons plus loin à propos des milieux.
L'iris est mobile, comme flottant dans les chambres de Tœil, sur les parois desquelles il peut contracter adhérence dans certains cas dlritis ou de kératite (synéchies).
La couleur de Tiris présente des nuances inflnies. EUle est en général en harmonie avec celle des cheveux : bleue chez les sujets blonds, brune chez les sujets noirs. Sa surface est lisse et présente un reflet brillant. Elle devient terne el change de couleur sous Tinfluence du processus inflammatoire.
L'iris peut manquer complètement ou n*ètre représenté que par un anneau très-étroit, ce que nous expliquera plus loin Tétude du développement de l'appareil de la vision. Cette amridie est congénitale et ordinairement héréditaire. On remédiera facilement à ce vice de conformation par des lunettes appropriées.
Quelquefois Tiris est fendu du bord pupillaire à sa grande circonférence, comme s'il existait une pupille artificielle ; c'est une division congénitale coïncidant souvent avec une division semblable de la choroïde et qui est désignée sous le nom de Coloboma,
La pupille peut n'ôtre pas centrale (corectopie). Elle peut être complètement oblitérée par la persistance de la membrane capsulo-pupillaire, qui existe chez ie fœtus (acorie}. Enfin, au lieu d'un seul orifice, l'iris peut en présenter plusieurs (.polycorie).
La structure de l'iris comprend : 1° une couche épithéliale en avant; 2* une couche épaisse de pigment en arrière ; 3*" une couche intermédiaire musculovasculaire.
Les fibres musculaires sont lisses : les unes, circulaires, entourent la pupille: les autres, radiées, se portent de celles-ci à la grande circonférence de l'iris, où elles se continuent avec les fibres de la couche profonde du muscle ciliaire. Ce sont ces fibres qui donnent à l'iris la propriété si remarquable de resserrer la pupille (myosis) ou de la dilater (niydriase) sous l'influence de la lumière ou de certains agents thérapeutiques, tels que la fève de Galabar ou la belladone.
Les vaisseaux qui s'y distribuent sont très-nombreux: les artères provienneni des deux ciliaires longues et des ciliaires courtes antérieures (branches des musculaires'. Elles constituent deux cercles artériels, le grand et le petit cercle, au niveau de la grande et de la petite circonférence de l'iris.
Les veines suivent un trajet analogue à celui des artères. Se réunissant au niveau de la grande circonférence en une sorte de plexus veineux, elles forment le canal veineux^ canal de Fonlana ou de Schlemm,
Ce canal veineux (G, fig, 75), aboutissant du système veineux de l'iris, est exactement situé au point d'union de la cornée, de la sclérotique, du muscle ciliaire et de l'iris. On conçoit donc que, si l'incision cornéenne dans la cataracte empiète trop sur la sclérotique, si elle dépasse la lèvre postérieure du biseau coméen. ce canal sera ouvert et fournira un écoulement de sang assez abondant. C'est là un des reproches les plus sérieux à faire à la méthode primitive de de Graeff'e.
Les nerfs de l'iris émanent du ganglion ophthalmique, à la composition duquel concourent le moteuroculaire commun, la branche ophthalmique de Willis
nus. liKj
et un rameau carotidieu du grand sympathique. Le moteur oculaire commun se distribue aux fibres circulaires et préside par conséquent à la contraction de la pupille; le grand sympathique anime les fibres radiées et préside à la dilatation de la pupille : de là le rôle important que joue l'examen de cet orifice
dans la paralysie des différentes branches nerveuses qui se distribuent dans
11» • iris.
Par suite de sa grande vascularité, l'iris s'enflamme fréquemment, et sous l'influence de causes très-diverses. L'inflammation est aiguë ou chronique : une iritis aiguë peut survenir à la suite d'une plaie, d'une contusion de l'œil; elle accompagne ordinairement les ophthalmies purulentes, mais en général l'irilis a plutôt une marche chronique. Elle est parfois sous la dépendance de l'affection rhumatismale, mais la cause par excellence de l'iritis est la syphilis. Bien que l'iritis syphilitique n'ait pas en réalité de caractère pathognomonique, on peut cependant dire qu'elle a une physionomie particulière qui trompera peu un observateur exercé. Je rappellerai que la déformation de la pupille, le changement de couleur de l'iris, la perte de son aspect brillant, les irrégularités de sa surface, qui parfois forment de véritables petites tumeurs, le cercle gris périkératique et de violentes douleurs circum-orbitaires, sont les principaux symptômes auxquels on reconnaîtra l'iritis. Souvent des exsudais se déposent dans le champ pupillaire, obscurcissent plus ou moins complétementla vision, déterminent la production de synéchies, et, si un traitement énergique et spécifique n'intervient pas, la vision peut être à jamais perdue. L'iritis est une maladie très-insidieuse, l'iritis syphilitique surtout, en ce que, à un examen superficiel, l'œil paraît à peine malade, à cause du peu de réaction produit sur la conjonctive et sur la cornée.
L'iris est depuis quelques années le siège d'une opération qui a fortement agité le monde chirurgical, nous voulons parler de Virideclomie.
L'iridectomie consiste à retrancher une portion plus ou moins grande d'iris que l'on a attirée à l'extérieur à travers une incision faite à la cornée.
Jusqu'en 1852, l'incision, le décollement, l'excision ou l'arrachement de l'iris, désignés dans les traités spéciaux par des noms plus difficiles à retenir que le manuel opératoire lui-môme, n'avaient qu'un seul but, ne répondaient qu'à une seule indication : ouvrir une porte aux rayons lumineux à travers un iris oblitéré ; en un mot, pratiquer une pupille artificielle, ce qu'avait fait pour la première fois, en 1728, le chirurgien anglais Cheselden.
Le champ des indications opératoires a été singulièrement agrandi par de Graefe. Ce chirurgien, ayant rattaché la production du glaucome à une iridochoroïdite, eut la pensée logique de combattre cette terrible affection en s'attaquant directement à la cause immédiate. 11 fit l'iridectomie et réussit. Appliquée au traitement du glaucome aigu, l'iridectomie est une conquête précieuse, quel que soit d'ailleurs son mode d'action. Pour bien flxer le but qu'il se proposait, de Graefe la désigna sous le nom (l'iridectomie antiphlogislique ^ en opposition à l'iridectomie pratiquée pour rétablir la pupille obstruée par une cause quelconque, qu'il appélsiiridectomi'e optique.
On a appliqué l'iridectomie au traitement du glaucome chronique, mais sans succès, à cause des désordres irréparables qui succèdent dans les milieux de l'œil à la pression intra-oculaire longtemps prolongée. L'iridectomie antiphlo-
TiLLAUX. — Anal, topngrapfiiqufi. f 3
i9i ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE.
gistiquea été souvent tentée également contre divers états inflammatoires chroniques de Toeil : les kératites vasculaires, par exemple, dont je parlais plus haut J'ai plusieurs fois combiné ce traitement avec la tonsure conjonctivale, mais sans résultat sérieux.
L'iridectomie optique et Tiridectomie antiphlogistique sont donc deux opérations ou plutôt deux indications dont la valeur est indiscutable.
11 n*en est pas de môme d'une troisième application.
De Graefe, à la recherche du 400 pour 100 de succès dans les opérations de cataracte, fut amené à modifier profondément notre méthode française de Daviel, la kératotomie à lambeau. 11 imagina un couteau spécial, diminua de moitié la largeur de Tincision, la fit linéaire au lieu de la faire à lambeau et la recula en arrière de la cornée sur la sclérotique au niveau même de Tinsertion de l'iris. L'opération devenait ainsi beaucoup plus difflcilc. L'un des obstacles les plus puissants à la sortie du crisUillin était l'étroitesse de la plaie scléroticale, et aussi la présence de l'iris, contre lequel venait butter la lentille. L'iris gênant la sortie du cristallin, on le coupa. Telle est l'origine de l'iridectomie appliquée à l'opération de la cataracte. Elle a donc un but purement mécanique, celui de favoriser la sortie du cristallin. On a ajouté plus tard que l'iridectomie dans cocas était encore une mesure prophylactique contre Tiritis consécutive. Gela est vrai, mais le but prophylactique est néanmoins secondaire dans la méthode de de Graefe.
L'iridectomie dans Textraction de la cataracte n'a jamais été franchement acceptée par tous les chirurgiens, et elle perd de plus en plus de terrain. On la considère comme un auxiliaire dangereux dont on voudrait pouvoir se passer. Aussi plusieurs chirurgiens : Kiichlcr, Notta, Liebreich, ont-ils peu à peu rapproché leur incision du centre de la cornée pour pouvoir se dispenser de couper l'iris. Je dois dire cependant que la plupart restent fidèles à la méthode de de Graefe, modifiée par Tauteur lui-mOme, et qu'ils pratiquent la section linéaire de la cornée avec iridectomie. D'ailleurs, il n'y a pas actuellement de méthode classique pour l'extraction de la cataracte ; c'est une question à Tétude et en voie d'enfantement.
\ie^ corps étrangers ^icAs que paillettes métalliques, éclats de capsule, fragments de verre, grains de plomb, etc., peuvent, après avoir traversé la cornée, s'implanter dans l'iris et y produire de très-graves accidents. Si on ne peut les dégager avec une pince, il faut exciser le morceau d'iris oîi ils sont implantés.
Rétine.
La t^étine, située entre la choroïde, à laquelle elle est juxtaposée, et la membrane hyaloide, qui lui est sous-jacenle, peut ôtre considérée comme l'épanouissement du nerf optique à son entrée dans l'intérieur du globe de l'oBil. Très-mince (0"°*,i à 2), de couleur blanc grisâtre, très-légèrement opaline, elle est très-fragile et rappelle par sa structure délicate celle de la substance cérébrale, avec laquelle elle offre d'ailleurs la plus grande analogie.
Vue par sa face interne, la rétine nous présente tout d'abord à étudier la papille du nerf optique, c'est-à-dire l'orifice de la sclérotique, par lequel pénètre le nerf optique, et au pourtour duquel s'attache la gaîne de ce nerf. La papille est située à 1 millimètre au-dessous et à 3 millimètres en dedans de l'axe
iipliqut; : aussi, ciuaiid i>ii veuL la voir à l'opIUhuliiitiscupt;, l'iiuL-il que le malade dirige l'œil vers l'oreille opposée du chirurgieu : elle se présonle sous la forme d'un disque généralement ovalairc, plus rarement circulaire, de couleur rosée, limité à sa circonférence par une zone blanche, el présentant au centre une légère excavation du fond de laquelle se dégage l'arlërc centrale de la réline.
La zone blanche périphérique appartient h la sclérotique, ol elle est due à ce que la choroïde ne vient pas s'insérer exactement sur les bords de l'oriflce sclérotical. La couleur rosée de la papille peut subir d'importantes modifications : elle peut devenir noirAlre lorsqu'elle renferme, par exemple, un foyer hémorrhagique. Elle peut être simplement ronge, très-vuscularisée, comme dans la névrite optique, que cette névrite soit primitive ou consécutive à une lésion cérébrale (i). D'autres fuis la teinte rosée disparaît pour faire place à une teiat« blanche ; la papille apparaît alors sous la forme d'un disque blanc, brillant, nacré, tirant quelquefois sur le bleu, dont les contours se détachent nettement du fond de l'œil. Cet étal correspond à une atrophie de& éléments nerveux du nerf optique et de la rétine. Ces éléments, ainsi que les capillaires qui s'y distribuent, ayant disparu, on n'aperçoit plus que la sclérotique, dont la ('oluration est précisément celle que nous venons de décrire.
L'excavation papillairc so présente normalement sous la forme d'imc tacbe . blanche, ronde, plus ou moms large, située au point d'émergence des vaisseaux , mais elle est susceptible de prendre des proportions considérables : c'est ce qu'on observe en particulier dans le glaucome. L'œil étant soumis dans cette affection & une forte pression intérieure, on conçoit que la coque oculaire cède dans les points les moins résistants et déjà naturellement déprimés, 11 eu résulte que l'artère centrale forme un coude très-marqué sur les bords de l'excavation, et c'est sans doute à cette coudure brusque que sont dus les bultemeota spontanés de cette artère, signe patboguomoiiique du glaucome.
A l'extrémité de l'axe optique correspond la lâche jaitue ou macula Iulea. Elle est constituée par deux replis de la rétine entre lesquels se voit une dépression «lésignée sous le nom de furamen centrale, au fond duquel la rétine amincie est réduite à la seule couche des hiltonnets. Pour éclairer et voir cette tache, il faut ipie le malade regarde directement devant lui, mais l'examen en est difficile, à ciuse du reflet du miroir. Le rùle do la tache jaune est fort important : aussi les hémorrhagies, les exsudais qu'on y rencontre, sont-ils suivis de la perte de la
Par sa face externe la rétine n'adhère pas à la choroïde ; elle ne lui est que juxtaposée ; aussi peut-elle en être plus ou moins écartée lorsqu'un épanchement se produit entre elles, que le liquide épanché soit du sang, ou, ce qui est beaucoup plus fréquent, qu'il soit séreux. Cet accident, désigné sous le uum do décoUemenI de la rétine, compromet singulièrement la vision par suite de l'altération qu'il détermine dans les éléments de la membrane. Aussi, bien qu'elles n'aient pas donné jusqu'ici de grands résultats, doit-on encourager les tentatives faites par Sichet, de Graefe, ïfowman, pour ponctionner la réline, évacuer dans l'humeur vitrée le contenu de la poche et en obtenir le retrait vers la choroïde.
(0 1.0 diagnostic da certaines lésions c6rébrale« Tut h l'aide de l'exunen de U liune i donné naissaiieo k la cérébrampie réiinieime, sur la vili?ur clinique de Irniaellp Je Jie Euit pu en incBure d" me prononcer.
Le liquide épanché entre les deux membranes peut ne pas être réuni en collection, mais répandu uniformément à leur surface ; c'est ce qu*on observe dans certains cas de rétinite syphilitique, où se produit un exsudai sous-rétinien. Au lieu d*être rouge, le fond de Tœil est alors uniformément grisâtre, ce ([ui tient à ce que le liquide forme une couche opaque au devant de la membrane chorio-papillaire ; quoique curable, cette affection est très-rebelle au traitement.
La face externe de la rétine répond immédiatement à la couche la plus interne de la choroïde, c'est-à-dire à la couche pigmentaire ; normalement, le pigment ne se dépose jamais sur la rétine, mais à Tétat pathologique cette membrane peut en être infiltrée. Tantôt on aperçoit à sa surface des plaques noires disséminées sans ordre ; ces plaques affectent parfois au contraire une disposition régulière, suivent le trajet des vaisseaux qu'elles finissent par atrophier, et rappellent la forme des corpuscules osseux. Le nom de rétinùe pigmentaire sous lequel on désigne cette affection ne doit pas impliquer le point de départ exact de la maladie, car il est plus vraisemblable qu'elle a son origine dans la choroïde. La rétinite pigmentaire s'observe chez les héméralopes (malades qui sont dans l'impossibilité de voir après le coucher du soleil) et, chose trèssingulière, se rencontrerait, au dire de Liebreich, 40 à 50 fois sur iOO, chez les sujets issus de parents consanguins, ce qui d'ailleurs n'est pas démontré.
La rétine reçoit ses vaisseaux d'un tronc unique, VarHère centrale de la rétine, provenant de l'ophthalmique. Cette artère plonge dans l'épaisseur du nerf optique et apparaît dans l'œil au centre de la papille, où elle se divise aussitôt en deux branches, l'une supérieure, l'autre inférieure. Elle occupe la couche la plus interne de la rétine, c'est-à-dire qu'elle est placée en avant de la membrane de Jacob : aussi est-elle très-facile à découvrir à l'ophthalmoscope et peut-on se guider sur l'une de ses branches pour arriver à la papille. La situation des vaisseaux rétiniens rend compte de rexpcrience curieuse de Listing et de Purkinje, qui consiste à voir ses propres vaisseaux rétiniens, ce qui prouve que les éléments essentiels de la rétine sont situés sur un plan postérieur à celui des vaisseaux.
L'artère centrale de la rétine est susceptible d'éprouver les mêmes lésions que les autres artères : c'est ainsi qu'elle peut présenter des embolies, des anévrysmes. Elle peut encore se rompre et donner naissance à une hémorrhagie, à une apoplexie de la rétine. Ces diverses altérations amènent des troubles profonds dans la vision, surtout lorsqu'elles siègent au niveau de la macula.
Comment la rétine se termine-l-elle en avant ?
Étendue, ainsi qu'on peut le voir sur la figure ci-jointe, de G en D, c'est-à-dire du nerf optique au cristallin, sur la grande circonférence duquel elle se perd, la rétine présente dans ce trajet deux portions bien distinctes: Tune postérieure (A), l'autre antérieure (B). La postérieure se compose des diverses couches dont est formée la rétine ; la portion antérieure ne renferme plus aucun élément nerveux, mais seulement de la substance conjonctive. En conséquence, bien que ces deux portions forment une môme membrane continue, elles sont aussi différentes l'une de l'autre qu'un muscle l'est de son tendon. ..Oa.réser\e à Jà portion postérieure le nom de rétine et on désigne .U partie antérieure par le nom de l'anatomiste qui l'a décrite le premier, on>
l'appelle Zone de Zmn. ha léliiie proprement dite naîl tlonc au pourtour du nerf optique pour se terminer au bord postérieur de la zone de Zinn. Les éléments nerveux de la rétine commencent à diminuera partir de l'équateur de l'oeil ; ils n'ont toutefois complètement disparu qu'au point où commence la zone de Zinn, c'esl^à-dire à 6 millimètres environ en arrière du rebord coméal, ainsi que l'a démontré le professeur Gosselin à l'époque où l'on pratiquait encore l'abaissement de la cataracte. L'union de la rétine à la zone de Zinn se fait suivant une ligne légèrement festonnée à laquelle certains auteurs
Fig. 76. — Schéma destiné à
et de la membrone
0, eriitillslilc ■nlérieun. 1, ftuillEl posUricur de U mcnihrane kiiloïdf.
G, eriilmllaîd* poiUriiiiK.
donnent le nom d'ura tei-raia : mais celle dernière expression s'applique ordinairement à la ligne d'union de la choroïde el de la zone choroïdienne.
La zone de Zinn commence donc à 6 millimètres environ en arrière du rebord sclérotical et se termine en avant à la grande circonférence du cristallin. Par son bord postérieur, elle se continue directement avec la rétine ; par son bord antérieur, elle s'unit à la membrane hyaloïde (G), qui lui est sous-jacente, pour aller se terminer sur la face antérieure du cristallin et se confondre avec la cristalloïdo antérieure (D). Sa face inlcrne répond à la grande circonférence du cristallin et à une portion du corps vitré. Sa face externe est en rapport immédiat avec la zone choroïdienne. Les deux faces respectives de la zone choroïdienne etde la zone de Zinn s'engrènent l'une dans l'autre en avant, c'est-à-dire an niveau des procès ciliaires ; il n'y a toutefois que contiguïté entre elles, et c'est une erreur grave de dire avec certains auteurs classiques que les procès ciliaires adhèrent intimement à la zone de Zinn.
La partie antérieure de cette zone, celle qui correspond aux procès ciliaires, est légèrement recouverte du pigment qu'y ont déposé ces derniers ; on désigne encore parfois les plis qu'elle forme sous le nom de procès ciliai'ret de la i-éline,
iD8 ANATOMIE TOPOGKAPHIQLE.
mauvaise expression qui ne peut qu'ajouter un peu plus de confusion à une description déjà complexe par elle-môme.
La rétine jouit d'une sensibilité spéciale; elle réagit sousTinflucnce de la plus légère pression, et la réaction consiste en une impression lumineuse dont rintcnsité est en rapport avec celle de la pression. La rétine ne réagit, bien entendu, de cette façon, que si elle est capable de percevoir les rayons lumineux : aussi doit-on toujours, avant de pratiquer une opération de cataracte, rechercher le degré d'impressionnabililé de la rétine. M. Serres d*Allais a donné le nom de phosphène h cette sensation lumineuse éprouvée sous l'influence d'une légère pression. 11 y a les phosphènos frontal, jugal, nasal, temporal. Pour en constater rexistonce, il faut presser légèrement sur le globe de Tœil du côté opposé à celui vers lequel on fait regarder le malade. Ce dernier aperçoit alors des cercles lumineux. Très-important en théorie, ce signe perd de sa valeur pratique par la difficulté qu'on éprouve souvent î\ se faire bien comprendre des malades.
En terminant, je dirai que la rétine présente une aptitude singulière à la production des tumeurs malignes désignées sous les noms d'encéphaloîdes, de gliômes, gliosarcômes. Primitivement développées au milieu des éléments de la membrane, ces tumeurs restent un certain temps contenues dans rintérieor du globe et ne sont alors appréciables qu'ù l'ophthalmoscope. Elles repoussent peu à peu en avant le corps vitré, le cristallin, l'iris, la cornée, ulcèrent la coque de l'œil et finissent par former une sorte de champignon en dehors de l'orbite, absolument comme les sarcomes delà choroïde, dont j'ai dit un mol plus haut. On y observe assez souvent le cancer mélanique. En même temps qu'elles marchent vers Textérieur, ces tumeurs peuvent pénétrer dans la cavité crânienne.
Beaucoup plus fréquent chez les enfants (juaux autres âges de la vie, le cancer de l'œil est d'une extrême gravité et comporte, pour tout traitement, l'extirpation totale du globe, pratiquée d'aussi bonne heure que possible.
Membrane hyaloïde et corps vitré.
Le co7*ps vitré est constitué par une masse fluide ressemblant à du verre fondu, absolument transparente ; il occupe les ([uatre cinquièmes de la coque oculaire, répond en avant â la faccî postérieure du cristallin, et dans le reste de sa surface à la rétine, qui prend sur lui ses points d'appui. La consistance normale du corps vitré ressemble à celle du blanc d'œuf et présente une certaine cohésion, mais il est susceptible de se ramollir, de devenir tout à fait liquide. Il subit alors dans les divers mouvements de la tète des oscillations qui sont transmises à l'iris : d'où le tremblement de cette membrane, \c Irernulus tnâis^ comme symptôme du ramollissement du corps vitré.
De môme que la consistance diminue, la transparence du vitré peut également s'altérer. On y trouve souvent des flocons de forme très-variable qui voyagent dans son intérieur, se déplacent â chaque instant et donnent lieu au phénomène dit moue/tes volantes, H n'est pas rare de trouver au milieu du corps vitré ramolli, au lieu de ces flocons, des cristaux de cholestérine qui produisent à l'ophthalmoscope l'effet de paillettes d'or douées d'an mou-