PAROI INTERNE
La paroi interne de chaque fosse nasale est formée par les faces latérales de la cloison. Le squelette de la cloison se compose du vomer en bas et de la lame perpendiculaire de l'ethmoïde en haut. Ces deux lames osseuses, d'abord unies l'une à l'autre en arrière, s'écartent en avant et laissent entre elles un espace angulaire que remplit un cartilage appelé cartilage triangulaire ou cartilage de la cloison. C'est ce cartilage qui, en s'insinuant en avant entre les cartilages latéraux et ceux de l'aile du nez, constitue le principal soutien de la voûte nasale.
Le squelette de la cloison, mince et peu résistant, est singulièrement renforcé par l'adjonction de la muqueuse pituitaire, qui tapisse les deux faces et présente
FOSSES NASALBS.
en CL» poinl iitic i'*!sist;uice. nne solidité loules piirliculières. U l'aul aussi iiotur que la membrane muqueuse n'y adhère que peu cl se liiisae nuilomenl dÉcollor.
Il résulte de cette double disposition de la muqueuse : résistance d'une \ pari, adhérence Faible de l'autre, que la cloison peut présenter des collections I liquides, telles qu'abcès et hémntocèles. 11 est bon d'en tlve prévenu, sans quoi on commettrait très-facilement une erreur de diagnostic.
La cloison, ai-jo dit, est dirigée verlicalénienl à. l'état normal, mais il n'en est pas toujours ainsi. Elle peut être dénée, soit d'un côté, soit de l'autre. Les deux parois opposées sonLparrois seulement rapprochées; elles se touchent dans d'autres cas de façon à intercepter le passage de l'air, comme on le voit sur la ngure 88.
Cette déviation de la cloison est la ' cause fréquente d'erreurs de diagnostic. La saillie qui en résulte dans la narine correspondante peut être prise pour un abcès, une héraatocèle, une tumeur de nature quelconque, mais c'est surtout avec les polypes des fosses nasales qu'on la confond. J'ai eu sou< vent occasion de voir des malades qui m'étaient adressés pour un polype ne présenter autre chose qu'une déviation de la cloison.
11 est est très-facile d'éviter Terreur; je dirai mêmequ'il sumi d'étreprévcnu b, «ir»t luMricur. et d'y regarder pour ne la pas com- {j' "J!^' ^i"^, mettre, car on voit la tumeur se continuer insensiblement avec les parties voisines, cl, d'ailleurs, ù la saillie dans nni' narine correspond une dépression au rnSmo point dans l'antre narine.
Le redressement de la cloison est impossible, le mieux est de n'y pas toucber. Si cependant le malade éprouvait une géue sérieuse de l'obstruction complète d'une fosse nasale, on pourrait, pour rétablir la communication, tenter d'enlever un morceau de la cloisun à l'emporte- pièce, ainsi que l'a proposé Blandin.
Dans ces derniers temps, mon ami le docteur Lannelongue, se basant sur les propriétés physiques de la muqueuse de la cloison, a eu l'ingénieuse idée de ; lui emprunter un lambeau pour combler une perforation de la voûte palatine, , et il y a complètement réussi dans un cas oii la cloison venait s'implanter sur ! un des bords de la perforation. Après avoir circonscrit son lambeau ft l'aide de trois incisions, il le détache et l'abaisse do façon qu'il ne tienne plus que par le bord qui correspond à la voûte palatine ; il suture ensuite le bord supérieur du lambeau avec la muqueuse palatine i|iii recouvre la lèvre opposée de la perforation .
i" P^BOI EXTEKNE.
Pour se rendre un cnniple exact de la disposition de la paroi externe des fosses nusnles, paroi Irès-rumpliquér par suite des saillies, des dépressions et
des orifices qu'on y rencontre, il faut l'examiner sur deux coupes verticales : Tune transversale, l'autre antéro-postérieure. La coupe transversale représentée par la figure 86 en donne une idée très-nette. De la paroi externe, oblique de haut en bas et de dedans en dehors, se détachent trois saillies osseuses qui se portent vers la cavité et en diminuent encore singulièrement la largeur.
Ces saillies ont reçu le nom de cornets ^ qui sont distingués en supérieur (F), moyen (D) et inférieur ^B). Le supérieur fait un très-léger relief, le moyen en fait un plus considérable, et l'inférieur est le plus volumineux des trois. Tous offrent une disposition analogue, c'est-à-dire se dirigent d'abord en dedans, puis en bas, et se recourbent en crochet à leur bord libre, de façon à décrire en définitive une courbe dont la concavité regarde .en dehors. Entre chaque cornet et la paroi externe existe une cavité désignée sous le nom de méat, dont nous allons parler plus loin.
Les deux cornets supérieurs sont une émanation de l'ethmoîde, tandis que l'inférieur est constitué par un os spécial.
Le bord libre du cornet inférieur descend plus ou moins bas vers le plancher des fosses nasales, assez quelquefois pour gôner l'introduction des instruments, et en particulier du cathéter de la trompe d'Eustache, lorsque la courbure de l'instrument est trop prononcée : d'où la nécessité de posséder plusieurs cathéters de courbure différente. Quant à l'extrémité antérieure de ce cornet, elle s'avance jusqu'à l'union de la portion cartilagineuse avec la portion osseuse du nez, et se trouve située à 2 centimètres environ en arrière de l'entrée des narines.
On ne peut voir la disposition du bord adhérent des cornets, c'est-à-dire la direction de leur ligne d'insertion à la paroi externe des fosses nasales, qu'après les avoir coupés, comme cela a été fait sur la figure ci-dessous, qui représente une section verticale antéro-postérieure des fosses nasales (/î^. 89]. On constate alors que la ligne d'insertion du cornet inférieur (AA') décrit une courbure à concavité inférieure, à l'opposé du bord libre, qui présente une convexité dans le même sens ; la partie la plus prononcée de la courbe correspond environ à la partie moyenne du cornet. L'extrémité postérieure se recourbe quelquefois légèrement en haut ; l'extrémité antérieure se recourbe toujours en bas, en sorte que cette ligne est sinueuse et représente une sorte d'5 italique allongée. C'est au sommet de la courbe antérieure qu'aboutit généralement l'orifice inférieur du canal nasal.
Cette ligne sinueuse correspond au point de jonction du cornet inférieur avec la paroi externe : là existe une véritable gouttière que Triquet conseille de suivre pour cathétériser la trompe d'Eustache ; on conçoit que la sonde doive mal s'accommoder d^une courbure analogue à celle qui est figurée ici. Je dois dire, du reste, que cette forme est loin d'être toujours absolument identique.
J'ai insisté plus haut sur le rapport de la ligne d'inserlioil du cornet inférieur avec le pavillon de la trompe, au niveau de laquelle ce dernier se trouve exactement situé.
La ligne d'insertion du cornet moj^en C est bien différente de la précédente, surtout en avant. Au lieu de se porter en bas, elle se dirige au contraire presque verticalement en haut, de façon à laisser entre les deux cornets une large surface plane N, dont nous allons dans un instant indiquer l'importance.
Quant à la ligne d'insertion du cornet supérieur E, elle est située au-dessus et en arrière des précédentes, presque rectiligne et sans importance.