‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 3)Chapitre 93 sur 142 · DU VESTIBULR DE LA BOUCHE · texte numérisé non relu

DU VESTIBULR DE LA BOUCHE

grenouillelle aiguë. Un point cependant me paraît absolument acquis au débat, et il n'est pas sans valeur: c'est que l'épanchement de liquide a lieu dans 1& bourse séreuse sublinguale.

Mais d'où vient ce liquide ? Provient-il d'une déchirure du canal de Warthonr d'une déchirure des conduits de la glande sublinguale, ou bien est-il le résultat d'une bydropisie aiguë de la bourse muqueuse sublinguale, n'ayant avec les organes salivaires d'autres connexions que celle de voisinage î C'est ce qui reste k trouver.

Du vestibule de la bouche.

Lorsque les mâchoires sont rapprochées l'une de l'autre, il existe entre elles, la joue et les lèvres, un espace auquel on donne le nom do vestibule de la boiiûke.

Le vestibule offre deux parois et une circonférence. Les parois sont : la joue et les lèvres en dehors, les rebords alvéolaires supériourset inférieurs en dedans.

La circonférence forme deux gouttières, l'una supérieure, l'autre inférieure, qui répondent à la réflexion sur les mâchoires de la muqueuse qui tapisse les lèvres et la joue.

C'est dans la gouttière ou cul-de-sac inférieur que le chirurgien doit porter le bistouri pour pratiquer la section du nerf dentaire inférieur ; on peut également arriver par la gouttière supérieure h sectionner de cette façon le nerf aous-orbitaire, mais plus difûcilement que le précédent. On pénètre aisément par ce cul-de-sac dans la fosse canine, et j'ai déjà signalé cette voie comme étant, selon moi, la meilleure pour ouvrir le sinus maxillaire quand les alvéoles sont tous occupés par les dents.

II est un autre point de pratique relatif an vestibule de la bouche. C'est presque toujours à la circonférence du vestibule, sous la muqueuse, au niveau de son angle de rédexion, que se développent ces abcès dentaires si douloureux qui surWennent fréquemment dans le cours de la carie et provoquent une fluxion. Aussi faut-il explorer soigneusement le cul-de-sac avec le doigt pour reconnaître la tumeur que forme l'abcès et donner issue au pus.

Sur la paroi externe ou génienne du vestibule vient s'ouvrir le canal de Sténon dans le point que j'ai précisé plus haut.

En arrière des grosses molaires existe un espace qui lait communiquer le vestibule avec la cavité buccale. On y pourrait faire pénétrer, à l'aide de la sonde œsophagienne, des substances ahmentaires ou médicamenteuses dans le cas de constriction des mûchoires.

Un autre détail important est le suivant : l'apophyse coronoïde du maxillaire inférieur est normalement déjetée en dehors de l'arcade dentaire, en sorte que Bon bord antérieur fait saillie au fond du vestibule de la bouche et est très-appréciable au toucher. Ce bord devient beaucoup plus appréciable encore lorsque la mâchoire est luxée, puisque l'apophyse est alors portée plus en avant. Il en résulte que par le vestibule on pourra explorer aisément les apophyses coronoïdes, constater si l'une est plus antérieure que l'autre ; je considère cette exploration comme très-utile quand il s'agit de déterminer si une luxation tempo ro- maxillaire est uni- ou bilatérale, diagnostic qui n'est pas toujours aussi facile qu'on pourrait lo croire tout d'abord.

Le procédé classique de réduction des luxations de la mâchoire consiste à porter les pouces aussi loin en arrière que possible dans la bouche sur les arcades dentaires et à pousser fortement en bas et en arrière. On conseille de garnir les doigts pour n'être pas mordu dans cette manœuvre : or la précaution -est inutile, car ce n'est pas entre les arcades dentaires elles-mêmes qu'on •devra porter les pouces, mais en dehors de ces arcades, dans le vestibule, de façon qu'ils viennent presser directement sur la base de l'apophyse coronoïde. Par ce procédé, le chirurgien n'a rien à craindre pour lui-môme et il obtiendra la réduction facilement dans l'immense majorité des cas de luxation récente ; j'en ai même réduit ainsi qui avaient résisté à l'application de l'instrument de Stromeyer.

Orifice postérieur de la bouche ou Isthme du gosier.

L'isthme du gosier est Torifice qui fait communiquer la cavité buccale avec le pharynx. Il est circonscrit en haut par le bord postérieur du voile du palais et la luette, en bas par la base de la langue, et de chaque côté par les piliers antérieurs du voile du palais. Cet isthme marque la limite entre les mouvements volontaires et les mouvements réflexes ou involontaires. Tant qu'un corps étranger n'a pas franchi ce passage, nous en sommes les maîtres : aussitôt qu'il l'a franchi, le pharynx s'en empare violemment malgré nous et le porte dans le tube digestif.

Tout ce qui est en avant des piliers antérieurs appartient à la bouche, ce qui -est en arrière appartient au pharynx, en sorte que l'amygdale fait en réalité partie de cette dernière région et mérite d'être décrite avec elle.

L'isthme du gosier est le siège fréquent de plaques muqueuses, d'ulcérations de toute nature, de gommes qui finissent quelquefois par transformer les parties qui le constituent en tissu cicatriciel rétractile. Il en résulte des rétrécissements souvent considérables de cet orifice, qui devient rigide et inextensible. M. A. Guérin a appelé l'attention des chirurgiens sur cette lésion, qu'il a rapprochée de celle qu'on observe assez souvent, sous l'influence de la même cause, à l'autre extrémité du tube digestif, le rétrécissement syphilitique du rectum.

Les piliers antérieurs du voile du palais, essentiellement constitués par le muscle glosso-staphylin, sont susceptibles, comme tous les autres points de la muqueuse buccale, d'être envahis par l'épithélioma. J'y ai observé une fois sur un jeune homme une tumeur érectile veineuse parfaitement bien limitée.

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