LIVRÉ IV
THORAX
t CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
i Nous désignerons sous le nom de thorax ou de poitrine la cavité thoracique et les
^ parois qui la circonscrivent. La cavité thoracique, on le sait, rgnferme à la fois la [ plus grande partie de l'appareil respiratoire, une portion importante du conduit alimentaire, l'organe central de la circulation et les gros vaisseaux qui en partent.
1° Limites. — Intermédiaire au cou et à l'abdomen, le thorax est hmité, en haut, par un plan obhquement dirigé en bas et en avant, qui passerait à la fois par le
' sommet de l'apophyse épineuse de la septième cervicale et par le bord supérieur du sternum.
• En bas, la cavité thoracique se trouve séparée de la cavité abdominale par le diaphragme et a pour hmite la surface même de ce muscle : cette limite représente un plan oblique en bas et en arrière, qui partirait de l'appendice xiphoïde du sternum, pour aboutir à l'apophyse épineuse de la douzième vertèbre dorsale.
Il résulte de l'obhquité de ces deux plans-limites, plan supérieur et plan inférieur, que le thorax est beaucoup plus étendu en arrière qu'en avant : en avant, sa hauteur est celle du sternum lui-même, diminuée de la partie inférieure de l'appendice xiphoïde ; en arrière, elle est égale à toute la hauteur de la colonne dorsale. Le dia-
r mètre vertical antérieur du thorax est de 15 à 18 centimètres, tandis que le dia-
P mètre vertical postérieur atteint de 30 à 32 centimètres
2° Forme générale. — Le thorax, tel qu'on le considère en anatomie artistique, a la forme d'un tronc de cône renversé, dont la grande base, dirigée en haut, s'étendrait d'une épaule à l'autre.
En anatomie topographique, il convient d'en distraire les épaules et le creux de l'aisselle, qui font manifestement partie du membre supérieur et que nous décrirons plus loin. Si on enlève ainsi les épaules suivant deux verticales, l'une antérieure taiigente au côté externe de la mamelle (chez la femme), l'autre postérieure passant par le bord spinal de l'omoplate, le thorax nous apparaît encore sous la forme d'un tronc de cône, mais avec cette différence que la grande base, cette fois, se trouve située en bas, tandis que la petite base, plus connue sous le nom de sommet, répond à la partie inférieure du cou.
THORAX
Ainsi compris, le thorax revêtu de ses parties molles diiïère bien peu, au pomt de vue de sa forme générale, du thorax étudié sur le squelette.
3° Dimensions, indice thoracique. — La circonférence supérieure de la poitrine, mesurée sur le vivant, l'emporte sur la circonférence inférieure, d'après Hirtz, de 7 centimètres chez l'homme adulte, de 5 centimètres chez la femme, de 2 centimètres chez l'enfant. Son développement est proportionnel, toutes choses égales d'ailleurs, à la vigueur du sujet et, à ce titre, sa mensuration {périmètre thoracique) est un élément d'appréciation qui a une certaine valeur dans l'examen de l'aptitude
des jeunes gens à servir dans
l'armée.
Cette circonférence ciquo supérieure se
thoramesure d'ordinaire au niveau de la Ugne sous-pectorale ou, si l'on préfère, à 3 centimètres audessous des mamelons, sur le sujet ayant les bras tombants le long du corps et pendant le repos qui sépare deux respirations (Rouget et Dopter). Elle doit toujours être rapprochée de la taille. L'expérience a démontré que, dans ces conditions, elle est, chez les sujets vigoureux, égale, à peu de chose près, à la moitié de la taille plus 2 centimètres (Vallin). Par contre, chez les sujets faibles, et en particulier chez ceux qui sont prédisposés aux affections pulmonaires, elle est inférieure à la demi-taille (Antony).
11 est à remarquer que, dans l'espèce humaine, le diamètre transverse de la poitrine est toujours plus grand que le diamètre antéro-postérieur, mais il existe, à ce sujet, des variations ethniques et individuelles fort étendues (voy. Weisgerber, Th. de Paris, 1879) : le diamètre antéro-postérieur est, en moyenne, de 20 centimètres ; le diamètre transverse, de 26 à 28 centimètres. Si
nous appelons indice thoracique de largeur le rapport centésimal du diamètre
(Diam. transverse x 100\ nidice = DTamTant.-post. /' "°"'
voyons cet indice atteindre, en moyenne, 140 chez l'homme, 130 seulement chez la femme. Mesuré sur le squelette, cet indice est beaucoup moindre ; d'après les recherches de Weisgerber, il est de 117 chez les Européens, de 124 chez les nègres d'Afrique, de 126 chez les Chinois, de 128 chez les Polynésiens, de 151 chez les Indous.
Fig. 536.
Cage thoracique, vue par sa faoe antérieure
1. 2, 3, 4, 5, 6 et 7, première, deuxième, troisième, quatrième, cinquième, sixième et septième côtes Uôtes aternoles), avec leurs cartilages costaux. — 8, 9, 10, 11 et 12, huitième, neuvième, dixième, onzième et douzième côtes {côtes slernales. les deux dernières 11 et 12, côtes flottantes), ayec leurs cartilages costaux. — 13, poignée du sternum. — 14, corps de cet os. — 15, appendice xiphoïde. — 16, première vertèbre dorsale, articulée avec la première côte. — 17, douzième vertèbre dorsale, articulée avec la douzième côte.