‹ Traité d'anatomie topographique (volume 2)Chapitre 115 sur 141 · ARTICLE PREMIER CAGE THORACIQUE · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER CAGE THORACIQUE

1<^ Arcliitecture, élasticité, résistance. — La cage thoracique (fîg. 536), ainsi appelée parce que les segments osseux qui la constituent affectent une disposition qui rappelle un peu celle des barreaux d'une cage, représente le squelette du thorax. Elle est formée : en arrière, par les douze vertèbres dorsales ; sur les côtés", par les douze côtes ; en avant, par le sternum et les cartilages costaux. Ces diverses pièces, osseuses ou cartilagineuses, sont réunies les unes aux autres par des articulations qui permettent à la cage thoracique un certain nombre de mouvements, très limités d'ailleurs, nécessaires au jeu normal de la respiration.

Recouverte extérieurement par une couche de parties molles, mince en avant et sm' les côtés, plus épaisse en arrière et en particulier au niveau des gouttières vertébrales, la cage thoracique est superficielle et, par suite, facilement accessible aux agents traumatiques, aisément accessible également au chirurgien. Par sa face profonde,, elle est en rapport avec les organes et les formations intrathoraciques, à l'égard desquels elle remplit un rôle de protection souvent efficace. II est à remarquer, toutefois, qu'elle est moins bien disposée à cet égard que le crâne ou même que le bassin : elle présente, en effet, de nombreux points faibles, les espaces intercostaux, au niveau desquels les viscères intrathoraciques ne sont plus protégés par le squelette. Il convient d'ajouter que, lorsque sa force de résistance est vaincue, elle peut, à son tour, devenir un agent vulnérant pour les organes qu'elle renferme :

c'est ainsi, par exemple, qu'une esquille détachée d'une côte peut venir déchirer le poumon (blessures de poitrine par éclats d'obus).

La cage thoracique, son architecture nous l'explique sans peine, est très élastique. Cette élasticité est d'autant plus grande que le sujet est plus jeune : on connaît le cas rapporté par A. Paré d'un enfant de vingt-huit mois, sur la poitrine duquel les roues d'un carrosse contenant cinq gentilshommes passèrent sans déterminer aucune fracture. Jusque vers l'âge de' vingt-cinq ans, d'après Weisgerber, elle est suffisante pour que le sternum puisse être amené, sans fracture de côtes, jusqu'au contact de la colonne vertébrale. Elle diminue chez l'adulte à mesure qu'on avance en âge, et la fragilité des côtes chez les vieillards est bien connue.

L'élasticité de la cage thoracique nous permet de comprendre ces cas observés en chnique, où, à la suite d'un traumatisme intéressant le thorax, on trouve des lésions pulmonaires parfois étendues (contusion, déchirures du poumon) sans fracture du squelette. En pareil cas, en effet, le thorax se comporte à la façon d'un ressort élastique, dit J. Peyrot, cédant et laissant l'agent contondant agir pour ainsi dire directement sur le poumon, puis se redressant indemne de fracture, lorsque cet agent cosse d'appuyer sur lui.

L'élasticité de la cage thoracique est due surtout à l'existence, dans le squelette costal, d'une

portion cartilagineuse, les cartilages costaux. Aussi, lorsque ceux-ci s'ossifient, le thorax devient-il rigide. Cette ossification se produit normalement sous l'influence de l'âge ; mais elle peut s'observer aussi, prématurément, dans certains cas pathologiques. On peut, notamment, la rencontrer chez des sujets jeunes, atteints d'emphysème pulmonaire ou d'asthme, et l'on conçoit que, chez de pareils malades, elle soit susceptible d'augmenter notablement la gêne respiratoire en mettant un obstacle invincible à l'ampliation de la poitrine. De là le conseil donné par Freund (1902) de pratiquer, en pareils cas, la résection des cartilages costaux ossifiés pour rendre au thorax, devenu rigide, son élasticité et sa mobilité primitives. Celle opération (opération de Frf.und) a été faite iln assez grande nombre de fois dans l'emphysème pulmonaire et ses résultats ont été, pour la plupart, très satisfaisants.

2° Forme. — On a comparé fia cage thoracique à un tronc de cône à base inférieure (fîg. 537), qui serait un peu aplati dans le sens antéro-postérieur. — Sa face antérieure est légèrement convexe. — Sa face postérieure présente, sur la ligne médiane, la saillie des apophyses épineuses des vertèbres dorsales et, à gauche et à droite de cette saillie, les deux gouttières vertébrales. — Ses faces latérales sont fortement convexes, à la fois dans le sens horizontal et danç

Fig. 537.

Cage thoracique. vue par sa face postérieure (T.).

I. première vertèbre dorsale. — XII, (loiizième vertèbre dorsale. — 3. 3, apophyses épineuses des vertèbres (iorsales. — 4, 4 gouttières vertél)rales. - — 6, 5, apophyses transverses, a'articulant par leur aommet avec l'extréinité postérieure des côtes. — 6, 6, angles postérieurs des côtes, s'éloignant d'autant plus de la colonne vertébrale que la côte est plus inférieure.

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