RÉGION DE L'ÉCORCE
L'écorce cérébrale, encore appelée cortex, pallium oa manteau des hémisphères, nous présente chez l'homme, comme chez tous les animaux supérieurs, de nombreuses saillies, qui circonscrivent des dépressions plus ou moins profondes et plus ou moins anfractueuses. Les saillies portent le nom de circonvolutions et on appelle scissures ou sillons les anfractuo-sités qui les séparent et les délimitent. Nous décrirons, tout d'abord, les circonvolutions cérébrales. Nous indiquerons ensuite quelles sont les
principales localisations fonctionnelles dans l'écorce. Nous étudierons enfin, sous le titre de çoies de conduction cor lico-s finales, les différentes connexions de l'écorce cérébrale avec la moelle épinière.
1» — Circonvolutions cérébrales
Le mode de segmentation périphérique du cerveau a été longtemps considéré comme essentiellement irrégulier et échappant, par le fait même de cette irrégularité, à toute description. Les travaux de Gratiolet, complétés après lui par ceux du Broca, de BiSHOFF, d'EcKER, de Pansch, de Turner, de Giacomini, etc., ont établi, au contraire, que les circonvolutions cérébrales, chez l'homme comme chez les primates, se développent suivant un type à la fois simple et constant, et nous possédons aujourd'hui, à ce sujet, une nomenclature à la fois très nette et très complète. Il importe de rappeler toutefois que, si ce type fondamental est le même chez tous les sujets, iL existe, dans la disposition des circonvolutions, 'des scissures, et des sillons, des différences individuelles très étendues, se manifestant même, sur le même sujet, d'un côté à l'autre. Chaque hémisphère ayant trois faces, nous examinerons successivement : 1° les circonvolutions de la face externe ; 2° les circonvolutions de la face interne ; 3° les circonvolutions de la face inférieure. Nous serons très brefs dans notre description et renverrons, pour les détails, aux Traités d'anatomie descriptive.
1° Circonvolutions de la face externe. — La face externe de l'hémisphère (fig. 76 et 77) nous présente trois scissures de premier ordre : la scissure de Sylvius, la scissure de Rolando et la scissure perpendiculaire externe.
a) La scissure de Sylvius, qui prend naissance à la base du cerveau, se dirige transversalement de dedans en dehors et atteint le bord externe de l'hémisphère à l'union de son tiers antérieur avec ses trois quarts postérieurs. Le contournant de bas en haut, elle passe sur la face externe, se porte alors en arrière et un peu en haut et se termine après avoir effectué sur cette face externe un parcours de 8 à 9 centimètres. En atteignant la face externe de l'hémisphère, la scissure de Sylvius envoie en haut et en avant, en plein lobe frontal, deux prolongements : l'un antérieur ou horizontal, l'autre postérieur ou vertical. Ces deux prolongements, longs de 2 ou 3 centimètres, présentent dans leurs rapports réciproques de nombreuses variations individuelles : ils sont, suivant les cas, en V, en U, en Y.
P) La scissure de Rolando prend naissance, en bas, dans l'angle que forme la scissure précédente avec- son prolongement vertical. De là, elle se dirige obliquement en haut et en arrière, vers le bord supérieur de l'hémisphère et s'y termine par une sorte d'encoche qui empiète légèrement sur la face interne. L'obhquité de la scissure rolandique est telle qu'elle est séparée de l'extrémité antérieure du cerveau par une distance de 11 centimètres pour son extrémité supérieure, de 7,5 cm. seulement pour son extrémité inférieure. Sa longueur est de 9 à 11 centirhètres. La scissure de Rolando est parfois rectihgne, mais le cas est rare. Le plus souvent, elle s'infléchit deux fois sur elle-même, en formant à chacun de ces changements de direction une saillie que Broca a désignée sous le nom de genou. On distingue ainsi deux genoux ; un genou supérieur et un genou inférieur qui, l'un et l'autre, ont leur convexité tournée en avant. La portion de la scissure comprise entre les deux genoux décrit, elle aussi, en règle générale, une légère courbe, mais sa convexité se trouve dirigée en arrière.
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y) La scissure perpendieiilaire externe occupe la partie postérieure de l'hémisphère. Partie de la scissure interhémisphérique, elle se dirige obliquement en bas et en avant et se termine par une extrémité libre un peu au-dessous du bord externe de l'hémisphère. Cette scissure, très visible chez les singes, est masquée chez l'homme par des plis de passage à direction antéro-postérieuro : elle se trouve ainsi réduite, dans la plupart des cas, k une simple encoche située sur le bord supérieur de l'hémisphère. Pour la retracer à nouveau, il faudra prolonger en bas l'encoche en question, en suivant, sur les pHs de passage précipités, une direction exactement parallèle à celle que suit, sur la face interne de l'hémisphère, la scissure perpendiculaire interne.
Les trois scissures que nous venons de décrire divisent la face externe do l'hémisjjhère cérébral en quatre lobes : le lobe frontal, le lobe occipital, le lobe temporal et le lobe pariétal. A ces quatre lobes, il convient d'en ajouter un cinquième, qui se dissimule dans la profondeur de la scissure de Sylvius, c'est le lobe de Vinsula.
A. Lobe rnoNTAL. — Le lobe frontal comprend toute la portion de la face externe do l'hémisphère qui se trouve placée on avant de la scissure de Rolando,
Il nous présente deux sillons longitudinaux, parallèles l'un et l'autre au bord
supérieur de l'hémisphère : ce sont le sillon frontal supérieur et le sillon frontal inférieur. Au niveau de leur extrémité postérieure, chacun de ces sillons se bifurque en une branche ascendante et une branche descendante. Si on réunit ensemble ces branches ascendantes et descendantes, on arrive à constituer un troisième sillon frontal, celui-là transversal et parallèlement dirigé à la scissure de Rolando :
c'est le sillon prérolandique.
Les trois sillons frontaux décomposent le lobe frontal en quatre circonvolutions, savoir :
trois circonvolutions antéro-postérieures, superposées, que l'on désigne sous les noms de première frontale, deuxième frontale, troisième frontale, en allant de haut en bas ; une circonvolution vertico-transyersale, comprise entre la scissure de Rolando et le sillon prérolandique, c'est la quatrième frontale, plus connue sous le nom de frontale ascendante ou prérolandique.
Des quatre circonvolutions frontales, la troisième ou circonvolution de Broca (fig. 75) présente un intérêt tout spécial en ce qu'elle est le centre du langage articulé. Rappelons, à ce sujet, que les deux prolongements de la scissure de Sylvius se terminent dans cette circonvolution et la divisent ainsi en trois parties : 1° une partie antérieure ou tète, de forme triangulaire ou ovalaire, comprenant toute la partie de la troisième frontale qui se trouve située en avant du prolongement antérieur de
de
Fig. 75.
Troisième circonvolution fpontale ou circonvolution Broca (hémisphère gauche (T.)- (La circonvolution de Broca est teintée en rope).
Fa, frontale ascendante. • — r=, deuxième frontale. — Pa, pariétale ascendante. — P2, lobule nariétal inférieur, délimité en haut et en avant par ip. — S, scissure de Sylvius. ■ — T', première temporale. • — r, scissure de Eolando. — ip, sillon Interpariétal. • — 1, branche ascendante de la scissure de Sylvins. — 2, branche horizontale de la scissure de Sylvius. — 3, cap. — 4, pied de la troisième frontale. — 6. sa fusion avec le pied de la frontale ascendante. — 6. fusion du pied de la frontale ascendante avec le pied de la pariétale a-scendante.
la srissure de Sylvius ; 2° une partie moyenne, située entre les detix prolongements antérieur et postérieur, et affectant naturellement la forme d'un coin, c'est le cap de la troisième frontale ; 3° une partie postérieure ou piedAe la trtisième frontale, comprenant la partie toute postérieure de la circonvolution, située par conséquent entre le corps et le pied de la frontale ascendante. Ajoutons que c'est plus spécialement dans le pied de la troisième frontale que Broca a localisé l'importante fonction du langage articulé. Nous y reviendrons plus loin.
/)'. Lobe occipital. — Le lobe occipital, situé à la partie la plus reculée du cerveau, comprend toute la partie de la face externe de l'hémisphère qui se trouve située en arrière de la scissure perpendiculaire externe. Il a., dans son ensemble, la forme d'un triangle, dont la hase répond à la scissure précitée et dont le sommet se confond avec le pôle occipital.
Deux sillons antéro-postérieurs plus ou moins accusés, le sillon occi.pilnl supérieur et le sillon occipital inférieur, le diAisent en trois circonvolutions superposées : 1° la première circonvolution occipitale, située au-dessus du silLn occipital supérieur ; 2° la deuxième circonvolution occipitale, comprise entre les deux sillons occipitaux ; 3° la troisième circonvoiation occipitale, située au-dessous du sillon occipital inférieur.
C. Lobe temporal. — Le lobe temporal occupe la partie moyenne et inférieure de l'hémisphère. Il comprend toute la partie externe de la face de l'hémisphère qui se trouve située au-dessous de la scissure de Sylvius.
Il nous présente deux sillons longitudinaux, courant l'un et l'autre parallèlement à la scissure de Sylvius : le sillon temporal supérieur ou sillon parallèle et le sillon temporal inférieur
Ces deux sillons circonscrivent dans le lobe temporal trois circonvolutions, comme eux longitudinales. Ce sont, en allant de haut en bas : 1° la première circonvolution temporale, constituant la lèvre inférieure de la scissure sylvienne, circonvolution toujours très nette, simple et peu flexueuse ; 2° la deuxième circonvolution, temporale, comprise entre les deux sillons temporaux ; 3° la troisième circonvolution temporale, située au-dessous du sillon temporal inférieur et formant le bord externe de l'hémisphère.
D. Lobe pariétal. — Le lobe pariétal, situé au-dessus du précédent, occupe la partie moyenne et supérieure de l'hémisphère. Il est parcouru en diagonale par un long sillon, obliquement dirigé de bas en haut et d'avant en arrière, c'est le sillon iuttr pariétal. Ce sillon, d'abord vertical, puis antéro-postérieur, envoie vers le haut, au moment uù il change de direction, un prolongement ascendant, qui remonte jusqu'au voisinage de la scissure interhémisphérique.
Le sillon interpariétal et son prolongement ascendant décomposent le lobe pariétal en trois circonvolutions, savoir : 1° la circonvolution pariétale ascendante, qui borde en arrière la scissure de Rolando et qui, de ce fait, est encore appelée circonvolution post-rolandique ; elle est délimitée en arrière par la portion verticale de la scissure interpariétale et par son prolongement ascendant ; rappelons que les deux circonvolutions prérulandique (ou frontale ascendante) et post-rolandique (ou pariétale ascendante) sont unies l'une à l'autre, à chacune de leurs extrémités, par deux plis de passages transversaux, le pli de passage fronto-pariétal supérieur et le pli de passage fronto-pariétal inférieur ou opercule rolandique ; 2° la circonvolution pariétale supérieure ou lobule pariétal supérieur, située entre le sillon interpariétal et le bord supérieur de l'hémisphère ; 3'^ la circonvolution pariétale inférieure
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OU lobule pariétal inférieur, située au-dessous du sillon intorpariétal, entre ce sillon et la scissure de Sylvius.
Cette dernière circonvolution s'unit, en arrière de la scissure de Sylvius, avec l'extrémité postérieure de la première circonvolution temporale. Du point où se fait cette union s'échappe un pli fort important, qui, s'infléchissant en bas et en avant, contourne l'extrémité postérieure du sillon parallèle et, finalement, se continue avec la deuxième circonvolution temporale : c'est le pli courbe, affectant dans son ensemble la forme d'un U couché (P ). Un pli de passage, à direction antéro-
Cerveau en place vu par la face externe (hémisphère gauche ; homme 40 ans) .
La moitié gauclie du cuir chevelu, de la calotte crânienne et des méninge a été réséquée.
1, bregma. — 2. lambda. — 3. muscle temporal. — 4, sinus latéral. — 5, cervelet. — 6. dure-mère. 7, vaisseaux méningés moyens.
(Pour la légende des circonvolutions, se reporter h la figure 77.)
postérieure, l'unit aux circonvolutions occipitales. Un moyen pratique de reconnaître toujours le pli courbe consiste à introduire l'index dans le sillon parallèle et à suivre ce sillon en allant d'avant en arrière : la première circonvolution qui arrête le doigt, au voisinage de l'extrémité supérieure de la scissure de Sylvius, n'est autre que le pli en question
E. LoBK DE l'insula. — Le lobe de l'insula occupe le fond de la scissure de Sylvius. Pour le voir, il faut écarter fortement l'une de l'autre les deux lè^res de cette scissure. Il nous apparaît alors sous la forme d'une saillie conoïde, de forme triangulaire, nettement circonscrite (à la manière d'une île, insula, d'où son nom), j)or un sillon profond qui prend successivement les noms de rigole antérieure, riqolc postérieure, rigole postéro-injèrieure. Ce sillon péri-insulaire ne fait pourtant pas tout le tour du lobe de l'insula : il est interrompu, en avant et en bas, par deux
plis de passage qui unissent le sommet de l'insula, d'une part à la troisième frontale, d'autre part à la première temporale. L'île devient ainsi une presqu'ilo ou péninsule.
Un sillon profond, oblique en haut et en arrière, le g7'and sillon de Vinsula, divise le lobe de l'insula en deux lobules : un lobule antérieur et un lobule postérieur^ que des sillons plus petits décomposent en un certain nombre de circonvolutions. On compte ordinairement trois circonvolutions dans le lobule antérieur, deux seulement dans le lobule postérieur.
Profondément, l'insula répond à la face externe du noyau lenticulaire. Il en est
Les sillons, scissures et circonvolutions de la face externe du cerveau (hémisphère gauche), (schéma d'après la figure 76).
PA. circonvolution frontale ascendante. — Fi, F'' F"' première, deuxième, troisième circonvolution frontale. — O', O", O'", première, deuxième troL'iième circonvolution occipitale. — P', P", première, deuxième circonvolution pariétale. — Pli, 0, pli courbe. — T', t", T'", première, deuxième, troisième circonvolution temporale.
S. /. i, sillon frontal inférieur. — S. /. s, sillon frontal supérieur. — S. i. p, sillon interpariétal. — S.o. i. sillon occipital inférieur. — S. o. s, sillon occipital supérieur. — S. p. r, sillon prérolandique. — S. Eo, sillon de Rolando. — S. {. i et S. {. s, sUlon temporal inférieur et sillon temporal supérieur — S. Syl., scissure de Sylvius avec Sa' et Si/"} braa horizontal et bras vertical de cette scissure.
séparé seulement par deux lames de substance nerveuse : l'une, externe ou grise, constituant V avant-mur ou claustrum ; l'autre interne ou blanche, formant la capsule externe
2° Circonvolutions de la face interne. — La face interne des hémisphères cérébraux (fig. 78 et 79), assez réguHèrement plane, s'étale autour du corps calleux à la manière d'un large éventail. Elle nous présente trois scissures, toutes les trois très nettes et très visibles :
a) La scissure calloso-marginale, qui, naissant au-dessous du genou du corps calleux, contourne successivement le genou et la face supérieure de cet organe et vient se terminer sur le bord supérieur de l'hémisphère, un peu en arrière de l'encoche terminale de la scissure rolandique ; sinueuse et deux fois contournée sur elle-mème,^ elle revêt assez exactement la forme d'un S italique ;
|3) La scissure calcarine, qui occupe la partie la plus reculée de notre face interne et qui se porte horizontalement de l'extrémité postérieure de l'hémisphère vers le bourrelet du corps calleux ;
ni
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v) ].a scissure perpendiculaire interne, qui, partant du bord supérieur de l'hémi- .'plière, se porte obliquement on bas et en avant pour venir se jeter dans la précér'ente.
Ces trois scissures délimitent, sur la face interne de rhémisphère, deux circonvolutions et deux lobules, savoir : la circonvolution frontale interne, la circonvolution du corps calleux, le coin et le lobe quadrilatère.
A. Circonvolution frontale interne. -^ La circonvolution frontale interne est exactement comprise entre le bord supérieur de l'hémisphère et la scissure calloso-
Cerveau en place vu par sa face interne (hémisphère gauche, homme 40 ans).
I.a moitié droite de la calotte crânienne, l'hémisphère droit du cerveau et la portion correspondante dea méninges
crâniennes ont été enlevés.
1, étage antérieur de la base du crâne. — 2. bord supérieur du rocher droit. — 3, étage moyen de la base du crâne
— 4, tente du cervelet. — 5, sinus latéral droit. — 6, cervelet recouvert de ses méninges. — 7. sinus veineux droit.
— 8, dure-mère avec, 8", faux du cerveau. — 9, corps calleux. — 10, bregma. — 11, lambda. — 12, nerf optique droit
(Pour la légende des circonvolutions se reporter ^ la figure 79.)
marginale. Elle représente assez bien la face interne de la première circonvolution frontale. Elle en diffère cependant en ce. qu'elle est plus longue, la dépassant à la fois en avant (puisqu'elle descend jusqu'au bec du corps calleux) et en arrière (puisqu'elle se prolonge de plusieurs millimètres au delà de l'extrémité supérieure de la scissure rolandique). — Sa partie antérieure, située au-dessous du genou du corps calleux, se trouve ordinairement divisée par une incisure antéro-postérieure, Vincisure sus-orbitaire de Brocâ, en deux étages : un étage inférieur, qui se continue en dejiors avec le lobe orbitaire ; un étage supérieur, qui confine à la scissure callosomarginale ci (pie Broc.\ désigne sous le nom de lobule métopiquc. — Sa partie toute postérieure, séparée du reste de la circonvolution par un petit sillon vertical, cons-
titue le lobule paracentral. C'est dans ce lobule paracentral que vient se terminer la scissure de Rolando et que se réunissent réciproquement les deux circonvolutions frontale ascendante et pariétalç ascendante.
B. GiRCONsoLUTioN DU CORPS CALLEUX. — La circouvolution du corps calleux, ainsi appelée parce qu'elle contourne le corps calleux, est nettement délimitée : 1° en hiut. par la scissure calloso-marginale ; 2° en bas, par le corps calleux, dont elle est .s<'parée par un sillon toujours très accusé, le sinus du corps calleux. — Son extrémité antérieure répond au bec du corps calleux et elle forme là, en s' unissant à l'extrémité antérieure de la circonvolution précédente, un petit lobule allongé dans le
Fig. 79.
Les circonvolutions, sillons et scissures de la face interne du cerveau (liémisphère g'auche) (schéma d'après la figure 78).
f, cunéas ou coin. — CGC, circonvolution du corps calleux. — C. H, circonvolution de l'iiippocampe. — C'OC, corps ca!leu.T. — F', première circonvolution frontale. — L, L., lobe lingual. — L. PA. C, lobe paracentral. — LQ, lobe quadrilatère.
.*. c m, sci.^sure calloso-marginale. • — S. p. i, scissure perpendiculaire interne ou pariéto-occipitale. — S. Eo, sillon de EoLindo.
sens vertical, que l'on désigne, en raison de ses relations avec l'appareil olfactif, sous le nom de carrefour olfactif. — Son extrémité postérieure se trouve située en arrière du bourrelet, où elle se continue avec la circonvolution de l'hippocampe.
C. Coin. — Le coin ou cunéus, situé entre la scissure perpendiculaire interne et la scissure calcarine, a la forme d'un petit triangle, dont la base répond au bord supérieur de l'hémisphère et dont le sommet occupe l'angle de réuniun des deux scissures précitées. Rappelons que le sommet du cunéus est relié à la partie postérieure de la circonvolution du corps calleux par un petit pli de passage à direction, postéro-antérieure, c'est le pli cunéo-limbir/ue.
D. Lobule quadrilatère. — Le lobule quadrilatère, encore appelé précunéus ou avont-coin, se trouve situé entre le cunéus et le lobule paracentral. Il est nettement délimité : 1° en avant, par la portion verticale de la scissure calloso-marginale ; 2° en arrière, par la scissure perpendiculaire interne ; 3° en haut, par le bord supé-
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rieur de l'hémisphère ; 4° en bas, du côté de la circonvolution du corps calleux, par un prolongement que la scissure calloso-marginale envoie vers le cunéus.
30 Circonvolutions de la face inférieure. — La face inférieure de l'hémisphère (fig. 80 et 81) est fort irrégulière, comme la base du crâne sur laquelle elle repose. La portion initiale do la scissure de Sylvius la divise en deux parties : l'une antérieure, qui est le lobe orbitaire ; l'autre postérieure, qui constitue le lobe temporo-occipital.
A. Lobe orbitaire. — Le lobe orbitaire a la f(*rme d'un triangle, dont la base répondrait à la scissure sylvienno et dont le sommet se c(nfondrait avec le pôle frontal. Il repose, comme son num l'indique, sur la voûte orbitaire.
Trois sillons, le sUlon orbitaire interne ou olfactif, le sillon orbitaire externe et le sillon cruciforme, délimitent, dans le lobe orbitaire, un certain nombre de circonvolutions, savoir : 1° la 'drconvolution ol'active interne ou siirus reclus, longeant le côté interne du sillon olfactif ; 2° la circonvolution olfactive externe, formant le côté externe de ce même sillon ; 3° tout en dehors du lobe, la circonvolution orbitaire externe, qui n'est autre que la partie inférieure de la troisième circonvolution frontale ; 4° tout autour du sillon . cruciforme, les circonvolutions orbitaires moyennes, circonvolutions sans nom, très variables du reste suivant les sujets et, sur le même sujet, d'un côté à l'autre.
liC lobe orbitaire n'est en réalité que la partie inférieure du Lbe frontal, que nous avons décrit sur la face externe de l'hémisphère, et l'on voit nettement les trois premières circonvolutions frontales venir successivement se continuer : la première, avec les deux circonvolutions olfactives interne et externe ; la deuxième, avec les circonvolutions orbitaires moyennes ; la troisième avec la circonvolutii.n orbitaire externe.
B. Lobe temporo-occipital. — Le lobe temporu-occipital s'étend de la scissure sylvienne au pôle occipital. Deux sillons longitudinaux, le sillon temporo-occipital
(côté
Cerveau en place, vu par sa face inférieure gauche) ; (homme 40 ans).
La calotte (Taiiicnne a été sciée au niveau de sa base, la dure-mère réséquée au niveau de la section osseuse. Les nerfs optiques, la tige pituitaire, l'isthme ont été sectionnés pour I)ennettre l'ablation du cerveau. Le cerveau contenu dans la calotte crânienne a alors été enlevé avec cette dernière.
1, sinus longitudinal supérieur. — 2. muscle temporal, — 3. dure-mère et 3', faux du cerveau. — 4. bulbe olfactif et 4' ,bandelette olfactive. — 5. espace perforé antérieur — 6, tige pituitaire. — 7, tubercules mamillaires. — 8, aqueduc de Sylvius. — 9. tul)ercule8 quadriiumeaux. — • 10, calotte crânienne (occipital). — 11, corps calleux.
(Pour la légende des circonvolutions se reporter à la figure 81.)
externe et le sillon temporo-occipital interne, délimitent sur ce lobe deux circonvolutions comme eux longitudinales. Ce sont, en allant de dehors en dedans : 1° la première circonvolution temporo-occipitale, exactement comprise entre les deux sillons précités (lobule fusiforme de certains auteurs) ; 2° la deuxième circonvolution temporooccipitale, située en dedans du sillon temporo-occipital interne. . Cette dernière circonvolution est divisée elle-même en deux parties : une partie postérieure, que l'on désigne quelquefois sous le nom de lobe lingual ; une partie antérieure, qui constitue 'la circonvolution de r hippocampe.
La circonvolution de l'iiippocampe, qui forme, comme on le sait, la lèvre inférieure d'" la fente cérébrale de Bichat, se recourbe en arrière, à sa partie antérieure, en formant une sorte de crochet, le crochet ou uncus de Vhippocampe. A sa partie postérieure, elle se réunit, comme cela a été dit plus haut, à la circonvolution du corps calleux, constituant ainsi, avec cette dernière circonvolution, une circonvolution unique, entourant comme dans un anneau le hile de l'hémisphère : c'est à cette circonvolution de forme annulaire qu'on donne le nom de grande circonvolution limbique. Elle est, chez l'homme, le représentant atrophié du grand lobe limbique des animaux osmatiques.
2° — Localisations fonctionnelles
DANS l'ÉCORCE cérébrale
L'écorce cérébrale n'est pas fonctionnellement homogène. Elle est constituée, dans chaque hémisphère, par la juxtaposition d'une multitude de neurones groupés en centres, appelés centres corticaux, centres ayant leurs fonctions propres comme les observations anatomo-cliniques et l'expérimentation l'ont prouvé indiscutablement.
Tous les centres corticaux ne sont pas encore connus. Dans l'état actuel de la science, nous pouvons admettre : 1° des centres moteurs et des centres sensitifs ; 2° des centres sensoriels ; 3° des centres de V intelligence ; 4° des centres du langage (fig. 82 et 83).
Fig. 8L Sillons et circonvolution» de la face inférieure du cerveau (hémisphère gauche).
(Schéma d'après la figure 80).
C, chiasma dea nerfs optiques. — F'", pied de la troisième Circonvolution frontale. — G E. gyrus rec^ tus. — H, circonvolution de l'hippocampe, avec H', crochet de l'hippocampe et bandelette de Oiacomini.
— LF. lobe fusiforme. — LL, lobe lingual. — ■ L. I. isthme du lobe limbique. — G F'. O F", O F'", première, deuxième, troisième circonvolution orbitofrontale. — O'", troisième circonvolution occipitale.
— P. coupe du pédoncule cérébral — T'", troisième circonvolution temporale.
i, p. incisure préoccipitale. — S, o, sillon cruciforme. — S, 0, t. sillon orbitaire interne. — S, t, o, e, sillon temporo-occipital externe. — S. t. o. i. sillon temporo-occipital interne. — S y, scissure de Sylvius, avec Su' Si/ '.branche verticale de la scissure.
10 Centres moteurs et centres sensitifs. — Ces centres, on le sait, tiennent sous leur dépendance la motihté volontaire et la sensibilité générale de la moitié du corps
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opposée à celle de l'hémisphère auquel ils appartiennent : motilité et sensibilité du côté droit pour les centres qui se trouvent situés sur Vhémisphère gauche ; et, vice versa, motilité et sensibilité du côté gauche pour les centres de Vhémisphère droit.
Jusqu'en ces dernières années, et c'est encore, à l'heure actuelle, ce qu'enseignent la plupart des livres classiques, on admettait que les centres moteurs et les centres sensitifs n'étaient pas distincts les uns des autres, qu'ils étaient au contraire fiisii innés ensemble, formant ainsi des centres mixtes qu'on appelait centres sensitivo-moteurs. On admettait encore que ces centres sensitivo-moteurs se trouvaient groupés de part et d'autre de la scissure de Rolando, dans la région constituée par la pariétale ascendante, la frontale ascendante, le lobule paracentral et l'opercule rolandique, région à laquelle on donnait le nom de région ou zone rolandique.
Or, des travaux récents, nombreux et tous concordants, ont modifié considérablement et sur un certain nombre de points ces données classiques. Il est notamment prouvé aujourd'hui que les centres moteurs et les centres sensitifs ont des territoires en grande partie distincts. Il est égal':'ment établi que, dans la zone dite rolandique, la circonvolution frontale ascendante est surtout ou même exclusivement motrice, tandis que la pariétale ascendante est exclusivement sensitive.
Cette doctrine nouvelle, étabhe par deux physiologistes anglais, Grûabaum et Sherrington, en 1901, à la suite de remarquables expériences faites sur des singes anthropoïdes, s'appuie non seulement sur l'expérimentation chez les animaux (Grunbaum et Sherrington, C. et 0. Vogt, Brodmann), mais aussi sur des observations faites chez l'homme au cours de trépanations (Krause, Mills, Frazieh, Cushing, Llyod). Elle s'appuie encore sur l'histologie normale, sur l'histologie pathologique, sur l'embryologie. De fait, l'histologie normale permet de constater des différences considérables dans la structure cellulaire des deux circonvolutions frontale ascendante et pariétale ascendante (Kolmer, Brodmann, Campbei.l) ; l'histologie pathologique, à son tour, nous montre que, dans les affections où il existe une dégénérescence systématisée du faiscca^ pyramidal (sclérose latérale amyotrophique), les fibres dégénérées, suivies de la moelle jusqu'au cortex, viennent toutes se perdre dans la frontale ascendante et non pas dans la pariétale (Probst, Campbell, Rossi et Roussy) ; enfin, l'étude de la myélinisation prouve que la frontale possède les caractères du type moteur, et la pariétale ceux du type sensitif (Flechsig).
Nous décrirons, tout d'abord, les centres moteurs, puis, les centres sensitifs :
A. Centres moteurs, zone motrice. — Les différents centres moteurs, centres de la tête, du cou, du membre supérieur, du thorax, de l'abdomen, du membre inférieur, du périnée, s'échelonnent sans interruption sur toute la hauteur de la frontale ascendante ; ils empiètent même sur la portion de cette circonvolution qui occupe la face interne du cerveau, mais sans atteindre cependant la scissure calloso-marginale. Un seul centre se dispose en dehors de la frontale ascendante, dans les deux circonvolutions frontales inférieures (2^ et 3^), c'est le centre des mouvements conjugués des yeux.
La situation de chaque centre a été précisée avec grand soin, chez les singes anthropoïdes, par GRiiNBAUM et Sherrington. Or, les résultats obtenus chez ces animaux sont exactement applicables à l'homme, comme l'ont montré les recherches faites por les chirurgiens au cours d'opérations sur le cerveau, et en particulier, les observations de Krause (1907) qui ont pt^rté sur 18 sujets.
Nous pouvons donc localiser chez l'homme comme chez le singe anthropoïde (fig. 82) :
a) Dans la portion inférieure de la frontale ascendante, depuis l'extrémité inférieure de cette frontale jusqu'à la hauteur du genou inférieur de la scissure de Rolando, et en allant de bas en haut : !« le centre des cordes vocales (centre du larynx) ; 2» le centre des mouvements de la face (mouvements de la langue, des lèvres, de la mâchoire, du pharynx, du nez, des paupières, des oreilles) ; 3° en regard du genou inférieur du sillon de Rolando, le centre des mouvements du cou ;
Fig. 82.
Principales localisations fonctionnelles de l'écorce cérébrale : face externe de rhémisphère cérébral gauche.
Les centres moteurs sont teintés en rouge, les centres seiisitifs en bleu, les centres du langage en jaune,
les centres sensoriels en riolet.
F', F'. F^. première, deuxième, troisième circonvolutions frontales. — Fa. frontale ascendante avec les divers centres moteurs, savoir : a, centre de la mastication ; b, centre fîu larynx ; c, centre des lèvres et de la langue ; d, centre du nez ; f, centre des paupières ; /, centre de i'oreille ; a, centre du cou ; li, centre du pouce; i, centre des autres doigts ; j, centre du poignet ; k, centre du coude : (, centre de l'épaule ; m, centre du thorax ; n, centre de l'abdomen ; o. centre de la hanche ; p. centre du genou ; 7, centre du cou-de-pied ; r, centre des orteils ; s, centre du périnée (anus, vulve, muscles caverneux, et«.) ; (, centre des mouvements conjugués des yeux. — O", O^, 0^, circonvolutions occipitales. — • Va. circonvolution pariétale ascendante. — P', P^, première et deuxième pariétales, avec pe, le pli courbe. — E, scissure de Rolando avec, r', son genou supérieur et r', son genou inférieur. — S, scissure de Sylvius.
I, centre des images visuelles des mots. — II, centre des images auditives des mots. dition. — IV, centre du langage articulé ou centre de Broca.
III, centre sensoriel de l'au-
• [3) Dans la portion moyenne de la frontale ascendarde, c'est a dire dans la portion do cette circonvolution comprise entre les deux genoux, inférieur et supérieur, de la scissure de Rolando, et en allant, ici encore, de bas en haut : 1° le centre des mouvements des doigts et de la main ; 2° le centre des mouvements du poignet ; 3° le centre des mouvetnents du coude ; 4° le centre des mouvements de V épaule ; 5° et 6°, en face du genou supérieur du sillon de Rolando, le centre des mouvements du thorax et le
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centre des mouvements de V abdomen ; les quatre premiers de ces centres constituent par leur réunion le centre du membre supérieur ; les deux derniers, le centre du tronc ;
y) Dans la portion supérieure de la frontale ascendante et sur la face interne de Vextrémité supérieure de cette frontale^ et en allant toujours de bas en haut : 1° le centre des mouvements de la hanche : 2» le centre des mouvements du genou ; 3<* le centre des mouvements du cou de pied ; 4° le centre des mouvements des orteils ; S" enfin, le centre des muscles du périnée (anus, vagin, etc.) ; les quatre premiers de ces centres forment par leur réunion le centre du membre inférieur ;
8) Dans la partie moyenne des deuxième et troisième frontales, le centre des mouvements conjugués des yeux ; ce centre se trouve séparé des précédents par une zone corticale inexcitable
Nous avons dit plus haut que les centres moteurs tenaient sous leur dépendance la motilité volontaire de la moitié du corps opposée à celle de l'hémisphère auquel ils appartiennent {action hétérolalérale). I! convient d'ajouter. qu'ils ont, en mi"'me temps, une certaine action sur l'autre moitié (action hnmolatérale) . Cette influence homolatérale, toutefois, est faible sur les mtiscles du tronc et des membres (voy. Moelle). Par contre, elle est nette, importante sur les muscles de la phonation, de la déglutition, de la mastication, si bien qu'on peut dire que ces muscles possèdent un centre cortical bilatéral. Tl en résulte que lorsque le centre de ces muscles est lésé d'un seul côté, les symptômes observés sont légers et peuvent facilement passer inaperçus ; ils sont au contraire très accusés lorsque les lésions sont bilatérales {paralysie glosso-labio-larijngée pseudo-bulbaire, troubles de la parole du début de la paralysie générale).
Ce n'est pas tout. Les muscles annexés aux organes des sens, et en particulier les muscles de l'oeil et des paupières, se contractent non seulement sous l'influence d'excitations sensitives générales, mais aussi sous l'influence d'excitations sensorielles, d'impressions lumineuses par exemple (G. Roux, 1889). Ces muscles auraient donc deux centres distincts d'innervation corticale : 1» un centre sensitivo-moteur, qui n'est autre que le centre précité des mouvements de la face ; 2° un centre sensorio-moteur, sur le siège exact duquel on n'est pas encore absolument d'accord (Landouzy et Gr.\s3et localisent dans la région pariéto-occipitale, plus exactement au niveau du pli courbe, celui des muscles de l'œil et des paupières). Nous reviendrons plus loin, en étudiant la région palpébrale, sur cette double innervation corticale des muscles de la face annexés à l'appareil de la vision. Nous dirons ici seulement qu'elle nous explique pourquoi, dans certains cas, dans l'hémiplégie cérébrale par exemple, les muscles de la face innervés par !e facial dit inférieur sont seuls complètement paralysés, alors que l'orbiculaire des paupières et les muscles du front (muscles innervés par le facial dit supérieur ) se contractent encore. C'est que l'orbiculaire et les muscles du front étant les seuls muscles de la face annexés à l'appareil oculaire {muscles protecteurs de l'œil de Gr.a.sset) ont, seuls, un double centre cortical : il en résulte que, lorsque les fibres qui émanent de leur centre sensitivo-moteur sont détruites en même temps que les fibres destinées aux autres muscles de la face avec lesquelles elles sont confondues, les fibres qui proviennent du centre sensorio-moteur. et q:ii soal distinctes des précédentes, persistent et assurent, partiellement tout au moins, le fonctionnement de ces muscles.
Lji Icoioas de la zone motrice se traduisent en clinique par deux signes différents : par des paralysies ou par des convulsions, suivant que le centre est détruit ou simplement irrité. Nous devons ajouter que l'irritabilité de ces centres est très grande et qu'une excitation légère, pathologique ou simplement oxpérimentable (électricité), suffit pour la mettre en jeu : aussi donne-t-on encore à la zone motrice I • nom de zone excitable, zone épileptogêne. Ce phénomène est d'autant plus importnt à noter que les convulsions sont pathognomoniques, ou presque, d'une lésion de la zone motrice. Tout le reste de l'écorce est en effet inexcitable, si bien qu'on lui a donné, par opposiion à la /.one motrice, le nom de zone latente : ce terme, toutefois doit s'entendre seulement dans le sens de « zone latente pour les mouvements », car, comme nous le verrons plus loin, les lésions des centres sensoriels se manifestent par des troubles de la fonction sensorielle.
La zone motrice occupe une étendue relativement grande de la sur ace du cerveau. Il est très rare (|u'elle soit détruite ou irritée en sa totalité, à l'inverse de ce qui produit pour les fibres qui en émanent (p. 127). Il s'ensuit qu'une hémiplégie traduit rarement une lésion corticale, laquelle, pour produire un pareil symptôme, devrait détruire tout le champ moteur. Les symptômes des lésions corticales sont, en règle générale, des paralysies ou des convulsions localisées, limitées à un segment de membre, à un membre, à la face, etc. Ajoutons, cependant, que dans le cas de lésion irritative et en raison de la solidarisation qui unit entre eux les divers centres, il est de règle de voir les convulsions se généraliser à tous les muscles du corps ; mais il existe toujours au début de l'attaque, une aura, c'est-à-dire des phénomènes convulsifs localisés, qui ont une importance considérable au point de vue du diagnostic du siège de la lésion et du traitement. Cette aura caractérise Vépilepsie jacksonienne, curable souvent par la suppression dé la cause de l'irritation du centre siège de l'aura, et la distingue de Vépilepsie essentielle, rebelle, jusqu'ici du moins, à tout traitement.
B. Centres sensitifs. — Les travaux sus-indiqués (p. 118), les recherches de Bergmargk (1910) basées sur un grand nombre de faits anatomo-cliniques, les observations toutes récentes de Ophenheim, de Schaffer, démontrent que les centres sensitifs sont localisés dans la pariétale ascendante et dans la portion voisine du lobe
k pariétal (partie antérieure de P^). Toutefois quelques auteurs (Horsley,Hoppe) soutiennent encore que la frontale ascendante jouit, elle aussi, de la fonction de perception sensitive et en particulier, d'après Hoppe (1910), de la fonction stéréognostique.
On s'accorde généralement à admettre que les différentes régions de la tête, du tronc et des membres possèdent des centres sensitifs distincts. Ces centres seraient
Fig. 83.
Principales localisations fonctionnelles de l'écorce cérébrale: face interne de l'hémisphère
cérébral gauche.
Les centres moteurs sont en rouge, les centres sensitifs en bleu, les centres sensoriels en violet.
C, cuneus. — C. C. circonvolution de corps calleux. — C. m, scissure calloso-marginale. — F', première froutale. — L. P. c, lobule paracentral, avec FA, terminaison de la frontale eiscendante ; VA, tenninâison de la pariétale ascendante. — L. Q, lobule quadrilatère. — S c, scissure calçarine. — S. p i, scissure perpendiculaire interne. — T. 0' et T. O-, première et deuxième circonvolutions teraporo-occipi taies.
V, centre de la vision. — VI et W, centre de l'olfaction — VII, centre de gustation.
situés directement en arrière des centres moteurs correspondants, à leur hauteur respective. Quant aux divers modes de la sensibilité, on n'est pas encore bien fixé sur lewr locahsation (Souques 1910) ; on croit, cependant, que la sensibilité superficielle {tactile, thermique, douloureuse) siège surtout sur la pariétale ascendante, la sensibilité profonde (musculaire, tendineuse, articulaire) sur le lobe pariétal.
2° Centres sensoriels. — Les centres sensoriels comprennent les quatre centres olfactif, visuel, auditif, gustatif. Nous les étudierons plus loin, en décrivant les organes des sens. Nous nous contenterons ici de les signaler et d'indiquer brièvement quelle est leur situation sur l'écorce cérébrale.
ot) Le centre olfactif (fig. 83, VI et VF) occupe la partie tout antérieure de la circonvolution de l'hippocampe. A ce centre, centre principal, s'ajoutent, chez les
122 TETE
animaux osmatiques ot vraisemblablement aussi chez l'homme, quelques centres accessoires, situés dans la circonvolution du corps calleux, dans le lobe orbitair.', dans la corne d'Ammon et dans le lobe temporal.
P) Le centre visuel (fig. 83, V) est situé sur la face interne du lobe occipital, principalement sur les deux lèvres de la scissure calcarine.
y) Le centre auditif (fig. 82,111), siège sur la partie moyenne de la première circonvolution temporale.
8) Le ce?itre gustatif (fig. 83, VII), enfin, occuperait pour certains auteurs, la partie moyenne de la circonvolution de l'hippocampe, et serait, par suite, placé immédiatement en arrière du centre olfactif ; mais il convient d'ajouter que ce n'est là qu'une hypothèse non encore vérifiée à l'heure actuelle.
3° Centre de l'intelligence. — Il est admis sans conteste que l'écorce cérébrale est l'organe de l'inteUigence. Mais existe-t-il sur cette écorce cérébrale une zom^ particulière où se localise l'intelligence ? En d'autres termes, y a-t-il dans le cerveau, des centres psychiques, comme il y a des centres moteurs et des lientres sensoriels ? La question est fort discutée.
Pour certains auteurs, c'est dans les lobes frontaux que se localiseraient les fonctions intellectuelles. Ils s'appuient, pour soutenir leur opinion, sur le développement que ces lobes acquièrent dans l'espèce humaine et sur ce fait que leur destruction, réahsée parfois chez l'homme par des processus pathologiques et souvent chez les animaux par l'expérimentation, s'accompagne de troubles psychiques considérables.
Pour d'autres auteurs, au contraire, les facultés intellectuelles n'auraient pas de centres particuliers dans l'écorce cérébrale, et l'intelligence résulterait du fonctionnement de l'écorce tout entière, autrement dit de l'association fonctionnelle de tous les neurones cérébraux.
40 Centres du langage. — Le langage est la faculté, acquise par l'homme au cours du développement et fixée par l'hérédité, (|ui lui permet d'exprimer sa pensée par des signes (parole, mimique, écriture, etc.).
Pour pouvoir entrer en relation avec ses semblables par la parole et par l'écriture, il est de toute nécessité que l'homme, non seulement entende et voie, mais aussi comprenne les mots parlés et lus et, à son tour, puisse exprimer ses idées par des mots. Il doit donc posséder, en plus des sens sensoriels de l'audition et de le vision auxquels aboutissent les paroles en tant que bruit et les mots écrits ou imprimés en tant c^n' images visuelles, des centres spéciaux qui sont affectés à la compréhension des mots parlés, écrits ou imprim.és. Il doit également, pour pouvoir à son tour articuler des mots, posséder, outre le centre cortical qui commande aux muscles de la langue, de la face, du larynx, qui entrent en jeu dans la parole, un autre centre spécial pour les mouvements d'articulation qui sont nécessaires au langage. On a même cru pendant longtemps à l'existence d'un autre centre spécial centre de l'écriture, mais ce centre, qu'on localisait dans le pied de la deuxième frontale, est actuellement contesté par k plupart des neurologistes.
Au total, il est admis aujourd'hui que trois centres spéciaux président à la fonction du langage, savoir : 1° le centre de la compréhsnsion des mots parlés ou centre des images auditives des mots ; 2° le coitre de In compréhension des mots écrits ou imprimés, ou centre des images visuelles des mots ; 3° h centre de la parole articulée ou centre des images motrices d'articulation. Ces trois centres sont localisés sur l'hémisphère cérébral gauche chez les droitiers, sur l'hémisphère cérébral droit chez les gauchers.
Us sont on connexion intime les uns avec les autres par l'intermédiaire de fibres d'association.
Chacun de ces trois centres (fig. 84) se trouve situé au voisinage du centre sen- . soriel ou moteur auquel il est associé, mais il en est nettement distinct. C'est ainsi' que le centre des images auditives des mots, encore appelé centre de Wernicke. est placé en arrière du centre sensorieî de l'audition, dans le tiers postérieur de la première circonvolution temporale (Ballet) ; le centre des images visuelles des mots se trouve situé au niveau du pli courbe (Déjerine), sensiblement en avant par conséquent du centre sensoriel de la vision ; enfin le centre du langage ariicalé, plus
Fig. 84.
Schéma des centres du langage.
Les centres du langage sont en rouge, de même que les fibres d'association qui les réunissent. Les centres sensoriels et le centre moteur, associés au centre du langage, sont en jaune. Les flèche noires schématisent le mécanisme du langage.
], centre des images visuelles des mots. — 2, centre du langage articulé. — ■ 3, centre des Images auditivas des mots. — 4, centrer sensoriel de la vision. — 5, centre sensoriel de l'audition. — 6, centre moteur des muscles l'.e la langue, des lèvres, du larynx, etc. — 7, mot parlé arrivant au centre de l'audition (5) où il est entendu en tant que bruit, puis de lii aboutissant par 7', au centre des images auditives des mots (3) où il est compris. — 6, mot écrit ou imprimé arrivant au centre de la vision (4) où il est peri;u en tant qu'image, puis de là, aboutissant, par 6', au centre des images visuelles des mots (1) où il est compris. — 8. image du mot articulé par le sujet, partant du centre des Images motrices de l'articulation des mots (2) pour aboutir au centre cortical des muscles des lèvres, de la langue, du larynx (6) qui tient sous sa dépendance la contraction des mu-scles nécessaires à. l'articulation du mot prononcé par le sujet lâ').
connu encore sous le nom de centre de Broca, siège dans le pied de la troisième frontale, immédiatement en avant du centre moteur de la face.
Comme on le voit, ces divers centres, ainsi que les faisceaux d'association qui les relient les uns aux autres, occupent sur la surface de l'hémisphère gauche une zono qui s'étend du pU courbe à la circonvolution de Broca : c'est la zone dite du langage (fig. 85, A). Une lésion de cette zone ou de l'un ou de l'autre des centres qu'elle renferme amène des troublesplus ou moins complexes de la fonction du langage, troubles que l'on désigne sous le nom d'aphasies.
TÊTE
Nous ne ferons que rappeler ici les principaux types d'aphasies, renvoyant pour plus de détails le lecteur aux traités de pathologie. On distingue des aphasies corticales et des aphasies sous-corticales (Liciiteim) ou aphasies pures (Déjerine).
Les aphasies cariicales sont dues essentiellement à la lésion des centres du langage. Elles se divisent : 1° en aphasie motrice ou de Broca (le malade comprend les mots parlés et lus, mais il ne peut parler parce qu'il a perdu la mémoire de l'articulation des mots) ; 2" en aphasie sensorielle ou de WernicHe (le malade ne comprend ni la parole parlée ni la parole écrite et présente dp la paraphasie etdcl'agraphie)
Les aphasies sous-corticales on aphasies pures sont consécutives à des lésions siégeant en dehors de la zone du langage, dans 1ns régions sous-corticales, et intéressant les fibres qui émanent de tel ou tel contre d'images du langage. C'est ainsi que la lésion des fibres provenant du centre du langage articulé (2, fig. 84) entraîne l'aphasie motrice pure : le sujet comprend les mots parlés et lus ; il ne parle pas volontairement, ne répète pas les mots entendus et lus ; il écrit sous la dictée ou en copiant. —
sW"
A Fig. 85. B
La zone du langage d'après Déjerine et d'après P. Marie Le? fleures représentent la face esteme de l'hémisphère gauche ; la zone du langage est teintée en rose. A, zone du langage d'après DÊ.nsRiNE — B, zone du langage d'après P. Marie. 1. troisième circonvolution frontale ou circonvolution de Broca. — 2, première temporale ou circonvolution deWERNicKE. — 3, pli courbe. — 4. scissure de Sylvius. — 5, scissure de Eolando.
La destruction des fibres venant du centre v sueldes mots(l, fig. 81) produit la cécité eerbdte (Kussmaui.) : !e sujet comprend les mots parlés mais non les mots lus : il écrit volontairement, mais sans se relire et ^e contrôler, comme s"i! avait les yeux fermés (Orasset). — Enfin la lésion des fihros émanées du centre auditif des mots (ri, fig. 8'i) se traduit par de la surdité verbale : le malade ne comprend pas les mots parlés, il comprend les mots lus. — En pratique, les types précédents sont rarements observés à l'état de pureté: ainsi que le fait remarquer Dé.ierine, les aphasies sont toutes complexes : les aphasies pures ne sont irnère que le reliquat d'aphasies banales.
La conception anatomo-physiologique de la zone du langage., telle que nous venons de l'exposer, e.st la conception classique. Il convient d'ajouter que, tout récemment (1906), elle a été fortement battue en brècne, au nom de la clinique, par Pierre Marie. Pour cet auteur, la zone du langage ne comprendrait que le territoire dit de Wcrni^ke, c'est-à-dire le gyrus supra marginalis, le pli courbe et le pied des deux premières temporales ; la troisième circonvolution frontale, autrement dit le centre d-? Broca, n'en ferait pas partie (fig. 85, B). De plus, dans ce territoire, il n'y aurait pas décentres différents régissant tel ou tel acte spécial de la fonction du langage. Il n'y aurait qu'un seul centre, représenté parla région de Wernicke elle-même ; et ce centn devrait être considéré, non comme un centre sensoriel, mais comme un centre intellectuel. — Toute lésion de ce centre ou des fibres qui en émanent déterminerait, proportionnellement à son étendue, outre les troubles de la parole, un déficit de la compréhension du langage parlé, un déficit de la capacité pour la lecture, pour l'écriture, enfin la disparition de certaines notions d'ordre didactique : c'est ce que les classiques appellent la surdité verbale ou aphasie de Wernicke. — Lorsque à la lésion de la zone de Wernicke ou des fibres qui en proviennent s'ajoute une lésion de la zone lenticulaire, on observerait, en plus des symptômes précédents, de l'anarthrie : c'est ce que le? classiques désignent sous le nom d'aphasie motrice ou aphasie de Broca. Dans cette forme d'aphasie, la lésion de la troisième circonvolution frontale, lorsqu'elle s'observe, ce qui est loin d'être constant, ne jouerait aucun rôle : ce ne serait qu'une lésion surajoutée.
3° — Voies de conduction cortico-spinales
Des différents centres fonctionnels que nous venons de décrire sur Técorce cérébrale partent des fibres qui descendent vers la couche optique, les masses grises
du pédoncule cérébral, de la protubérance!, du bulbe et de la moelle, mettant ainsi en relation l'écorce cérébrale (c'est-à-dire les centres conscients) avec les masses grises sous-jacentes (c'est-à-dire les centres réflexes). De ces fibres ascendantes les unes se rendent directement aux masses grises bulbo-spinales, en constituant la voie ^ cortico-s finale directe ; l^s autres y arriverit par un chemin détourné, en passant ^L^^par le cervelet, elles forment la voie coriico-spinale détournée. Nous les décrirons ^Kici très brièvement, nous contentant de rappeler ce qu'il est indispensable de con- ^Bnaître pour la compréhension des accidents qui succèdent à leur lésion et renvoyant, B^ pour une étude plus détaillée, aux différents paragraphes où seront étudiées les parties constitutives de l'encéphale.
1° Voie cortico-spinale directe. • — Les fibres émanées des centres moteurs et dfs centres sensitifs, primitivement confondues dans l'écorce, le centre ovale et la capsule interne, se séparent, au delà de cette dernière, en deux faisceaux (fig. 80), qui s'accolent l'un à l'autre, mais qui, toutefors, restent distincts jusqu'à leur terminaison : ce sont le faisceau moteur et le faisceau sensilif. Ces deux faisceaux parcourent ensemble les pédoncules cérébraux, la protubérance et le bulbe, occupant, dans ces formations, une situation qui sera précisée plus loin et abandonnant, chemin faisant, un grand nombre de fibres à la couche optique, aux corps genouillés, aux tubercules quadrijumeaux, au ni^yau muge de Stilling, au locus niger, etc. Dans tout leur trajet, ils peuvent être lésés à la fois uu séparément, d'oii l'api^arition de symptômes mixtes sensitivo-moteurs ou bien exclusivement moteurs ou sensitifs. Enfin, et ceci est important à noter, ils s' entre-croisent tous deux avec ceux du côté |r opposé avant de se terminer dans les masses grises bulbo-spinales auxquelles ils se ^ rendent, de telle sorte que les fibres émanées des centres corticaux de l'hémisphère droit se terminent dans les masses grises du côté gauche et vice versa. Aussi les symptômes qui manifestent leurs lésions sont-ils croisés : ils se montrent du côté opposé au côté lésé. Ceci posé, examinons séparément le faisceau moteur et le faisceau sensitif.
a. Faisceau moteur. — Le faisceau moteur comprend les fibres émanées des centres du tronc, du membre inférieur et du membre supérieur, ainsi que celles qui proviennent des centres de la face, de la langue, du pharynx, du larynx.
a) Les premières, celles qui proviennent des centres corticaux des membres, constituent le faisceau pyratnidal. Elles subissent leur entrecroisement, pour la plupart au niveau de la partie inférieure du bulbe (c'est le faisceau pyramidal croisé), pour les autres sur toute la hauteur de la moelle (c'est le faisceau pyramidal direct). Elles vont se terminer dans les cornes antérieures de la moelle (voy. Moelle). Leur lésion, en un point quelconque de leur étendue, depuis le centre cortical jusqu'à leur terminaison, se manifeste non seulement par une hémiplégie croisée, mais encore (et ceci est spécial au faisceau pyramidal) par une contracture secondaire des muscles paralysés. Il se produit, en effet, une dégénérescence scléreuse des fibres lésées, qui agirait comme une épine irritante sur les cellules des cornes antérieures de la moelle, d'où la contracture observée ; il convient d'ajouter, toutefois, que ce n'est là qu'une hypothèse, et nombreux sont les auteurs qui croient que cette contracture secondaire résulte plutôt de la suppression de Taction frénatrice que, à l'état normal, le cerveau exerce sur la moelle.
P) Les secondes, celles qui émanent des centres de la face, de la langue, du larynx, du pharynx, etc., forment le faisceau géniculé. Leur décussation se fait non en bloc,
TÊTE
mais fibre par fibre en quelque sorte, dans le pédoncule cérébral, la protubérance, le bulbe, au-dessus par conséquent du point d'entre-croisemnet du faisceau pyramidal. Elles se terminent dans les noyaux bulbo-protubérantiels (noyaux d'origine des nerfs moteurs crâniens).
b. Faisceau sensitif.
Le faisceau sensitif affecte dans son ensemble une disposition analogue à celle du faisceau moteur.
a) Suivi de haut on bas, il nous présente tout d'abord des fibres cortico-thalami- (jiies) qui, de l'écorce sensitive, se rendent au noyau externe du thalamus (Dé- •JERiiNE et Long). Ces fibres, nous l'avons dit plus haut, sont mélangées, dans le centre ovale et la capsule interne, aux fibres motrices.
On admettait, jusqu'en ces derniers temps, qu'au niveau du segment le plus postérieur de la capsule interne elles se trouvaient au contact des fibres sensorielles et qu'en ce point, appelé carrefour sensitif, toutes les voies de conduction sensitivo-sensorielle étaient réunies. Des travaux récents ont modifié sur ce point nos connaissances : les fibres visuelles passent, non par le segment postérieur de la capsule interne, mais par le segment rétro-lenticulaire ; les fibres auditives, par le segment sous-lenticulaire ; quant aux fibres gustatives et olfactives, elles no cheminent vraisemblablement pas dans la capsule interne.
P) De la couche optique jusqu'à la protubérance, le faisceau sensitif est constitué à la fois : !<> par les fibres scnsitives du tronc et des membres ; 2° par les fibres qui se rendent aux noyaux sensitifs bulbo-protubérantiels et qui, par conséquent, tiennent sous leur dépendance l'audition, le goût, la sensibilité de la face.
y) Arrivées à la protubérance, les dernières de ces fibres, se comportant comme
zn\
Fig. 86.
Schéma des voies cortico-spinales : la voie motrice est en rouge ; la voie sensitive, en bleu.
1. circoiiTolution cérébrale. — 2, couche optique. — 3, noyau lenticulaire.
— 4. avant-mur. — 5, pédoncule.s cérébraux. — 6, bulbe. — 7, protubérance. ■ — f . moelle. — 9, faisceau pyramidal direct. — 10, faisceau pyramidal croisé.
— 11 nerf facial — 12, faisceau géniculé. — 13 nerf auditif. — H, nerf trijumeau. — 15, nerf rachidien. — A, B, C, D ; A', B', C", D" schématisent le siège des lésions.
les fibres motrices du faisceau géniculé, s'entrecroisent avec celles du côté opposé et se terminent dans les masses grises précitées.
8) A partir de la protubérance, le faisceau sensitif n'est plus composé que par les fibres destinées au tronc et aux membres : celles-ci, sous le nom de ruban de Reil, s'entrecroisent tout d'abord dans la partie inférieure du bulbe ; puis, après avoir fait relais dans les noyaux post-pyramidaux, elles viennent dans la moelle former le faisceau de Goll et de Burdach (voy. Moelle).
0. Syrnptomatologie générale des lésions intéressant la voie cortico-spinale directe. — La voie de conduction cortico-spinale directe nous étant maintenant connue dans
Fig. 87.
Schémas des paralysies motrices etsensitives consécutives aux lésions intéressant la voie cortico-spinale directe.
En ir,uge, les paralysies motrices. — En bleu, les paralysies çensitives. — En 'inlrl, les paralysies sensitivo-raotrices
(La légende se trouve clans le texte.)
son ensemble, il nous est facile de comprendre les symptômes observés en clinique, lorsque cette voie vient à être lésée en un point quelconque de son parcours (fig. 86). a) Prenons tout d'abord le faisceau moteur. — Une lésion de ce faisceau en A, dans la capsule interne, produira une hémiplégie croisée et complète, intéressant, par suite, la face (à l'exception de la portion innervée par le facial supérieur, voy. ]>. 120), les membres et le tronc du côté opposé à la lésion (fig. 87, A, parties colorées en rouge). — • Il en sera de même d'une lésion siégeant en B, dans le pédoncule. Mais, dans ce cas, la lésion peut atteindre, en même temps que les voies pyramidales et géniculées, les fibres radiculaires du nerf moteur oculaire commun. On observera alors une hémiplégie croisée et complète et, en plus, une paralysie directe du moteur commun {paralysie alterne type Weber). — Une lésion en G, dans la protubérance où la voie pyramidale existe seule, déterminera une hémiplégie croisée portant sur les membres et le tronc. Mais, comme elle intéresse également un ou plusieurs noyaux d'origine des nerfs crâniens, ou bien les fibres radiculaires de ces nerfs, on observera, •en plus d'une hémiptégie croisée, une paralysie directe de l'un ou l'autre des nerfs
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qui émergent de la protubérance. On donne à cette association d'une hémiplégie croisée ot d'une paralysie directe le nom d'hémiplégie alterne. Nous venons de dire qu'on pouvait la rencontrer à la suite d'une lésion pédonculaire ; mais c'est surtout dans les affections de la protubérance qu'on l'observe. Le type le plus fréquent, le plus anciennement connu, est Vhémiplégie alterne, type Millard-Giibler. Elle est caractérisée (fig. 87, D, parties colorées en rouge) par une hémiplégie croisée des membres et du tronc d'un côté (lésion pyramidale) et par une paralysie faciale, intéressant à la fois le facial inférieur et le facial supérieur de l'autre côté (lésion des fibres radiculaires du facial). Nous y reviendrons plus loin à propos de la Protubérance (voy. p. 170). ^ Une lésion en D (fig. 86), dans le bulbe, amènera une hémiplégie croisée des membres seuls. La face restera intacte (fig. 87, C, parties colorées en rouge). P) En ce qui concerne le faisceau sensitif, s'il est intéressé dans la capsule interne, en A' (fig. 86), en même temps que le faisceau moteur, on observera une hémiplégie avec hémianesthésie croisée (fig. 87, B, parties colorées en bleu et en violet). — Une compression ou une destruction localisée du pédoncule, en B' (fig. 86), produira une hémianesthésie complète et croisée. Toutefois, parmi les organes des sens, l'ouïe et le goût seront seuls supprimés du côté opposé à la lésion, la vue et l'odorat restant intacts (fig. 87, C, parties colorées en bleu). — Une lésion, en C (fig. 86), dans la protubérance, pourra intéresser les fibres du trijumeau du même côté et les fibres sensitives des membres et du tronc du côté opposé. On aura alors une hémianesthésie alterne, c'est-à-dire une paralysie sensitive croisée des membres du tronc, et une gnesthésie directe de la face (fig. 87, D, parties colorées en bleu). — Enfin, si la lésion siège en D' (fig. 86), dans le bulbe, on pourra observer une hémianesthésie croisée respectant la face et les organes des sens (fig. 87, A, parties colorées en bleu).
20 Voie cortico-spinale détournée. — La voie cortico-spinale détournée est moins intéressante que la voie cortico-spinale directe, au point de vue médico-chirurgical tout au moins. Sa topographie exacte et sa physiologie pathologique, en effet, sont encore peu connues et tout ce que les recherches les plus récentes permettent de dire, c'est qu'elle intervient dans la pathogénie de certaines contractures. La voie détournée comprendrait, elle aussi, deux ordres de fibres : des fibres motrices et des fibres sensitives.
a. Fibres motrices. — • Les fibres motrices traversent successivement le centre ovale, la capsule interne et le pédoncule cérébral, intimement mélangées, dans toute l'étendue de leur trajet, aux fibres des deux faisceaux pyramidal et géniculé. En quittant le pédoncule, elles passent dans ia protubérance, font relais dans les cellules des noyaux du pont et s'entrecroisent avec celles du côté opposé. Elles passent alors dans le pédoncule cérébelleux moyen et viennent se terminer dans l'écorce du cervelet. A leur tour, les cellules de l'écorce cérébelleuse émettent des fibres descendantes bien décrites par Marchi, qui, par le pédoncule cérébelleux inférieur, se rendent, d'une part aux noyaux moteurs du bulbe, d'autre part dans les cornes antérieures de la moelle en se disséminant dans les différents faisceaux du cordon antéro-latéral.
b. Fibres sensitives. — Les fibres sensitives, après avoir fait relais dans le noyau rouge de la calotte et dans le thalamus, s'entrecroisent avec celles du côté opposé dans la protubérance, pénètrent dans le pédoncule cérébelleux supérieur et viennent se terminer dans l'écorce du cervelet et le noyau dentelé. Des cellules cérébelleuses et des cellules du noyau partent ensuite des fibres qui, sous les noms de faisceau
cérébelleux direct et de faisceau de Gowers, descendent dans la moelle et viennent se terminer, les unes dans les cellules des colonnes de Clarke, les autres dans les cellules de la corne postérieure. D'après van Gehuchten, la voie sensitive détournée servirait à la transmission de la sensibilité superficielle ou cutanée (sensibilité tactile, douloureuse et thermique), tandis que la voie directe transmettrait les impressions de la sensibilité profonde (sensibilité des muscles, des tendons, des articulations).