VAISSEAUX ET NERFS
1" Artères. — Les artères des fosses nasales proviennent pnncipaleraent : 1" des artères ethmoïdales antérieures et des artàres ethnioïdales postérieures, branches de l'ophthalmique ; 2° de la s phéno- palatine, branche terminale de la maxillaire mterne. La nasale postérieure, rameau de la palatine supérieure, la sous-orbitaire, la ptérygo-
palatine, enfin la faciale (par l'artère de la sous-cloison) leur envoient, elles aussi, quelques rameaux accessoires.
2" Veines. — Les veines qui proviennent des fosses nasales suivent trois voies différentes et forment ainsi trois groupes, qui sont :
a) Un groupe de veines antérieures, qui s'échappent des fosses nasales par les narines et viennent se jeter dans la veine faciale ;
|3) Un groupe de veines postérieures, constitué par les veines sphéno-palatines, qui aboutissent au plexus veineux maxillaire interne ;
y) Un groupe de veines supérieures, formé par les veines ethmoïdales, qui viennent s'ouvrir dans la veine ophthalmique ; beaucoup d'auteurs admettent que l'une de ces veines vdent se jeter dans le sinus longitudinal supérieur au travers du trou borgne.
La circulation veineuse des fosses nasales est particulièrement développée. Nous avons déjà dit que, en certains points (cornet inférieur et cornet moyen), les réseaux sanguins de la pituitaire se trouvent même transformés en une espèce de tissu caverneux spécial, bien étudié par Toynbee, Zuckerkandl, PiLLiET, dont l'épaisseur atteint 2, 3 et môme 4 millimètres. Nous avons montré le rôle que ce tissu érectile joue dans la physiologie et dans la pathologie des fosses nasales ; nous n'y reviendrons donc pas ici. Nous ferons remarquer seulement que les veines nasales présentent de nombreuses relations avec la veine ophthalmique et que c'est dans ces relations que, pour certains auteurs (Ziem), il faudrait chercher l'explication des troubles oculaires dits réflexes que l'on observe au cours des affections des fosses nasales. Nous ajouterons que, par l'intermédiaire de la veine ophthalmique ou même directement par la veine du trou borgne, la circulation intranasale est en rapport intime avec la circulation intracranienne. On comprend, dès lors, comment il se fait qu'une épistaxis amène un soulagement considérable lor-sque la pression intracranienne est augmentée, et comment on a pu conseiller de respecter ces hémorrhagies, dites (I salutaires » chez les sujets d'un certain âge et d'un tempérament apoplectique. On comprend aussi que, en certains cas, l'infection nasale puisse se propager, par l'intermédiaire des veines ethmoïdales, aux sinus crâniens et aux méninges.
3° Lymphatiques. — • Les lymphatiques des fosses nasales, décrits par Simon en 1851, par Panas en 1860, ensuite par Sappey, ont été étudiés de nouveau tout récemment par Most (1901) et par Marc André (1905). D'après les recherches de ces derniers auteurs les lymphatiques des fosses nasales aboutissent principalement : 1° aux ganglions rétropharyngiens qui, on le sait, sont placés en arrière du pharynx, à l'union de sa face postérieure et de ses faces latérales, à la hauteur des masses latérales de l'atlas ; 2° aux ganglions supérieurs de la chaîne carotidienne, à la hauteur de la grande corne de l'os hyoïde. Accessoirement, quelques troncs lymphatiques qui émanent de la partie antérieure de la muqueuse se jettent dans les ganglions sous-maxillaires ; c'est également à ces ganglions sous-maxillaires que se rendent les lymphatiques de la narine.
ScHWALBE, Axel Key et Retzius ont signalé, dans la pituitaire, tout un système de canaux lymphatiques qui se continueraient, d'une part, au travers des trous de la lame criblée, soit avec la cavité arachnoïdienne, soit avec les espaces sous-arachnoïdiens et qui, d'autre part, viendraient s'ouvrir à la surface libre de la muqueuse par des orifices libres. Ces milliers d'orifices pourraient donc réellement déverser « les humeurs du cerveau » dans les fosses nasales comme le croyaient les anciens. Ils pourraient surtout propager très facilement au cerveau les inflammations nasales.
Tout récemment (1905), Marc André a constaté lui aussi la communication des lymphatiques de la porton olfactive de la pituitaire avec les espaces périméningés ; mais il nie que ces lymphatiques s'ouvrent librement à la surface de la muqueuse : dans les fosses nasales comme ailleurs, dit-il, les voies lymphatiques forment un système parfaitement clos.
4° Nerfs. — Les nerfs des fosses nasales sont de deux ordres : des nerfs de sensibilité générale et des nerfs de sensibilité spéciale.
a. Nerfs de sensibilité générale. — Les nerfs de sensibilité générale émanent du trijumeau par l'intermédiaire des branches suivantes : 1° le 7iasal interne, branche
TÊTE
de rophthalmiquo de Willis ; ce rameau innerve égaloniont, par anastomose ou directement, l'œil et ses annexes ': de là les troubles oculaires réflexes (omblyopie, asthénopie acoommodative, etc.), que l'on observe parfois dans les affections des fosses nasales ; nous avons dit plus haut et nous croyons devoir le rappeler ici que, pour Ziem, ces troubles réflexes seraient dus, non pas aux relations nerveuses (jui existent entre l'orbite et les fosses nasales, mais aux relations vasculaires ; 2° le s phéno- palatin, branche du ganglion de Meckel ; 3° le nasal postérieur, branche du palatin antérieur ; 4° h ptéry go-palatin, branche du ganglion de Meckel. Tous ces filets nerveux donnent aux fosses ;' nasales leur sensibilité exquise, L?ur excitation anormale, consécutive aux lésions de la muqueuse le plus souvent, produit les accidents qui caractérisent l'asthme des foins ou coryza spasmodique.
b Nerf olfactif, voie olfactive. — Le nerf olfactif est, comme son nom l'indique, le nerf de l'olfaction ; c'est lui qui donne aux fosses nasales leur sensibilité spéciale. Ce nerf, ses centres ganglionnaires, son centre cortical ainsi que les fibres qui unissent ces divers centres entre eux et avec les autres centres, tout cet ensemble constitue la voie olfactive ou appareil nerveux de Volf action.
Cet appareil, si développé chez les s^nimaux osmatiques, est rudimentaire chez l'homme. Nous serons d'autant plus brefs dans sa description que le rôle qu'il joue dans la pathologie est également peu considérable. On peut distinguer dans la voie olfactive (fig. 37'i) deux parties : 1° une partie
périphérique ou extra crânienne ; une partie centrale ou intracraniennc, subdivisée elle-même en un segment extraencéphalique et en un segment intraencéphalique.
al La partie extracranienne de la voie olfactive est constituée par les filets du nerf olfactif qui, nés des cellules olfactives de la pituitaire, traversent les trous de la lame criblée et viennent se terminer à la face inférieure du bulbe olfactif. Les cellules olfactives de la pituitaire, on le sait, forment une sorte de ganglion étalé en surface, ganghon qui est pour le nerf olfactif ce que sont les cellules bipolaires de la rétine pour le nerf optique, ce qu'est le ganglion spinal pour la racine sensitive d'un nerf rachidien,- etc. La portion pituitaire dans laquelle se trouvent ces cellules porte le nom de tache olfactive ; elle mesure à peine 1 centimètre et demi d'étendue. En dehors, elle occupe, comme nous l'avons déjà dit plus haut, la face convexe du cornet supérieur : en dedans, elle occupe également sur la partie supérieure de la cloison, une surface de 15 millimètre?
(retendue, limitée en bas par un plan passant par le bord inférieur du cornet supérieur (Brûnn). L^ne lésion de la partie supérieure de la muqueuse nasale se traduira donc par la disparition de l'odorat, c'est-à-dire par de Yanosmie. De même, une lésion des filets du nerf olfactif eux-mêmes, lésion consécutive le plus souvent à une fissure du crâne irradiée à la lame criblée, s'accompagnera également d'anosmie (fractures de l'étage antérieur du crâne).
P) La partie intracranienne de la voie olfactive est constituée par le bulbe olfactif, auquel fait suite la bandelette olfactive, laquelle, à son tour, se résout à son extrémité postérieure en un certain nombre de faisceaux que l'on désigne improprement sous le nom de racines de Volf actif et qui se rendent à l'écorce cérébrale. Le bulbe olfactif, la bandelette olfactive, l'origine des racines, sont situés à la face inférieure de l'hémisphère cérébral, où nous les avons déjà étudiés en décrivant le cerveau (voy. p. 103) ; ces formations sont donc extra-encéphaliques. Les racines, elles, sont intra-enccpkaliques : après s'être int«r-
Fig. 374.
Voie olfactive, vue en coupe frontale.
1, 1, fosses nasales, avec, à leur partie supérieure, la lame criblée de rethmoïde. — 2. bulbe olfactif . — 3, commissure blanche antérieure oii se trouve le chiasma olfactif. — t. circonvolution de l'hippocampe (centre hippocampique). — 5, circonvolution du corps calleux (centre calleux). — 8, circonvolution temporale (centre temporal). — Le quatrième centre ou centre orhitaire ne peut f tre vu sur cette coupe frontale.
rompues clans des masses grises, dites centrer gansUonnaires, elles aboutissent en définitive aux centres cirticaux.
y) Les centres ganglionnaires ou neurones de relais interposés sur le trajet de la voie olfactive sont; fie bulbe olfactif ou premier neurone de relais, auquel se rendent les prolongements cylindraxiles (qui forment les filets olfactifs) des cellules olfactives delà pituitaire ; 2'' le tubercule olfactif, situé à la limite postérieure du lobe orbitaire. Ce tubercule ou deuxième neurone de relais de la voie olfactive, reçoit les prolongements cylindraxiles émanés des cellules du bulbe olfactif (ces prolongements constituent la bandelette olfactive). Les prolongements cylindraxiles que le tubercule olfactif émet à son tour forment les racines blanches interne et externe, la racine grise ou moi/enne et la racine supérieure. Ils pénètrent dans le cerveau et vont se terminer dans l'écorce cérébrale, après s'être entre-croisés partiellement dans la commissure blanche antérieure avec ceux du côté opposé et avoir, ainsi, formé un chiatma olfictU analogue au chiasma optique. Cet entre-croisement des conducteurs olfactifs danslechiasma nous explique, disons-l" <^i\ passant, ces faits d'anosniie tmilatérale et croisée qui sont pnrfois Vx i:onséquence d'une lésion, également unilatérale, siégeant dans l'héniisphère du côté opposé.
S) Les portions de l'écorce auxquelles aboutissent les fibres olfactives constituent les centres corticaux de l'olfaction. Ces centres sont encore inroniplèlem.o.Tt connus. On adinel assez généralement: 1° que la racine blanche externe se rend à la circonvoliition de l'hipporampe (centre liipfocanipi'iue) ; 2" que la racine blanche interne se termine dans la circonvolution du ci.rps calleux {centre calleux) ; 3" que la racine supérieure aboutit au lobe orbilaire (centre crbiviirc) ; '(" enfin, que la racine moy.'nne se rond au lobe temporal {centre, tewpcrnl).
e) Quant aux connexions des centres eoriicnui enUe eux et à colles aes centres ganglionnaires avec les centres bulbo-médullaires, qui expliqueraient les mouvements réflexes se produisant dans les muscles moteurs de la tête et du nez sous l'influence d'une impression olfactive, ces connexions disons-nous, bien qu'indéniables, n» sont pas encore parfailement connue?