‹ Traité d'anatomie topographiqueChapitre 107 sur 139 · MEMBRE INFÉRIEUR · texte numérisé non relu

MEMBRE INFÉRIEUR

Les membres inférieurs, encore appelés membres abdominaux ou membres pell'iens, se détachent des parties latérales du bassin. De là, ils se portent verticalement en bas, parallèlement l'un à l'autre, et viennent prendre contact avec le sol par une base relativement élargie, la région plantaire. L'homme est essentiellement plantigrade.

La longueur des membres inférieurs mesure, on moyenne, 85 à 86 centimètres chez l'homme, 6 ou 7 centimètres de moins chez la femme : elle représente environ (fémur + tibia) les 45 centièmes de la taille. Leurs dimensions transversales varient beaucoup suivant le point que l'on considère : il suffit d'examiner un membre inférieur de face pour constater que sa plus grande largeur répond à l'extrémité supérieure ou, plus exactement, à la hauteur du grand trochanter : cette largeur diminue ensuite au niveau de la cuisse, diminue encore au niveau du genou, augmente un peu à la hauteur du mollet et descend au minimum au niveau du cou-de-pied, où le membre, n'ayant plus de masses musculaires, se trouve pour ainsi dire réduit à des os et à des tendons.

Envisagés au point de vue physiologique, les membres inférieurs sont les principaux agents de la locomotion. Ils ont en outre, pour rôle, de soutenir le poids du corps, soit dans la station debout, soit dans la marche. Voilà pourquoi ils l'emportent sur les membres supérieurs par le volume de leurs os, par le développement de leurs masses musculaires, par la force de leurs ligaments et aussi par la solidité de leurs attaches aux parties latérales du tronc : le membre supérieur, organe de la préhension et du toucher, se fait remarquer par une extrême mobilité ; le membre inférieur, simple appareil de soutien, a pour attribut la force et la solidité (voy. p. 657).

Malgaigne a résumé de la façon suivante le conditionss indispensables que doivent réunir les membres inférieurs pour remphr convenablement la double fonction qui leur e.st dévolue : la sustentation du corps et la progression. Il faut : 1° qu'ils soient tous deux d'une égale longueur ; 2° qu'ils s'attachent sur le bassin à un égal niveau à droite et à gauche ; 3° qu'ils se fléchissent librement dans leurs diverses articulations pour la marche, qu'ils se raidissent au contraire en un levier solide pour la station ; 4° que leur direction soit telle que la plante du pied repose pleine ment à terre et ne soit pas trop éloignée du centre de gravité du corps ; 5" enfin, qu'ils aient la force nécessaire pour ne point fléchir sous le poids qu'ils ont à supporter. Oue l'une ou l'autre de ces conditions vienne à manquer, ajoute Malgaigne, et la station ne pourra être que peu solide, la marche que vacillante et inégale. Nous voyons par là combien sont nombreuses et variées, dans leur nature comme dans leur mode d'action, les causes qui déterminent le manque de stabilité des membres \nférieurs et la claudication.

ANATOMrE T0P0(;UAPH1QUE. T. Il, 4« KDIT. 5b

Page 1