OVAIRE
(RÉGION DE l'ovaire)
L'ovaire, organe essentiel de l'appareil sexuel de la femme, est à l'appareil génital de celle-ci, ce que le testicule est à l'appareil sexuel de l'homme. Il produit les ovules destinés à être fécondés par les spermatozoïdes. Ses lésions, quand elles frappent à la foie l'ovaire droit et l'ovaire gauche, entraînent la stérilité.
Mais les ovaires ne sont pas uniquement destinés à former les ovules. Ce sont encore, de même d'ailleurs que les testicules, des glandes à sécrétion interne, dont le produit est nécessaire au développement et à l'équilibre physiologique de la femme. La pathologie nous enseigne, en effet, que, chez la femme, les maladies de la sphère génitale, en altérant plus ou moins cette sécrétion interne, déterminent des troubles nerveux divers, plus ou moins accusés suivant l'étendue des lésions, mais toujours nettement appréciables. La chirurgie, à ^n tour, nous montre que la castration bilatérale, en supprimant complètement la sécrétion en question, a, sur le système nerveux et la mentalité de la femme, une influence souvent désastreuse ; aussi, bénéficiant de l'expérience acquise, la chirurgie des ovaires et des
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trompes, après avoir été un moment trop radicale, est-elle dev^enue aajourd'hni, relativement conservatrice.
L'ovaire, envisagé au point de vue descriptif, nous offre à considérer : l'^ sa forme ; 2° ses dimensions ; 3° sa couleur ; 4° sa consistance.
1" Forme. — Les ovaires sont au nombre de deux, l'un du côté droit, l'autre du côté gauche. Chacun d'eux, allongé transversalement, aplati de haut en bas, revêt la forme d'une amande (fig. 328).
2° Dimensions. — Leur volume, à l'état normal, varie suivant l'âge et suivant les conditions physiologiques.. Peu développé chez l'enfant, l'ovaire s'accroît rapidement après la puberté et mesure alors 25 à 26 milhmètres de longueur, sur 14 à 16 millimètres de largeur et 9 à 10 milhmètres d'épaisseur. Après la ménopause, il s'atrophie.
Pendant la menstruation, celui des deux ovaires qui doit donner l'ovule acquiert un volume double ou même triple de celui qu'il avait auparavant. De même, pendant les premiers mois de la grossesse, l'ovaire sur lequel se trouve le corps jaune reste plus volumineux que celui du côté opposé.
A l'état pathologique, on peut observer une augmentation considérable du volume de l'ovaire (il en est ainsi, en particulier dans les tumeurs kystiques de la glande), ou bien au contraire une atrophie de l'organe, comme cela se voit après certaines inflammations ovariques.
3° Couleur, consistance. — Chez la femme adulte, l'ovaire a une coloration rouge ; cette coloration devient violacée pendant les périodes menstruelles. Lisse et uni chez l'enfant, il est, chez la femme réglée, irrégulier, bosselé, couvert de cicatrices d'autant plus nombreuses que la femme a expulsé un nombre plus considérable d'ovules, autrement dit qu'elle est plus âgée. L'ovaire est ferme et rénitent, d'une consistance qui rappelle assez bien celle du testicule. Chez les vieilles femmes, on le trouve souvent bourré de noyaux crétacés.
B) — ÉTUDE TOPOGRAPHIQUE
L'étude topographique de l'ovaire comprend sa situation et ses moyens de fixité, sa direction et ses rapports.
1° Situation et moyens de fixité. — L'ovaire se trouve situé dans le cavum rétroutérin (fig. 328), sur la partie latérale de l'excavation, en arrière du ligament large auquel il est fixé, en arrière et au-dessous de la trompe, en avant du rectum. Maintenu par l'aileron postérieur du ligament large, il reste suspendu, à l'état normal, à la partie antéro-supérieure du cavum rétro-utérin. Chez la femme vierge, on le trouve d'ordinaire à 15 ou 20 milhmètres en avant de la symphyse sacro-ihaque, à 8 ou 10 millimètres au-dessous du détroit supérieur, à 1 ou 2 centimètres au-dessus et en avant du bord supérieur du muscle pyramidal ; chez la femme qui a eu plusieurs enfants, il descend, plus bas et plus en arrière dans l'excavation (fig. 361). Ajoutons que, en raison de sa mobilité, l'ovaire, comme la trompe, comme l'utérus, occupe une situation essentiellement instable : les chiffres précités n'ont donc, ici encore, qu'une valeur relative ; ils représentent seulement une moyenne.
L'ovaire adhère, par son bord antérieur, à la face postérieure du ligament large à l'aide d'un court repli péritonéal, Vaileron postérieur, qui lui permet d'osciller de bas en haut et de haut en bas. Par l'intermédiaire de trousseaux fibro-musculaires situés dans l'épaisseur du ligament large, il est encore uni à la corne utérine {ligament utéro-ovuricn voy. p. 520), au pavillon de la trompe {ligament tubo-ocarien voy. p. 520), et, enfin, à la paroi latérale de l'excavation {ligament lombo ou ilio- (n'arien).
De ces divers ligaments, le seul qui puisse mériter le nom de ligament fixateur de r<ivaire est le ligament lombo ou ilio-ovarien (fig. 328, 9), par lequel lui arrivent les
Fig. 328.
L'ovaire et la trompe, vus en place par leur face postérieure.
(Coupe métUœagittale du bassin ; côte droit de la coupe.)
1, face postérieure du ligament large. — 2. partie inférieure de l'ovaire, et 2', sa partie supérieure recouverte par le mesoealpiux. — a. troiupe, et 3'. son pavillon. — 4, cul-de-sac de Douglas. — .'>, rectum érigné en arrière pour dégager la face postérieure du ligament large et des annexes. — 6, utérus. — 7, vessie. — 8. vagin. — 9, ligament lombo-ovarien avec les vaisseaux ovariens. — 10, artère iliaque externe. -^ 11, artère hypogastrique. — 12, sacrimi. — l'i, uretère. — 14, artère utérine. — 15. paroi latérale de l'excavation (pyramidal, plexus sacré).
vaisseaux et les nerfs. A l'exception de ce hgament, qui le relie, nous le répétons, à la paroi pelvienne, tous les autres trousseaux fibreux le rattachent seulement à des parties mobiles et en particulier à l'utérus ; aussi l'ovaire obéit-il à tous les mouvements que lui imprime ce dernier par l'intermédiaire des ligaments larges et le suit-il, ainsi que la trompe, dans ses déplacements normaux ou pathologiques. C'est ainsi, par exemple, que lorsque, à la suite de grossesses répétées, les moyens de fixité de l'utérus se trouvent distendus, l'ovaire se déplace et descend plus bas
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dans le cavum rétro-utérin : c'est pour cela que chez la multipare il n'occupe plus la même situation que chez la jeune fille vierge. Lorsque cette distension des ligaments utérins est accentuée au point de devenir pathologique, la glande génitale tombe en quelque sorte dans le fond du cul-de-sac de Douglas et y forme une
tumeur reconnaissable par le' toucher vaginal à sa forme et à sa sensibilité spéciale. Ces déplacements peuvent être temporaires, mais, le plus souvent, des adhérences s'établissent qui maintiennent la situation anormale et fixent l'ovaire dans la position vicieuse (fig. 329).
Outre les déplacenients précités, dus à une trop grande laxitides ligaments utérins ou ova riens, l'ovaire peut encore en présenter d'autres qui reconnaissent une toute autre cause. Ces déplacements caractérisés par la présence de la glande ovarique dans la fosse iliaque interne, le canal inguinal, la grande lèvre, le sac d'une hernie inguinale ou crurale, sont, en effet, consécutifs à un arrêt ou à une déviation de la migration que subissent les ovaires au cours du développement : ce sont en un mot des déplacement!! ectopioitea.
Les ovaires, on le sait, sont, comme les testicules (p. 614), primitivement placés à côté des reins et leur descente est identique à celle des glandes mâles. Comme ces dernières, ils possèdent un gubernaculum fixé à l'orifice profond du canal inguinal (ce sera le ligament rond). Comme chez l'homme, la descente des ovaires est précédée de la formation d'un processus péritonéal dans le canal inguinal et la grande lèvre {canal de Nuck) ; mais, tandis que chez l'homme le testicule descend dans le canal inguinal, chez la femme l'ovaire descend dans le petit bassin. Chez l'un comme chez l'autre, le processus péritonéal qui se forme dans le canal inguinal disparaît : il peut cependant persister et sa persistance complète ou partielle explique, chez la femme, la formation des hernies inguinales, des kystes du canal inguinal ou des grandes lèvres, de même qu'elle explique chez l'homme, l'existence de certaines variétés de hernies inguinales, de kystes du cordon, d'hydrocèles (p. 623).
La migration de l'ovaire commence vers le troisième mois de la vie fœtale ; elle est terminée vers la naissance. Si elle reste incomplète, l'ovaire, plus ou moins atrophié, sera en ectopie dans la fosse iliaque. Si elle se dévie, la glande sera dans le canal inguinal ou dans la grande lèvre.
Fig. 320.
Ovaire descendu dans le cul-de-sac de Douglas et adhérent.
I. ovaire gauche prolabé et, 1'. ovaire droit. — 2, côlon siginoïde. — 3. utérus. — 4. vessie. — .5, trompe gauche et 5'. trompe droite.
2° Direction. — • L'ovaire, à l'état normal, est placé verticalement, comme le soutenait His, et non horizontalement, comme l'enseignait Sappey. Son grand axe, tout en se rapprochant beaucoup de la verticale, est un peu incliné de haut en bas, de dehors en dedans et d'arrière en avant ; son petit axe est orienté d'avant en arrière et un peu de haut en bas. Il en résulte que l'ovaire, envisagé sur la femme supposée debout, présente (fig. 328 et 360) : une face externe ou pariétale ; une face interne ou utérine ; un bord antérieur ou adhérent ; un bord postérieur ou bord libre ; une extrémité supérieure et postérieure ; une extrémité inférieure et antérieure. Il est à remarquer, toutefois, que, en raison même de sa grande mobilité, son orientation se modifie fréquemment et dans des limites très étendues, non seulement suivant les sujets, mais sur le même sujet, d'un côté à l'autre.
3 ' Rapports. — L'ovaire présente des rapports importants que nous examinerons
succf^'sivement pour ses deux faces, ses deux bords et ses deux extrémités.
a. Face externe ou pariétale, fossette ovarienne. — Le face externe de l'ovaire (ficT. 360,3') est convexe. Elle repose sur les parois latérales de l'excavation, en un poînt qui varie suivant que la femme est vierge ou nullipare, ou bien a eu des
enfants : , ,, j- •
a) Chez la vierge ou la nullipare, la face externe de la glande répond d ordmaire à un.' petite région de la paroi latérale du bassin que l'on appelle fossette ovarienne