CAVITÉ ABDOMINALE ET SON CONTENU
Les parois abdominales, que nous venons de décrire dans le précédent chapitre, sont recouvertes intérieurement par le péritoine. La séreuse tapisse ces parois sans discontinuité et jusque dans les moindres diverticules : il en résulte que la cavité péritonéale se confond avec la cavité abdominale ; autrement dit, les deux cavités n'en font qu'une et les deux termes peuvent être considérés comme synonymes.
La presque totalité des organes abdominaux, et on particulier les organes digestifs et leurs glandes annexes, sont contenus dans cette cavité. Seuls les organes urinaires et les gros vaisseaux font exception : ils se trouvent situés entre le péritoine et les formations diverses qui constituent la paroi abdominale postérieure. Nous pouvons donc diviser les organes abdominaux en deux grands groupes : les organes intrapéritonéaux et les organes extra péritonéanx. Cette distinction, basée sur l'anatomie, est en même temps conforme aux données de la clinique et de la médecine opératoire. On sait, en effet, que les lésions des viscères intra-péritonéaux se traduisent d'ordinaire par des symptômes de réaction péritonéale : et on sait aussi que le chirurgien, pour aborder ces organes, doit ouvrir la cavité péritonéale en pratiquant l'opération appelée laparotomie. On enseigne, par contre, que les affections des reins et de leur canal excréteur se compliquent assez rarement de phénomènes péritonéaux et, d'autre part, que les meilleures voies d'accès, celles utilisées dans le plus grand nombre des cas de chirurgie rénale sont extrapéritonéales, c'est-à-dirè laissent intacte la grande cavité séreuse.
Nous décrirons tout d'abord le péritoine, une étude générale de la séreuse abdominale doit, en effet, précéder celle des organes auxquels elle fournit une gaine plus ou moins complète. Le péritoine une fois connu, nous étudierons successivement les organes intrapéritonéaux et les organes extrapériioiicaux.
Avant de commencer notre description, nous croyons devoir rappeler ici une division ancienne de l'abdomen qui, pour être à peu près abandonnée aujourd'hui en anatomie topographique, n'en est pas moins très utile à connaître, on ce sens qu'elle définit «ne série de tc/mes usuels qu'il sera bien difRcile de faire disparaître du langage, soit anatomique, suit clinique. — Traçons sur la face antérieure de l'abdomen (fig. 45) deux horizontales, l'une AA passant au-dessous des fausses côtes, l'autre BB tangente aux deux crêtes iliaques. Nous déterminons
Fig. 45.
Topographie de Tabdomen (T.).
a, épigastre ; a'eta", hypochondres droit et gauche, — b, ombilic ; b' et 6" flaues droit et gauche. — c. hypogastre ; c' et c" fosses iliaques droite et gauche.
ainsi trois zones superposées : l'une supérieure ou zone épigastrique, située au-dessus de AA ; la seconde inférieure ou zone hypo gastrique, située au-dessous de BB ; la troisième moyenne ou zone ombilicale, placée entre les deux précédentes, par conséquent entre AA et EB. — Abaissons maintenant par les points o et o' , représentant le milieu des arcades fémorales, les deux verticales xx et x'x'. Nous divisons ainsi chacune des zones précitées en trois régions, une médiane et les deux autres latérales. — • Il existe, au total, neuf régions dont chacune a un nom spécial ; c'est ainsi que dans la zone épigastrique, la région du milieu, porte le nom d'èpigastre [a], les deux latérales les noms d'hypochondre droit (a') et d'itypochondre gauche (a") ; de même dans la zone ombilicale, nous avons au milieu l'ombilic (b) et, sur les côtés, le flanc droit {b') et le flanc gauche {b") ; enfin la zone hypogastrique comprend, au milieu l'hypogastre (c) et de chaque côté, la fosse iliaque droite {c') et la fosse iliaque gauche (c").