‹ Traité d'anatomie topographique médico-chirurgicaleChapitre 23 sur 167 · I. De U conjonctive · texte numérisé non relu

I. De U conjonctive

La conjonctive est le moyen d'union du globe aux paupières, comme l'indique son nom (conjunctiva). Elle se réfléchit de l'œil sur les paupières, en formant le cul-de-sac oculopalpébral: c'est la que vont se loger, entraînés par les mouvements mêmes du bulbe, les corps étrangers qui s'engagent à travers la commissure; on y voit, à la suite de cautérisations maladroites, se développer des brilles et adhérences qui gênent beaucoup les fonctions motrices de l'organe. La conjonctive est plus épaisse derrière les paupières, où l'on voit son corps papilluire, recouvert d'un épithéliuni

pavimenteux : la conjonctivite granuleuse (ophthalmie des armées) qui a fait tant de ravages dans l'expédition d*Égypte et plus récemment en Belgique, est rapportée au développement morbide de ses papilles. La conjonctive est plus adhérente au niveau du cartilage tarse qu*à mesure qu'elle se rapproche du globe : aussi, dans l'ectropion, vaut-il mieux faire l'excision plus loin que trop près du bord libre. Elle est plus mince et transparente sur la sclérotique et la tunique albuginée dont elle laisse voir l'aspect nacré ; sa couche papillaire y devient plus ténue, et n'est visible qu'avec de forts grossissements ; sa couche épithéliale est distincte.

Au grand angle, on observe la caroncule lacrymale^ petit corps glandiforme dû a l'agglomération de follicules sébacés et pilifères ; ses poils, trop développés, peuvent être la cause de certaines ophtbalmies opiniâtres et doivent être arrachés: je l'ai fait plusieurs fois avec succès. La caroncule correspond à une plicature verticale de la coïïlonciiye (pli semi-lunaire) qu'on peut regarder comme le rudiment de la troisième paupière, membrane clignotante de quelques animaux : son hypertrophie donne lieu a Vencanthis. Ces parties baignent au grand angle dans un espace où s'accumulent les larmes: c'est le lac lacrymal, qui regorge dans Tépiphora.

La conjonctive communique avec la membrane piluilaire par les conduits lacrymaux; de là les étroites relations qui existent entre elles dans leurs maladies. — Recouvre-t-elle la cornée? On l'avait admis depuis Boerrhaave; Ribes etH. Cloquet l'ont contesté. « Toutefois, dit M. P.-H. Bérard, il ne peut y avoir de doute que relativement à la partie centrale de la cornée ; car, sur sa circonférence, il est facile de détacher des lambeaux de conjonctive, et principalement en haut et en bas. 'De plus, si l'on examine ces parties au microscope, on voit que les surfaces de la conjonctive et de la cornée présentent le même aspect, à part le volume, un peu moindre pour la dernière, des petites saillies qu'on y rencontre. Enfin, le prolongement des vaisseaux de la conjonctive jusqu'au centre de la cornée, dans les ophthalmies chroniques, milite encore en faveur de la présence de cette membrane à toute la surface cornéale. » {Dici. en 30 vol., t. XXVIII.) Ne semble-t-il pas que la marche du ptérygion qui s'y avance jusqu'au centre et que les capillaires qui s'y étendent rapidement dans l'ophthalmie scrofuleuse, en soient aussi une preuve? Néanmoins je dois ajouter que les micrographes admettent aujourd'hui que la couche épithéliale se prolonge seule sur la cornée.

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Le tissu soiîs-conjtmctivùl est lâche et lamelleux ; il te facilement pénétrer par la sérosité, le sang et des gai. L^odène (chémosis séreux) peut résuUet- d'une compression de la teineophthalmique. Le chémosis peut acquérir un développement énome dans Tophlhalmie blennorrhagique , et présente le grand danger de précipiter la mortification de la cornée par rétranglemctil êê ses vaisseaux : il importe d'en pratiquer l'excision sans retard : f ai obtenu d'heureux succès en lui associant \tk cautérisatiotiw L'emphysème sous-conjotictival est un symptôme des fractures dé Fubguis et de Tethmoïde ; on le voit croître dans les efforts du miladH pour se moucher.

La conjonctive reçoit beaucoup de vaisseaux des paupière^ M dti globe; aussi les inflammations de ces deux parties réagisses t-elles sut elle. Sesti^/s vieiment de la cinquième paire. Sa grënde setlsilrilité rend compte de la fréquence et de l'activité de ses inflammations. On y voit souvent après la strabotomie une végétation polypetisè qu'il faut exciser. M. Jarjavay a observé un véritable polype ^urli muqueuse de la fMlUpière inférieure, 'et M. Neill [Gaz. méd.i 18M) sur la supérieure. Le réseau vasculaire sods-conjonctival est sujet ft se rompre dans un effort, et à donner lieu à une ecchymose. Les ecchymoses qui proviennent du fond de l'orbite, de pfdcbe en proche, sont un symptôme de fracture.

Le ptérygion consiste dans Tépaississement, soit de la conjonè^ tjve seule, soit aussi du tissu cellulaire sous-jacent : il peut rëVêtif trois caractères différents, suivant qu'il y a prédominance de l'élément vasculaire (ptérygion charnu) ou de l'élément celluletix et épithélial (ptérygion memhraneux)^ ou enfin, hypertrophie dei cellules adipeuses (pinguecula). Il ne faudrait pas confondre lé ptérygion vasculaire avec le pannus qui est la vâscûlarisâtion ûû tissu propre de la cornée.

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