‹ Traité d'anatomie topographique médico-chirurgicaleChapitre 28 sur 167 · TOTAL · texte numérisé non relu

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M. Delatorrc est allé jusqu'à prétendre que la teinte de l'iris des peintres influait sur la nature des couleurs qu1ls préféraient (/m/itiit, janvier 18A2). Il est aujourd'hui constaté que quelques individus distinguent mal les nuances, ou même ne les voient pas du tout ; cette iniirinitê, qu'on nomme daltonisme^ est un obstacle a poursuivre certaines carrières : elle rend impropre au commerce des étofles nuancées; elle empêche de reconnaître les signaux co-

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lorés sur les chemins de fer, et peut occasionner les plus graves iccidtnts. Nais le daltonisme tient-il a la couleur de Tiris? Personne n*oserail le soutenir.

L*iris est tapisse en avant par la membrane de Uescemet, et en trrière par un enduit noir, épais, nommé uvée , destiné à faire chambre obscure en rendant le diaphragme irien im|!orméable à la lumière. On lui distingue deux circonférences : la grande^ large de 10 millimèlres » est enchâssée entre le corps et les procès ciliaires dans une rainure au point d*union des deux cornées ; elle est exposée à se décoller dans de violentes secousses : le décollement arth^^ ficiel est une des méthodes qu*on emploie pour la pupille artificielle. La petite circonférence correspond à Ut pupille ou prunelle. Sa dilatation morbide constitue la mydriase ; on Tobserve dans la paralysie de la troisième paire ; c*est aussi un symptôme de la pré* sence des vers dans les intestins. Sa forme est circulaire chez l'homme; mais elle varie suivant les races, les maladies. En général, elle se resserre dans les affections irritatives de Tencéphaîe, et se dilate dans les affections aslhéniques du centre nerveux. Sa figure n*est pas la môme dans les diverses espèces d*ophthalmies, dirilis et dégoutte sereine. Dilatée dans Tamaurose asthénique, elle est contractée dans rirritativeoù elle devient anguleuse. Dans Tiritb, elle est très irrégulière par suite de la phlogose, et surtout des fausses membranes ou des adhérences, soit avec la cornée [synéchie antérieure)^ soit avec la capsule cristalline [synéchie postérieure) ; dans ropération de la cataracte, ces adhérences sont une complication fâcheuse et difOcile à vaincre ; voici comment je m*y suis pris :

Procédé de Fauteur. Je pique une a une les brides a leur centre avec une aiguille à deux tranchants, qui les divise; les débris qui restent se détruisent ensuite aisément, tandis qu'en les attaquant à la manière ordinaire par les côtés de la lame, oo ne peut en opérer la section, fautedepointd'appuisu(ïîifant.(Voy.J/e7aw5'.cÂir.,p.215.)

La pupille occupe le centre de l'iris. Chez les enfants adonnés à Tonanisme, je signalerai un moyen précieux pour découvrir cette ficheuse habitude : la connaissance peut en être fort utile, nonseulement aux médecins, mais encore aux chefs dinstitution; c'est le transport de la pupille en haut et un peu en dedans. Ce seul signe, en permettant de poser des questions à coup sûr, nous a souvent suffi pour arracher des aveux. Mes élèves en ont eux-mêmes retiré d*utiles lumières (C. Barbier, Thèse^ Montpellier, 18A2,

llO DE LA TÊTE.

n^ 101). M. Chavérïal a insisté sur Timportance de ce phénomène, qui a Tavantage de niettrc sur la voie d'une cause , Irop souvent cachée, d*une foule do maladies; et il affirme en avoir par eipérience constaté la valeur diagnostique. M. Deval recommande rétude de ce symptôme (Traité de tamaurose^ 1861, p. 262).

L^iris suit dans son développement les mêmes phases que les paupières, c'est la seule membrane de Tœii qui présente un exemple de division bifide. Dans le principe, Tiris manque ; celte anomain peut rester permanenti" ; j*en ai observé trois cas ; l'un à Strasbourg, en 1839, avec M. Stœber, les deux autres à Lyon, en 18i0, aiee M. Focacbon, qui en ;i fait le sujet de sa thèse (Strasbourg, ISiQ.^ ^ L'iris se forme par deux portions latérales qui convergent. S*il survient un arrêt de développement, il reste une fissure verticale (eolaboma iridis) ; suivant Meckel, c'est le bord externe qui se développe le premier. Je crois avoir observé le contraire dans les cas d*absènce partielle de l'iris.

La pupille n'est pas libre d'abord ; la membrane pupiîlaire, découverte par Wachendorf, apparaît, selon Wrisberg, au troisième mois, et se garnit de vaisseaux au cinquième; à sept mois, H. J. Cfa)^ quet l'a trouvée formée de deux feuillets. Selon Meckel , elle se rompt au huitième. Disparail-elle, comme on Ta prétendu, par macération ou |)ar absorption nutritive? M. J. Cloquet professe, au contraire, que la rupture a lieu par la rétraction de ses anses vasculairesqui se rclirent vers le centre ou la prunelle ; le petit cercle artériel de l'iris n'existe pas chez le fœtus avant cette rupture ; il se formerait par ces anses qui se rétractent sans se déchirer. La persistance dé celle niembrnne constitue Tocclusion congénitale delà pupille, qui, comnie robliléralion accidentelle, nécessite une opération de pupille artificielle. Pour ce dernier cas, on a proposé plusieurs méthodes et une foule de procédés : l'incision (Cheseldcn, Maunoir) ; Texcision (Guérin, Wenzel, Physick) ; le décollement (Scarpa, Langeiibeck) ; l'enclavement (Adams, Himiy), etc. Chaque mélhode a ses cas d'application ; en général , on fait mieux de prati(|uer une opération composée. J'ai montré (p. 102) qu*on peut (juelquefois y suppléer par un strabisme artificiel^ qui, en changeant la direction de l'axe visuel, permet d'éviter une tache kératique ipii fait ombre à la pupille. On peut aussi, dans quelques cas, recourir alors au procédé di' M. Guépin, qui cherche le mëufe résultat par la distension forcée de la pupille. Dans la hernie ou staphylOme de l'iris, j*ai imaginé et appliqué

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un procédé particulier de caulérisalion qui in*a procure de nombreux succès, et a oblonu Tnpprobation des juges compclents, Mm. Plorcht Cuniei* [Ann. d*ociil., ISiO, IV — 95), (Guépin de YOpihaimol. franc., 18â3),Delasiauve(/{et;. m^rf.,1841, 1—263), Diday {Gaz. méd., 1842 -^ 48), etc.

Protide de routeur. Le slaphjiôme de l'iris avec perforhlion de li cordée est l'analogue des bourgeons fongueux des ulcères des iieitibi'es , s*échappant à travers une perforation des aponévroses. Bté^të Comme eux; s'il est peu proéminent, la cautérisation or- Atwire pourra parfois le réprimer comme eux ; inais, s'il est large €t codique, elle est impuissante et dangereuse , elle ne fait plus (|a*irriter sa Surface; il bourgeonne davantage par sa racine et le iQll éitipire. C'est donc une méthode irrationnelle. — J'ai imaginé j'y bt^edéer, avec un crayon de nitrate d'argent très pointu, une ibrle de cautère creux infunclibuliforme qui attaque à la fois le sbmmety le centre et la base du stapliylôme ^ il s'établit une suppdhllion centrale qui dégorge profondément ; la racine du stapby- Hme, attaquée par le caustique , se flétrit, la portion herniée aussi, et la perforation kératique ne tarde pas à se fermer. Une compresâbn méthodique, pratiquée immédiatement, immobilise l'œil, l'allrife dé l'air, et constitue un^ auxiliaire très utile pour amener la guérison (voy. Gaz. méd., 1838, n® 30; Ann. d'ocul.^ t. IV, déc. 1840). On renouvelle cette opération tous les quatre ou six jours. (Voy. Mélang. de chirurgie^ p. 247.)

De quelle nature est l'iris ? on y a vu tour a tour une structure ihusculaire (Ruysch, Mauhoir, Giraldès), un tissu éréctile (Haller, Tenon, Cruveiliiicr), un tissu darlolde (Henle), un simple prolongement delà choroïde (A. Lauth), etc. On lui distingue trois coucheS : Y antérieure est séreuse (membrane de Descemet); la pbitérieure est pigmentaire (uvée)-, la moyenne ou membrane propre, est formée de deux ordres défibres, circulaires et rayonnéeSy ^*on regarde aujourd'hui comme musculaires ; les circulaires il^existënt qu'autour de la pupille où elles constituent une petite zone et paraissent être des fibres musculaires de la vie animale : la paralysie de la troisième paire qui les anime, amène la dilatation papillaire. Lqs rayoîinees vont de la petite à la grande circonférence de Tiris : leur innervation provient du grand sympathique, dont la section au cou détermine le resserrement delà pupille (CI. Bernard). Là lumière fait contracter les fibres circulaires par son impression sur li rétine, ta belladone, la jusquiame, le datura, les relâchent.

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et l'on suppose qu'elles font conlracler les fibres rayoïinées. On utilise cette dernière propriété pour rompre les brides récenla dans ririlis et pour faciliter les manœuvres dans ropération de h cataracte.

L*iris se contracte sous Tinfluence galvanique : Nysten i*a expérimenté, une heure après la mort, sur un décapité. M. Brown-Se^ quard, qui Ta constaté aussi sur les animaux, admet ce qu*il appelle h rigidité cadavérique deTiris, qui se révèle, selon lui, par leresserremeni pupillaire vingt ou trente-six heures après la mort (Gos. méd.y 18A9, p. 7A&). Sur le vivant, quand Tiris a été divisé, sa lambeaux ne se contractent pas : de là, dans la pupille artificielk, une préférence motivée pour la méthode par excision.

Los artères de Tiris proviennent des cîliaires, et forment pv leurs anastomoses un réseau qu on nomme le cercle artérielii liris. Les veines, largement anastomosées, vont se jeter dans le canal de Fontana, véritable sinus veineux, que M. Sappey appelle cercle veineux de Hris. Cette grande richesse vasculaire monln Vimportance qu'il y a à éviter de léser ces vaisseaux avec le kéittotomeou Taiguille à cataracte. Les nerfs émanent des ciliaires;oa dit riris insensible : cependant, j*ai vu ses lésions suivies parfois de syncope, de vomissement; certaines iritis sont très douloureuses. Les lymphatiques ne sont pas connus:

i. De la choroïde.

La choroïde est une membrane cellulo-vasculaire, située entre 11 rétine et la sclérotique. Terminée en avant à la circonférence de U cornée, elle est percée en arrière, comme la sclérotique, de plusieurs ouvertures nerveuses et vasculaires. Elle est composée de trois couches : Vexterne est celluleuse; la moyenne est cellulo-vasculaire, elle offre un réseau profond formé par les artères ciliaires, et un réseau superficiel dû aux veines dis])Osées en tourbillons (ra$a rorticosa). Ses vaisseaux communiquent avec ceux de l'iris, de la sclérotique et de la conjonctive : de là les relations morbides qui existent entre ces membranes; de là les injections circon voisines qui accompagnent la choroïdite. La face interne est recouverte d*un pigmentum noir où Ton trouve de Toxyde de fer ^Mondini, après l'avoir calciné, y a vu des parcelles atlirables par Taimant. Cepigmeutesl inaltérable à Tair, il devient plus abondant et plus noir près de riris; aucune glande apparente ne le fournit, il parait être le produit d*une exhalation particulière. Il est très foncé dans Fan-

hnce, commence à se ternir après la vinglième année, devient presque gris de lin chez l'adulte et pâlit dans la vieillesse. Dans les yeux bleus, Portine Ta trouvé moins abondant; chez les Albinos humains qui ont Tiris rouge, Buzzi en 1783 et Carron du Villards en 1830 Tonl vu manquer, comme Blumenbacli Tavait constaté sur les animaux albinos {Encyclogr. 7?iédic., 1838).

Les altérations du pigmentum semblent concourir a la coloration verdàtre de certaines cataractes ; dans la choroïdite, Tune des causes principales de Tamaurose glaucomateuse, il contribue a donner au ImmI de Fœil une teinte glauque. J*ai vu en Italie, en 1837, pluàeurs dégénérescences organiques de la choroïde, et des ossificatioosde la membrane de Jacob (Gaz. méd.y 1838, n* 1).

La choroïde se termine en avant par un renflement annulairei logé derrière la rainure de la circonférence de la cornée, et nommé Ugament cHiaire. On Ta regardé comme un plexus nerveux (Sœm» merriDg), ou vasculaire faisant Toflice d^un réservoir de circulationi pour ménager l'érection de Tiris lors de son incitation; pour H. Sappey, c'est un moyen d'union, un anneau celluleux garni de Ttîsseaux et de nerfs. De sa circonférence partent 60 à 80 replis membraneux, rayonnes, allant de la choroïde au pourtour de la crystallolde: ce sont \es procès ciliaires^ qui servent à compléter la chambre noire dans l'œil.

La choroïde adhère à l'iris ; les maladies de l'une réagissent sur l'autre, l'iritis est presque inséparable du glaucome. Dans l'hydropbthalmie, tantôt l'épanchemcnt du liquide se fait entre la scié* rotique et la choroïde, tantôt entre celle-ci et la rétine. M. Carron du Villards a vu la pression du liquide déplacer le crystallin, et le faire passer dans la chambre antérieure. Dans le staphjloma posti" amt, c'est le pigment choroïdien qui donne une teinte noire à la tumeur scléroticale.

r>. De la rétine.

La rétine^ étendue entre la choroïde et le corps vitré, est une membrane nerveuse, ténue et semi-transparente, sur laquelle vient se peindre l'image des objets extérieurs. Est-elle Tépanouissement du nerf optique? On l'admet généralement d'après leur union intime chez le fœtus et le jeune enfant, et d'après la continuation directe de leurs fibres chez plusieurs mammifères, comme le bœuf, le lapin (Dugès). Les micrographes lui trouvent trois couches: Xexterne est celluleuse (membrane de Jacob); la moyenne est nié-

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dullaire, globuleuse ; YitiiefTie cellulo-vasculaire, sert de trame i la précédente et supporle les artères et les veines. Vtsrtère cenirale de la rétine, branche de i'ophthalmique, et quelques ramuscules des ciliaires y forment une sorte de treillage ou de rosace, qui parait être fréquemment le siège de congestions sanguines: on irâr attribue la sensation de mouches volantes^ si communes chez les hommes de cabinet {myodepsie). Ces congestions peuvent illar jusqu'à Tecchymose et à répancbemcnt. J*ai plusieurs fois trouré à Tautopsie des varicosités de ces vaisseaux dans Tamaurose congestive chronique. \À ophlhnlmoscope permet aujourd'hui de distinguer tous ces désordres sur le vivant, et son usage est devenu indispensable pour rétudc et le diagnostic des lésions profondes de Tœil, oi rien ne saurait le remplacer.

A & millimètres (2 lignes) en dehors du bourrelet optique, (Hi rencontre, dans la direction de Taxe de Toeil, une tache jaiuie (tache de Sœmmerring), que MM. Rolando et Carron de Villards oot vue manquer chez les albinos. î^a rétine présente tout autour da bourrelet des plis radiés que Bichat croyait accidentels : Tanatomie comparée nous les montre plus abondants suivant les espèces animales, et notamment chez les animaux nocturnes: ils paraissent eu rapport avec Iti force visuelle. En avant, la rétine se prolonge jusqu'aux procès ciliaires : il faut éviter de la blesser avec l'aiguille a cataracte, et surtout prendre garde, dans l'abaissement, de la décoller et de la refouler avec le crystallin, afui de n'y pas déterminer une paralysie amauro tique.

Dans l'état normal sa transparence laisse voir la choroïde qui se comporte a sou égard comme l'élamage par rapport à une glace. Plusieurs des changements de couleur du fond de Tœil me paraissent tonir aux altérations de la rétine. Elle peut s'opacifier : j'ai observé des cas où le fond de l'œil paraissait comme étamé avec du plomb ; la vue élail perdue ; plusieurs fois il y avait eu une rélinile chronique. Dans Tainaurose, j'ai vu le champ de la pupille passer du noir mat au gris sombre terne, puis au gris clair, ce qui est pour moi Tiiulice d'un désordre do la circulation.

Ou admet des névroses dans la rétine : on y rapporte rhéroéra* lopie, la nyctalopie. Sa paralysie donne lieu aux diverses espèces d'amaurose, dont nous avons essavé de donner une classification prati(|ue (iraitv de ramam'oae^ 1841). M. Serre (d'Alais), *en fixant I atlenlion sur le spectre lumineux qu'il nomme/>Ao5/>A^m>, a fourni un syu)pt(^u)e précieux pour le diagnostic et le pronostic deTaroau-

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ose: la percussion légère et cadencée du doigt sur un œil fermé létermine la production d'anneaux colorés dont Tintensité indique 1 bonté de la vue, et dont la diminution ou l'absence dénote Taifaiilissemen t ou la perte do la facul té de voir {Essai sur lesphosphènes , 1858). En outre le phosphène, par sa seule présence, sert à dia- [DoaUquer la kopiopie simple dont on a a tort fait le premier de^ré b ramaurose, en l'assimilant mal a propos à l'amblyopie.

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