‹ Traité d'anatomie topographique médico-chirurgicaleChapitre 38 sur 167 · ISTHME DU PHARYNX · texte numérisé non relu

ISTHME DU PHARYNX

ouvre ou obture celte communication : c'est le voile du palais que nous connaissons (voy. Cavité buccale). — L'istbme du pharynx, ou région tUÊphylo-tonsillaire y comprend la luette, les piliers du voile palatin et les amygdales.

A. Le voile du palais se termine sur la ligne médiane par la luette^ appendice musculo-membraneux qui pend dans l'arrière-gorge. La luette est doublée de deux muqueuses^ comme le voile. — Le tissu sous-muqueux est lâcbe et abondant; il est facile à infiltrer; c*est une des causes du ptosis de la luette. — On y trouve un grand nombre de glandules muqueuses^ rudimentaires chez Tenfant et volumineuses chez le vieillard. Elles sont sujettes à s'enflammer et contribuent beaucoup à l'hypertrophie ou chute de la luette. — Le nuscle palato-staphylin^ accolé à son congénère, est releveur de A luette ; dans le cas d'engorgement des glandules, il cesse de fonctionner convenablement ; la luette s'allonge ; le nitrate d'argent ou i*alun peuvent triompher de l'état aigu ; à l'état chronique, elle résiste, titille la langue : delà des crachotements, des vomituritions, et plus tard, de la dyspepsie, de la toux,, un épuisement progressif. Tai vu des cas de ce genre qu'on traitait pour des phthisies laryn^ gées, des gastrites chroniques ou des entéralgies ; je les ai guéris en excisant la luette exubérante : cette opération est sans inconvénients.

B. Les piliers, au nombre de deux de chaque côté, sont disposés en forme de croissant, de la luette à la racine de la langue; ce sont deux replis de la muqueuse, contenant chacun un muscle propre : le pilier antérieur^ le glosso-staphylin qui abaisse le voile ou élève la base de la langue, et \e pilier postérieur ^ \e pharyngo-staphylin qui abaisse le voile ou élève le pharynx. M. Yearsiey (de Londres) a sectionné le pilier antérieur dans le bégaiement ; je l'ai vu faire aussi, mais sans résultat.

C. Entre l'écartement des piliers, on trouve les amygdales ou tonsillesy composées de follicules muqueux, agglomérés en un corps ovoïde, du volume d'une amande, d'une hauteur de 12 à 15 milli* mètres sur 7 à 8 de large. Leur face libre est inégale et criblée de trous qui sont les orifices des follicules; elle se recouvre parfois d'une humeur visqueuse qui, par sa dessiccation et son aspect jaunâtre, sur un fond anfractueux, peut faire croire à l'existence d'ulcères vénériens; on sait qu'ils ne sont pas rares dans cette région : un gargarisme pourra établir le diagnostic, en balayant les viscosités. Leur sécrétion peut se concréter et donner lieu à des corps

IM M La TtfS.

rre'arw : BUodin pne.wd qu? lr-< ^^kak toosillaires ne soot p« rsrrs. L'amyçdaUr «>t liU'^eie* ^^rlH^'emeiit entre les piliers, ptnt lèleinent a U car«yi-lp îriiem^ qui ivmonle en dehors; elle n*flit w^-faree Je oeil*- ar'-^r»? •] '>- jar i'a|rf>'ît*%-ro5e pharyngienne, et fn le TCsde ronsirirte«jr «uperktir Ju pharynx auquel elle adhère: rapports qu'il faut bien connaître afin de ne pas blesser ce vaisma dart^ les opération^ <ur ie« lon<ille<. — L'inflammation {angim tatmlUrirt dercJofi^w «ornent un eneorpi^oient énorme de eei giandeç, qui etoe beaucoup la respiration, et pourrait amener me sullbeation. J ai ru un étudiant qui faillit mourir d'un nbcès toasiliaire aigu : il y a%ait orthopriêe, délire, refroidissement des extr^ mité*, etr. : une inri«ion le sauva. — Bums fait observer que k fonflement de l'amyedale diminue la distance, déjà très petilo, qid la sépare de la carotide interne: Bedard rapporte le cas d'une ooverture d'abcès qui devint mortelle par la lésion de ce vaisseau : 3 faudra donc avoir $oin d'enfoncer directement le bistouri d'avant en arriére, et non latéralement vers la branche de la mâchoire. — Les tonsilles «ont sujettes a s'hypertrophier ; on les voit fréquemment alors se toucher et obturer ri>thmedu gosier : leur état veot être surveillé avec soin dans l*enfance : leur hypertrophie, très conh mune à cet âse. en diminuant l'orifice des voies aériennes, gêne h respiration et la croissance : Th^'matose languit, la poitrine se rè» trécit et se déforme, la i-onstitution s'altère, les enfants s^étiolent. Ces faits importants ont été signalés par Dupuytren: M. Robert en a fait l'objet d'un travail intéressant. Le meilleur, et pour ainsi dire le seul remède à ce mal. consiste dans Tablation de cette glande; j'ai souvent constaté que des enfants, qui jusque-là avaient progressivement dépéri, ont dès lors repris un développement rapide.— L'extirpation des amycdales engorgées peut non*seulement améliorer la respiration et rhématose.maisenrore prévenir le retourdes angines. Quand Topération est bien faite, il sunrient une hémorrhagie salutaire, toujours peu abondante malgré les nombreuses artérioles qui se ramifient dans la tumeur. Un gargarisme astringent, au besoin, pourrait l'arrêter; j'aj vu M. Gensoul réussir chcx un étudiant qu'il avait opéré, en plaçant une vessie d'eau glacée sur les bourses. Dans un cas où un jeune chirurgien m'appelai son aide pour une hémorrhagie de ce «renre, j'imaginai d'attacher a mon doigt un bourdonnet de charpie que je trempai dans l'eau de Pagliari, et de le porter ensuite sur la plaie saignante oà je maintins quelque temps la compression : le succès fut complet. •— On a pror

ISTHME DO PHARTIll. 187

posé divers însirumeDis pour Tablation des tonsilles : le bistouri BOurbé et boulonné de M. Buudens a le désavantage de ne pouvoir pMDOMivrer convenablement dans un espace aussi étroit. Le ton* llîllotoaiedeM. J. Cloquet est plus commode. Néanmoins beaucoup de chirurgiens préfèrenl encore se servir des pinces de Museux pour dégager l*amygdale d*entre les piliers, et l'emporter avec le bistouri flo la réséquant de bas en haut, afln que le sang ne masque pas la nanœuvre. Pour moi, je donne la préférence à l'inslrument de Fabnestock» en le modlQant un peu : ainsi les anneaux tranchants H doivent pas être circulaires; ce n'isl point la forme de Tamyg* dale qui est allongée; je les fa|s faire ovales pour mieux charger la tumeur. Il faut aussi que la fourchette ait deux dents pour être Bioins exposée è déchirer le tissu glandulaire, et qu'on ait plusieurs WDeaux de rechange pour s'adapter parfaitement au volume de la glapde. Grâce i ces modiûcations, j'ai éprouvé qu'on opère plus vite et plus sûrement qu'avec le bistouri, qu'il y a moins de douleur, qil*on n*est pas exposé a léser les piliers ou le voile palatin ni à blesser la carotide, et qu'enfin l'hémorrhagie consécutive des petits Tiîsseaux est moins à craindre.

D. Vaisseaux et nerfs. — Les artères de )a région proviennent de la linguale, de la palatine el des pharyngiennes. — Les veines accompagnent les artères; elles forment autour de l'amygdale le plexus tonsillaire qui dépend du plexus pharyngien. Dans l'angine modérée, j'ai expérimenté que les gargarismes et les insufilations d*aluo réussissent 1res bien. Esl-elle plus intense? les sangsues au cou ont beaucoup d'efficacité, et mieux encore les scarifications locodolentiy qui déterminent une saignée locale et peuvent amener une résolution prompte (Socquet). Dans la forme, soit aphtheuse, soit pseudo-membraneuse, il faut se hâter de cautériser avec une solution concentrée de nitrate d'argent. ^ Les lymphatiques se rendent aux ganglions sous-maxillaires, qui s'engorgent dans les dégénérescences des tonsilles. — Les nerfs émanent du lingual et du glosso-pharyngien, et forment un plexus en dehors des amyg* dates.

Certains physiologistes ont fait jouer aux tonsilles un rôle important dans le fausset. J'ai démontré, avec M. Diday {Gaz, méd.^ 18&A, n^ 8 et 9), contrairement à Bennati el à Colombat , que cette théorie est erronée : l'excision des amygdales n'altère pas le second registre de la voix; l'un de nous l'a expérimenté sur luim^fpe, H. Despine a relate }iussi l'histoire de quatre sujets (dont

trois chaiileurs assez distingués) chez lesquels cette opérmtioD resta sans influence sur le fausset. Or, on ne pouvait donner de preim plus péremptoire, car c*est là une véritable vivisection surrhomnie. Le fausset ne se forme donc pas à Tisthme guttural , puisqu'une lésion aussi profonde de ses parties soi-disant génératrices ne détruit ni n'altère son timbre.

S TI. — Arrîère-boaelie oo pharjns.

Le pharynx, arrière-bouche ou arrière-gorge , est une cavité irréguliëre, à parois contractiles, qui sert de vestibule commun aux voies digestives, respiratoires et auditives. Situé en dedans des carotides, et immédiatement au devant de la colonne vertébrale, il est derrière le larynx qu'il domine. Fixé en haut à Tapophyse bfrsilaire, il est renflé à sa partie moyenne, se rétrécit beaucoup en bas, et se continue avec l'œsophage au niveau du cartilage cricolde. Son diamètre transversal est de 3 à A centimètres en haut et en bas, et de 6 à 6 centimètres au milieu, et sa hauteur de 10 centimètres (Blandin) à 12 centimètres (Jamain).

Nous lui distinguerons trois orifices principaux, et trois parcis :

1. Vorifice antérieur conduit à la bouche; c'est Tisthme da gosier que nous connaissons.

2* Vorifice supérieur établit une communication naturelle entre l'arrière-bouche et les fosses nasales qui ont la leur ouverture postérieure. Sa forme est oblongue et cloisonnée par un diaphragme mobile (voile du palais). La respiration peut s'eflectuer par cette voie, quand la bouche est fermée ; c'est par là qu'on charge souvent les polypes pharyngiens, et qu'on a proposé de pratiquer le calhétérisme de l'œsophage et du larynx; mais, en général, il est préférable d'introduire la sonde par la bouche : on renverse fortement la tête en arrière pendant que l'indicateur gauche abaisse la base de la langue et sert de guide à Tinslrument. — Le voile du palais, dans la déglutition, oblitère celte ouverture : il se relève, et s'oppose, en continuant la voûte palatine, à ce que le bol alimentaire passe par celte base ; aussi, quand ce mouvement ne peut s'eflectuer, comme dans le vomissement ou le rire, les aliments liquides et solides refluent dans le nez ; il en est de même, lorsque le voile a été rongé par une ulcération syphilitique; cet inconvénient est souvent assez fâcheux pour nécessiter une opération. — Il n'est pas vrai que le voile se relève, comme on l'a cru, jusqu'à oblitérer les fosses nasales en s'appliquanl sur leur orifice posté-

Page 1