DE CETTE DEUXIÈME ÉDITION
J'ai consacré près de six années à préparer et a composer la première édition de ce traité d*anatomie topographique. Je puis dire que je n'ai épargné ni peines ni soins pour la rendre digne des suffrages du public médical ; mais aussi je dois reconnaître que l'accueil qui lui a été fait a de beaucoup dépassé les modestes espérances que j'en avais conçues : la faveur est allée croissant.
Mon livre a eu l'honneur de paraître, pour ainsi dire, sous le patronage de la Société de médecine de Lyon (1) et de l'Académie des sciences et belles-lettres de la même ville (2), qui se sont plu l'une et l'autre à entourer l'auteur de leurs encouragements les plus distingués. C'est sans doute a ce double appui académique, qu'il
(i) L*oavrage avait été présenté à la Société de médecine de Lyon, à laquelle
Taolear fit hommage du manuscrit ; et elle voulut bien nommer, pour Texami-
ner, une commission composée de MM. Brachet, Gensoul ei Nichet, dont oo
peut lire le rapport dans la préface qui précède.
(2) Extrait du rapport fait à l* Académie des sciences et belles'lettres de Lyon :
m Lorsque Geoffroy Saiui-ililaire parlait, dans ses savantes et originales le-
■ çoos, de ia structure des animaux vertébrés, il disait, eu mettant le doigt sur
■ la colonne vertébrale : tout l'être est là. Parlant du même principe, M. Pé-
• treqain, qui présente aussi la vertèbre comme élément de tout Pcippareil os- > seux, commence Tétude des régions par la réunion des vertèbres ou le rachis^ » qui foomit en zoonomie les caractères de toute une grande classe d'animaux... » Noos ne pouvons qu*approuver ce point de départ.
• ... Les auteurs s'étaient renfermés trop strictement dans le cercle cbirurgi-
• cal, au lieu d'agrandir le cadre de leurs considérations pratiques pour les B mettre au service de la médecine. Il y avait donc une lacune dans l'intéressante
■ étude du corps de Tbomme divisé par régions : M. Pétrequin s'est appliqué à
• la combler, tout en s'efforçant d'améliorer les résultats du travail de ses de-
• vanders en ce qui touche spécialement la chirurgie.
• ... Le (liMeaodes notions qu^il convient d'avoir présentes à l'esprit, lors-
XIT PRÉFACE
doit d'avoir reçu un si bienveillant accueil de la presse médicale française dont les prii1(*|pbyx brgAnes ohl fbl*mulé des jugements od ne pouvait plus favorables (1), et d*àvoir pli trouver grâce devant
» qu^on se li?re à ce genre dVinde (anatomie topofraphiqn^), donne à rœovre » de M. I*élreqiiin un caractère Tort lni(^ressani. M a fallu d'immenses recherches » pour amasser tant de malf^riaiix, ci beaucoup de méliiode pour les classer.— » .... Ce coupd'œil analytique jeté sur Touvrag** de M. l'étrequin ne suffit pas » «ans doute pour in fair«* appri^der tonte la valeur, mais il peut du moins faire » connatire sa nature et son but, les qn al ilt^s qu'on y remarque et Putiliié qn*en » peuvent retirer les praticiens... Ost un livre substantiel et vraiment utile.
» ... I/auteur a su se servir correctement du langaj^e simple et clair qui coq- » vient à la sévérité de ses démonstrations.. Son érudition abondante ne fatigue
• jamais le lecteur, parce qu'elle est sagement coordonnée et que chaque chose » vient naturellement occuper la place qui lui convient. Il y a Hcbesse d*érodi-
* tiort^ tnais sans ce luxe préteniietii qui gêne et fatigue Ittutiletnent l'atten^ » tien...
» Votre commission est unanimement d^avis que des remerdmenU soient B adressés à M. Pélrequio de la part de TAcadémie. » (Docteur baron de Poiinière, rapporteur.)
(1) 1» Archives générales de médecine (mars 1865) :
« Une des grandes difficultés des livras de ce genre, c^est la tlaasificatkm df!s régions :... Nous remarquons un véritable progrès dans cette partie de Peavrage de M. Pétrequin : plusieurs régions natuielles avaient peut-être été trop scindées en divisions secondaires par les auteurs antérieurs ; par contre, d'autres régions avaient éié étendues au delà de leurs limites réelli s. M. Pétrequin a Jtidfciensement atlaqtté cette dotible tendiince : il a restitué atix fnots périnée et aisselle leur véritable signiHcaUnn ; d'autre part, il a réduit avec bjubetlt* le liombre des suluiltisinns de la grande région naturelle ducou. Du reste, It étddie le plus possibl** chaque région couche par couche, et e^est le |irocédé que nofis considéhins ad^si comme le plus logique et le plus proRiable pdof lëi élèfei et les praticiens , etc. »
2* Gatelte médicale de Paris (mars ISûû).
« FidMe à la méthode naturelle qu'il a adoptée, M. Pétre(|(tin sonnlët font ï la stricte observation de ses règles : c'est là le principal caractère de son litre» c>n sera la grande condi'ion de succès. Dans ses tableant dàirs et fhip|Nièts de vérité, la belle ordonnance est telle qne chaque objet tbonti^ i PéMI tdntél ses faces, sans que pour cela la perception de l'ensemble soit rendue conAise par le fini des détails
» Dans la partie des applications pratiques, il a sn rester encore fidèle i soi principe : considérés isolément ou groupés en appareils, les organ^^ offretil tantôt des maladies locales, lamôt des aff«»c Ions d'en embip. Pour placer toujours la conséquence patholo^iiqne à côté de l'objet dont Pétnde en suggère Pidéf*, H fcUait donc, suitant lés dfconstanceé, semer ci et II on rMMMbkir e» Ois-
DE CETTE l^ftOtlfillE ÉDITION. t\
Ifm Coryphées de la eritique dotit la plume redoutée a tempéré pour lui ses rigueurs habituelles.
Je n'ai pas été moins heureux de rencontrer une honorable sym-
ceaai les uoiïons pratiques ; c'ent ce qu'a bien senii rauleur ; et, selon qu^il at présente sar son chemin des maladies ou des opérations ajant irait à un organe» à une couche, ou à une région, il raltaclie à Torgane, il dissémine dans la couche, il rejette à la fin delà région, les remiirqiies dl* détail On dVn!»eAble qu'a Tait Battre Tekamen poursuivi à ces divers poinis de vue. Celle noéltiode p4*rni€t également et les avis .^uixincls du praticien et les considérations doguntiques né^ cessairement plus développées, et en rcs> rvani h chacun dVux sa place propre, elle en double la valeur. On devine aussi Tattrayaule variété quVlle répand sur an sujet qu'il est toujours si diflidle et si utile de savoir orner.
»... Comme analomiste, M. PiUrequin a laissé sur cliaqne page de'son œuTre les traces visibles d'un esprit que (lislin<4uent la sévérité et IVxactilude.
» ... Deux rbâpitres préliminaires iraitenldu corps humain et de {''ûHàtomiê topographique en général. Dans ces pages où la banalité est d'ordinaire l'écueil, on peut prendre un avant-goût de la manière dont l'auieur élague de son cadre tonte superfluitt* étrangère. Avare de mots, mais prodigue de choses, s'il aborde toutes If s questions, il sait les quitter à propos ; la discussion cependant n'en souffre aucun dommage, et son laconisme ne laisse jamais on regret au lecteur»
» ... Jaloux avant tout des progrès de la science, nous devions applaudir k le publication d'une œuvre sérieusement conçut*, loyalement exécutée, où tout, peasée et style, forme et fond, se trouve réuni pour propager le goût des utiles notions dont elle offre l'exposition complète. En renfermant dans un seul volume l'ensemble des idées que contiennent les anciens traités et l'histoire, en outre, des découvertes accomplies dans ces deridères années, l'auteur a acquis des droits à la reconnaissance de tous ceux qui s'iniéressent à la vulgarisaUoB de l'anal omie. •
3* Bulletin général de thérapeutique [iSkh, t. ':6) :
« Pour rendre l'anatomiedes régions attachante et réellement iltllei M. Pétre* quia a adopté la classification la plus naturelle : les parties sont déchtea suivant leur arrangement, c'est-i-dire couche par couche et non isolément ; ft mesufe qu'on objet se présente sous le scalpel, l'auteur en indique toutes les appiicationt pratiques
• Dtns le livre de M. Pétreqnin,... la partie pratique a été en lièrement créée par loi : toutes les parties des scien es médicales y sont représenlt^s^ en sorte qu^oa a bleii réellement un traité d'anatomie médicale et chirurgicale. Il nous est impossltile de donner une idée de tous les matériaux dont ce savant chiror« glen s'est servi pour rendre les applications |)tus riches et plus variées : il a mis I fontributiou les travaux de tous les pays, de toutes les écoles, et cette impartialllé nous a valu la connaissance de documents précieux et presque ignoras.
«... En résumé, le livre de M. I'étieqiiio[onvre une ère nouvelle p(»ur Tanatomia tapogr»phlqiie, et si nous eh Ju«ieons par le |ilaisir que nous a procuré sa lec- Mca, neviB ainwai à croire quil sera géaéraleuient accueilli avec la fateur à la^
XTl PRÉFACE
patbie dans la presse médicale étrangère (1), et de voir l'un des • aristarques de la science en Allemagne sanctionner par sa propre autorité (2) les suffrages de ses savants compatriotes, et proclamer
quelle lui donne droit de prétendre le cachet original et pratique dont il eit empreint. »
4* Gazette des hôjfntauœ (5 mars 1864) :
« En résumé, Pouvrage du chirurgien de Lyon nous paraît destiné à rendre de grands services aux étudiants, par la méthode, la clarté, la concision et les autres qualités de forme qui le distinguent L'homme de science ne Toufrin pas avec moins de plaisir pour constater les progrès d^une des branches les plus importantes de la médecine. Enfin le praticien y trouvera un guide sûr et précieux pour les cas où sa propre expérience lui fera défaut. »
5* Journal de médecine et de chirurgie pratiques (mars iSàà) :
« L*anatomie médico-chirurgicale u*e.Ht plus une succession de détails fastidieux, une science s^adressant à la mémoire et non au jugement : c^est la science médicale elle-même, et le plan suivi par Tauteiir en embrasse toutes les partiesi La description du rachis le conduit à mentionner les opérations qui se pratiquent pour redresser la colonne vertébrale ; Panatomie de Pœil. à Thistoire de la strabotomie. Parle-t-il des dimensions du crâne ? il fait une leçon .^nr les accoachements ; des viscères contenus dans la poitrine 7 II enseigne la docimasie pulmonaire et rauscullation. l\ n*est pour ainsi dire aucun point de pratique qu'on ne doive étudier ainsi, puisque la base de toute pratique est la structure même du corps humain.
» ... Nous ne connaissons nul traité d*anatomie qui soit aussi directement utile aux praticiens.
»... Nous croyons doncque;i*ouvrage que nous annonçons est un de ces livres, malheureusement trop rares, dont la science profile véritablement parce qn*il prouve que la route nouvelle, dans laquelle Tauteiir s'est engagé, conduit àPapplication d^utiles vérités. >
(i) Nous nous bornerons à citer, pourTAIlemagne, la Nouvelle Gazette d'IéfM (n** des 8 et 9 octobre 18115] ; pour la Belgique, les AnntUes d'oculistique {U X, p. 120) ; et pour riialie, la Gazette médicale de Milan (18 janvier 1865), et le Journal de médecine de Turin ^ etc.
(2) « Le problème, écrit le professeur Ueyfelder, de donner une bonne ana- » tomie chirurgicale est plus difficile qu'on ne le croit généralement : il ne faut » pas que l'élément anatomique ni l'élément chirurgical prédominent, il importe
• qu'ils se pénètrent mutuellement et s'associent dans un intérêt commun.
»... Donner un ouvrage exempt d«î» lacunes et des erreurs qu'on reproche à ses » devanciers, et qui, sans être trop êieoilu, contienne en lui-même tout ce qui est
• utile au sujet, tel est le plan que M. Pétrequin s'est proposé ; et nous devons 9 avouer qu*il a beaucoup et profon'iémeat observé; qu'il a fait beaucoup de m recherches avec son scalpel anatomique et beaucoup opéré avec son couteau
• chirurgical; qu'il a beaucoup recueilli dans les musées de France et d'Italie,