‹ Traité d'anatomie topographique médico-chirurgicaleChapitre 55 sur 167 · RÉGION PECTORALE OU THORACIQITE · texte numérisé non relu

RÉGION PECTORALE OU THORACIQITE

Chez la femme adulte, la mamelle offre un volume et des rapports qui nécessitent une description particulière. Elle se développe à la puberté, pour setlétrir.à Tage critique, et devient, durant la fécondité, le centre d'un mouvement tluxionnaire a chaque époque menstruelle, ainsi que dans la grossesse, et après Taccouchement; ce qui explique la fréquence de ses maladies. Ses sympathies avec Totérus sont très intimes ; on en a tiré parti en thérapeutique : Mulieri si voles menstrua sistere, cucurbitam quant maximani ad mamnias «ppowc(Hippocr,,i4/9Aor.,v. 50). Son vohime variesuivant Tige et les sujets ; il tient, en général, moins au tissu glanduleux lui-même qu*à ses annexes. Chez quelques femmes, il est à peu près réduit au volume minime de la glande. Chez d'autres, son développement est considérable : j'ai vu une fille de Grenoble, d'environ vingt ans, chez qui il était devenu si prodigieux et si gênant, qu'elle demandait à en être débarrassée par une opération. L'état morbide provoque des hypersarcies analogues : j'ai opéré en 18A0 un encéphalolde qui pesait plus de 7 kilogrammes. — Dans l'enfance, la mamelle offre peu de différence dans les deux sexes ; ce n'est qu'à la puberté qu'elle commence à se dessiner. L'espace qu'elle occupe est compris entre la troisième et la sixième ou ^ptième côte.

Les mamelles sont au nombre de deux. J'ai fait connaître le fait curieux d'un homme trimamme qui transmit cette anomalie à tous ses enfants: des trois mamelles, deux étaient à gauche. Tune audessus de l'autre ; ses trois fils eurent trois mamelles, la supplémentaire se trouvait à droite. Les deux filles, également trimammes, avaient la surnuméraire à gauche, comme leur père ; aucun de leurs enfants ne fut affecté de cette difformité ; lors de leurs couches, la fluxion laiteuse s'effectua dans les trois mamelles. A ce sujet, je ferai observer que les mamelles surnuméraires donnent du lait, si elles sont latérales, comme ici, et restent inutiles à la lactation, si elles sont médianes. Rappelons que ces organes chez tous les mammifères, hormis quelques marsupiaux, sont latéraux et jamais médians; ce qui explique la position latérale des mammaires internes ou thoraciques, et des épigastriques ou mammaires abdominales {Gaz. méd.^ 1837, n** 13). M. Martin (de Lyon), dans un mémoire sur les femmes multimammes, après avoir cité des cas de trois, de quatre et de cinq mamelles, a combattu le préjugé populaire, qui veut que cette anomalie indique une prédisposition aux grossesses doubles; préjugé qui parait avoir retenu dans le célibat plus d'une

femme multimamme : il a montré qu'elles ne sont pas meilleures nourrices que les autres, la multiplicité des mamelles ne dépendant pas toujours de l'augmentation véritable du nombre des glandes. Quant à celles qui n*Gn ont qu'une seule, elles ont, diUil, moitié moins de chances pour un bon allaitement (i4nniz/. de gynécdogie, 1838, n* 8). M. Marotte vient de publier une observation analogue ù Tune de celles de M. Martin : il s*agit d'une femme de dix-sept ans, ayant dans chaque aisselle une mamelle supplémentaire qui fournit du lait après Taccouchenient {Bullet. thérap.^ 185i).

Couches anatomiques. — 1** La/>eauchez la femme est dépourvue de poils et d'une remarquable finesse; elle est d'unblanclégèremenl bleuâtre chez la jeune fille. L'épidermeet le derme sont ti^ minces. Le pigmentum est plus prononcé sur l'aréole et le mamelon pendant la grossesse, dont il devient un symptôme. Après rallaitement, la peau est le siège de vergetures analogues a celles de l'abdomen après l'accouchement. — Elle présente autour du mamelon un disque rosé chez les jeunes filles, brunâtre chez les femmes qui ont eu des enfants; elle y est d'une grande sensibilité. Ce disque porte le nom tï aréole ou A' auréole; il est rugueux; cette disposition tient à la présence d^un grand nombre de follicules sébacés et de quelques follicule'^ pileux. A la suite de la gale chez les jeunes filles, on voit souvent un eczéma très rebelle de Taréole. — Au centre s'élève une éminence conoïdo, rugueuse, rosée ou brune ; c'est le mamelon^ plus ou moins saillant suivant les sujets: sa trop grande brièveté gène beaucoup la succion du nouveau-né et peut rendre l'allaitement presque impossible. Il présente des dépressions qui correspondent aux conduits galactophores et des rugosités dues à des follicules sébacés destinés a sécréter un liquide propre à lubrifier sa surface; il est souvent le siège de gerçures chez les nourrices. Il est bon d'épargner le mamelon dans Textirpation du sein toutes les fois que l'état morbide le permet. Les adhérences cutanées avec Taponévrose à son pourtour et le peu d'extensibilité de sa propre charpente fibreuse et des conduits lactés expliquent sa disposition infundibuliforme dans le cancer qu'on nomme retUri» — La peau de la mamelle est tendue dans les mouvements du bras: de là, dans les opérations, le précepte de prémunir les plaies contre les tiraillements par une direction favorable : Blandin les conseille perpendiculaires à l'axe du corps; je me suis bien trouvé de les rendre obliques dans le sens même du bord axillaire et des fibres du grand pectoral. — Les téguments mammaires sont parfois le siège

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