‹ Traité d'anatomie topographique médico-chirurgicaleChapitre 56 sur 167 · RÉGION PECTORALE OU THORACIQUE. 2S · texte numérisé non relu

RÉGION PECTORALE OU THORACIQUE. 2S

d'une variété de cancer (cancer tube^'culeux) qui, diaprés Voxpélience clinique, est lié a une dialhè3e profonde, 1res sujel à récidiver, et doit être pour les opérateurs un noli me tangere dans toute la rigueur de Texpression .

2* La couche sous-cutanée est d*une texture aréolaire et conune feotrée ; die est cellulo-adipeuse, et offre une épaisseur variable : ce n'est pas à elle que la mamelle doit exclusivement, comme on Ta prétendu, sa forme cl son volume ; cela a lieu spécialement chea la femme obèse ; mais j*en ai vu dont les glandes très développées constituaient la presque totalité du sein, — Les vaisseaux et les ner/i superficiels rampent dans cette couche : les artères proviennent de la tboracique longue ou mammaire externe. — Des veines les accompagnent ; elles forment une sorte de réseau qui est plus développé pendant la grossesse et la lactation ; elles deviennent souvent variqueuses dans le cancer. Les tumeurs veineuses iilexiformes n*y sont pas rares. — ^ Les lymphatiques commencent au mamelon par un réseau et se rendent aux gauglions axillaires: de là rutilitéd*explorer Faisselle avant l'opération du cancer mammaire. — Les nerfs émanent des rauieaux sus-clavicidaires du plexus cervical et des filets thoraciques du plexus brachial ; ce qui semble expliquer les douleurs que quelques malades ressentent à Tépaule et au cou dans le cancer du sein. — Cette couche souscutanée est très sujette a s'enflammer après les couches et pendant rallaitemenl : il en résulte un phlegmon qui forme la première variété des abcès du sein (abcès sous-cutanes) . La texture feutrée de cette couche et les cloisons qui la divisent en compartiments expliquent la décomposition des phlegmons du sein en abcès multiples : l'indication est de les ouvrir de bonne heure pour prévenir leurs progrès tant en étendue qu'en profondeur par la destruction des cloisons celluleuses. L'élément cellulo-adipeux peut devenir le siège d'une hypertrophie locale; c'est le lipome. Son hypertrophie générale fait prendre au sein un volume monstrueux.

S"* Le fnscia superficialis joue un rôle important; sa disposition anatomique parait n'avoir point été connue jusqu'ici. J'ai constaté qu'il est formé de deux feuillets qui se dédoublent pour comprendre la glande dans leur intervalle, de sorte que le feuillet externe double la couche sous-cutanée, et l'interne la quatrième couche. Cette disposition rend compte des douleurs qui accompagnent certains engorgements et phlegmons du sein, cet organe se trouvant, pour ainsi dire, étranglé dans son enveloppe fibreuse.

Celle-ci, arrivée au pourtour de la glande, adhère à son tissu propre, surlout en arrière ; elle se laisse percer en plusieurs points par des flocons de graisse qui pénètrent entre les lobules glanduleux ; les phlegmons qui s*y développent forment la deuxième espèce des abcès du sein, abcès interlobaires ou interstitiels^ qui, ouverts trop tard ou mal traités, entraînent des fistules et une suppuration interminables. A Tétat chronique, je me suis bien trouvé de la dilatation avec réponge préparée pour évaser le trajet fistuleux, de manière à le convertir en une plaie simple et presque superficielle, qu*on guérit alors aisément.

A** La glande mammaire ^ organe sécréteur du lait, a la forme d*un gâteau plano^convexe; placée sur les côtés de la poitrine, elle repose sur le grand et le petit pectoral, entre la troisième et la sixième ou septième côte. Hors de la période puerpérale, elle se présente sous Taspect d'un tissu fibreux, dense, homogène, d'un blanc grisâtre, etassezsemblableausquirrheavec lequel on le compare d'habitude. — C'est surtout au moment de la lactation que la disposition glanduleuse se manifeste : on la trouve alors constituée par la réunion d'une foule de lobes distincts, qui proviennent euxmêmes de l'assemblage de petits lobules formés de granulations vésiculeuses en grappe, d'où naissent les radicules des vaisseaux excréteurs. — J'ai disséqué avec soin la mamelle chez plusieurs femmes mortes dans la période puerpérale, et j'ai constaté que plusieurs canalicules se réunissent, comme les lymphatiques et les veines, pour former des troncs renflés et rétrécis par intervalles, mais toujours plus volumineux, qui constituent les conduits galactophores : < mais, dit M. Nalgaigne, au lieu de devenir plus gros, ils sont au contraire plus étroits. » Cette assertion n'est pas exacte: les conduits galac tophores, disposés en forme de tuyaux blanchâtres, au nombre de 15 a 20, figurent des troncs renflés, et de plus, au niveau de l'aréole, ils présentent une dilatation en ampoule. Ils convergent vers le mamelon à la manière des rayons concentriques; ils ne communiquent entre eux dans aucune partie de leur trajet, de sorte que chaque lobule est indépendant (Jamain). Dans tous ces points, il importe d'ouvrir, selon le conseil de Récamier, les abcès mammaires, suivant la direction d'une ligne droite tirée du centre à la circonférence de l'organe, pour éviter la lésion des canaux lactifères, et prévenir la formation d'une fistule. En se rappelant qu'ils s'écartent de l'aréole en rayonnant, on débridera impunément les phlegmons sous-cutanés et interlobaires, — Ils se rétrécissent à

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