SECTION CINQUIÈME
Vabdamen ou le ventre^ qu'on désigne aussi sous la dénomination impropre de bas-ventre^ est une grande cavité située au-dessous du diaphragme, à la partie inférieure du tronc , el destinée à loger les appareils génito-urinaires et la plupart des viscères digestifs. Ses limites sont irrégulières et difficiles à préciser. Prétendre avec M. Velpeau qu'elles sont exactement indiquées en haut {mr une ligne circulaire passant sur la base de l'appendice xiphoïde et sur l'apophyse épineuse de la dixième vertèbre dorsale, c'est s'exposer à les faire remonter trop haut en arrière, et descendre trop bas en avant ; les prolonger en bas , avec M. Malgaigne , jusqu'à l'aponévrose pelvienne du périnée, c'est empiéter sur la cavité propre du bassin. Nous nous bornerons à dire que l'abdomen a pour limites , en haut, le rebord des côtes et le diaphragme ; en bas^ les os du bassin.
Sa capacité et son volume varient suivant l'Age , le sexe, les mouvements respiratoires, l'état de grossesse, etc. Le ventre est comme la racine de l'individu; c'est l'une des premières parties qui se développent dans l'œuf; son agénésie n'a pas encore été constatée; Blandin la dit impossible. L'abdomen reste prédominant chez le fœtus, avec une saillie à droite, à cause de la présence du fde ; il continue à être gros chez l'enfant, où le bassin est étroit, le sternum court ; à la puberté, où la poitrine et le bassin se développent , l'harmonie s'établit. Chez l'adulte , il a la forme d'un ovoïde, en général plus volumineux et plus allongé chez la femme, surtout après l'état de grossesse ; la poinre de l'ovale se trouve en haut, chez celles qui font usage de corsets serrés à la taille. Sur Tàge de retour, il acquiert souvent une ampleur incommode, par l'accumulation de la graisse dans ses parois et dans sa cavité, et forme alors un ou plusieurs étages, comme nous l'avons vu pour le menton. M. Malgaigne a rencontré sur quelques hernieux (quatorze fois sur deux cent quarante-quatre) une disposition qu'il appelle ventre à triple saillie, et qu'il attribue au relâchement des muscles, avec une saillie médiane verticale, etdeuxsailljes latérales obliques.
Les médecins anciens ont subdivisé le ventre en neuf régions secondaires, qu'il serait bon de rappeler, ne fût-ce que comme un
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exemple antique de rétablissement de régions artificielles. Il y a, de plus, Tavantage d*indiquer avec plug dfe précision les points principaux de l'abdomen. Soient deux lignes verticales, tirées de l'épine des pubis aux cotes, et eoUpées à angle droit par deux lignes transversales, de manière à répartir l'espace abdominal en trois zones égales et superposées ; on aura de haut en btts : 1** Yépigastre entre les doux hypochondres ; 2* TohibiHc entre les flonti; 3° Vhypogastre, compris entre les deux régions iliaques.
L'anatomie chirurgicale s'accommoderait mal de ces sUbdivisiotM trop multipliées, dont elle ne doit que tenir compte. Nous étudie^ rons : 1* les paroi)» abdominales ; 2* la cavité et lés vhcïères qu'elle renferme.