‹ Traité d'anatomie topographique médico-chirurgicaleChapitre 70 sur 167 · CAVITÉ PECTORALE. 27S · texte numérisé non relu

CAVITÉ PECTORALE. 27S

résoudre en médecine légale, est celle-ci : X enfant est-il mort né? fH-il respiré? La réponse se lire de plusieurs phénomènes : — 1* Dans le fœtus à terme, les deux oreilleltes communiquent par le trou de Botal, comme Taorle et Tartère pulmonaire par le canal artériel ; ces communications se ferment après la naissance. Billard t hit sur les nouveau-nés des recherches statistiques, dont Tétude comparative montrequ'en général le canal artériel s'oblitère un peu plus tôt que le trou de Botal ; à cinq jours, le premier donne la (iroportion de plus des deux tiers, et le deuxième de la moitié seulement; àhuit jours, c'est plus des quatre cinquièmes pour le premier, et des trois quarts pour le deuxième, etc. On peut les trouver ouvects encore à onze ou quinze jours et plus. Leur persistance ne prouve lonc point que l'enfant n'a pas respiré. En 18A3, j'ai rencontré le 3t>u de Botal conservé chez une femme de trente-huit ans, morte Ans cyanose, mais dans un grand état d'anémie et d'asthénie ; elle n'avait offert un bruit de souffle intermittent, toujours suivi d'un "epos dans les bruits du cœur; ceux-ci, tumultueux et irrégulieis, Raccompagnaient parfois d'un léger bruit de froissement. C'est à ni connaissance le seul cas où l'auscultation ait été appliquée lans cette anomalie durant la vie. — Lorsque le canal artériel et le Irou de Botal seront oblitérés, on pourra conclure que l'enfant a reçu et respiré.

2o Si Tenfant est né mort, l'autopsie montre la trachée et les )ronches remplies d'un Uquide analogue à l'eau de l'amnios. Les ixpériences de Béclard ont prouvé que ce liquide n'est point absorbé .près la mort, qu'il n'est pas sécrété par les bronches, mais aspiré mr le fœtus, et que ce dernier exécute des mouvements inspiraoires, comme on peut s'en assurer dans l'accouchement par les lieds, au moment où la tète est encore plongée dans l'utérus, et omme on peut aussi l'expérimenter sur les animaux, à travers les nembranes amniotiques d'une matrice mise a découvert. Cette 'espiratîon intra-utérine exige qu'après la naissance l'enfant se lébarrasse du liquide pulmonaire pour l'établissement de la respiation aérienne ; les accoucheurs en favorisent l'évacuation par le lécubitus latéral, et au besoin par le nettoiement direct du pharynx.

3* Le poids des poumons semble augmenter après la respiration, uivant les tableaux reproduits par Orfila :

Sur Ai fœtus mort-nés, ce poids a varié de 18 à 85 grammes Schmitt), de 6 à 106 (Cbaussier). Moyenne générale : &8 gr. 75 c.

Sur hi enfants qui avaient respiré, ce poids variait de 18 à

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105 grammes (Schmill), de 17 à US (Chaussier). Moyenne générale: 68 gr. 60 c.

Est-il besoin de faire observer que ces différences sont trop minimes pour permettre de rien conclure en médecine légale?

A° Quelle indication fournit le poids proportionnel des poumons, comparé à celui du corps? — A. Pour les fœtus mort-nés, on trouve les rapports suivants (Schmitt) :

De 1 à 16 et 1 à 108,

Moyenne générale 1/40.

— B. Pour les enfants qui avaient respiré. 1 à 16 et 1 i 06.

Moyenne générale • . 1/48.

'La même critique s'applique à ces calculs, d'autant mieux que Chaussier a trouvé des résultats contraires. M. Mal^aigne croît que : c C'est là une de ces questions que la statistique seule peut éclairer ; mais une statistique plus riche de faits, et en même teoups plus rigoureuse que celles qui ont été faites jusqu'à présent, i {Anat. chirurg.) Je ne partage pas celte confiance. Tous les chiffres ultérieurs ne sauraient détruire ceux que je viens de rapporter; leur langage restera aussi incertain. Toutes les moyennes générales ne sont jamais que des mesures purement approximatives, et, dans l'espèce, ne permettent de rien préciser pour chaque individu.

5° La pesanteur spécifique des poumons est un meilleur critérium; s'il y a eu respiration, Tair qui les pénètre les rend plus légers que leau, et ils surnagent; chez un fœtus mort-né, ils ont un poids spécifique supérieur à celui du liquide, et descendent au fond. Toutefois, il faut remarquer ([ue l'insufflation artificielle, les gaz de la putréfaclion,etc., peuvent les faire surnager chez les fœtus mort-nés, tandis (jue riiépatisation peut faire submerger ceux mêmes qui auraient respiré. — Un signe important et plus décisif se tire de la pesanteur spéciiicjue comparée au poids total de l'organe; ce qui servira à distinguer les poumons insufflés d'un enfant mort-né d'avec les poumoiis qui ont respiré.

6o Quant à leur aspect, avant la respiration, il a beaucoup d'analogie avec celui du thymus ^ leur couleur, d'un blanc gris uniforme, rosé et parsemé de taches sanguines, ressemble à celle du foie ou du corps thyroïde (Orlila). Après la respiration, l'organe perd sa Il iule uniforme, pour apparaître avec des marbrures capillaires roses à fond grisai re (Devergie).

11 re>sort de l'élude de tous ces Inils qu'eu njédecin<' légaic ils fournissent plutôt des probabilités que des cerliludes.

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J'ai CPU digne trintérèl (]e présenter, à propos des poumons, un exposé sofiimaire de mes recherches sur V auscultation artificielle.

Nouvelle méthode pour apprefidre l'auscultation. Les diflicullés 4e Texplûralion clinique du thorax font sentir combien serait précieux un moyen simple, qui ne laissât pas la possibilité d'une erreur, et qui apprit de suite les rapports de la lésion avec les bruits stéthoscQpiques qgi raccompagnent. J*ai été conduit à la découverte de V auscultation artificielle par les réflexions suivantes : la respiration 9sX une foncUon mécanique ; la plupart des phénomènes q^i se passent dans l'acte respiratoire sont tout physiques; les bruils qu'ils font entendre dans l'état sain, comme dans l'état de iqaladîe, ne tiennent pas uniquement a la vie, mais peuvent se reproduire après la mort. J'imaginai donc d'ausculter des cadavres, Qt j'entrepris, en 1832, plusieurs séries d'expériences sur l'auscuU Ifilion et la percussion, dont j'ai communiqué les résultats à V Académie des sciences de Paris, le 23 janvier 1837 {Gaz. méd., 1837, D* b;BulL thérap.y XII. — 98). Mon travail, composé de douze séries d'expériences, se divise en quatre parties :

1* Auscultation des poumons détachés. J'explorai d'abord des poumons détachés avec soin, tantôt sains, tantôt malades ; je les insuflOai de manière à imiter le rhythme inégal des mouvements respiratoires, et je parvins ainsi à entendre les divers bruits normaux et morbides, comme le son de l'expansion pulmonaire, le raie crépitant, le souffle bronchique; avec des injections de liquides de densité différente dans les bronches, je pus simuler les rùles tubaires. Dès lors fut établie la possibilité de \ auscultation artificielle,

2* Auscultation artificiellei du cadavre. Je pratiquai la trachéo* tomie, j'adaptai hermétiquement le bec d'un soufflet a la trachéeartère, et, avec la manœuvre indiquée, je réussis à percevoir et à distinguer les difiérents râles bronchiques et pulmonaires, le bruii d*amphore; je pus diagnostiquer la pneumonie, l'hydrothorax, les cavernes de la phthisie, la perforation pulmonaire, sur des cadavres dont j'ignorais l'histoire pathologique.

S* Auscultation artificielle de la voix et de la toux. Un problème difiicile me restait à résoudre, c'était la production artificielle de la voix et de la toux. Après plusieurs essais inlructueux, j'imaginai d^appliquer le pavillon du stéthoscope sur le larynx d'une personne parlant à haute voix, et l'autre bout du cylindre sur la fossette sternale du sujet à l'origine des bronches, pendant qu'on

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simulait par Tinsufflation les mouvements respiratoires. Tauscuttai ; il me semblait que le mort parlait^ le problème était résolu. J'avais obtenu la résonnance de la voix et de la toux dans les cavités broncho -pulmonaires du cadavre; seulement, les divers bruits causés par le déplacement des mucosités, et qui les accompagnent sur le vivant, ne peuvent ici se reproduire.

tt" Résultats généraux et applications diverses. Je simulai plusieurs maladies pulmonaires; il est aisé de produire i volonté un hydro-thorax, un pneumo-thorax, un hydro-pneumo-thorax, et d'obtenir artificiellement le tintement métallique, le bruit d^am* phore et la plupart des signes stéthoscopiqoes. Il serait facile aux médecins et aux internes des hôpitaux de professer des cours d'otacultation artificielle; tous les élèves les suivraient avec le plus grand avantage ; ici plus de malade qui souffre ou se fatigue; plus de crainte a avoir d'aggraver l'état du mal, ce qui arrive plus d'une fois sur le vivant ; toutes les positions peuvent être prises, et tout le temps nécessaire donné â l'exploration thoracique, dans le silence le plus parfait; conditions souvent difficiles à réunir sur le malade. Cette méthode nouvelle constitue une répétition et un complément utiles de l'auscultation clinique, et donne, par cette double voie d'investigation, les moyens de marcher plus vite et plus sûrement, en corrigeant par l'autopsie les infidélités du diagnostic. J'ajouterai (|u*elle permet d'établir sans cesse un parallèle entre rexploration du vivant et celle du cadavre , et de voir à l'instant les liaisons qui existent entre les bruits morbides et l'état des organes; car il faut bien avouer que, sur le vivant, la maladie marchant toujours, il arrive plus d'une fois que les lésions organiques, que dévoile la nécropsie, sont plus avancées, que l'auscultation ne l'indiquait la veille; et alors le débutant a toujours quelque peine à rétablir les choses dans leurs rapports.

En 1838, j'ai soumis mes recherches sur Vauscultation artificielle à la Société de médecine de Paris, qui, sur le compte rendu très favorable de M. Hourmann, en a voté l'impression dans la Revue médicale (mars 1838). La Société médicale de Bruxelles, sur un rapport non moins avantageux, a fait insérer mon mémoire dans ses Annales.

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