SECTION SIXIÈME
Le bassin sert de complément à Tabdomen, et termine le tronc inférieurement. C'est une sorte de ceinture osseuse, étroite en avant, évasée sur les côtés, que constituent le sacrum et le coccyx en arrière, et les deux os iliaques sur les parties latérales et antérieure. Vésale est le premier qui ait comparé Tassemblage de ces os à un bassin, et lui en ait donné le nom; son disciple, Colombus, suivit son exemple ; vers le milieu du xviii* siècle, on sentit de plus ^n plus, après l'invention du forceps, toute l'importance pratique <fue présentait Tanatomie médico-chirurgicale de cette région, pour préciser les cas d'application de cet instrument.
Le bassin est la base du tronc ; il constitue un anneau osseux ^mplel qu'on peut décomposer en deux cintres, dont le postérieur Reçoit le poids du corps, et l'antérieur sert d'arc -boutant-, de sorte que le poids du tronc et des membres thoraciques, transmis par le rachis au sacrum, qui est enchâssé entre les os coxaux comme la clef d'une voûte entre les voussoirs, se répartit sur les os des iles , puis sur les pubis qui se pressent à la symphyse. Sur les côtés du cercle viennent s'attacher les deux membres inférieurs qui, dans certaines postures, supportent à leur tour tout ce faix, soit ensemble, soit séparément. Ces usages, intéressants à connaître pour le physiologiste, le sont encore plus pour l'accoucheur, parce qu'ils donnent la raison des formes vicieuses ou bizarres que prend cette cavité, lorsque l'ossification de ces os se fait trop lentement ou rétrograde. Dans la grossesse, le bassin soutient l'utérus et lui donne une position convenable; dans l'accouchement, il livre passage à l'enfant en lui imprimant la direction la plus favorable, et en fournissant un point d'appui aux parties molles de la génération (Désormeaux).
La cavité pelvienne logé les principaux organes des appareils urinaîre, génital et défécateur ; resserrée dans tous les sens chez le jeune enfant, elle s'agrandit successivement depuis la naissance jusqu'après Tépoque de la puberté, de manière à permettre aui viscères qu'elle est destinée à contenir de descendre de plus en plus dans sa profondeur, et à leur assurer une protection de plus en plus complète. Le bassin forme un tout complet et bien distinct sous le rapport du squelette; il n'en est plus ainsi quand on Texamine à l'état frais : en haut, sa cavité se confond avec l'abdomen; toutefois, son rebord osseux lui sert de limite naturelle. En bas, elle a pour cloison le plancher ano-périnéal. En arrière , le sacrum et le coccyx rentrent dans le chapitre du racbis. Latéralement, elle s^unit à la fesse et à la hanche, qu'on a eu tort de lui rapporter, car elles appartiennent évidemment au membre inférieur, comnK l'épaule au supérieur (voy. Hanche, Fessé).
Je grouperai la description du bassin sous deux chefs (parois ou extérieur; cavité ou squelette), qui se prêtent mieux aux considérations d'ensemble; toutefois, cette division naturelle ne peut toujours être suivie avec rigueur. Je rattache les parties molles à trois appareils spéciaux, qui veulent être exaniinés à part dans les deux sexes, à cause des différences qu'elles présentent chez Thomme et chez la femme. Nous étudierons ensuite la cavité et son squelette sous les rapports obstétrical et orthopédique.