‹ Traité d'anatomie topographique, ou anatomie des régions du corps humain, considérée spécialement dans ses rapports avec la chirurgie, et la médecine opératoireChapitre 10 sur 102 · DE LA RÉGION EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DE LA RÉGION EN GÉNÉRAL

Une région est un espace plus ou moins étendu , plus ou moins exactement et plus ou moins natureliem en t c i rconscr i l .

En anatomie topographiq

ne

on désigne ainsi

I INTRODUCTION

les diverses sections du corps, sur lesquelles l’anatomiste doit faire porter son examen • c’est le dernier terme de l’analyse topographique.

Le corps humain offre une surface très étendue , aussi les régions qu i 1 e composent sont-elles très nombreuses. D'après la simple définition de celles-ci, on conçoit même que leur nombre peut être porté très loin, puisque, sous le bon plaisir d’un anatomiste, telle région , considérée généralement comme simple, peut être divisée par lui en deux ou trois régions plus petites. Toutefois, qu’on ne s’y trompe pas, les bases de la division topographique du corps ont plus de certitude qu’il ne semble d’abord ; et lorsqu’on y réfléchit mûrement, on reconnaît promptement, que souvent la nature elle-même a pris soin de nous la tracer d’une manière précise, par des reliefs osseux, ou par des saillies et des dépressions musculaires • surtout on s’aperçoit bientôt qu’autour de chaque partie importante du squelette, se pressent un certain nombre d’organes, comme pour y chercher un point d’appui. Ce sont ces bases sur la disposition générale des organes, dont nous nous sommes constamment servi dans rétablissement des régions , bases qui ont aussi été celles des divisions admises par Bécîard, dans ses savantes leçons.

En formant ainsi les régions, elles sont naturelles, et plus sinij les pour l’élève qui veut les étudier, puisqu’il peut beaucoup plus facilement déterminer le lieu où doit s’arrêter son examen • surtout elles se prêtent à des considérations bien plus étendues, soit dans ce qui a trait à leurs usages, et à

XXXV j INTRODUCTION.

Faction de leurs organes, soit dans les applications à la médecine dont elles sont susceptibles. Qui pourrait, en effet, douter qu’il serait mauvais de séparer en plusieurs régions le creux de Faisselle , ou de réunir en un seul , les groupes d’organes formés autour de la clavicule, du scapulum , et sur le point de réunion de ceux-ci avec le tronc? Ne voit-on pas de même, que séparer en plusieurs régions les parois abdominale antérieure et latérales, ce serait s’exposer à dire dans chacune d’elles, que l’on trouve toujours, la p eau , le f as cia super fie ialis , le muscle grand oblique , etc.? L inconvénient qui en résulterait pour la généralisation des usages de cette paroi, dans le vomissement, par exemple, ou pour l’examen de ses altérations dans beaucoup de circonstances, n’est- il pas de la dernière évidence? Quel inconvénient, de même, n’y aurait-il pas à séparer la cuisse en plusieurs régions? outre le défaut de limites précises pour les établir , les usages de la cuisse sont tels, qu’on n’en prendrait qu’une mauvaise idée en les morcelant, pour les rapporter à différents points ; et enfin, lorsqu’on en viendrait à vouloir, par l’anatomie, mesurer jusqu’à quel point, par exemple , après la ligature de l’artère fémorale , la circulation peut se rétablir dans la partie inférieure du membre, il faudrait appeler à son secours des données anatomiques de tous les points de la cuisse, puisque les artères collatérales, si utiles alors, se répandent partout ; il en résulterait ainsi pour l’élève la grande difficulté, de savoir

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