‹ Traité d'anatomie topographique, ou anatomie des régions du corps humain, considérée spécialement dans ses rapports avec la chirurgie, et la médecine opératoireChapitre 19 sur 102 · ORDRE SECOND · texte numérisé non relu

ORDRE SECOND

Paroi latérale du crâne.

Cette paroi est constituée par trois petites régions fort simples , et bien distinctes , la tempe, la région de l’oreille , et celle de l’apopbyse mastpïde.

1° LA TEMPE

Cette région forme la portion antérieure de la paroi du crâne qui nous occupe ; elle a pour limites en avant , l’apophyse orbitaire externe du frontal ; en arrière , la racine de l’apophyse zigomatique et le conduit auriculaire ; en bas , l’arcade zigomatique, et en haut une ligne courbe à concavité inférieure, dite temporale , ligne dont il a déjà été question , à l’occasion de la région précédente.

La tempe est aplatie transversalement, et le plan qu’elle forme est presque perpendiculaire ; son épaisseur est plus considérable que celle de la région oecipito-frontale : toutefois elle varie suivant les lieux où on l’estime ; elle est plus forte en bas qu’en haut , plus antérieurement que postérieurement : terme moyen, en avant, immédiatement audessus de l’arcade zigomatique , son épaisseur est de 12 lignes ; en arrière , elle est de 6 seulement.

La tempe offre deux faces, l’une cutanée, Tau-

tre séreuse : la première, en arrière, est couverte, de cheveux qui y sont implantés obliquement en bas ; en avant elle est glabre et se continue avec le front, dont elle augmente l’étendue transversale ; bombée inférieurement chez les enfans , elle offre au contraire chez l’adulte, une légère dépression qui dessine l’arcade zigomatique , et dont la profondeur est en rapport direct avec l’état de maigreur de l’individu ; la face séreuse n’offre rien de remarquable , elle est lisse , humide , et appuie sur le cerveau.

Structure. — 1° Eléments. - — Les éléments de la tempe sont peu nombreux , elle emprunte sa résistance principale , d’un squelette formé de la partie écailleuse du temporal , de portions du pariétal, du frontal , de la grande aile du sphénoïde de l’os malaire, pièces jointes par les sutures squammeuse, sphéno-temporale, sphéno-pariétale , sphénoïdale, et celles qui unissent l’os de la pommette au frontal , au sphénoïde, et à l’apophyse zigomatique. Cette surface osseuse est mince et transparente, en haut, ; en dedans, elle forme chez l’adulte, pour l’artère méningée moyenne, un canal osseux placé sur le niveau en hauteur de l’apophyse orbitaire externe, et a deux travers de doigts en arrière ; en totalité, le squelette de la tempe a moitié moins d’épaisseur que celui de la région précédente , ses périostes externes et internes sont plus adhérents , parce qu’ici il y a plus de sutures , et qu’à leur niveau , ils sont réunis l’un à l’autre , par des brides fibreuses et des veines émissaires ; le muscle temporal remplit toute la tempe , depuis les limites supé-

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Heures , jusqu’aux inférieures; on y trouve encore quelques fibres du muscle antérieur de l’auricule, et le supérieur en totalité. L’aponévrose occipitofrontale s’y prolonge , et y forme un fascia superficiel; mais de plus une très forte lame fibreuse recouvre immédiatement le muscle temporal , et concourt avec les os de la tempe , à former à celui-ci un étui ouvert seulement en bas ; cette lame , fixée sur tout le contour de la tempe , est libre d’adhérence en dehors ; en dedans, au contraire , elle sert à l’insertion des fibres externes du muscle ; elle est simple en haut , et séparée en bas en deux lames , qui embrassent l’arcade zigomatique , sur les faces externe et interne de laquelle elles se terminent , laissant entre elles au dessus, un espace triangulaire étroit; les deux faces opposées de la région sont tapissés, l’une par une peau très folliculaire et partiellement velue, comme il a été dit; l’autre, par une portion de l’arachnoïde pariétale. Le tissu cellulaire interne est très dense, comme dans la région précédente ; l’externe est peu abondant, il est dense surtout sous la peau. La graisse est rare dans le tissu sous-cutané, on en trouve constamment entre les deux lames de l’aponévrose temporale , et plus profondément , en dedans et en avant du muscle temporal.

Les artères de la tempe sont extérieures au squelette , où plus profondes que lui : celles-ci sont fournies par le tronc de la méningée moyenne , qui est lui-même logé dans le canal osseux, dont il a été déjà question; les premières au contraire sont

superficielles, moyennes et profondes; le tronc de là temporale proprement dite et ses deux branches, à leur origine , constituent les superficielles ; les moyennes sont fournies par le tronc précédent, et se placent entre les deux lames de l’aponévrose temporale; les profondes, au nombre de deux, sont des branches delà maxillaire interne; remarquons que toutes ces artères s’anastomosent entre elles , et que les profondes communiquent immédiatement avec les artères orbitaires,, par des rameaux qui traversent des trous malaires ; cette liaison entre le système artériel de ces deux points du corps, est digne de remarque , on en a tiré souvent partie dans les maladies orbitaires.

Les veines suivent rigoureusement le trajet des artères , à l’exception des émissaires nombreuses qui traversent les sutures.

Les vaisseaux lymphatiques se rendent, les uns superficiellement , les autres profondément , dans les ganglions parotidiens ; un grand nombre viennent de la région occipito-frontale.

Les nerfs sont superficiels où profonds : les premiers sont fournis par le facial, et le filet auriculaire du maxillaire inférieur ; les seconds sont encore des branches de ce dernier.

2° Rapports. — Les rapports de la tempe sont for t simples, la première couche y est cutanée, comme presque partout ailleurs; la seconde est formée par un tissu cellulo - graisseux , au milieu duquel se trouvent les nerfs et les vaisseaux superficiels de la région. Remarquons que le tronc de l’artère tem-

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porale , s’y divise 1 5 lignes au-dessus de l’arcade zygomatique , qu’il est placé à 4 lignes du con duit auriculaire , et qu’à partir de cette division , sa branche antérieure se courbe en avant vers le front, la postérieure, en arrière vers la nuque. La troisième couche, est constituée par le muscle auriculaire supérieur, etlefascia superficiel (aponévrose occipito-frontale), auquel il adhère. Un tissu cellulaire non graisseux et très lâche, sépare cette couche de la suivante, constituée par l’aponévrose temporale , formant en bas par ses deux lames , un intervalle triangulaire , dans lequel sont logés un peloton adipeux d’un volume variable , et l’artère temporale moyenne. Le muscle temporal lui-même, forme un plan plus profond , auquel concourt antérieurement une masse adipeuse considérable, et qui contient dans son épaisseur , près des os , les vaisseaux et nerfs temporaux profonds. Enfin toutes ces parties enlevées , le péricrâne est à nu , et l’on peut constater son adhérence sur les sutures. Les os apparaissent ensuite, et sous eux, l’artère méningée moyenne dans la position déjà mentionnée, la dure-mère, puis l’arachnoïde unie à la première, d’une manière extrêmement serrée.

Développement. — La résistance de la tempe est au moins aussi grande , que celle de la région occipito-frontale ; sa couche épaisse de parties molles extérieures , compense et au-delà l’épaisseur moindre de son squelette ; cependant cette résistance et cette épaisseur , sont loin d’être les mêmes à toutes les époques de la vie : chez le foetus, et même encore

5o ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE .

six mois après la naissance , les os ne sont pas complètement réunis, ils laissent entre eux en avant , un espace membraneux, que Ton désigne sous le nom de fontanelle latérale et antérieure. Après la naissance , cette région bombe beaucoup , ce qui tient à deux causes : i° à la graisse , surtout à celle qui est placée entre les deux lames de l’aponévrose,* a0 au peu de saillie de l’arcade zygomatique.

Variétés, — La tempe varie entre une dépression et un bombement extérieur très marqués , suivant l’état d’émaciation ou d’embonpoint, ; c’est encore la graisse intermédiaire aux deux lames de l’aponévrose temporale , qui détermine ces variétés , par son atrophie, ou son développement.

Déductions pathologiques et opératoires. — Les plaies de la région temporale, peuvent être compliquées d’une hémorrhagie abondante, sans même être très profondes , surtout lorsqu’elles siègent près du conduit auriculaire ; néanmoins , cet accident est peu grave, la ligature de l’artère temporale blessée dans le dernier cas , est facile ; les plaies contuses , ou les simples contusions , sont compliquées d’épanchements sanguins, sous la peau, entre les deux lames de l’aponévrose temporale, et sur les os, contre lesquels les artères temporales profondessont écrasées * le squelette, au centre, est protégé contre les fractures, par le muscle temporal et sa position profonde ; son contour, au contraire, formé par l’apophyse orbitaire et l’arcade zygomatique , placé superficiellement et formant un relief très marqué , s’offre tout naturellement, aux agents cou-

DE LA TEMPE

tondants et est souvent brisé ; toutefois , maigre les circonstances à son avantage , on voit encore quelquefois des fractures du fond de la tempe , fractures le plus souvent produites par contre-coups , l’arcade orbitaire ayant été seule atteinte. Dans ces cas, il se forme souvent des épanchements bien circonscrits, entre la dure-mère et les os; j’en ai déjà cité un , auquel avait donné lieu une blessure de l’artère méningée moyenne, par une esquille de la table internede ceux-ci. Les tumeurs fongueuses de la dure-mère, se manifestent plus fréquemment ici que dans tout autre point, la région précédente exceptée. Des loupes enkistées, contenant des poils implantés sur les parois du kiste, se développent souvent à la partie antérieure de cette région , près des sourcils : elles sont formées par des développements de follicules, les poils qui s’y trouvent, appartenaient au sourcil, d’où ils ont été déviés. J’ai vu toute la tempe soulevée par une tumeur fongueuse, qui sortie du sinus maxillaire , était arrivée dans ./la région qui nous occupe , après avoir traversé la fosse zygomatique. L’opération du trépan ne doit pas être pratiquée au niveau de cette région , à moins que l’on y soit forcé impérieusement: l’épaisseur des parties molles extérieures, est une raison suffisante de ce précepte. On a conseillé aussi de ne pas trépaner en avant, de peur de léser l’artère méningée moyenne, contenue dans son canal osseux; ce qui a été dit, montre la hauteur à laquelle cet accident pourrait arriver; dans un cas urgent, on peut encore trépaner sur ce point, certain que

5 a ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE.

l’hémorrhagie peut être facilement arrêtée, par l’introduction d’un bouchon de liège, dans la térébration ; on a conseillé , pour ménager les fibres convergentes en bas du muscle temporal, de faire, dans l’opération du trépan sur la tempe , une incision extérieure en Y , de manière à obtenir un lambeau triangulaire à base supérieure, qu’on ne manquerait pas de disséquer, de manière à ne laisser adhérer que la pointe; c’est un bon conseil. Des sangsues, des moxas , peuvent être placés de préférence sur cette région , dans les cas de maladies de l’œil ou de ses annexes ; la communication nerveuse et surtout vasculaire que j’ai démontrée entre ces deux points, établit la bonté de ce choix. Il faut éviter de placer les moxas près de l’oreille , pour éviter de blesser le tronc de l’artère temporale , ce qui arriva dans un cas, où il se manifesta une hémorrhagie que je ne pus arrêter, que par la ligature du vaisseau au-dessus et au-dessous de la blessure.

2° REGION DE i/oREILLE.

L’organe de l’ouïe, placé dans la paroi latérale du crâne par sa portion externe , dans la paroi inférieure par l’interne, forme une région à la fois très compliquée et très importante. On la trouve minutieusement décrite, dans les ouvrages d’anatomie spéciale ; aussi convient - il d’y renvoyer pour les détails , nous contentant de rappeler les points les plus importants , et d’en tirer les conclusions pathologiques et opératoires les plus saillantes.

La région auriculaire , constituée par la nature dans un but physiologique, se compose de trois parties : une externe , véritable cornet acoustique ; une autre moyenne, destinée à isoler en dedans une membrane , dont les vibrations , affaiblies ou rendues plus sensibles par un appareil particulier, doivent faire impression sur une toile tensitive , placée dans des cavités anfractueuses, qui constituent la dernière partie.

i° L’oreille externe se compose du pavillon et du conduit auditif ; ce dernier surtout, confine en haut à la tempe, en avant, à la région parotidienne , en arrière et en bas , à la mastoïdienne , dont la sépare le sillon mastoïdo-auriculaire.

Sans parler des enfoncements et des saillies du pavillon , circonstances décrites partout , il est formé par une peau fine, velue dans quelques points, et très folliculeuse , unie par un tissu cellulaire très dense et non graisseux , au cartilage membraneux, qui forme le squelette de cette partie , et présente des incisures, remplies par du tissu fibreux. Les muscles intrinsèques du pavillon, sont tellement rudimentaires dans l’homme, que leur importance y devient nulle, surtout en anatomie topographique.

Le conduit auditif, long de dix à douze lignes , dirigé en dedans et en avant , courbé de manière que son axe est convexe en haut , plus large à ses extrémités qu’au milieu , plus étendu suivant son diamètre perpendiculaire , que suivant le transverse, commence au fond de la conque, et se termine brusquement en dedans par une cloison, qui le sé-

pare de la caisse du tympan ; cloison triplement formée., par la peau en dehors , la muqueuse tympanique en dedans , et au milieu par la membrane du tympan , sur laquelle le manche d u marteau est appliqué en arrière , représentant un de ses rayons supérieurs. Cette cloison est oblique en bas et en dedans , de manière à augmenter l'étendue en longueur , de la paroi inférieure du conduit auditif; ce n'est que par suite d'une lésion accidentelle, qu’on la trouve percée d’une ouverture, qui fait communiquer le conduit auditif et la caisse1. Ce conduit est formé par une base osseuse dans sa moitié interne , cartilagineuse et membraneuse dans sa moitié externe ; il est cartilagineux et plus résistant en avant et en bas , membraneux et faible en haut et en arrière; son cartilage est continu au tragus, et présente deux ou trois incisures, dites deSantorini, remplies par du tissu ligamenteux. La membrane supérieure et postérieure , est fibreuse et réunit les deux bords du cartilage ; un prolongement de

1 Ce qui ne veut pas dire, que la membrane du tympan, proprement dite , ne présente pas une ouverture, comme le prétendent RivinusetSarpa. J’ai constatéqu’elle existe constamment en haut, formée par la circonférence de la membrane et le cadre qui l’enchâsse ; elle livre passage au tendon du muscle externe du marteau. Ce fait anatomique est généralement mal compris, parce que l’on a a confondu ces expressions : membrane du tympan et cloison du fond du conduit auditif. /Vu reste, évidemment cette ouverture ne fait pas communiquer le conduit auditif et la caisse.

la peau de la conque tapisse tout le conduit , en formant un cul-de-sac sur la membrane du tympan : cette peau , est fine et très folliculeuse en dehors , un tissu cellulaire fort dense l’unit au squelette, et contient en haut, près du fond du conduit, le muscle externe du marteau.

Les vaisseaux et nerfs de l’oreille externe, sont capillaires , ils n’ont par conséquent qu’une médiocre importance; disons seulement que les uns sont antérieurs, et les autres postérieurs. Les artères antérieures sont fournies par la temporale , les postérieures , par l’auriculaire postérieure ; les veines sont satellites de celles-ci ; les lymphatiques antérieures , se portent dans les ganglions parotidiens , les postérieures , dans les mastoïdiens ; les nerfs antérieurs , sont fournis par le filet temporal superficiel du maxillaire inférieur et l’auriculaire du plexus cervical ; les postérieurs par le mastoïdien du même plexus et l’auriculaire du facial.

2,0 L’oreille moyenne , ou la caisse du tympan , placée entre le conduit auditif et l’oreille interne , est séparée du premier, par la cloison triple dont il a été question déjà , et de la seconde, par une paroi osseuse, sur laquelle on trouve : la fenêtre ovale, le promontoire , la fenêtre ronde et son canal , si bien décrit par M. Ribes , qui a prouvé que la membrane de la fenêtre ronde dont parlent les auteurs, placée dans la rampe tympanique, plus haut qu’ils ne le disent, laisse à découvert du côté de la caisse, la fin de la cloison spirale du limaçon, dans un point où celle-ci inclinée en bas , forme la

paroi inférieure du vestibule 1 ; en haut, l’oreille moyenne répond à la région de la base du crâne , et reçoit, par une fêlure, des filets artériels de la dure-mêre ; en bas , elle présente aussi des ouvertures nerveuses et vasculaires ; en arrière, elle correspond aux cellules de la région mastoïdienne , qui y présentent leur ouverture commune , placée audessus de l’aquéduc de Faliope , de la pyramide, et d’un trou, duquel sort la corde du tympan; en avant, la caisse est continue, avec le pharynx, par le conduit guttur o-ty mpa n i que , évasé à ses deux extrémités , osseux du coté de la caisse, cartilagino-membraneux en dedans, et dont la direction est oblique en avant, en dedans et en bas , du tympan vers le pharynx , dont elle fait communiquer les muqueuses ; audessus de ce conduit, existe une gouttière, que traverse le muscle interne du marteau , et la fêlure de G1 azer qui transmet au-dehors , la corde du tympan et le tendon du muscle antérieur du marteau. Ajoutons, enfin, que l’oreille moyenne est traversée , de dehors en dedans , par un chaîne , formée de quatre osselets, le marteau, Fenclume, l’osselet lenticulaire et l’étrier , chaîne qui réunit la membrane du tympan et la fenêtre ovale ; qu’elle est

Il suit de ces recherches curieuses, que la cavité du vestibule peut recevoir les vibrations de la membrane du tympan , par la fenêtre ronde et son canal; cette disposition montre aussi , que la partie membraneuse de la cloison limacienuc, peut être directement mise en vibration , par les oscillations de la membrane du tympan.

DE LA RÉGION AURICULAIRE. 5y

parcourue, d’arrière en avant, par le filet, supérieur du nerf vidien , qui est accolé au marteau, et à la membrane du tympan , dans sa moitié supérieure ; et qu’enfin elle est revêtue par une membrane fibro-muqueuse très fine, continue avec celle de la gorge et des cellules mastoïdiennes.

3° L’oreille interne est placée entre la moyenne et le conduit auditif interne ; elle se compose du vestibule, du limaçon, et des canaux demi-circulaires : le vestibule , outre les pertuis , par lesquels il communique avec le conduit auditif interne, présente : l’ouverture de la fenêtre ovale , celle de la rampe vestibulaire du limaçon , les cinq qui terminent les canaux demi-circulaires, et celle de Y aqueduc du vestibule : c’est une cavité moyenne , dont la paroi inférieure en avant et en dehors, suivant la remarque de M. Ribes, est formée par un prolongement osséo -membraneux de la cloison du limaçon , prolongement que l’on voit au fond du canal de la fenêtre ronde. Le limaçon placé en avant , et disposé de manière à mesurer , par son axe horizontalement dirigé, la distance qui sépare le fond du conduit auditif, du canal carotidien, est composé de deux rampes , qui communiquent entre elles supérieurement ; l’une , dite tjmpanique , aboutit au canal de la fenêtre ronde, dont la sépare une membrane analogue au tympan , membrane près de laquelle commence l’aqueduc du limaçon ; l’autre , dite vestibulaire , plus courte , s’ouvre dans le vestibule ; elles sont séparées l’une de l’autre par une cloison , osséo-fîbreuse à la base

et seulement membraneuse au sommet. Au reste T cette cloison décrit deux tours et demi de spirale autour de l’axe , près duquel elle est osseuse ; et cet, axe lui-même, est creusé d’une cavité dilatée en infundibulum en dehors. Les trois canaux demi-circulaires , placés en arrière , s’ouvrent dans le vestibule par cinq ouvertures , une seule est commune aux deux canaux verticaux * l’ouverture antérieure du canal horizontal et les ouvertures isolées des conduits verticaux , sont dilatées. Toute l’oreille interne est tapissée par un périoste très fin et très vasculaire ; le vestibule spécialement renferme deux petits sacs : l’un , sphérique, isolé , l’autre , plus considérable , commun , reçoit les extrémités de tubes , placés dans les canaux demicirculaires, et dilatés en ampoules dans les lieux, où est dilaté le squelette de ceux-ci. La membrane du vestibule pénètre de la même manière le limaçon. Toutes ces cavités contiennent des épanouissements nerveux, flottants dans le liquide de Cotugno, et entourés de quelques bulles d’air , comme l’a démontré M. Ribes y disposition du reste, très capable de permettre les vibrations des membranes de l’oreille interne , sans lésion de la pulpe nerveuse. L’oreille interne est liée , par sa circulation , au cerveau , l’artère principale qui lui appartient, est fournie par la basilaire.

Développement. — • Le développement de la région auriculaire, s’exprime par des changements nombreux dans ses différentes portions : d’abord, point d’oreille externe, le tympan dirigé en bas, esta

fleur de tête, comme dans une foule d’animaux; plus tard le pavillon paraît, mais est tout-à-fait aplati ; c’est apres deux mois seulement, que l’on commence à distinguer ses dépressions et ses saillies, si développées dans l’âge adulte. Pins tard le conduit auditif très court, est tout-à-fait membraneux et le tympan très oblique ; bientôt ce dernier se relève, et la partie osseuse du conduit, commence par le cadre du tympan. Ce n’est, à proprement parler, qu’après la naissance, que la partie osseuse du conduit auditif s’étend un peu ; à vingt-cinq ans , elle égale la partie membrano-cartilagineuse , et la dépasse ensuite en longueur.

L’oreille moyenne est très petite dans les premiers temps, elle ne se prolonge pas dans la région mastoïdienne ; le conduit guttural est entièrement membrano - cartilagineux. Après l’époque de la naissance , la partie osseuse s’étend aux dépens de la première, mais ne se trouve jamais en équilibre avec elle ; les osselets sont formés au troisième mois; un peu avant, l’ossification de la caisse a commencé autour de la fenêtre ronde, qui d’abord regarde en dehors , puis est dirigée en arrière, lors de la formation du promontoire, et de nouveau se dirige en dehors, après le développement de l’apophyse mastoïde ; disons aussi que toute cette partie jusqu’à la naissance, est remplie d’un mucus blanchâtre.

L’oreille interne est d’abord membraneuse seulement, puis cartilagineuse avant trois mois , époque vers laquelle l’état osseux commence ; au

reste, toute l’oreille se soumet à eette loi générale de développement, que les parties protectrices paraissent, apres celles qui doivent être protégées.

Déductions pathologiques et opératoires. • — L’oreille est sujette à un certain nombre de vices de développement, tels que l’aplatissement du pavillon , ou la saillie très considérable de quelquesunes de ses éminences, l’absence du lobule ou son adhérence avec la peau, la brièveté, l’étroitesse et l’oblitération du conduit auditif. La membrane du tympan est très oblique et dirigée en bas , dans les monstres privés de la face ; j’ai vu deux conduits auditifs externes y aboutir. Les osselets sont quelquefois tout-à-fait semblables à ceux des animaux ; le labyrinthe reste en partie membraneux , ou il est formé d’une seule cavité. Chez un individu sourd de naissance, j’ai trouvé le nerf optique atrophié et réduit à un simple filament cellulaire , une concrétion ossiforme existait dans le labyrinthe.

Les anciens regardaient comme très graves les lésions du pavillon , prévenus de la fausse idée que son cartilage est doué d’une vive sensibillité ; on a parlé de ses fractures ; l’élasticité dont il jouit, montre qu’on a pris pour telles , de simples plaies par instruments tranchants ; les petites loupes enkistées, qui existent ici très communément, sont presque toujours des follicules développés d’une manière morbide ; l’inflammation de Foreille externe est douloureuse, en raison directe de l’adhérence de la peau aux parties sous-jacentes; aussi présente- t-elle surtout ce caractère , lorsqu’elle affecte la peau du

conduit auditif. L’ablation du pavillon , dans une plaie de la tête, gêne l’audition , pourtant elle n’est pas rendue impossible ; mais de ce que l’on s’habitue à entendre sans son secours , il ne faut pas en conclure, avec quelques personnes, qu’il est inutile. On perce le lobule pour y suspendre des anneaux , opération qui ne saurait être ni douloureuse , ni suivie d’accidents , les nerfs et les vaisseaux qui se rendent à cette partie, sont trop peu nombreux et trop petits.

La courbure du conduit auditif, explique la nécessité où l’on est pour l’explorer, de tirer en haut le pavillon : on efface ainsi cette flexion , qui est entièrement étrangère à la portion osseuse. Les instruments que l’on insinue dans le conduit auditif, pour l’extraction des corps étrangers , s’ils n’ont, qu’une seule branche, doivent être conduits sur la paroi inférieure, parce que sa longueur prépondérante , permet de les enfoncer plus profondément , avant d’atteindre ses limites internes ; s’ils ont deux branches , l’une doit être inférieurement, et l’autre supérieurement placée; le diamètre vertical du conduit étant plus étendu que le transverse , le corps étranger, moins pressé dans le premier sens , laisse plus d’accès aux instruments, qui doivent le dépasser en dedans pour l’embrasser. Au reste , ces corps étrangers déterminent l’inflammation , la suppuration du conduit, quelquefois la destruction de la cloison tympano-auriculaire , l’inflammation de la caisse et par continuité vasculaire, celle des membranes cérébrales, comme Sabatier en

rapporte un cas remarquable. Le pus qui sort sonvent du conduit auditif , peut être fourni par sa membrane propre , il peut venir de la caisse, où de la région mastoïdienne ; la structure membraneuse du conduit auditif en arrière, explique cette terminaison des abcès mastoïdiens ; ceux de la région parotidienne y fusent aussi quelquefois, en détruisant le tissu fibreux des incisures de Santorini. La peau très fine et presque muqueuse du conduit auditif, donne souvent naissance à de véritables polypes ; souvent néanmoins, comme je Fai vu, les polypes qui se trouvent dans ce lieu, viennent de la caisse du tympan.

La cloison tympano-auriculaire , est quelquefois percée par un bruit violent , comme il est trèsfréquent de le voir chez les canonniers : cette perforation, ainsique l’a reconnu M. Ribes, peut encore être produite par la pression de la matière cérumineuse endurcie et aussi, par celle du manche du marteau. Au reste, onia détermine artificiellement , pour permettre l’introduction de l’air dans la caisse du tympan , lorsqu’il n’v a plus accès, comme lors de l’oblitération de la trompe d’Eustache. Dans cette opération substituée, par M. Astlej Cooper , à la perforation de l’apophyse mastoïde , qui me paraît plus rationnelle , comme je le montrerai , c’est la partie inférieure du tympan que l’on doit intéresser , pour éviter à la fois , le manche du marteau et la corde du tympan , qui sont supérieurement placés. L’obliquité de la cloison tympanique, implique la nécessité, quand on veut la percer, d’em-

ployer un trois quarts , dont la canule soit taillée en bec de flûte à son extrémité. Dans les coups violemment portés sur la tête, le sang- qui se répand dans la caisse et fuse par la trompe d’Eustache, ou le conduit auditif, apres avoir rompu le tympan, a sa source, suivant Béclard, dans la rupture des vaisseaux émissaires qui , de la dure-mêre, passent dans la caisse , par lespertuis supérieurs. La continuité muqueuse de la gorge et de l’oreille moyenne , explique l’oblitération de la trompe d’Eustache, et les lésions de Tome, dans les affections gutturales prolongées. Plus tard, il sera question du cathétérisme de ce conduit. Les vives douleurs de l’otite interne, s’expliquent facilement par la résistance des parois de la caisse , qui s’opposent à la tuméfaction inflammatoire, et par la compression qui en résulte. Les bourdonnements et les autres lésions de l’oreille interne, si souvent liés aux maladies cérébrales, s’expliquent facilement dans leur formation , par la liaison circulatoire, qui a été signalée entre le cerveau et cette région. Cette portion importante de l’oreille, est sans doute souvent affectée , mais nous sommes si peu avancés sur ce point , que l’anatomie n’a encore pu, jusqu’à ce jour, donner aucunes explications un peu positives , de la plupart des especes de surdité qui y ont leur cause.

3° REGION MASTOÏDIENNE.

Portion postérieure de la paroi latérale du crâne, la région mastoïdienne a des limites bien précises : le sillon mastoïdo-auriculaire en avant ; en arriére

6/j. ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE.

et en haut , la ligne courbe suivant laquelle cessent les cheveux ; en bas la pointe de l’apophyse mastoïde : elle a beaucoup d’épaisseur, peu d’étendue , elle est néanmoins très simple et importante à connaître.

La région mastoïdienne offre deux faces , comme toutes celles qui concourent à former les parois du crâne , ou d’une cavité quelconque. L’une est cutanée , convexe et glabre ; l’autre , séreuse , lisse , humide , et se continue avec la partie latérale de la tente du cervelet, se prolongeant à la fois au-dessus et au-dessous d’elle.

Structure. — i° Eléments. — Cette région emprunte sa résistance d’une base osseuse , que forment la partie mastoïdienne du temporal , l’angle inférieur postérieur du pariétal , et un peu l’occipital , unis par les sutures mastoïdienne et écailleuse. Rappelons le trou mast' ïdien , la portion de gouttière latérale qui s’y trouvent, ainsi que les cellules mastoïdiennes , qui occupent l’intérieur, communiquent avec le tympan , et sont tapissées par sa membrane ; les périostes externe et, interne sont remarquables : l’externe est dense et fort adhérent, en raison des nombreuses insertions musculaires qu’il reçoit ; l’interne, dure-mere , contient le sinus latéral, à la base du repli auquel il donne naissance. Le petit muscle auriculaire postérieur, souvent multiple, et le ligament de ce nom, appartiennent à cette région, avec quelques fibres du muscle occipital, du sterno-mastoïdien , du splénius et du petit complexus qui s’y terminent. La peau et le feuillet parié-

ta! de l’arachnoïde , ne présentent rien de particulier; le tissu cellulaire est peu abondant, à peine graisseux en dehors , très dense , surtout en dedans des os.

Les artères mastoïdiennes viennent toutes, de [auriculaire postérieure et de l'occipitale, dont les troncs sont placés sur les limites de la région ; la dernière envoie, à travers le trou mastoïdien , une branche méningée. A l’exception de la grosse veine émissaire mastoïdienne , toutes les autres veines suivent le trajet des artères ; la première se porte dans le sinus latéral ; des ganglions lymphatiques occupent le sillon mastoïdo-auriculaire , ils reçoivent les vaisseaux lymphatiques de la région , et aussi, comme on l’a vu, plusieurs du cuir chevelu ; d’autres vaisseaux du même ordre suivent le trajet de l’artère occipitale.

Les nerfs viennent du plexus cervical superficiel , et sont spécialement fournis par ses filets mastoïdien et auriculaire ; le facial en donne aussi qui s’anastomosent avec eux. Semblables aux vaisseaux , les uns sont antérieurs, les filets auriculaires , du plexus cervical et du facial ; les autres sont postérieurs , ceux qui viennent du rameau mastoïdien du plexus cervical.

2° Rapports . — La peau forme la première couche; elle est unie intimement aux parties profondes, par un tissu cellulaire , sous-cutané , à peine adipeux ; plus profondément , on trouve les muscles auriculaire postérieur, occipital , les attaches du sterno-mastoïdien , celles du splénius au-dessous

de lui, et enfin celles du petit complexus, sons ce

dernier.

En dedans du muscle auriculaire , apparaissent les vaisseaux et nerfs antérieurs , dans le sillon mastoïdo-auriculaire ; tout-à-fait en arrière de la région , les vaisseaux et nerfs sont sous - cutanés.

Le périoste externe , et les os viennent ensuite ; si on les enfonce , on pénètre : i° en Las , dans les cellules mastoïdiennes , et après les avoir traversées et percé leur paroi interne , sur la dure-mère et le feuillet pariétal de l’arachnoïde ; 2° au milieu de la hauteur de la région, on tombe sur la tente du cervelet , et le sinus latéral.

Développement. — La région mastoïdienne offre, chez l’adulte, une résistance très grande; mais chez le fœtus , il n’en est pas de même : les os qui la forment, sont séparés par un intervalle membraneux, qui persiste quelques mois apres la naissance ; c’est la fontanelle postérieure et latérale. L’absence de l’apophyse mastoïde, dans les premiers temps, rend cette région beaucoup moins étendue , proportionnellement que chez l’adulte ; les cellules mastoïdiennes, d’abord, n’existaient pas ; chez le vieillard, au contraire, elles remplissent tout le squelette de cette région , et même ne se bornent pas seulement au temporal.

f ariétcs . — Un de mes amis , M. Bernard, médecin distingué de Toulouse, m’a montré un enfant, qui présentait de chaque côté , dans cette région , un conduit auditif accidentel, en communication

avec le conduit régulier. Je n’ai trouvé aucun fait analogue dans les auteurs.

Déductions pathologiques et opératoires. — On conçoit que des hernies encéphaliques , cérébrales ou cérébelleuses , pourraient se faire par la fontanelle de cette région ; mais ce n’est pas ici le lieu d’élection de ces hernies. Les plaies antérieures ou postérieures, pourraient être accompagnées d’hémorragie , c’est en effet en avant et en arriére, que se trouvent les troncs vasculaires de la région ; les os sont quelquefois fracturés avec enfoncement vers le tympan seulement, ce qui, de prime-abord, pourrait, être facilement pris, pour une lésion plus grave. La carie, la nécrose ou les exostoses de l’apophyse mastoïde, ne sont pas rares dans les affection syphilitiques. Les abcès de cette région, abcès presque toujours le résultat d’une altération de son squelette, ne dénotent souvent que très tard leur existence , après avoir fusé, comme il a déjà été dit, dans le conduit auditif. Les tumeurs que l’on trouve dans le sillon mastoïdo-auriculaire, peuvent être symptomatiquement produites, par les maladies de la région occipito-frontale ; ce sont des engorgements de ganglions lymphatiques. La peau de ce sillon , est très sujette à des ulcérations scrophuleuses, chez les jeunes enfants; la veine émissaire mastoïdienne, explique la bonté du précepte donné généralement , d’appliquer des sangsues sur cette région , dans les affections cérébrales. On a proposé 1 d’ouvrir ici un

1 tasser, chirurgien prussien , en 179t.

conduit artificiel , sur les cellules mastoïdiennes , dans divers buts, surtout pour permettre l’accès de Fair dans la caisse du tympan , accès qui peut être empêché, par l’oblitération delà trompe d’Eustache. Cette opération , comme on le voit, n’est praticable que chez l’adulte, puisque c’est seulement à cet âge que les cellules mastoïdiennes existent* elle met l’individu , presque dans le cas. de celui qui portoit dans la région mastoïdienne , un conduit auditif accessoire. Tout concourt à faire regarder cette opération comme rationnelle : la facilité de la faire , le peu de parties que l’on intéresse, si l’on s’éloigne du sillon mastoïdo-auriculaire , où sont des vaisseaux et des nerfs , la liberté avec laquelle Fair doit pénétrer par ce conduit , qui peut être regardé comme une trompe d’Eustache artificielle, et l’intégrité dans laquelle on maintient la membrane du tympan. Cette dernière circonstance , doit peut-être la faire préférer, à la perforation proposée par M. Cooper. L’accident funeste arrivé à J» Just, médecin du roi de Danemarck , qui mourut d’un érysipèle , à la suite de cette térébration, que lui pratiqua le professeur Kœlpin , de Copenhague , ne saurait la faire proscrire; quelle est, en effet l’opération , quelque légère quelle soit, qui ne puisse déterminer des accidents graves? La phlébotomie, l’incision la plus simple des parties molles, n’ont-t-elles pas eu quelquefois ces inconvénients? Personne, cependant, ne s’est avisé de les proscrire.

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