‹ Traité d'anatomie topographique, ou anatomie des régions du corps humain, considérée spécialement dans ses rapports avec la chirurgie, et la médecine opératoireChapitre 23 sur 102 · DE LA FACE. 'JC · texte numérisé non relu

DE LA FACE. 'JC

présenté par les mâchoires ; les muscles n’adhèrent aux os pour la plupart, que par une extrémité. De nombreuses artères lui sont fournies, surtout par les maxillaires externes et internes ; des veines leur correspondent assez exactement. Ces différents vaisseaux ont entre eux , et avec ceux du crâne, de fréquentes anastomoses. Deux nerfs se partagent principalement la face : le facial, pour les mouvements respiratoires et l’expression ; le trifacial , pour la sensibilité générale et la motilité digestive. Le tissu cellulaire est dense sur la ligne médiane; il est plus abondant et plus lâche sur les côtés. La peau se fait remarquer par son épaisseur, sa vascularité, ses nombreux follicules, et ses poils; elle se continue avec le système muqueux , sur les ouvertures palpébrales, nasales, et buccale.

Développement. — La face se forme très promptement chez l’embryon : au premier abord, elle paraît faire exception, à la loi générale de développement du tronc , par deux pièces latérales* 1 ; mais ,

priori , MM. Meckel , Geoffroy St. -Hilaire , etc. , considèrent la face comme formée d’un certain nombre de vertèbres qui , suivant ces anatomistes célèbres, feraient partie d’un rachis antérieur, dont l’hyoïde, le sternum, etc., seraient des traces dans d’autres points. Cette idée, belle en elle-même, ne saurait être d’aucune application, dans un ouvrage de la nature de celui-ci.

1 Les faits rapportés isolément par les auteurs, sur le développement delà bouche, des narines, feraient croire, en effet, que la face se forme par trois pièces , une médiane, deux latérales.

si Fou y fait bien attention, on ne tarde pas à voir qu’il n’en est rien, comme les faits particuliers le montreront. Son existence est liée à celle des organes des sens et des nerfs qui leur appartiennent.

Pendant l’enfance, le volume absolu delà face est très médiocre : son volume , comparé à celui du crâne, est dans le même cas, ce que l’on peut au reste inférer du grand développement de celui-ci , d’après ce qui a été dit de l’opposition de ces deux parties de la tête. La ligne faciale alors est verticale , l’angle qu’elle forme avec l’horizon est droit, et donne un caractère particulier à toute la tête.

Plus tard, la face prend un accroissement très grand , an moment de la formation des premières dents, le crâne restant presque stationnaire, la proéminence de la face commence à se faire remarquer, la ligne faciale s’incline, et son angle devient de plus en plus aigu. Cette disposition est à son summum , vers l’âge de vingt-cinq à trente ans, époque où les dents de sagesse , par leur formation , donnent encore à la face un développement plus considérable, en rejetant en avant les mâchoires. Chez le vieillard, la face s’incline encore davantage, et l’angle facial devient aussi plus aigu ; toutefois cela ne tient plus à l’accroissement réel de son volume, mais bien, d’une part, à l’affaissement du crâne, et de l’autre, à la torsion de la face elle-même en

avant, torsion imprimée par les os maxillaires, qui perdent en même-temps de leur étendue en hauteur. Ce racourcissement de la face , qui lui est communiqué par son squelette , a encore pour effet, un re-

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