‹ Traité d'anatomie topographique, ou anatomie des régions du corps humain, considérée spécialement dans ses rapports avec la chirurgie, et la médecine opératoireChapitre 25 sur 102 · DE LA FACE · texte numérisé non relu

DE LA FACE

Usages. — Outre ses usages de protéger les organes des sens, la face exécute des mouvements variés, qui lui impriment une foule de modifications , et se passent exclusivement dans sa partie inférieure * 1 • tandis que la supérieure , immobile , sert de point d’appui , et communique au crâne , avec lequel elle est unie , le choc qui lui est transmis.

Déductions pathologiques et opératoires . — * La face peut manquer tout-à-fait , aprosopie : Lecat , Curtius et Béclard en ont rapporté des exemples. Toutefois, ce vice de conformation , dans lequel les oreilles sont inclinées en bas et rapprochées l’une de l’autre , n’est presque jamais poussé au point , qu’on ne trouve sur les côtés , quelques rudiments imparfaits de la face. Souvent les parties médianes manquant , les latérales existent confondues ; enfin , d’autrefois , on observe des scissions plus ou moins médianes , par arrêt évident de développement.

La face se compose de trois groupes bien distincts : les narines , la bouche et les orbites ; on y fait entrer aussi la fosse zygomatique, petite région enclavée entre le crâne et la face.

donnent seulement le développement proportionnel du crâne et de la face, excepté celui de Cuvier, qui a été cité.

1 Naturellement la partie supérieure de la face de l’homme ne se meut pas sur l’inférieure , comme dans les serpents venimeux; néanmoins on observe chez lui, ce mouvement anormal , lorsque la mâchoire inférieure est invinciblement arrêtée par un obstacle; alors la partie supérieure de la face suit simplement le crâne, qui est renversé en arrière sur Sa colonne vertébrale.

PARAGRAPHE PREMIER

Narines.

Les narines sont des cavités anfractueuses , destinées à recevoir les impressions olfactives. Elles occupent la partie supérieure du canal aérien , dont elles peuvent être regardées comme une modification. Leurs limites sont très précises ; elles sont placées entre la base du crâne et la bouche , ayant, en dehors , les régions des joues , des orbites et le sommet de la fosse zygomatique, qu’elles bornent à leur tour ; elles s’ouvrent à l’extérieur , en avant; dans le pharynx en arrière.

Les narines sont semblables , à peu de chose près ; elles sont formées d’une portion saillante à la face , le nez , et d’une autre profonde, les fosses nasales; de là deux régions : l’une, olfactive externe y Fautre , olfactive interne ; mais tout le monde aperçoit que, sous le rapport de la surface interne, de la structure, du développement, des usages, etc., ces deux régions ont beaucoup d’analogie ; il convient donc, de faire d’abord une description générale des narines, qu’elles constituent par leur ensemble; nous les examinerons ensuite à part : cette marche, plus philosophique , nous fera éviter une foule de répétitions ennuyeuses.

La surface des narines est très étendue, ce qu’elles doivent aux saillies osseuses , plus ou moins contournées, surlesquell es se dépl oie leur membrane in-

DBS NARINES.

terne *, et aussi aux prolongements ou sinus, qu’elles envoient dans les régions surcilière, de la base du crâne, des joues, prolongements qui ne doivent point nous occuper ici. La première disposition , en même temps qu’elle augmente l’étendue de la surface des narines , rétrécit singulièrement leur cavité dans les points correspondants; c’est surtout en bas et en avant que celle-ci offre le plus d’ampleur.

Structure. — Les parois des narines sont formées par un squelette d’une solidité variable , en dedans duquel on trouve partout : une membrane fibromuqueuse, dite pituitaire , continue antérieurement avec la peau, et en arrière avec les muqueuses gutturale et tympanique, avec cette dernière spécialement, par le moyen de la trompe d’Eustache. Cette couche générale , reçoit des artères de différentes sources : quelques-unes viennent en avant delà faciale; d’autres y arrivent de l’orbite, les ethmoïdales ; les dernières , de la région zygomatique , les sphéno-pala tine , ptéry go-palatine, et quelques minuscules de la palatine postérieure. Les veines suivent généralement le trajet des artères, à l’exception de la petite veine émissaire du trou fronto-ethmoidal ,, qui se rend à l’origine du sinus longitudinal supérieur, et aussi à l’exception de quelques autres, qui traversent

1 Ces saillies ou cornets sont contournés, en raison directe du développement de la faculté olfactive. Le chien est, de tous les animaux, celui qui est le plus remarquable sous ce rapport.

le sphénoïde, pour déboucher dans les sinus caverneux, transverse et coronaire. Ainsi, sous le rapport des veines et sous celui des artères, parles ethmoïdales surtout^ le cerveau et ses membranes se trouvent liés aux narines. Les vaisseaux lymphatiques ne sont guère connus qu'antérieurement. Les nerfs communs aux deux parties de la région qui nous occupe, viennent seulement de deux sources: l’olfactif et la cinquième paire ; cette dernière y envoie des divisions de ses filets , sphéno-palatin 1 , palatins postérieurs , frontal interne et sous-orbitaire.

Développement. * — Les narines se développent par plusieurs pièces , dont la réunion a lieu sur la ligne médiane : deux pièces latérales ,. formées de points secondaires, comprennent les cloisons orbitonasales,deux autres moyennes2, la cloison médiane» Çes parties, d’abord bien distinctes, se réunissent ensuite ; les latérales , sont plus précoces dans leur apparition que les dernières. Ce développement régulier est subordonné à celui du nerf olfactif; si

1 Le ganglion de Meckcl , qui fournit ce nerf et les palatins postérieurs, peut être considéré comme un simple renflement du maxillaire supérieur de la cinquième paire.

2 (jette formation de la cloison des narines par deux points , est loin d’être admise par les auteurs ; je l’ai vérifiée sur plusieurs fœtus, pour le voilier en particulier , os qui , chez l’adulte , est encore formé de deux lames, qui naissent isolément chez l’emhryon. Ainsi le développement des narines ne fait pas exception , au développement général du tronc, comme il paraissait au premier abord.

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