PARAGRAPHE TROISIEME
Des oi'bitcs .
Les orbites sont des cavités osseuses, creusées dans la partie supérieure et latérale de la face , et auxquelles concourt la base du crâne ; elles sont destinées à protéger tout l’appareil de la vision , qui
lions, le simple séjour de mucosités dans les lacunes tonsillaires.
DES ORBITES. I 3g
forme une région , non-seulement distincte par des limites extérieures très précises , mais encore établies par la nature, pour un but physiologique très important ; aussi l’anatomie de ce point , constitué en région , est-elle étudiée depuis long-temps ; néanmoins , nous y trouverons encore à faire d’importantes remarques.
Le groupe orbitaire se compose de deux ordres d’organes : les uns , placés au-devant de lui, sur sa base ; les autres , occupant sa propre cavité ; de là, deux régions , l’une , orbitaire externe, l’autre , orbitaire interne. La première est surtout composée par les tutamina oculi de Haller ; la seconde , par le globe de l’œil et ses organes moteurs. L’une et l’autre sont liées d’une manière étroite au cerveau, par leur système vasculaire, et séparées parla seule région olfactive.
* Développement. — Cette partie de la face , est une des premières qui se dessine dans l’embryon ; sa portion interne se forme d’abord , et plus tard seulement l’externe.
Déductions pathologiques et opératoires. — Le développement régulier des groupes orbitaires , est subordonné à la formation de la région médiane qui les sépare; aussi, lorsque celle-ci ne s’est point établie , les deux orbites sont confondus sur la ligne médiane; vice de conformation qui, sans doute , a donné naissance à la fable des cy~ clopes , dont il retient le nom. Cette confusion médiane offre une foule de degrés : le moins avancé est celui qui est caractérisé par l’existence,
dans un orbite unique très large , de toutes les parties qui , dans l’état normal , seraient placées à la fois à droite et à gauche. Dans d’autres cas , il y a un seul œil dans un seul orbite ; mais il offre toujours la trace de la fusion de deux en un seul. Tenon et Thomas Bartholin ont rapporté chacun un cas de réunion des orbites et d’absence des yeux.
La liaison vasculaire de la portion orbitaire d@la face avec le cerveau , rend compte de sa rougeur et de plusieurs autres symptômes dans les affections cérébrales ; elle explique encore réciproquement , les lésions du cerveau ou de ses fonctions., dans les maladies orb itaires .
î° Région orbitaire externe.
Séparée , en dedans , de la région nasale par le sillon naso-palpébral , et bornée dans le reste de son contour , par la base de l’orbite facile à sentir en déprimant les parties molles , la région orbitaire externe se compose elle-même, de deux petites régions secondaires , le sourcil et les paupières.
i° Le sourcil. Cette petite région paire , velue , appuyée sur l’arcade orbitaire, arquée et convexe en haut , a des limites que tracent les poils par le lieu où ils cessent. Souvent les deux sourcils sont confondus par l’extrémité interne , tête : l’externe s’avance jusqu’à la tempe , c’est la queue du sourcil.
Structure. — i 0 Eléments . — L’arcade surcilièredu frontal forme le squelette de cette région , à laquelle, par conséquent , répondent les sinus frontaux , ca-
DE LA RÉGION ORBITAIRE EXTERNE. I \l
vités tapissées par unepartie de membrane pituitaire, qui reçoit ses vaisseaux de l’extérieur de cette région. Le muscle sourcilier est le seul intrinsèque , le facial et l’orbiculaire des paupières sont extrinsèques ,1’un élévateur, l’autre abaisseur; la peau est hérissée de poils de la couleur des cheveux, implantés perpendiculairement en dedans , et obliquement dans tous les autres points ; peu de graisse et de tissu adipeux s’y rencontrent. Les nerfs sont principalement des rameaux des frontal externe , interne, et du facial ; les troncs des deux premiers traversent le sourcil. La plupart des artères sont fournies par l’ophtalmique, et presque aucune par la temporale. Les veines et les lymphatiques n’ont rien de spécial.
2° Rapports . — Lapeau , première couche du sourcil, est plus adhérente en haut qu’en bas, elle l’est surtout en dehors, parce qu’ellereçoit l’insertion des
fibres du muscle sourcilier. La couche sous-cutanée
est dense et un peu graisseuse en haut , elle recouvre un premier plan musculaire , résultant de l’union du frontal et de l’orbiculaire, plan que traversent obliquement en dehors les fibres du muscle sourcilier, pour arriver à la peau. Au-dessous, on aperçoit ce dernier muscle qui appuie sur les troncs nerveux et vasculaire de la région placés à l’union de son tiers interne , avec ses deux tiers externes; disons pourtant , que souvent le nerf frontal externe , est reporté beaucoup plus en dehors ; enfin, en dernière analyse , on arrive , sur l’arcade orbitaire et les sinus frontaux.
Développement . — xAvant six mois de vie intra-
I ,/j 2 ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE.
utérine , les sourcils sont dépourvus de poils ; ils restent très peu saillants pendant le jeune âge, à cause du peu de développement des sinus fronta ux ; chez l’adulte, et surtout chez le vieillard , ils s’élèvent considérablement au-dessus de l’orbite, pour une raison inverse.
Déductions pathologiques et opératoires. — - Les plaies du sourcil peuvent avoir une gravité, que l’on a de tout temps reconnu e ; elles ont quelquefois produit la mort , d’autres fois l’amaurose ; les fractures par contre-coup de la base du crâne qui les compliquent souvent, expliquent le premier accident ; on a long-temps attribué le second, à la lésion du nerf sus-orbitaire ; explication qui a ensuite été rejetée; mais qui cependant est d’autant mieux admissible, que tout récemment, M. Magendie a démontré que la cinquième paire des nerfs crâniens, exerce sur la vision une influence bien remarquable. Certaines fractures de l’arcade surcilière, avec enfoncement de la paroi antérieure des sinus frontaux , ont à tort été prises quelquefois pour des lésions de toute l’épaisseur de la boîte crânienne, avec dépression des fragments vers le cerveau; leurs conséquences les plus fâcheuses sont des fistules aériennes des sinus. Des loupes contenant des poils ne sont pas rares dans cette région; ce sont des follicules développés d’une manière morbide. On pourrait être appelé dans les névralgies frontales, à faire ici la section du nerf sus-orbitaire ; on le trouve facilement à sa sortie du trou sus-orbitaire, en faisant au-dessous du sourcil, une incision courbe à concavité infé-