DE LA FOSSE ZYGOMATIQUE
2° Rapports. — L’arcade zygomatique enlevée , ainsi que l’extrémité inférieure du muscle temporal qui forme le premier plan , on découvre la face externe du muscle ptérygoïdien externe , sur laquelle se trouvent appliqués les vaisseaux temporaux profonds et le nerf massétérin ; les deux nerfs temporaux paraissent dans ce plan, seulement au moment où ils se dégagent entre les os et le muscle ptérygoïdien ; si l’on coupe la moitié de ce muscle, on pénètre dans l’intervalle de ses deux faisceaux où se trouvent réunis le nerf et les vaisseaux buccaux, et une portion de l’artère maxillaire interne ; plus profondément existe le second faisceau du muscle ptérygoïdien , au-devant duquel monte perpendiculairement derrière la tubérosité molaire , la troisième portion de la maxillaire interne; tandis qu’au-dessous passent les nerfs lingual en dedans , dentaire inférieur au milieu, et temporal superficiel en dehors, tous réunis par des filets d’anastomose. Telle est la disposition des parties, qui occupent la première portion de la fosse zygomatique ; dans la seconde, fosse sphéno-maxillaire, on trouve de haut en bas: i° la veine ophtalmique , et les nerfs ophtalmique de "W illis, moteur commun , pathétique, moteur externe , deux filets du ganglion cervical supérieur , parties qui viennent de la fente sphénoïdale et traversent la fosse sphéno-maxillaire, pour se porter dans l’orbite; 2° le nerf maxillaire supérieur dirigé d’arrière en avant ; .3° le ganglion de Meckel , continu au nerf précédent , appliqué en dehors du trou sphéno-palatin , et envoyant en bas
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les filets palatins , en avant les dentaires postérieurs . en arrière le rameau vidien , ganglion entouré par de la graisse, et les quatre branches finales de l’artère maxillaire interne, la vidienne , la ptéry go-palatine, la palatine supérieure, et la sphéno-palatine .
Développement. — La fosse zygomatique est fort étroite chez le jeune enfant; mais alors ses communications avec l’orbite sont très larges; chez l’adulte elle se dilate , et , en même temps les fentes zygomato-orbitaires se rétrécissent ; chez le vieillard, celles-ci reprennent une dilatation plus grande, due à l’amincissement et la résorption de la substance osseuse qui forme leur pourtour, et sous ce rapport seulement , l’état infantile reparaît.
Variétés. — Au lieu de passer entre les deux portions du muscle ptérygoïdien externe, l’artère maxillaire interne souvent se glisse en dehors de lui.
Déductions pathologiques et opératoires . — • Les plaies de cette région sont fort graves; d’abord, parce qu’elles supposent nécessairement, que l’instrument vulnérant a traversé avant d’y arriver, la joue, ‘la tempe, la région parotidienne ou l’orbite, en second lieu , parce qu’il est presque im-
possible que les branches de la maxillaire interne , ou son tronc, n’aient pas été intéressés. C’était le cas du militaire auquel, en i8i4 M. Marjolin pratiqua la l igature de la carotide primitive , seul moyen qui fournît quelques chances de voir l’hémorrhagie s’arrêter; moyen toutefois peu sur, à cause des anastomoses des artères, comme l’expérience le dé-
montra à cet habile professeur. Cette région placée entre la joue, la tempe, celle de la parotide, For™ bite , les narines et le crâne , a souvent servi à établir entre ces points des communications morbides, soit par continuité vasculaire, soit par celle du tissu cellulaire. On a ytu des polypes du sinus maxillaire détruire ce sinus en arrière , et paraître dans la fosse zygomatique, puis s’avançant plus loin, arriver jusque dans la fosse temporale. J’ai déjà cité 1 le cas remarquable d’un autre polype qui avait suivi la même marche , venant des fosses nasales par le trou sphéno-palatin dilaté; mais les deux faits suivants, que j’ai recueillis à l’hôpital de la Charité, sont de nature à bien mieux établir cet usage relatif aux
communications morbides des régions indiquées. Deux individus, l’un à la suite d’une fracture du col du condyle de la mâchoire, l’autre après un panaris , furent affectés de gonflement dans la région parotidienne ; bientôt après , saillie de l’œil , symptômes cérébraux et mort. L’ouverture de leur corps montra une inflammation des veines parotidiennes, temporales et maxillaire interne, inflammation communiquée aussi à la veine ophtalmique et au sinus caverneux. La laxité de l’articulation temporo-maxillaire en avant vers cette région , surtout son mécanisme , font que la luxation n’est possible que dans ce sens ; on voit alors le condyle franchir la racine transverse de l’apophyse zygoma-
V oy\ Région olfactive interne.
tique , et se porter plus ou moins loin dans la fosse de ce nom , obéissant à la traction non équilibrée du muscle ptérygoïdien externe • le déplacement peut être produit par la seule action de ce muscle. Pourtant des puissances étrangères à la fosse zygomatique , celle du masséter et du ptérygoïdien interne , peuvent y concourir , lorsque la mâchoire est fixée dans rabaissement par une cause quelconque ^ quant à la tendance de ces derniers muscles à produire la luxation dans l’élévation de la mâchoire y lorsqu’elle succède à un abaissement forcé , cette cause n’est plus admise par personne y et l’anatomie la rejette, parce que toujours la ligne suivant laquelle se propage leur action , reste antérieure au condyle maxillaire.