‹ Traité d'anatomie topographique, ou anatomie des régions du corps humain, considérée spécialement dans ses rapports avec la chirurgie, et la médecine opératoireChapitre 5 sur 102 · PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

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kel, etc. ; comme il s’agissait seulement de les étudier réunis naturellement dans chaque partie du corps , et de présenter des considérations générales sur les groupes qu’ils forment , il s’ensuit que , dans un ouvrage de la nature de celui-ci , tout consistait presque dans le choix de la méthode la plus convenable pour atteindre ce but , et que , différant , sous ce rapport , nos deux ouvrages doivent différer nécessairement beaucoup dans les détails.

Puisque l’anatomie descriptive fournit tous les éléments de l’anatomie topographique , elle a dû nécessairement être notre point de départ , et

l’anatomie topographique. S’il en était ainsi , la qualification de science , appliquée à l’anatomie dite des régions, serait tout-à-fait vaine et illusoire 7 celle-ci serait tout simplement l’anatomie descriptive exposée par régions , et par conséquent suivant l’ordre le plus vicieux , puisqu’il réunit dans le même cadre, les organes les plus disparates sous tous les rapports. Au reste, soutenir que la science de l’organisation locale existait depuis longtemps 7 parce que ses éléments étaient connus , et prétendre que l’on connaissait Faisselle, parce qu’on avait étudié les muscles pectoraux, grand dorsal, sous-scapulaire, etc. , que l’on connaissait le canal inguinal, parce qu’on avait disséqué les muscles et les aponévroses de l’abdomen , serait aussi absurde que d’avancer que l’on connaît le cerveau, lorsqu’on a étudié les divers éléments dont se compose sa structure.

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nous avons du continuellement nous tenir sur nos gardes , pour ne point empiéter sur son domaine. Sous ce rapport , nous avons fidèlement suivi la ligne qu’avait si bien tracée le célèbre Béclard , dans le cours qu’il fit à la Faculté, il J a plusieurs années. Les détails d’anatomie descriptive que nous avons donnés dans chaque région, sont toujours peu nombreux, et présentés comme accessoires ; ce sont des notions qui y sont rappelées , plutôt que de véritables descriptions d’organes. Cependant , nous avons dû quelquefois nous écarter de cette règle , et nous l’avons fait dans trois circonstances : i° lorsqu’il s’est présenté à notre examen des parties dont la description est omise dans les traités d’anatomie descriptive , des aponévroses , par exemple ; 2° lorsqu’une description nous a paru incomplète dans les auteurs ; 5° lorsque nous avions à donner quelques détails curieux ou nouveaux. Enfin nous avons aussi soigneusement signalé les variétés , suivant les régions des tissus généraux de l’économie.

On -conçoit d’après ce qui précède, qu’un livre de la nature de celui - ci ne doit être ouvert que par ceux qui ont déjà quelques notions anatomiques, et qu’il ne pourrait tenir lieu d’un traité d’anatomie descriptive; car, ou tous les

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détails spéciaux des organes y sont contenus, et alors ce n’est plus de l’anatomie topographique, mais un traité d’anatomie descriptive, dans lequel on a suivi un ordre vicieux ; ou bien , les détails descriptifs sont sommairement rappelés , et ils sont insuffisants pour celui qui veut étudier les organes en particulier.

Les régions qui font le sujet de l’anatomie topographique , sont le plus souvent circonscrites par des limites très naturelles et palpables ; nous nous sommes fait constamment une loi de toujours les respecter , et nous avons ainsi obtenu des groupes d’organes plus physiologiquement constitués, en meme temps que nous en avons rendu l’étude plus facile et plus fructueuse.

Dans la considération spéciale des régions , nous avons toujours procédé d’après cette idée , qu’une région naturellement circonscrite est comme un organe , qui a sa forme propre , sa direction , ses dimensions, sa structure, ses usages, etc. Cette comparaison , au reste , n’a rien de forcé : les membres , en effet , ne sont-ils pas des organes de locomotion? La main n’est-elle pas l’organe spécial du toucher? Les parois thoraciques ne sont-elles pas les organes protecteurs du cœur et des poumons, etc.? D’ailleurs, n’y a-t-il pas

entre les régions et les organes d’immenses ana~

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logies de structure? Prenons pour exemple Festomac et la paroi abdominale antérieure. Dans Fun et l’autre, on trouve des vaisseaux, des nerfs, des couches musculaire , séreuse, tégumentaire , et du tissu cellulaire. Leurs différences caractéristiques consistent seulement dans la disposition de ces éléments et dans leur nature propre. Dans l’estomac , leur ensemble forme une cavité presque fermée; dans la paroi abdominale antérieure, il constitue seulement une portion de cavité. Dans le premier , les vaisseaux prédominent ; ils sont rares dans le second. Dans l’un, les nerfs communiquent une sensibilité obtuse, mais réelle ; dans l’autre, ils sont conducteurs d’une sensibilité très exquise. Dans l’estomac, les muscles sont involontaires, se contractent lentement et vermiculairement, comme on le dit; dans la paroi abdominale , ils sont soumis à la volonté , et se contractent d’une manière brusque. Dans l’estomac , la couche séreuse est extérieure ; elle est profonde dans la paroi abdominale. Dans l’un et l’autre , la couche tégumentaire présente une disposition toul-à-fait inverse de celle de la précédente. C’est le tégument interne, la membrane muqueuse , qui appartient à l’estomac ; la paroi abdominale , au contraire , est revêtue par le tégument externe , la peau . Enfin , dans

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celle-ci , le tissu cellulaire contient des vésicules adipeuses cà et là répandues ; dans celui-là , il en est tout-à-fait dépourvu.

De ces analogies , que l’examen pliilosopliique de l’organisation des animaux démontre entre les organes complexes et les régions , découle lout naturellement la conséquence , cpie la méthode descriptive , appliquée aux uns dans la splanchnologie , convient également aux secondes. Yérilé au reste cpii a été sentie par plusieurs personnes , mais surtout par notre ami et collègue , M. Bouvier , avec lequel nous nous en sommes fréquemment entretenus.

Quant à la méthode scientifique générale suivie dans ce livre , c’est la synthétique y la seule qui convienne pour l’exposition des faits, dans une science aussi voisine de la perfection , que celle de l’organisation. Des généralités sur le corps humain, que d’abord nous avons posées, nous sommes descendus successivement à des considérations moins nénéralessur les divisions secondaires et tertiaires .

jusqu’au moment oh, arrivés aux régions en particulier , nous sommes entrés dans les véritables détails de l’anatomie topographique.

Tel est, en peu de mots, tout le plan de cet ouvrage, dans lequel nous avons surtout cherché à établir, sur des données certaines, les rap-

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