PREFACE
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nous a mis encore à meme de découvrir quelques petits faits de structure , qui peut-être offriront quel qu’in térêt.
De temps en temps nous avons cherché à diminuer la sécheresse du sujet , en faisant quelques rapprochements d’anatomie comparative , ou bien en donnant quelques détails de physiologie topographique, science qui, par son importance, marche quelquefois l’égale de l’anatomie topographique; nous avons aussi montré quelles étaient les inductions que l’on pouvait tirer de cette sorte d’anatomie , pour expliquer les symptômes , la marche , le traitement des maladies , et spécialement de celles qui réquièrent des opérations.
Enfin pour rendre plus intelligible la description des régions les plus importantes et les plus compliquées, nous les avons fait représenter d’après nature, par un des artistes les plus distingués dans ce genre, M. Jacob, professeur de dessin à l’école Vétérinaire d’Alfort, qui s’est déjà depuis Ion g lem ps rend o recom man dable par d ’im portants dessins anatomiques, et dont nousnous abstiendrons défaire l’éloge, autrement qu’en renvoyant à ses ouvrages; nous ne nous sommes reposés que sur nousmêmes, du soin de faire les préparations anatomiques qui devaient servir à M. Jacob ; nous l’avons
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constamment assiste de nos conseils pendant son travail, circonstance sans laquelle l’artiste le plus habile; pourrait à peine comprendre et reproduire le dixième des objets qui Frappent de suite l’œil de l’anatomiste, et sans laquelle; par conséquent; il n’est pas possible de compter sur la fidélité des planches anatomiques.
En entreprenant cet ouvrage ; nous avons reconnu toutes les difficultés qui nous arrêteraient dans sa composition; peut-être en avons-nous surmonté quelques-unes ; mais il en est qui nous semblent tellement inhérentes à la nature de la matière que nous avons traitée; que nous sommes loin de nous flatter de les avoir vaincues; nous voulons parler de celles du style : on conçoit en effet qu’il était bien difficile de concilier l’élégance de la diction avec l’exposition des nombreux détails anatomiques , dont se compose chacune de nos régions ; au reste nous avons cherché avant tout à etre clair , et nous nous estimerons heureux si nous avons obtenu ce résultat.
Plus encore que tout autre ouvrage d’anatomie, celui qui traite de l’anatomie topographique doit etre jugé sur le cadavre; là seulement, en effet, on peut saisir ces détails minutieux, mais souvent Fort importants, de positition relative des
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organes, qui font son caractère principal; c’est aussi devant le cadavre que nous en appelons le lecteur impartial. Au reste, ce traité est généralement destiné aux élèves en médecine ; il pourra d’autant plus facilement leur servir dans leurs dissections , que chaque région y présente , séparé dans des articles bien distincts , tout ce qui a trait à la forme extérieure ou intérieure , à la structure élémentaire et relative ; articles qui devront seuls être consultés dans les amphithéâtres ; tandis que ceux qui traitent du développement , des usages, et des applications pathologiques et opératoires, peuvent être médités dans le silence du cabinet , ils sont la conséquence naturelle des premiers. Si nous ne nous abusons, ce traité sera utile à tous ceux qui voudront compléter leur éducation anatomique ; car rien n’est plus capable de mener à ce but que l’étude de l’organisation locale. Nous espérons en même temps qu’il servira surtout aux élèves, qui tentent la carrière honorable des concours , dans lesquels il faut savoir, par une bonne description générale , montrer qu’on a l’esprit meublé d’une (bule de faits particuliers; enfin les praticiens y trouveront interprétés par l’anatomie , les symptômes et la marche de beaucoup de maladies ; ils y verront les méthodes et les pro-
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cédés opératoires pesés dans la balance anatomique , seul moyen de les apprécier à leur juste valeur
1 Plusieurs fautes s’étant glissées dans l’impression de cet ouvrage7 nous prions le lecteur de vouloir bien consulter V errata j que nous avons placé à la fin.
INTRODUCTION
Quelque nombreux que soient les corps qui recouvrent la surface du globe, on peut les séparer en deux grandes classes. La première comprend les corps bruts , la seconde les corps organisés ; les uns, véritables agrégats, se forment sous l’influence d’une force aveugle, l’attraction ; les autres, soumis encore aux lois physiques , sont composés d’éléments qui se dissocieraient rapidement , s’ils n’étaient maintenus réunis, par une force inconnue dans son principe ; mais dont les effets sont palpables, la force vitale .
La science générale de la nature , ou la philosophie naturelle , basée sur les anologies qui réunissent tous ces corps , se divise elle-mêmé en deux grandes sections , l’une qui traite des corps bruts , l’autre des corps organisés.
La science des êtres organisés est à la fois la plus belle , et la plus importante pour le médecin ; les notions dont elle se compose sont de deux sortes, suivant qu’elle s’occupe des végétaux ou des animaux, dontla différence principale gît dans la faculté de sentir, départie aux uns et refusée aux autres. Tantôt elle enseigne spécialement leurs classifications, leurs mœurs , leurs habitudes; tantôt elle s’attache à la connaissance de leur structure ; tantôt, enfin, elle retrace seulement de l’action de leurs organes, dans l’histoire naturelle, l’anatomie ou
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la physiologie, trois sciences qui, bien que très distinctes , ont aussi un grand nombre de points de contact. Parmi elles l’anatomie, sans contredit, est la plus belle et la plus utile : elle sert de base aux deux autres , et fournit une foule de données utiles pour l’étude des maladies et leur traitement ; le médecin , en effet , doit minutieusement connaître l’état sain des organes, pour bien apprécier leurs altérations nombreuses et variées dans l’état anormal. L’anatomie surtout est indispensablement nécessaire à celui qui veut se livrer à la pratique des opérations chirurgicales ; en effet, pour agir sûrement , on doit lorsqu on enfonce un instrument dans un lieu , pouvoir le guider avec autant de hardiesse , que si les parties étaient transparentes y et quon pût le suivre de l’œil dans son trajet .
L’anatomie, dans sa plus grande extension , embrasse tout le règne organique , et s’occupe de tout ce qu’il y a de général, dans la structure de tous les êtres qui le composent • c’est alors l’anatomie philosophique où générale 1 . Lorsque cette anatomie générale est étudiée dans des vues plus étroites , et en rapportant à une seule classe, ou à une seule espèce, dans le but de connaître minutieusement sa structure particulière , les notions acquises sur la structure de toutes les autres , on l’appelle comparative ou comparée.
L’anatomie la plus générale se divise d’abord en
Il ne faut pas confondre cette anatomie générale, avec la belle science créée par Bichat.
INTRODUCTION
phytotomie , et en zootomie , suivant qu’elle traite de la structure propre aux végétaux ou aux animaux ; enfin , ces grandes divisions en supportent elles-mêmes de plus en plus secondaires, suivant que Ton spécialise plus dans l’étude de l’organisation • et ainsi l’on arrive à l’examen d’une seule espèce, ce qui constitue l’anatomie la plus particulière , dans le genre de laquelle se trouve l’ anthrop otomie .
Telles sont les divisions généralement admises dans la science anatomique ; mais, il faut l’avouer, elles sont loin d’être rigoureuses autant qu’elles le semblent au premier abord ; en effet , établies sur la séparation en classes, familles, genres, espèces du règne organique , elles n’ont de fondement qu’autant que celles-ci en présentent. Or, les classes , les familles, etc. , quelque bien constituées qu’elles puissent être, n’existent réellement pas dans la nature , elles sont de simples abstractions faites dans le but de faciliter l’étude. Pour bien comprendre cette vérité, c’est aux extrémités durègne organique qu’il faut porter son examen ; alors on voit combien le naturaliste éprouve d’embarras , pour décider la place que doivent occuper certains êtres , sortes d’hermaphrodites , qui n’appartiennent pas plus à l’une qu’à l’autre des grandes classes des corps de la nature; aussi tous ces faits ont-ils dès long-temps amené les savants, à considérer les différents individus du règne organique , comme formant une seule grande famille , dans laquelle ils seraient eux-mêmes disposés dans l’ordre de leurs affinités, constituant ainsi une sorte d’échelle , dont les dégradations sont insensibles, mais continues,
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depuis l’homme, qui occupe le faîte, jusqu’aux plus simples végétaux qui marquent les degrés les plus inférieurs. Chaque être occupe, à l’état adulte ou parfait, un degré déterminé plus ou moins élevé dans cette échelle, organique ; mais, chose fort remarquable , établie par les travaux à jamais célèbres des Tiedemann , Meckel, et beaucoup d’autres, il parcourt dans son développement la plupart des degrés plus inférieurs que celui qui lui est propre, et revêt successivement, en se métamorphosant d’une manière plus ou moins évidente , des états qui sont pernxanens chez d’autres êtres organisés.
Il suit de ce qui précède, que dans une description anatomique , on doit soigneusement noter l’âge actuel des êtres que l’on examine, si l’on ne veut pas s’exposer à donner comme propre à un degré de l’échelle organique, ce qui appartient réellement à un autre : l’état adulte ou parfait doit toujours faire le type des descriptions ; il faut même d’abord faire une abstraction entière des variétés sexuelles et individuelles , qui ensuite doivent être néanmoins soigneusement notées, ainsi que les différences qui dépendent du développement.