DE L’ANATOMIE DE L’HOMME
L’anatomie humaine, ou l’anthropotomie, qui doit ici spécialement nous occuper, n’est ainsi qu une division minime de la science générale de 1 organisation ; elle a pour objet la connaissance particulière du premier degré d’organisation de l’échelle des êtres qui en sont pourvus.
L analyse par le scalpel, seul moyen d’arriver à
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des connaissances anatomiques profondes , a été de nos jours portée si loin , que pour décrire le corps humain , en commençant par ses parties élémentaires , il faut aller bien au-delà de ce qui faisait le sujet des méditations d’anatomistes, même peu éloignés de nous. Et sans parler des globules microscopiques , à la recherche desquels Leuvenoëck et Hewson se sont surtout exercés, qui paraissent de nouveau aujourd’hui fixer l’attention des savants, et que M. Milne Edwards a trouvés semblables dans tous les tissus , et présentant partout un 3ooe de millimètre de diamètre, globules qui ne sont pas de véritables éléments anatomiques 1 , nos organes se composent d’un certain nombre de fibres qui, s^associant diversement , constituent les organes simples ou tissus élémentaires, tandis que, par une gradation successive de composition , ceux-ci donnent naissance aux organes complexes, dont l’ensemble forme les régions, et le corps tout entier.
Les fibres élémentaires généralement admises sont au nombre de trois : la cellulaire , la contractile et la nerveuse . Le savant auteur de la Nomenclature anatomique moderne y ajoute encore la fibre albuminée, qu’il considère toutefois avec Béclard, comme une modification plus où moins éloignée de
1 Les éléments chimiques des tissus animaux, sont principalement : l’oxygène, l’hydrogène, le carbone et l’azote, corps simples , auxquels s’en surajoutent plus ou moins accessoirement, un certain nombre d’autres. Ces éléments, par des combinaisons premières, forment les principes immédiats, qui deviennent à leurtourla base des éléments anatomiques.
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la fibre cellulaire, se fondant sur son développement, sa composition chimique et les phénomènes qui accompagnent sa décomposition par macération. M. Blainville va encore plus loin , il ne reconnaît que la fibre cellulaire et la fibre nerveuse. Suivant cet anatomiste célèbre, la fibre contractile n’est qu’une modification de la première ; en effet, observe-t-il , dans les derniers animaux où il n’y a pas de muscles , les mouvements existent néanmoins, et sont produits par la fibre cellulaire. Cette opinion de M. Blainville , qui parait singulière au premier abord, mérite un examen d’autant plus sérieux, que, chez l’homme lui-même, on voit dans quelques points, le tissu cellulaire devenir demi contractile, celui du dartos, et que dans d’autres lieux, on trouve un tissu qui, sous le rapport des propriétés et aussi delà composition chimique 1 * 3 , semble établir la transition, entre les tissus cellulaire et musculaire 5 ; c’est le tissu fibreux jaune où élastique. Nous ne parions nullement de cette fibre invisible , unique et idéale des anciens, qu’ils regardaient comme composée d’eau , de terre et de fer.
Les organes, parties solides, qui ont une action 3 dans l’économie, sont fort nombreux : on les divise
1 Béclard a montré que le tissu fibreux jaune contient beaucoup cle fibrine.
p Nous avons eu plusieurs occasions d’observer un petit muscle, tendu entre l’apophyse styloïde et le sommet de la petite corne de l’hyoïde, remplaçant le ligament stylo-hyoïdien. Comme dans l’état normal, ce ligament est formé de tissu fibreux élastique, on conçoit facilement, d’apres ce qui a été dit, sa transformation musculaire.
3 Chaussier, Tables synoptiques.
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en organes simples, et en organes complexes :les organes simples sont généralement répandus dans un grand nombre de points du corps , et sont simples, surtout sous le rapport de la structure, les tissus cellulaire , adipeux , fibreux. Les organes complexes, sont formés d’un nombre variable d’organes simples, auxquels toujours se joignent d’autres organes complexes, tels que des vaisseaux, etc. L’estomac par exemple, est un organe complexe, formé des tissus cellulaire, séreux, etc., organes simples, auxquels viennent se joindre des vaisseaux et des nerfs organes complexes.
Les organes simples, généralement répandus dans le corps humain, offrent un grand nombre d’analogies ; les organes complexes en présentent de non moinsréelles, quoiquemoins nombreuses -, d’où l’idée de réunir en uncorps de science to utes ces généralités organiques, conception éminemment philosophique, à laquelle nous sommes redevables de l’ Anatomie générale1 que l’on peut ainsi définir : la science de la généralisation desorganes. Bichat,dansson immortel ouvrage, à l’occasion des organes simples, tels que le tissu cellulaire et la graisse , présente nonseulement des considérations générales, mais encore il entre dans des spécialités, sur ces tissus considérés
1 Cette dénomination d’anatomie générale, donnée à la science de la généralisation des organes, n’est peut être pas la plus convenable, puisqu’elle tend à la faire confondre avec la science générale de l’organisation, ou l’anatomie étendue à tous les êtres organisés. Pour éviter toute ambiguité, il faudrait nommer la première Vanatomie générale des organes.
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suivant les régions ; il empiète par conséquent sur le domaine de Y Anatomie topographique ^ qui, établie aujourd’hui, revendique pour elle, ces particularités étrangères à la science de la généralisation des organes. Alors la définition de l’anatomie générale, telle que nous l’avons donnée, demeure invariablement la meilleure.
Les spécialités des organes complexes, tant sous le rapport des formes extérieure et intérieure , que sous celui de la structure et du développement,* tel est le sujet de h anatomie descriptive , qui serait mieux nommée anatomie spéciale des o r g ânes; caries moyens descriptifs sont loin d’êtrebornés à elle seule.
Enfin les spécialités des organes simples, et des considérations générales sur le groupement de tous les organes, forment les éléments de F Anatomie topographique.
On distingue trois espèces de groupes d’organes : le système d’organes y l’appareil cT organes , et la région. Le système est un groupe que l’on établit idéalement avec des organes analogues, pour en déduire des considérations élevées ; il appartient à 1 anatomie générale. L appareil est un groupe naturel formé d’organes, concourant à la même fonction ; il est du domaine de la physiologie, où mieux de l’anatomie descriptive physiologique. La région enfin , est un groupe aussi naturellement constitué, tantôt dans un but physiologique , tantôt d’après les besoins locaux , par des organes qui n’offrent le plus souvent que peu d’analogie déformé et de structure; il appartient à V Anatomie topographique.
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