DU PIED
dehors ; les veines superficielles et les tendons se dessinent sur elle. La face inférieure, ou j> Unitaire, est glabre , concave au milieu et sur le bord interne, lieux qui n’appuient point habituellement sur le sol, et qui, pour cette raison, sont revêtus d’une peau très fine; en arrière, en avant et en dehors, cette face est saillante, appuie sur le sol, dans la station ordinaire, et présente à cet effet des callosités très prononcées. Le bord interne du pied est concave en dedans, et surtout en bas; placé sur un plan, il s’y appuie seulement en avant, près du gros orteil.' A F union du tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs de ce bord, s’élève une tubérosité très marquée qui appartient au scaphoïde , et derrière laquelle immédiatement se trouve l’articulation astragalo-scaphoïdienne; au milieu, correspond la partie interne de l’articulation tarso-méta tarsienne, qu’indique en avant la saillie légère de F extrémité postérieure du premier métatarsien. Le bord externe est plus court et plus aplati en bas que le précédent; aussi repose-t-il sur un plan horizontal presque en totalité; il est convexe en dehors , et se trouve surtout relevé au milieu, par une tubérosité qui appartient au cinquième os du métatarse, tubérosité, qui fournit un guide sur pour trouver la partie externe de l’articulation tarso - métatarsienne, placée derrière. Les deux extrémités du pied sont libres ; la postérieure constitue le talon, qui fait saillie derrière le coudepied : arrondi en arrière et sur les cotés , aplati inférieurement, le talon est partout garni de callosités ;
F extrémité antérieure est divisée comme la partie inférieure de tous les membres ; ses segments constituent les orteils , qui seront examinés plus tard.
Structure . — Sous les rapports généraux de structure et de développement^ le pied se rapproche beaucoup de la main. Disons d’abord , pour montrer ses caractères, que, dans le pied, tout a été calculé pour la solidité, aux dépens de la mobilité; le développement delà partie tarso-métatarsienne, est plus grand que celui des appendices antérieurs; le plus interne d’entre ces derniers, est fixe comme les autres, et placé sur le même plan.
/ ariétés. — Le pied de la femme est plus petit que celui de l’homme, dans la proportion de sa hauteur; telle est la belle nature, sous le rapport des dimensions de cette partie. Tout le monde connaît les fausses idées de beauté, attribuées par certains peuples, à la petitesse extrême du pied, idées , qui ont produit chez les Chinois , la coutume barbare de comprimer fortement les pieds des jeunes fil! es, pour empêcher le développement complet de ces parties, et leur conserver cette gracilité enfantine, tant prisée dans ce pays, mais que les femmes achètent au prix de beaucoup de douleurs, et en se plaçant dans l’impossibilité d’exercer une station solide et une marche assurée.
Usages . — L’analogie du pied avec la main se reproduit encore dans les usages de l’une et de l’autre. P es altéra manus. a-t-on dit, avec beaucoup déraison. Cependant, quelque grande que soit l’analogie, elle ne va pas jusqu’à la similitude parfaite : la so-
DE LA PLANTE DU PIED, etc. GG ï
lidité caractérise en effet surtout le pied ; la mobilité est , au contraire, spécialement l’apanage de la main; toutes choses , au reste, que les notions de structure qui ont été posées ont suffisamment prouvées. Plus loin, il sera seulement question de la solidité et des mouvements relatifs des diverses
parties du pied; disons maintenant qu’il sert, dans la station , à supporter le poids du corps, et que sa face plantaire , qui touche seule le sol dans Fétat; régulier , s’y applique par son extrémité et son bord externe seulement , si ce n’est sur un plan convexe. Dans la progression , le plan horizontal du pied se relève successivement du talon vers les orteils , en se brisant dans ses articulations antérieures, suivant l’expression des physiologistes. Si des maladies empêchent ce mécanisme, la progression devient pénible : on en voit un exemple remarquable dansl’ankilose des os du pied. Les plus grands mouvements du pied se passent, comme on l’a vu, dans la région précédente.
Comme la main, le- pied se compose de deux portions distinctes, la plante et les orteils. Examinons-les en particulier.
Région delà plante du pied ou tarso-métatarsienne.
C’est la partie indivise du pied, dont elle constitue les cinq sixièmes postérieurs; aussi, tout ce qui a été dit de la forme extérieure du pied considéré en général, peut-il se rapporter presque en totalité à cette région.
Structure . — i° Eléments.
Le squelette de
6G‘l ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE.
cette portion du pied , est formé par le tarse et le métatarse, dont les os, plus ou moins exactement cunéiformes, sontréunisen unevoùte dont les arc-boutants sont représentés par des ligaments ; ceux - ci sont plus forts inférieurement que supérieurement ; les uns sont disposés transversalement, les autres d’avant en arrière, de manière que leur ensemble offre une grande résistance dans toutes les direclions. Le ligament métatarsien transverse , qui réunit toutes les têtes des os du métatarse , et l’aponévrose plantaire, ligament robuste de quelques auteurs , sont les plus grands; ils peuvent être considérés comme les cordes des arcs transverse et antéro-postérieur de la plante du pied. Parmi les articulations , deux surtout doivent nous occuper spécialement, la tarso -métatarsienne proprement dite, et celle doublement formée par le calcanéum et l’astragale, d’une part, le scaphoïde et le cuboïde, de l’autre. La dernière, dont le niveau interne, est fixé derrière la tubérosité scaphoidienne, a ses deux extrémités disposées sur un plan transversal ; tandis qu’elle est elle même légèrement courbée de manière à présenter sa convexité en avant. La première, au contraire, est généralement oblique, d’arrière en avant et de dehors en dedans, du milieu , du bord externe du pied, vers un point semblable de l’interne, entre la tubérosité du cinquième métatarsien et celle du premier, tubérosités dont il a déjà été question. Cette articulation offre encore des variétés locales de direction qu’il faut préciser : en dehors, la direction générale per-
DE LA PLANTE DIT PIED , GtC. 063
siste ; dans la partie interne, elle est transverse d’abord au niveau du premier métatarsien , pois antéro-postérieure dans une étendue de trois lignes, et devient ensuite de nouveau transverse dans une longueur de cinq ; enfin , se dirigeant , pendant l’espace de deux lignes, en avant et un peu en dehors , elle rejoint la partie externe dont le plan a été noté : de la sorte se trouve formée , par les trois cunéiformes , une véritable mortaise, dans laquelle est reçue et fixée l’extrémité postérieure du deuxième os du métatarse, entrelacement articulaire qui cause toute la difficulté de l’amputation tarso- métatarsienne. Au niveau du métatarse, les pièces du squelette sont séparées par des espaces appelés inter osseux , que remplissent des muscles de ce nom; d’autres muscles , nombreux, sont appuyés sur la face inférieure du squelette : le court fléchisseur commun, l’accessoire du grand fléchisseur, les lombricaux, l’abducteur et le fléchisseur du petit orteil, l’adducteur, le court fléchisseur, les abducteurs oblique et transverse du gros; un seul est placé au-dessus, le pédieux; un ligament très fort, l’annulaire interne du tarse, forme, en dedans du calcanéum, une arcade sur laquelle se fixe le muscle adducteur du gros orteil; une simple lame aponévrotique très mince, continue avec le ligament annulaire du coude -pied, recouvre la face sus-plantaire de la portion du pied qui nous occupe. La face opposée, au contraire, présente une lame extrêmement forte, fournissant à la fois une enveloppe, et des points d’insertion aux muscles, et
servant de ligament pour le squelette, elle a déjà été nommée , c’est l’aponévrose plantaire, ou mieux sous-plantaire; étroite en arrière, cette aponévrose s’épanouit beaucoup en avant, et se sépare en cinq languettes, qui se portent sur le ligament métatarsien transverse, sur lequel elles se fixent à l’aide d’une bifurcation , dont les branches embrassent les têtes des os métacarpiens. En arrière, cette aponévrose adhère intimement à la tubérosité postérieure du calcanéum, et s’amincit beaucoup sur ses bords; sa face cutanée est adhérente à la peau par des liens fibreux, qui seront décrits plus bas; sa face profonde donne naissance à beaucoup de fibres des muscles superficiels, entre lesquels aussi elle envoie des cloisons incomplètes, qui remplissent le même office. Les artères de la portion tarso-métatarsienne du pied sont fournies presque exclusivement, par la pédieuse et les plantaires externe et interne ; les deux premières communiquent entre elles par une anse anastomotique, qui embrasse presque toute la portion du pied qui nous occupe, et place dans une dépendance mutuelle , les circulations sus et sous-plantaires. Parmi les artères secondaires, on compte principalement les dorsales du tarse et du métatarse, anastomosées sur les bords du pied, avec les artères inférieures, et près du coude-pied avec les malléolaires etles deux péronnières, de manièreà ouvrir des voies collatérales fort importantes, non-seulement entre les systèmes artériels supérieur et inférieur de la plante du pied, mais encore entre ceux-ci etceluidu coude-pied. Deux grosses veines pédieuses
DE LA PLANTE DU PIED , etc. 665
et plantaires externes naissent profondément des faces sus et sous-plantaires , suivent servilement le trajet des artères de ce nom, et comme elles, s’anastomosent en avant. Deux veines moins grosses accompagnent l’artère plantaire interne. Tous ces vaisseaux profonds communiquent avec les superficiels , surtout au niveau du bord interne de la région ; les veines superficielles forment sur le dos de celle-ci, une arcade à convexité antérieure , qui reçoit les veines digitales , et aussi eelles qui viennent en dedans et en dehors des parties sous-cutanées delà face sous -plantaire, puis se dirigent ensuite vers le coude -pied, où elles forment les saphènes. Les vaisseaux lymphatiques superficiels se rendent directement aux ganglions superficiels de faîne ; les profonds y arrivent après avoir traversé les ganglions tibial antérieur et poplités. Les nerfs de la partie tarso-métatarsienne du pied, sont aussi superficiels et profonds : au dos , les profonds sont fournis par la fin du tibial antérieur, et les superficiels sont des ramifications des deux saphènes, et du musculo-cutané. A la face inférieure, les deux plantaires, proprement dits, donnent les filets profonds ; parmi lesquels, l’externe est tout-à-fait semblable pour la distribution au nerf cubital , tandis que l’interne ne diffère en rien , sous le même rapport, du médian à la main; l’un et l’autre fournissent quelques filets superficiels, et d’autres émanent du saphène externe. Le tissu cellulaire est très lâche sur le dos , il v y est presque tout-à-fait dépourvu de graisse ; à la
face inférieure, au contraire, ii se fait remarquer par
sa densité fibreuse , et constitue des canaux verticalement placés , adhérents par une extrémité à la peau, et à l’aponévrose plantaire par l’autre, canaux dans lesquels sont entassées des vésicules adipeuses, dont le nombre est considérable au talon, et au niveau des têtes métatarsiennes. La peau est fine en haut , elle est plus épaisse en bas , lieu où elle est soumise à une pression habituelle; elle est surtout calleuse en avant et en arriére , pour des raisons que tout le monde conçoit.
2° Rapports. — Etudions maintenant les rapports respectifs de tous ces éléments, et, pour cela, examinons successivement les deux faces sus et sous-plantaires, dont les limites sont tracées de manière à ce que personne ne puisse les confondre.
i° Face sus -plantaire . La peau; une couche cellulaire peu adipeuse fort lâche, contenant, avec l’arcade veineuse dorsale et les vaisseaux lymphatiques superficiels , la fin des nerfs saphènes en dedans et en dehors, et au milieu deux branches de terminaison du nerf musculo-cutané ; l’aponévrose dorsale, les tendons du jambier postérieur, du jambier antérieur, de l’extenseur propre du gros orteil, de l’extenseur commun , du péronnier antérieur et du court péronnier latéral , tous ensemble disposés de dedans en dehors, comme ils viennent d’être nommés , et placés sur le même plan ; le muscle pédieux en dehors, et en dedans l’artère et les veines pédieuses qui suivent le bord interne du pied, en dehors du tendon de l’extenseur propre du gros orteil , qui sont côtoyées par une des branches finales du