‹ Traité d'anatomie topographique, ou anatomie des régions du corps humain, considérée spécialement dans ses rapports avec la chirurgie, et la médecine opératoireChapitre 97 sur 102 · DE LA. PLANTE DU PIED · texte numérisé non relu

DE LA. PLANTE DU PIED

nerf tibial antérieur, et laissées à découvert par le muscle pédieux, si ce n’est au milieu du pied, où elles sont croisées par son tendon interne ; vaisseaux enfin qui s’enfoncent ensuite à travers le premier espace inter osseux ; l’arcade de l’artère dorsale du tarse, accompagnée par la branche externe du nerf tibial antérieur, et cachée tout-à-fait sous le muscle pédieux* enfin la partie convexe de la voûte, représentée par le squelette de la partie tarso-métatarsienne du pied, et comprenant, en avant, dans ses intervalles, quatre muscles interosseux * telles sont les diverses couches qui constituent sur son dos la partie du pied qui nous occupe.

20 Face sous-plantaire. Ici les organes deviennent plus nombreux, et leur disposition nécessairement plus compliquée; ils sont tous logés dans la concavité du squelette tarso métatarsien . La peau y forme une première couche , remarquable par sa force et son épaisseur, dans des points qui ont été déjà notés ; elle est doublée partout par un coussin cellule-graisseux, moins épais au milieu , et dont on se rappelle la disposition anatomique si curieuse et si remarquable dans les animaux d’une haute stature et d’un poids considérable; couche, dans laquelle se ramifient quelques filets des nerfs saphène externe et plantaire, ainsi que les branches del’artère péronnièrepostérieure. L’aponévrose sous-plantaire forme le troisième plan; plus profondément viennent les muscles , les vaisseaux et ies nerfs les plus importants. Près du bord interne et dans un point analogue à l’éminence théuar de

la main, on trouve superposés de bas en haut, en arrière , l’origine du muscle adducteur du gros orteil, les vaisseaux et nerfs plantaires, et, enfin , les tendons du grand fléchisseur commun et du long fléchisseur du gros orteil, se croisant de telle manière que le dernier devient interne ; en avant, la fin de l’abducteur du gros orteil, le tendon de son long fléchisseur, etles vaisseaux et nerfs collatéraux de cet orteil, parties qui forment un plan, sous lequel paraît le muscle court fléchisseur, qui adhère au premier métatarsien. Près du bord externe, dans un autre lieu analogue de l’éminence hypothénar delà main , on remarque d’abord le muscle adducteur du petit orteil , appuyé en arrière , immédiatement sur les os, au milieu, sur la gaine tendineuse oblique du muscle long pérônnier latéral, en avant , enfin, sur le muscle petit fléchisseur du dernier orteil, qui lui-même adhère au cinquième os métatarsien . Entre ces deuxpoints, le muscle petit fléchisseur commun forme la première couche , les vaisseaux et nerfs plantaires la seconde, dans laquelle toutefois ne se trouve pas la fin de l’arcade plantaire ; l’accessoire du long fléchisseur, les tendons de celuici et ceux du long fléchisseur du gros orteil, les m uscleslombricaux forment la troisième ÿ au-dessous paraissent , en arrière , les os et les forts ligaments qui les unissent, tandis qu’en avant on rencontre encore le muscle abducteur transverse sous les têtes des os du métatarse . et le ligament qui les réunit, puis le muscle abducteur oblique, qui dérobe aux yeux la fin de l’arcade plantaire, le filet

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profond du nerf plantaire externe , les os moyens du métacarpe, les muscles inter-osseux qui les séparent, et la fin delà gaine du long péronnier latéral.

Développement. — Quoique le pied paraisse distinct avant la main chez l’embryop , le squelette de la plante du pied commence à s’ossifier avant celui de la paume de la main , son analogue dans le membre thoracique. Les usages différents de ces deux parties donnent de ce fait une explication satisfaisante. Pendant l’enfance , le coussin plantaire offre peu de résistance, la peau qui le double est mince, point calleuse, et la voûte tarsienne peu prononcée , toutes circonstances négatives de la station bipède à cet âge.

Variétés. — Outre les variétés de forme générale qui seront indiquées bientôt , la plante du pied présente des variétés plus spéciales, fort importantes: ainsi nous avons rencontré deux fois sur le cadavre quatre os cunéiformes , le cuboïde ne correspondait qu’au dernier métatarsien. De quelque source que viennent les artères delà plante du pied, lorsqu’elles ont leur disposition régulière, cela importe peu pour la région elle-même ; mais quelquefois les anomalies d’origine entraînent aussi celles de position ; ainsi, il n’est pas rare devoir la pédieuse fournie par la péronnière antérieure, et placée au milieu du dos du pied, sous le muscle pédieux.

Usages. — La section tarso-métatarsienne du pied en constitue la partie essentiellement solide et résistante ; c’est elle qui supporte le poids de tout le corps dans la station, d’où l’importance im-

mensc de la voûte sous-plantaire , qui soustrait les vaisseaux , les muscles et les nerfs à une pression qui eût occasionné les plus vives douleurs., en même temps qu’elle aurait nui à leurs fonctions ; toutefois , dans la station sur un plan inégal et convexe , la compression des vaisseaux peut avoir lieu , ce qui rend raison des larges anastomoses vasculaires, établies entre les deux faces de cette région . Remarquons encore quelles précautions admirables la nature a prises pour la station et la marche ; elle a augmenté la densité de la peau de la face inférieure du pied, et Ta doublée par un coussin élastique, qui empêche son froissement sur les saillies osseuses ; enfin les diverses parties de ce coussin plantaire, ont une enveloppe fibreuse , dont la résistance est calculée d’après la pesanteur de ranimai1, enveloppe, qui empêche les pelotons adipeux de s’étendre en largeur, ce qui diminuerait leur action protectrice relativement à la peau. Au reste, la concavité de la face sous-plantaire du pied offre encore un autre avantage , celui de rendre plus facil e la marche, surtout sur un plan ascendant, le pied pouvant ainsi par sa plante embrasser les inégalités du sol, et s’y accrocher en quelque sorte. Pendant la station ou la marche, les ligaments inférieurs, véritables arc- 1 )outants de la voùtetarso-méta tarsienne, se fatiguent beaucoup par leur tension continuelle, de là des douleurs vives qui constituent la lassitude des pieds.

1 Lo cheval , Vé\ épi saut sont remarquables sous ce rapport.

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