‹ Traite d'anatomie topographique, ou anatomie des regions du corps humainChapitre 117 sur 132 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

TROISIÈME l'ARTIE Dü MEMBRE ABDOMINAL.

La troisième section du membre abdominal, commence au-dessous du genou, et s’unit au pied

' Faire le dernier, le lambeau qui conlient le vaisseau artériel principal.

inféricii rement. Elle se compose de la janiho , proprement dite , et du coude-pied.

1» De la jambe.

Commençant au-dessous du ^enou , et séparée du coude-pied par une ligne fictive , menée deux travers de doigt au-dessus du sommet de la malléole interne, la jambe est irrégulièrement fusiforme , renflée an centre , et amincie inégalement vers ses extrémités j sa direction est perpendiculaire à l’horizon, et parallèle à celle de la jambe opposée , ce en quoi elle diffère de la cuisse. Considérée en dehors, on lui distingue trois faces, plus ou moins recouvertes de poils, l’interne surtout. Cette dernière est plane , et un peu arquée en dehors^le squelette y est très superficiel, et susceptible d’être senti partout ; la face externe est antérieure et uniformément convexe j la postérieure offre à Tunion du tiers supérieur avec les deux tiers inférieurs, la saillie musculaire du mollet j chez un homme fort et bien conformé, la circonférence du mollet est presque double de celle du bas de la jambe, estimée au-dessus des malléoles ; néanmoins , il y a sous ce rapport, une foule de variétés individuelles; le bord antérieur delà jambe est fort saillant en manière de crête; il traduit à l’extérieur un des bords du tibia; le long du bord interne qui est un peu émoussé, on voit la saillie bleuâtre de la grande veine saphène ; enfin , sur les limites supérieures de cette région , on aperçoit facilement trois éminences , toutes formées par des reliefs osseux : en

DK LA JAMBIÎ.

dedans, la tnhérnsilé correspondante du td)ia., en dehors, la tête du péroné, en avant, la tubérosité antérieure du tibia, qui sert de point d’attache au li(^ainent rotulien. Ces différentes notions nous fourniront d’utiles applications.

Structure. — Éléments. — Sous le rapport de la structure, la jambeestunedesplus simples, parmi les qu^tresectionsdumembrcauquelelleappartient:son s({uelette est formé de deux os, qui y présentent sculenientleur partie moyenne, excepté pourtant le péroné, qui y concourt de plus par son extrémité supérieure. Parmi ces deux pièces , le tibia appartient spécialement à la jambe par ses fonctions, tandis que le péroné est plus spécialement destiné au mécanisme du coude-pied et du pied, ainsi qu’on le verra j ces deux os sont séparés par un espace appelé interosseux , que complète imparfaitement la membrane du même nom; et sont réunis d’autre part immédiatement, par des articulations serrées qui ne permettent pas, comme à l’avant-bras , des mouvements de rotation. Les muscles de la jambe sont rassemblés sur ses faces antérieure, externe et postérieure; le jambier antérieur, l’extenseur propre du f^ros orteil, l’extenseur commun des orteils, et le péronnier antérieur, sur la première; sur la seconde, les péronniers latéraux; et enfin les jumeaux, le soléaire, le plantaire (jrêle , le long fléchisseur commun des orteils, le jambier postérieur et le longfléchisseur propre du gros orteil, sur la dernière ; les uns viennent de la région du genou. Les autres naissent à la jambe et se portent vers le coude-pied et

/INATOMIK TOPOGUM'HIOUI:.

le ()ie(l. Si l’on en excepte le soléaire, lein- «lisposilioii na rien rjiii ne soit minutiensement connue , et qui doive nous occuper ici ; mais ce muscle doit un instant nous arrêter, parce que, Inen que décrit minutieusement dans beaucoup d’excellents ouvragées , on ne lui a pas attaché toujours autant d’importance qu’il en mérite. Toutefois qu’il nous suffise de rappeler, qu’il est fixé à la fois sur le tibia, le péroné, et, dans leur intervalle, sur une arcade tendineuse sous laquelle passent les vaisseaux et nerfs tibiaux postérieurs ; surtout que de cette attache à la ligne oblique du tibia , on voit se prolonger sur sa face antérieure, une aponévrose, dont nous tirerons un grand parti plus tard, pour faciliter, la ligature de l’artère tibiale postérieure en haut. On trouve encore à la partie supérieure et interne de la jambe, l’épanouissement aponévrotique des muscles couturier, droit interne, et demi-membraneux, épanouissement qui constitue ce ([ue l’on appelle improprement la patte-d’oie. L’aponévrose delajambe, en haut, estfortifiée, comme on l’a vu , par des expansions que lui envoient la plupart des muscles du genou; en bas, elle se renforce aussi beaucoup , et arrive sur le coude-pied; par sa face interne, elle adhère à la face, et auxbords souscutanés du tibia, et envoie des cloisons fibreuses vers les bords antérieur et externe du péroné, entre le muscle jambier antérieur et le grand extenseur commun des orteils, en même temps qu’elle fournit aux muscles antérieurs et externes, beaucoup de points d’insertion ;enfinelle envoie encoreentre lesmuscles

ÜK LA JAMBE.

profoiitls et SU perH ciels po.stérieurs, une lame très forte en bas , et de plus en plus grêle à mesure qu’elleremonte. En somme l’aponévrose delà jambe, forme ainsi quatre gaines musculaires principales : une antérieure , une autre externe , la troisième superficielle postérieure, la dernière profonde el. postérieure. C’est s’abuser que de regarderies muscles antérieurs, comme pourvus chacun d’une gaine spéciale, les cloisons qui les séparent existent supérieurement seulement, et sont même très incomplètes : une très petite gaine surnuméraire a ppartien (, ordinairement àla veine sapbèneexterne. Les artères de la jambe sont fournies par trois troncs principaux, qui la parcourent pour se porter plus bas, le tibial antérieur, le tibialpostérieurGÛa péronriiei'; celui-ci, lui-même , inférieurement se bifurque, et envoie en avant une de scs divisions. Remarquons que la tibiale antérieure , qui traverse en haut le ligament interosseux pour se porter en avant, et le tronc tibio-péronnier qui reste en arrière, sont les deux branches de terminaison de l’artère poplitée, qui, suivant l’expression de M. Ribes , se trouve réellement à cheval sur la partie supérieure du ligament interosseux j les différentes ramifications artérielles secondaires sontgénéralementanastomosées entre elles; mais surtout le système antérieur communique avec le postérieur, à l’aide de petil;es branches qui traversent le ligament intero.sseux , et que l’on a[)pelle perforantes-, la ])éronnière antérieure en est la plus volumineuse. De petites artères anastomotiques existent encore eu dehors, unissant les niêmes systèmes ; nous avons une fois trouvé ces

CyiH ANATOMIK TOrOC.RA PII JQUK.

(Im-iilèrcs éiiorméincnl, développées, sur im cadavre ([iii avait une oblitération rnorliide de la jiartie supérieure de la tibiale antérieure. On a vu , à ^occasion du guenon, comment le système arl;ériel antérieur de la jambe communique avec celui de cette réeion , par le moyen deTartcre récurrente tibiale. Les petite.s veines profondesde la jambeacconipag^nentles artères, elles sont trèsvalvuleuses et disposées parpaires : les superficielles forment un réseau considérable en dedans et en arrière, et se rendent dans le tronc des veines saphènes interne et externe, qui elles mêmes ne font que traverser la région, sV accroissant cependant continuellement. Le système lymphatique de la jambe se composed’un ganglion placé en bas, sur le trajet desvaisseaux tibiaux antérieurs, de vaisseaux superficiels nombreux en dedans , se rendant dans lés ganglions superficiels de Faine , et de vaisseaux profonds, beaucoupplus rares, arrivant dans les ganglions poplités. Les nerfs de la jambe sont fournis surtout par les poplités externe et interne, ce sont les branches tibiale antérieure, mnsculo-cutanée, tibiale postérieure et saphène externe ; le saphène interne qui s’y rend aussi est une émanation du crural. Le tissu cellulaire de la jambe n’oflre rien de particulier, il est modifié en bourse muqueuse , au-dessous de l’expansion qui constitue la. patte-d’oie-, il renferme des vésicules adipeuses sous la peau seulement : celle-ci n’offre rien de particulier, si ce n’est les poils qui la hérissent en assez grande abondance.

,'io Rapports. — La peau , le tissu cellido-graisseux sous-cutané, et la lame superficielle de l’apo-

DK LA JAMJ3K.

névrose , telles sont les trois couches comnmiies an contour de la jambe. Comme dans tous les autres points des membres, la couche sous-cutanée est plus serrée , moins épaisse et moins graisseuse en avant, en dehors, et surtout en dedans,, qu’en arrière; elle renferme, .en dedans , la veine saphène interne, le nerf du meme nom, et le faisceau de vaisseaux lymphatiques superficiels le plus considérable; en dehors et en haut, elle contient quelque , petits filets terminaux du nerf inguino-cutané ; en dehors et en bas, le nerf musculo- cutané qui sort de sa position profonde, puisse divise en deux branches qui s’inclinent en avant; en arriéré et en haut , quelques filctsdu nerfeutané postérieur de la cuisse-; enfin en arrière et en bas , on y trouve la veine et le nerf saphènes , qui sortent de leur (^-aîne spéciale.

Sous V aponévrose en avant, on trouve la qaîiu’ antérieure, dans laquelle en haut, le jambier antérieur et l’extenseur commun des orteils réunis pai' une cloison, forment seuls un premier plan, qui adhère en avant à l’aponévrose, appuyé en arrière sur les os et le li{jamcnt iiiterosseux; tandis que plus bas, (■essantd’étre unis, les deux muscles quile forment, couvrent d’abord par leurrapprochement l’extrémité supérieure du muscleextcnseur propre du r;ros orteil, (jui les sépare ensuite tout-à-fait, et se place à leur niveau; plan enfin sur lequel, tout-à-fait endehors, nu voit aussi le muscle péronnicrantérieur, souvent

c onfondu avec l’extenseur commun des 01‘teils.

Ce plan musculaire antérieur, formé ainsi par deux muscles en ha ut, et par q uat.reen bas, estsilloimé

()3o ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE,

dans le jireiiiicr point, parmi seul iiiterstice, auquel deux autres se surajoutent inférieurement : le premier, unique en haut et interne dans son prolongement inférieur, peut être appelé tibial antérieur ; il est formé, en dedans, parle seul muscle jambier antérieur, en dehors, par l’extenseur commun en haut, et l’extenseur propre du gros orteil en bas, en arrière enfin , par le ligament inter-osseux j il renferme les vaisseaux tibiaux et péronniers antérieurs, qui y pénètrent directement d’arrière en avant , et le nerf tibial antérieur , qui y arrive par un tra jet oblique de dehors en dedans. Ce dernier est successivement placé en dehors, en avant et en dedans des vaisseaux; ce qui du reste varie. Les deuxième et troisième interstices sont peu importants ; l’un est formé par l’extenseur propre et le commun ; l’autre par ce dernier et le péronnier antérieur.

En dedans de la jambe , le tibia se trouve partout immédiatement sous-jacent à l’aponévrose, si ce n’est en haut, où il en est séparé par la patte-d’ oie , et par une bourse muqueuse fort humide, plus profonde que cette dernière partie.

En dehors, existe une forte gaine commune aux deux muscles péronniers latéraux,parmi lesquelsl’un superficiel et très long, mesure toute la longueur de la jambe, tandis que l’autre profond, estseiüement étendu à sestrois quarts inférieurs. En haut, et toujours dans la gaînequinousoccupe, entre les muscles long péronnier latéral, et le col du péroné, descend obliquement en avant, le nerf sciatique poplité externe, dontla branche tibiale antérieure passe immé-

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