‹ Traite d'anatomie topographique, ou anatomie des regions du corps humainChapitre 119 sur 132 · DE LA JAMBE · texte numérisé non relu

DE LA JAMBE

JJcduclions f/athologicfues cl opéralonTS. — On a fréquemment, occasion d’observer des ruptures partielles ou complètes, de quelques fibres des muscles du mollet ; les efforts violents que nécessitent de leur part, la marche, le saut, etc. , expliquent assez ces résultats.

Les plus simples percussions de la jambe, en dedans, et le long de la crête du tibia, causent des douleurs cuisantes , et sont à peine sensibles ailleurs. Ici l’anatomie nous apprend, que la peau est éloignée des os seuls points d’appui un peu résistants, par des masses musculaires élastiques qui amortissent les chocs ; là, au contraire , le rapport delà peau avec les os, est presque immédiat. Dans les premiers points , on voit des bosses sanguines se former aussi facilement que dans la région occipitofi’ontale , et sous l’influence des mêmes causes. Les plaies un peu profondes de la jambe, peuvent être compliquées de l’ouverture de ses principaux vaisseaux : de là souvent une impérieuse nécessité de mettre ceux-ci à découvert, afin d’en faire la ligature. Pouratteindrel’artëre tibialeantérieure,il suffit d’inciser, dans la direction d’une ligne menée delà tête du péroné, vers le milieu du coude-pied, direction que nous avons dite être celle de l’interstice de ce vaisseau, dont on aura soin d’éviter le nerf satellite, qui occupe la position indiquée; du reste on fléchira le pied, pour mettre dans le plus grand état possible de relâchement, les muscles antérieurs de la jambe, état qui permet de soulever l’artère plus facilement, surtout si on a soin de le faire avec un instrumenl.

ANATOMJK TOPOünAl'njOCK.

(•OLirhc , cl, ])oi‘r,é en diagonale dans J’inl;ers(,ice. fl (;sl, très facile de trouver en bas l’artère tibiale postérieure, entre le tendon d’Acliiile et le bord iiit(îrn(* du til)ia ; il faut sculenient ne pas perdre de vue, qu’elle estlog^ée dans la (}aî ne postérieure profonde , et par conséquent, qu’elle est séparée de la peau paideux lames aponévrotiqnes bien distinctes; elle doit être soulevée de dehors en dedans , pour éviter h; nerf qui l’accompa^jne en dehors. En haut de la jambe, cette même artère, couverte parla masse des muscles du mollet, paraît presque tout-à-fait inaccessible, surtout si l’on réfléchit que lê muscle soléaire qui la récouvre, s’insérant au bord interne du. tibia , doit être coupé, et qu’ainsi il est difficile de bien discerner le moment où l’instrument tranchant, justement arrivé dans l’interstice des vaisseaux, doit s’arrêter. Toutes ces difficultés, la dernière surtout, qu’il fa utavoiréprouvéespour les bien apprécier, ont fait souvent préférer à une lif^ature méthodique, une compression difficile et insuffisante. Je me suis appliqué à chercher dans la disposition anatomique des parties, quelque ^uide sûr, tjui put toujours lever les obstacles ; je l’ai trouvé dans la structure du soléaire. Ce muscle en haut, à deux lijTues du bord interne du tibia, sur sa face antérieure, celle qui est appliquée immédiatement sur le vaisseau, offre une aponévrose à laquelle l’incision doit toujours s’étendre : en effet, tant ({Li’on ne l’a pas rencontrée, on est certain d cire encore dans l’épaisseur du inucle; par sa section, on ouvre l’interstice des vaisseaux- fiCci étanl

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})OSi“, la lijjaturc de la (âbialc postérieure, eu haut, deviendra tiicile, si l’on pratique parallèlcjiiciit au bord interne du tibia, à deux lignes au moins (mi arrière de lui, nue incision qui doit comprendre la peau, le tissu, sous-cutané, laissant en dedans la saphène interne et son nerf satellite , mais intéressant l’aponévrose tibiale, le muscle soléaire et son aponévrose. Alors l’artère tibiale mise à nu, et seulement recouverte par une lame libreuse très mince de l’aponévrose jambière, doit être soulevée avec le soin d’éviter le nerf du même nom , qui la cotoic en dehors. L’artère péronnière est encore plus difficile à trouver que la tibiale postérieure : commepour arriver sur celle-ci, il faut, pour la trouver en haut, couper le muscle soléaire près de son attache au péroné, mais dans un lieu où malheureusement il ne présente plus l’aponévrose, qui sert de guide iiifaillil)le en dedans. En bas, au moment où elle s’applique contre le ligament intei;osseux , cette même artère peut être saisie, à l’aide d’une incision pratiquée sur le coté externe du tendon d’Achille, incision, qui doit comprendre les feuillets superficiel et profond de l’aponévrose jambière ; les muscles long fléchisseur du gros orteil et jambier postérieur , peuvent ensuite être seulement séparés , car l’artère est placée entre eux; mais si rincision première avait été faite près du bord postérieur du péroné, on pourrait aussi détacher de la face postérieu re de cet os, le muscle long fléchisseur propre du gros orteil, et l’on arriverait ainsi plus sûrement sur le ligament interosseux , sur lequel appuie l’arière. Dans le cas où l’on ne réussirai!, ]>as à trouver à la

parlic supérieure de la jaml)e, l’artère lésée, on pourrai!,porter uneligatiire sur la fin de la fémorale, ou sur la poplitée^ M. Dupuytren l’a foitaveesuceès, dans un cas où la tibiale postérieure avait été ouverte très haut, par une esquille de fracture. Toutefois en suivant cette pratique, il faudraitse m ettre en garde contre une hémorrhagie, suite presque nécessaire du rétablissement de la circulation, eomme le prouve au reste la pratique de MM. Guthrie et Bell. Les anévrysmes de la partie supérieure de la jambe, requièrent seulement la ligature de la fémorale; le rétablissement delà circulation sifacile, par les anastomoses des articulaires avec la récurrente tibiale, n’est pas alors un obstacle à la guérison , parce que jusqu’à la dilatation un peu grande des collatérales, la vélocité du cours du sang est médiocre dans la jambe , et qu’ainsi la tumeur a le temps de s’oblitérer. Un semblable traitement réussirait , sans doute , pour les anévrysmes plus inférieurs ; mais il convient mieux de lier l’artère malade elle- même , au-dessus et au-dessous de la tumeur, pour empêcher le sang d’y arriver par une marche rétrograde , en suivant les anastomoses naturellement très dilatées, que présentent en bas toutes les artères jambières. Dans les fractures de cette région, les fragments subissent fort peu de déplacement , si ce n’est celui que la cause fracturante peut elle-même déterminer ; deux raisons se présentent pour expliquer ce phénomène : la première , parce que les mêmes muscles s’insèrent sur les deux fragments à la fois ; la seconde, parce que s’il y a fracture de l’un des deux os seulement , celui qui est intact

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