‹ Traite d'anatomie topographique, ou anatomie des regions du corps humainChapitre 120 sur 132 · DE LA JAMBE · texte numérisé non relu

DE LA JAMBE

sert, Cil quelque sorte, d’attelle à l’autre. Néanmoins, dans les fractures complètes, on voit souvent les extrémités des fragments faire, en avant, une saillie angulaire, résultat produit parla contraction des muscles postérieurs, qui tiraillent l’une vers l’autre les extrémités opposées des fragments. Dans la fracture du péroné , les fragments sont entraînés vers le tibia , par l’action des muscles insérés à la fois sur les deux os, le jambier postérieur principalement. Il n’est aucune disposition anatomique capable d’expliquer la direction constante en bas et en dehors, de la fracture oblique du tibia. La station ne saurait avoir lieu, lorsque l’un des os de cette région est fracturé ; mais , pour des raisons différentes , suivant celui qui est affecté : si c’est le tibia, la jambe ayant perdu son axe, se refuse à supporter le poids du corps j le pied , au contraire , cesse de faire régulièrement ses fonctions, si la solution porte sur le péroné. La position superficielle en dedans du tibia, son volume, et sans doute aussi ses fonctions continuelles et pénibles, l’exposent plus que toutes les autres pièces du squelette à la nécrose. Lorsque l’on doit extraire le séquestre qui s’y trouve souvent renfermé dans un os nouveau, c’est la face interne de la région que l’on doit choisir pour faire les diverses incisions ; le petit nombre de parties molles qui recouvrent l’os de ce côté , explique assez ce précepte. Cette meme position superficielle de l’os qui sert de base à la janfbe, explique l’espèce de prédilection qu’affecte pour lui le virus syphiliti([ue , qui y détermine sou-

(y\o ANATOMIK TOPOCWIA fil JQL'K.

voiil, (les exostoses et; des périost.oses; la lr(^f[ueiice de (•{^s Uinicurs est nuaoe telle dans ces cas, (jue le médecin ne doit jamais omettre d’explorer ces points, sur un malade chez lequel il soupçonneune infection vénérienne ancienne et constitutionnelle. Les varices de la jambe sont très communes, elles se développent surtout en dedans, par la dilatation de la [grande saphène et de ses branches; elles sont moins communes, en arrière , dans la petite saphène, sans doute parce que, remontant moins haut que la première, la portion jambière de celle-ci, supporteaussi une colonne sang-uine moins élevée, que la partie correspondante de la saphène interne. Les abcès de la jambe sont rares en avant ; en arrière , au contraire, ils sont communs dans l’épaisseur du mollet : le pus qui les forme , peut fuser facilement entre les jumeaux et le soléaire, surtout au-devant de celui-ci; il peut venir du creux du jarret , ou même d’un lieu plus élevé, après avoir traversé le premier. L’amputation de la jambe s’exécute d’après une série de préceptes, tous fondés sur des données anal;omiques ; examinons-les successivement : D’abord l’opérateur se place en dedans, afin de pouvoir mener de front, la section des deux os places sur un plan oblique en dehors et en bas, lorsque la jambe est tenue horizontalement. On choisit, pour faire la section , un point placé quatre travers de doigt au-dessous de la tubérosité antérieure du tibia, parce que, à cette hauteur, 1 artère poplitée est divisée , l’artère nutricière du tibia n’occupe pas encore son canal de transmission , lest, en-

nE LA JAMBE. (5/|.

lions qui forment la patte d’oie sont conservés , et > avec eux, les mouvements de flexion du moignon , surtout enfin parce que la longueur de la jambe qu’onlaisse , est la plus favorable pour adopter commodément une jambe artificielle. Les muscles doivent être coupés en un seul temps jusqu à 1 os, parce que) excepté postérieurement , ils ne forment pas deux plans ) et que même dans ce lieu voisin de leurs insertions supérieures, ils sont à peu près également rétractiles. On réunit obliquement, d’avant en arrière et de dedans en dehors, pour faire correspondre à l’un des angles de la plaie, l’angle antérieur du tibia , qui comprimerait d’une manière nuisible l’un des lambeaux, si l’on agissait autrement, etaussi parceque le diamètre le plus étendu de la jambe offre cette direction. Béclard a proposé, pour empêcher la gangrène , suite de la pression de l’angle du tibia contre le lambeau antérieur, d’emporter obliquement cet angle, près Al’amputation de la jambe, on a toujours à lier les deux tibiales, la péronnière et des artères musculaires, notamment celles des jumeaux et du soléaire. Dans des cas d’hémorrhagies consécutives , suites de la même opération , au lieu de fatiguer le moignon par des tentatives irritantes et souvent infructueuses, on doit imiter la conduite hardie de MM. les professeurs Roux et Dupuytren , qui dans ce cas ont lié l’artère fémorale.

C’est avec beaucoup de raison que M. Ribes attribue la rétraction très forte des artères de cette région après son amputation, à la position qui a

ANATOMIE TOl'OGllAIMllQIJK.

é(,é signalée , de la (in de Tart-ère j)oplif,ée sur la partie supérieure du ligament interosseux, point (ixe vers lequel se retirent les premières.

•2" Coude-pifd.

Le coude-pied est l’angle de réunion de la jambe et du pied j c’est une région qui conq)rend le groupe des organes qui entourent l’articulation tibio-tarsienne, et qui s’étend deux travers de doigts audessus et au-dessous de la malléole.

Le coude - pied est beaucoup moins aplati que le poignet, son analogue dans le membre thoracique; son diamètre transverse, pris au niveau des malléoles, égale en longueur l’antéro-postérieur.

Quatre éminences bien marquées distinguent sa

surface extérieure : une postérieure appartient au

tendon d’Achille; une antérieure traduit au dehors » '

le faisceau des tendons fléchisseurs du pied, et est^ plus forte pendant la contraction de leurs muscles ; deux latérales, appelées malléoles, chevilles du pied, sont des reliefs osseux. Parmi ces deux dernières, l’interne est plus étendue d’avant en arrière , moins saillante, moins longue, et placée sur un plan plus antérieur que l’externe. Quatre enfoncements séparent les éminences précédentes ; ils sont disposés en avant et en arrière de chaque malléole, qu’ils détachent davantage; les deux postérieurs, séparés par la saillie du tendon d’Achille , sont plus prononcés que les antérieurs; les externes, plus que les internes.

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