‹ Traite d'anatomie topographique, ou anatomie des regions du corps humainChapitre 122 sur 132 · DU COUDE-PIED · texte numérisé non relu

DU COUDE-PIED

dedans; pour cela, beaucoup de chirurgiens se couteuleut d’appliquer l’appareil ordinaire des fractures de la jambe , en remontant l’attelle interne , et descendant très bas l’externe, de manière à comprimer la malléole de ce côté. M. Dupuytren emploie un appareil, dont l’action est fondée sur la très grande résistance de l’appareil ligamenteux de l’articulation tibio-tarsienne en dehors, et sur l’intégrité des ligaments péronéo-tarsiens dans la plupart des fractures du péroné. Ce professeur exerce, sur le sommet de la malléole, à l’aide des ligaments latéraux externes, une traction de dehors en dedans, en portant et fixant le pied dans l’adduction. Ce moyen fort ingénieux ne saurait pourtant convenir à tous les cas, notamment aux fractures produites, comme on l’a vu dans les entorses externes^ et compliquées de la rupture, ouau moins de la distension des ligamentslatérauxexternes.Lepremierappareil,que nous avons vu constamment employer avec succès par MM. Roux et Boyer, et que nous avons mis nous -memes en usage , est, au contraire, d’une application universelle. Dans les distensions violentes du coude-pied, il n’estpastrèsrared’observer la rupture des liens qui unissent l’astragale au calcanéum , la rotation du premier de ces os sur son axe, et sa luxation double sur la jambe et le calcanéum , maladie très grave, qui a nécessité souvent l’extraction de l’astragale luxé, mais que pourtant on a pu aussi quelquefois guérir par des moyens plus doux , par la réduction des parties déplacées. Les luxations ordinaires du pied, dans l’articulation tibio-tar-

sienne, ont tou jours un caractère fâcheux, à cause de la rupture des ligaments, circonstance aussi qui rend trèsfacilela réduction. L’hydarthrosedu coude-pied est fort commune : elle se traduit à l’extérieur par deux tumeurs, placées au-devant des malléoles; lieux en effet où l’articulation est le plus superficielle et le moins fortement soutenue. Les tumeurs blanches du coude-pied ne présentent rien de particulier. Il n’est pas rare de trouver des tumeurs synoviales sur les malléoles, chez les individus qui portent des chaussures élevées et étroites ; on voit en effet souvent le tissu cellulaire lâche de ces points, s’organiser enboursemuqueusesousl’influenced’une pressionlong-tempscontinuée.D’autresfoislespetites bourses muqueuses qui ont été signalées autour des tendons, en sont le siège précis. Il est plus rare de voir un véritable ganglion formé par l’accumulation de la synovie, dans la bourse muqueuse du tendon d’Achille. M. Roux a proposé, pour larésection des os de la jambe dans cette région, une méthode ingénieusement combinée d’après la structure de celle-ci : elle consiste à attaquer les os en dedans et en dehors, et à prolonger, les incisions nécessaires en avant, mais

seulementjusqu’au faisceau des tendons fléchisseurs,

qu’il importe de ménager. L’extirpation du pied , bien qu’indiquée par Hippocrate ^ comme peu grave, ne doit point être pratiquée , d’abord parce qu’elle laisserait à nu une surface osseuse très large, que l’on pourrait à peine recouvrir avec des lambeaux

' Hippocrate, De articidis.

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