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DE MOUVEMENTS

§ I. — l''rncliii'es.

Ce n'est que dans des circonstances exceptionnelles qu'il convient de recourir aux aneslhésiques dans le traitement des fractures. M. Maisonneuve (1) a conseillé de s'en servir dans certains cas de diagnostic douteux, pour favoriser la crépitation caractérisLiquc. Nul doute que l'annihilation de la contraclililé musculaire ne place les parties molles dans d'excellentes conditions pour permettre le contact des fragments osseux. Mais quelle indication thérapeutique nouvelle surgira d'un diagnostic plus rigoureux obtenu de cette façon? Si la crépitation est indispensable pour éclairer le chirurgien, c'est que les autres signes de la fracture qu'il importe surtout de connaître pour diriger le traitement, tels que les divers déplacements des fragments , le raccourcissement du membre, etc. , font défaut. Dès lors, que l'on ait ou que l'on n'ait pas constaté la fracture d'une façon certaine, les indications restent les mêmes, puisque, dans les cas où le doute subsiste, il est recommandé d'agir comme si l'on avait la certitude d'avoir affaire à une rupture osseuse. Ily a delà sorte un peu moins de précision dans le diagnostic, mais aussi plus de sécurité. 11 n'en est plus de même pour certains cas de réduction difficile, quand on la suppose entravée par des contractions mus-

(1) Gazelle des hôpilaux, 1847, p. 259.

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culaires puissantes, qui maintiennent les fragments immobiles et dans une situation vicieuse, ou interposent entre eux quelques faisceaux charnus que l'état de contraction empêche de déplacer. C'est surtout dans les cas de fracture très oblique du fémur que les agents anesthésiques ont rendu des services entre les mains de plusieurs praticiens. M. Bouisson (1) en recommande également l'usage toutes les fois que l'état général du blessé, la disposition des fragments en pointes acérées, déterminent, à la moindre tentative, des phénomènes nerveux ou des convulsions. Il v aurait aussi avantage à employer le chloroforme dans certains cas de fractures compliquées, avec issue des fragments. Les muscles irrités agissent énergiquemenl sur ces derniers, provoquent au loin d'autres contractions synergiques, et rendent la réduction parfois si difficile, que l'on serait forcé, sans lui, de réséquer toute la portion d'os faisant saillie au dehors.

Toutes les fois que l'on croit devoir employer le chloroforme, il faut pousser l'anesthésie jusqu'à la résolution musculaire complète. Il est en outre plus nécessaire que jamais de s'opposer aux mouvements du blessé pendant les inhalations ; ceuxci, communiqués au foyer de la fracture, ne pourraient qu'augmenter les désordres et devenir le point de départ d'excitations réflexes, dont le moindre inconvénient serait de rendre interminable la période prodromique. Quelques auteurs, afin d'éviter toute excitation, ont donné le conseil d'avoir recours exceptionnellement aux inhalations brusques. Sans doute, le moyen serait efficace, mais il nous paraît entouré de trop de dangers. D'ailleurs, les inhalations lentes et suffisamment graduées, en même temps qu'elles offrent plus de sécurité, permettent aussi d'éviter, ou tout au moins d'atténuer considérablement la période d'excitation.

(I) Bouisson, ouw. cite', p. 461.

58/i APPLICATIONS DE L'ANESTHÉSIE AUX OPÉRATIONS SPÉCIALES.

§ II. — liiixntiouM.

Le traitement des luxations est sans contredit le point de pratique qui fournir, les plus belles et les plus nombreuses applications de la méthode aneslhésique. De tout temps, la contraction des muscles a été considérée comme le plus puissant obstacle à la réduction.

On n'avait d'autres ressources, pour en triompher, que les tractions violentes, mais celles-ci, en même temps qu'elles luttaient contre l'énergie musculaire, causaient de vives douleurs, et par conséquent provoquaient de nouvelles contractions et augmentaient la résistance, en sorte que les deux effets tendaient à se détruire dans une certaine mesure. Placé dans celte espèce de cercle vicieux, le chirurgien, pour atteindre son but, se voyait forcé de recourir à un déploiement de forces considérable, la plupart du temps efficace, quelquefois insuffisant , d'autres fois la source de graves complications. 11 survenait des contusions, des déchirures de la peau au niveau des points qui supportaient l'effort et la pression des lacs, parfois même des ruptures de muscles, de vaisseaux, de troncs nerveux. Bérard, MM. Denonvilliers et Malgaigne ont même déterminé des fractures de l'humérus et du fémur pendant des tentatives de ce genre. Il est vrai de dire que dans la plupart de ces cas les luxations n'étaient point récentes. Avant la découverte des anesthésiques, on avait cherché, par tous les moyens possibles, à combattre cette contraction musculaire. On peut même dire que la plupart des procédés d'anesthésie locale ou générale dont nous avons parlé précédemment n'avaient pas d'autre objet. La distraction morale, le vin et les spiritueux, la compression de l'artère principale du membre, le froid, le bain chaud, la saignée, recommandés tour à tour ou accidentellement utilisés, témoignent au moins de l'importance du but qu'il fallait atteindre.

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