ÉTHÉRISATION PAR INHALATIONS PULMONAIRES
pendant, ropération, et de s'éclairer sur la quantité de liquide volatil contenu dans l'appareil. Elle permet aussi de s'assurer si les produits de sécrétion, si abondants pendant l'administration de l'éther, refluent dans le récipient.
La forme, la capacité de ce vase ont subi diverses modifications; au matras ordinaire à deux tubulures, on a substitué d'abord, comme dans les appareils de MM. Robinson, Charrière, Luer, une lanterne ou une carafe à fond plat et de grande dimension, puis un petit flacon cylindrique adopté surtout depuis la substitution du cbloroforme à l'éther. Ce récipient est toujours muni de tubulures ou tout au moins d'un col destiné à l'adaptation du système aspirateur ; afin d'augmenter les surfaces d'évaporation, on a pris le soin de disposer dans la capacité du récipient tantôt une éponge ou de la charpie, tantôt un diaphragme mobile formé d'un tissu perméable, tantôt une couronne de papier plissé et non collé, ou une spirale métalhque et élastique recouverte d'un tissu de tricot épais et à claire-voie (1), tantôt enfin une surface métallique à rainures concentriques destinées à retenir le liquide anesthésique au fur et à mesure qu'il arrive dans le récipient (2). Quelques personnes ont substitué au verre des parois métalliques ; d'autres ont réduit à de très petites dimensions la capacité du récipient, afin de pouvoir le chauffer avec la main et favoriser ainsi l'évaporation. Pour mieux régler l'émission des vapeurs, Smée avait imaginé d'adapter à un récipient métallique un réservoir d'eau, maintenu à une température constante de 15 degrés (3).
2" he système de tubes se compose de deux parties.
La première, que l'on peut désigner sous le nom de tube d'appel, est destinée à conduire l'air extérieur dans le réci-
(1) Charrière, Notice sur les appareils qui peuvent servir à l'inhalation do Vélher et du chloroforme.
(2) Anesthdsimèlre Duroy, décrit dans le rapport lu à la Société médicale d'énmlalion, par L. Lallemand, p. 67.
(3) Médical Times, 30 janvier 1847.
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piqnt : elle peut êlre représentée par un tube plongeur de verre ou de cuivre, qui traverse à frottement l'une des tubulures ou l'armature disposée au goulot du récipient. Ce tube doit pénétrer assez avant pour que son orifice vienne effleurer la surface du liquide ; les vapeurs d'éther et de chloroforme étant plus denses que l'air, se mêlent difficilement à lui et exigent que le courant vienne en quelque sorte lécher la surface d'évaporation. Dans certains appareils, le tube plonge même dans le liquide de façon à déterminer un certain bouillonnement qui accélère notablement la formation des vapeurs. Ce tube d'appel doit être large etproporlionné dans ses dimensions au diamètre même de la trachée. Au heu d'un seul tube, il peut y en avoir deux disposés symétriquement sur l'armature du récipient. On y a ajouté le plus souvent un robinet, dans le but de régler la quantité d'air que l'on veut faire arriver dans le récipient.
Dans plusieurs appareils, et en particulier dans ceux de MM. Sait (1), Charrière et Esler (de Strasbourg), le tube plongeur a été remplacé par des trous nombreux dont est persiUé le fond du récipient. 11 est clair que dans ces cas le liquide aneslhésique doit être intégralement absorbé par le corps poreux disposé à cet effet. Pour arriver au même résultat, c'est-à-dire pour diriger le courant d'air à travers le liquide, M. Charrière (2), mettant en pratique les modifications de M. Sait, construisit un appareil entièrement métallique qui offre ceci de particulier : la partie inférieure du récipient destinée à contenir le liquide anesthésique représente un fond de boîte couronné par un pas de vis. L'épaulement est garni d'une rondelle de cuir, et immédiatement audessus de celte rondelle sont pratiquées des ouvertures oblongues dans toute l'étendue de la circonférence de cette pièce qui sert- de réservoir. Sur celle-ci se visse un cylindre dans
(1) Pharmaccutical Journal, avriri847.
(2) Charrière, Notice dire, p. 7.
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lequel se met un diaphragme imprégné d'éther. Pour activer ou modérer le courant, il suffit de découvrir plus ou moins les ouvertures qui servent de tube d'appel, ce qui se fait en vissant ou en dévissant le cylindre supérieur monté sur le réservoir.
La. deuxième partie du système de tubes , plus spécialement désignée sous le nom d'aspirateur, facilite l'écoulement du mélange anesthésique vers l'appareil pulmonaire. Primitivement construit en verre ou en métal, cet aspirateur se fait aujourd'hui de caoutchouc vulcanisé, ce qui permet de l'accommoder plus facilement aux différentes positions du malade. Il s'adapte au récipient à l'aide d'une tubulure spéciale ou de l'un des trous dont est perforée l'armature du col. L'extrémité libre qui plonge dans l'appareil ne doit pas avoir plu^ de quelques centimètres. La longueur totale de l'aspirateur est elle-même très variable : à peine de quelques centimètres dans l'appareil de MM. Sait et Esler, il a dans les appareils de MM. Charrière, Duroy, Luer, environ 30 centimètres. Son diamètre, primitivement exigu, a été agrandi ; d'après les observations de MM. Gavarret, Jules Cloquet et Bonnet (de Lyon), op lui a donné au moins le calibre de 'a trachée.
Le tube aspirateur en dehors des cas où l'inhalation se fait par la narine, comme dans l'appareil primitivement employé par M. Malgaigne et renouvelé depuis par M. le docteur Faure, se termine par une pièce spéciale nommée embouchure, destinée à couvrir la bouche ou le nez , ou bien à envelopper à la fois les deux orifices. L'embouchure buccale doit s'appliquer hermétiquement sur le contour de la bouche. A cause des différences individuelles qui existent sous le rapport de la grandeur de cet orifice et du relief des lèvres, il est indispensable d'avoir à sa disposition des embouchures de diverses grandeurs. Quelles que soient les précautions prises, il arrive que certains sujets trouvent toujours le moyen de respirer en dehors de l'appareil. Pour éviter cet inconvénient,
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M. Bouisson a judicieusement proposé de substituer au rnaillechort ou à l'argent le caoutchouc, qui est plus souple et plus efficace. M. Jules Cloquet nous paraît être le seul qui ait fait disposer l'extrémité de l'aspirateur de manière qu'elle puisse être adaptée à l'orifice des narines (1) .
C'est à Bonnet et M. Ferrand (de Lyon) que l'on est redevable d'avoir substitué à l'embouchure brdinaire une espèce de masque destiné à couvrir la bouche et le nez. Ce masque, assez spacieux pour loger les orifices des voies aériennes, s'appUque sur la face, et pour que le contact soit plus intime, on interpose un coussin de caoutchouc de 5 à 6 millimètres d'épaisseur, rempH d'air et percé de deux ouvertures, l'une pour les narines et l'autre pour la bouche. Le masque est fixé par des rubans derrière la tête. La modification de Bonnet et Ferrand imaginée pour l'administration del'éther, a été depuis adoptée pour la chloroformisalion par Amussat, puis par M. Esler (de Strasbourg), dont l'appareil emprunte une certaine célébrité à la pratique si heureuse de M. le professeur Sédillot,
Afin qu'il soit possible , pendant les inhalations, de faire respirer de l'air pur au malade sans déranger l'appareil, M. Charrière (2), dans ses derniers modèles d'appareils, a pratiqué une ouverture au tuyau aspirateur dans la partie opposée à l'embouchure. Pendant l'inhalation des vapeurs, une virole mobile recouvre cette ouverture ; si l'on veut mêler une quantité d'air pur égale au moins à la quantité d'air chargé de vapeurs, il suffit de tourner cette virole jusqu'au trou de rencontre.
Enfin, un robinet est adapté à la naissance de l'aspirateur dans le but de faire varier au gré de l'opérateur la quantité du mélange anesthésique. On conçoit que le jeu simultané de ce robinet et de l'opercule disposé sur le tuyau d'aspiration
(1) Charrièru, Notice cilée, p. 7.
(2) Idem, ibid., p. il.