JÊTHÉRISATION PAR INHALATIONS PULMONAIRES
permet de diluer à volonté les vapeurs, de rendre ainsi, pendant l'administration de l'éther, moins longue, moins laborieuse, la période d'excitation, et d'épargner au malade ce sentiment de suffocation si pénible que déterminent les premières aspirations d'un air saturé de vapeurs d'éther.
Les robinets du tube d'appel et de l'aspirateur ont été remplacés par un seul robinet à effets multiples. Ce robinet donne tantôt de l'air pur, tantôt de l'air éthéré , tantôt un mélange variable des deux ; il suffit de le tourner lentement pour administrer d'abord de l'air pur , puis de l'air chargé de vapeurs en proportion croissante. Par cette combinaison ingénieuse, la seule rotation de la clef du boisseau règle en même temps la dépense de la vapeur d'éther et l'aspiration de l'air atmosphérique : les deux ouvertures du boisseau se contrôlent mutuellement; l'une est d'autant plus apparente que l'autre l'est moins, et celle qui donne passage à l'air pur dans l'aspirateur ne disparaît entièrement que lorsque celle qui donne accès à l'air extérieur dans le réservoir est complètement ouverte.
3° Les soupapes remplissent un rôle très important dans le fonctionnement de tous ces appareils mécaniques ; ce sont elles qui permettent de se passer de l'intervention de la volonté du malade. Leur but principal est d'empêcher la pénétration des produits de l'expiration dans le récipient et de permettre leur expulsion au dehors. Deux soupapes suffisent. Elles sont placées le long du tube aspirateur : l'une, disposée à son extrémité interne et qu'on peut appeler soupape d'inspiration, s'ouvre de dedans en dehors par rapport au récipient, sous l'influence du mouvement d'aspiration, comme la soupape d'une pompe aspirante; l'autre, qu'on peut appeler soupape d'expiration, placée le long du segment supérieur du môme tube, sur un point quelconque de l'espace qui sépare la première soupape de l'embouchure, s'ouvre également de dedans en dehors, mais par rapport à l'axe du tube lui-même et pendant l'expiration, comme cela arrive dans la pompe foulante. Ces soupapes peu-
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vent être remplacées par des valvules métalliques ou clapets articulés sur un point quelconque de leur circonférence avec le pourtour de l'oriiice qu'ils sont destinés à fermer. La soupape d'expiration se ferme d'elle-même par son propre poids ; la soupape d'inspiration se ferme en partie par son poids, en partie par l'impulsion du courant d'air de l'expiration. On a ajouté à certains appareils une troisième soupape qui s'ouvre pendant l'inspiration, et qui est adaptée à l'orifice interne du tube d'appel. Elle permet, si le réservoir est transparent, de juger quel effet produit l'aspiration, et surtout elle empêche toute déperdition de vapeurs.
M. Brisbart-Gobert a proposé de remplacer les soupapes ordinaires par des soupapes sphériques de liège, roulant dans des loges de verre ou de treillis métallique, et qui sont employées depuis longtemps dans l'industrie, et en particulier dans la fabrication des pompes. Elles offrent le grand avantage d'être mises enjeu par une puissance beaucoup moindre, de ne point se dégrader facilement, et de traduire à l'œil la manière exacte dont fonctionne l'appareil ; aussi ont-elles été adoptées par la plupart des fabricants d'appareils.
Il" Au lieu d'introduire en une seule fois une certaine quantité de liquide anesthésique dans le récipient, plusieurs expérimentateurs ont imaginé de le faire arriver goutte à goutte ou en proportion déterminée, afin de graduer, dans une certaine mesure, la formation des vapeurs en graduant l'émission de leur liquide générateur. Plusieurs expédients ont été employés pour arriver à ce but : le plus simple est celui de M. Char- Hère, qui s'est contenté de surmonter le robinet à effets multiples d'une espèce de cupule ou d'entonnoir à l'aide duquel on peut introduire dans l'appareil une quantité déterminée d'éther ou de chloroforme.
Bonnet et M. Ferrand, dans leur appareil modifié, ont rempli cette indication à l'aide d'un réservoir de verre gradué, d'une capacité de 60 grammes, et disposé sur un coude que forme leur tube d'appel avarit de pénétrer dans le récipient. Ce
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réservoir est fermé à sa partie supérieure par un bouchon à l'émeri que l'on lient soulevé à l'aide d'une carte lorsqu'on veut laisser couler l'élher, et à sa partie inférieure par un roj binet qui permet de graduer l'écoulement du liquide.
Notre collaborateur M. Duroy (1), à l'aide d'un mécanisme aussi simple qu'ingénieux, a rendu cette graduation beaucoup plus délicate et plus facile. Le chloroforme renfermé dans un réservoir gradué muni d'un robinet semblable à celui de l'appareil dont nous venons de parler, tombe régulièrement dans !^ un petit flacon à large ouverture fixé dans le récipient; deux siphons, garnis intérieurement de mèches de coton, plongent par leur courte branche dans ce petit flacon, s'amorcent d'euxmêmes par la capillarité, et versent le chloroforme goutte à goutte sur un plateau métalUque concave qui sert de surface d'évaporatidn. Un régulateur qui est mis en mouvement à l'aide d'un écrou placé en dehors du récipient permet d'enfoncer et d'écarter plus ou moins les deux siphons, et consép quernment de faire tomber le chloroforme plus ou moins vite s et sur une surface plus ou moins étendue, de façon à pouvoir c augmenter ou raréfier à volonté les vapeurs anesthésiques.
Ce simple aperçu suffît pour faire comprendre le rôle que sont appelées à jouer les diiîérentes pièces de l'inhalateur mécanique. Quel que soit l'artifice de leur disposition, elles doivent satisfaire à une double indication : d'abord, favoriser l'établissement d'un courant d'air sans cesse renouvelé qui traverse le récipient et pénètre dans les poumons, et puis déterminer le mélange à l'air, mis en mouvement de la sorte, d'une certaine quantité de vapeurs d'éther ou de chloroforme. Pour que le courant d'air puisse s'établir dans un appareil bien ajusté, deux conditions sont indispensables : la première, c'est que les soupapes fonctionnent bien, ce dont il est très facile de sè rendre compte avec les soupapes sphériques ; la deuxième, c'est que l'embouchure intercepte toute communication directe
(1) HappoH ciié.