COMPOSITION DES MÉLANGES ANESTHÉSI^UES
à l'azote, calculés pour un même volume de mélange, ont été trouvés comme il suit :
1" expérience faite à 8 degrés
Air 82,3^
(Oxygène ... 17,2 Azote 65,4
Vapeur d'élher . 17,7 82,3
2' expérience faite à 1 0 degrés :
Air 66,6
(Oxygène ... 1 3,9 (Azote 52,7
Vapeur d'éther . 33,4 gg g
3* expérience faite à 1 5 degrés :
Air 64,6
Vapeur d'éther . 35,4 g
(Oxygène . . . <3,5 (Azote 51,1
M. Lassaigne conclut de ces expériences que l'air éthéré fourni par les appareils inhalateurs de faible capacité présente, à cause de l'excès d'éther qu'ils contiennent, la composition de celui qui est indiqué dans la troisième expérience, c'està-dire qu'il ne renfermerait plus que 13 à 14 pour 100 d'oxygène, proportion inférieure à celle qui existe dans les produits de l'expiration. Nous croyons devoir faire une réserve à l'égard de pareilles déductions. Les conditions expérimentales dans lesquelles s'est placé M. Lassaigne lui permettaient, comme il l'indique, d'obtenir facilement la saturation, en sorte que l'augmentation de volume à chaque température représentait la tension maximum. Or, les conditions dans lesquelles fonctionnent nos appareils inhalateurs indiquent assez qu'ils ne fournissent pas une saturation complète de la colonne d'air qui les traverse ; c'est ce qui d'ailleurs a été démontré par M. Doyère dans les recherches relatées plus haut. Il y a donc dans la proposition de M. Lassaigne une cause d'erreur qu'il nous suffît de signaler pour en faire apprécier l'importance.
COMrOSITlON DES MÉLANHES ANESTIIÉSIQUES.
M. Renault (d'Alforl) (1) a fait aussi connaître les proportions d'air et d'élher contenues dans les mélanges gazeux qui lui avaient servi à provoquer l'anesthésie chez différents animaux, et en particulier chez des chiens. Ceux-ci avaient été renfermés dans une boîte close où l'on dirigeait un courant contenant des vapeurs d'éther, c'est-à-dire placés dans des conditions comparables à celles que représentent la plupart des appareils à air confiné. Après vingt-cinq ou trente minutes d'expérience , temps indispensable pour déterminer une complète insensibilité, l'air contenu dans la boîte fut soumis à l'analyse; celle-ci, faite par M. Lassaigne, a donné les résultats suivants :
Dans une première expérience , 100 parties d'air puisé dans la boîte après que l'animal y avait séjotirné pendant vingt minutes, contenaient en volume :
Air atmospliérique. 95,88
Vapeur d'éther , . 4,1 2
Dans une seconde épreuve, 100 parties d'air puisé après trente-deux minutes d'expérience contenaient :
Air atmosphérique 95,90
Vapeur d'éther 4,1 0
Ainsi il suffit d'un mélange contenant un peu plus de 4 pour 100 de vapeur d'éther pour produire chez un chien de moyenne taille tous les phénomènes de l'anesthésie confirmée.
Ce que M. Renault avait fait en France avec l'éther, M. Snow l'a exécuté en Angleterre avec le chloroforme (2). Il a constaté que lorsque l'on place un animal adulte , tel qu'un chien, un chat, un cochon d'Inde, dans un bocal conte-
(1) Bulletin de l'Académie do médecine, t. XIV, p, 281.
(2) Snow, oiivr. cit., p. 32 et suiv.