TERMINAISON
§ 11. — Terminaison.
Après le sommeil de l'élher, l'aclivité ibnctionnelle rcnail progressivement, reproduisant, dans une nouvelle série ascendante, les principaux traits de l'ivresse initiale. Les effets des anesthésiques se dissipent en général plus vite qu'ils ne se produisent. Dans certains cas même, la période de retour manque totalement ; le patient, sous l'influence d'une excitalion passagère, se réveille brusquement comme d'un sommeil naturel, paraît fort étonné de la mise en scène qui l'entoure, et cherche visiblement à rétablir l'ordre interrompu des phénomènes psychiques. Ce mode de terminaison appartient aux éthérisations de courte durée. En général, la durée du réveil est proportionnelle à la durée de l'éthérisation. La sensibilité reparaît en premier lieu ; il en résulte que si l'on a cessé trop tôt les inhalations, les derniers temps de l'opération, par l'ébranlement nerveux ou la douleur qu'ils provoquent, troublent le rétablissement des fonctions. La période d'excitation de retour est habituellement telle que l'a faite l'opérateur : bruyante, longue, dangereuse, si l'opération inachevée réclame encore quelque intervention inopportune ; calme, de courte durée, si le réveil est confié aux seuls efforts de la nature.
Chez quelques sujets, on observe à ce moment une curieuse réminiscence. Pendant les progrès de l'anesthésie, les dernières manifestations de la conscience sont brusquement interrompues pour faire place au silence de la vie végétative ; il arrive qu'à l'heure du réveil, ces manifestations reparaissent avec le môme caractère, comme si l'esprit, à mesure qu'il sort de sa torpeur, subissait encore l'influence des dernières impressions qui précédèrent son sommeil.
Nous venons d'indiquer comment les choses se passent dans la grande majorité des cas ; dans quelques circonstances les effets de l'anesthésie persistent plus longtemj)s, et le retour à la vie, au lieu de s'etl'ccluer dans cinq ou six
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miniilos, peut exiger quarante minutes et même plusieur: heures, comme dans l'observation rapportée par M. Hcyfcldei Mais les faits de ce genre sont si rares avec l'éllier, qu'on peu établir en règle générale, que les phénomènes anesthésique tendent à disparaître ou cessent de s'accroître du moment qu» l'on en suspend l'usage ; il n'en est pas de même avec le chloro forme. Les chirurgiens ont constaté depuis longtemps que cer tains opérés ayant le pouls plein, la respiration régulière, le membres doués d'une grande force de résistance quand on cess« la chloroformisation, tombent tout à coup dans un état de pros tration inquiétante, et même d'anéantissement absolu. Cetl' véritable aggravation consécutive des phénomènes éthériques à la suite de l'administration du chloroforme, a été plus spé cialement signalée par MM. Sédillotet Robert ; elle mérite tout, l'attention que ces chirurgiens lui ont accordée. On larenconlr. de préférence chez les sujets affaiblis par l'âge, par certaine maladies, les excès, la misère : dans ces conditions, le systèm nerveux, devenu très impressionnable, ressent vivement IC' atteintes du chloroforme, et contrairement à la règle ordinaire l'anesthésie apparaît rapidement, mais se dissipe lentemeni en laissant à sa suite des traces plus ou moins profondes, importe de savoir apprécier cette susceptibilité exceptionnell et les conditions habituelles de sa manifestation, afin de hjj prévenir par une abstention complète, ou d'y remédier pa des inhalations très peu énergiques et fréquemment interronr, pues. Toutefois nous n'hésitons pas à conseiller encore di conduire l'anesthésie jusqu'à la période chirurgicale, et de 1'' maintenir pendant tout le temps nécessaire. Ce n'est pas su la durée des inhalations que la prudence, éclairée par di pareils exemples, doit s'exercer, mais bien sur l'activité dl mélange gazeux dont l'insuffisance calculée ne doit conduiri au but qu'avec mesure et une extrême lenteur.
MODE d'action DES AGENTS ANESTIIÉSIQUES.