‹ Traité d'anesthésie chirurgicaleChapitre 41 sur 133 · DURÉE · texte numérisé non relu

DURÉE

-uerre d'Orient, si nous nous en rap|)oi'lons à noire observation |)ersonnelle et aux divers Iravaux des médecins militaires publiés sur cette campagne.

La même résistance aux anestbésiques se rencontre aussi chez certains sujets dont l'organisation ou l'état moral n'offrent rien de particulier. M. Robert a seulement remarqué dans sa pratique, qu'ils étaient affectés de maladies de l'anus ou des organes génitaux (1). Nous avons déjà dit que plus la personne appartient à une classe éclairée, plus elle est réfractaire aux inhalations ; l'homme puise dans l'habitude de réfléchir une force de résistance spéciale, dont les effets se traduisent par une période prodromique plus longue, plus accidentée.

En dehors de ces conditions particulières, il faut, en moyenne, pour atteindre la période chirurgicale, huit minutes avec l'élher, et de quatre à six avec le chloroforme.

A partir du moment où l'on cesse les inhalations, le sommeil est d'assez courte durée. Entre les mains de Hénot(2), la durée moyenne de l'insensibilité produite par l'éther a été de trois minutes à peu près; ses termes extrêmes ont été, au minimum, d'une minute, et au maximum, de cinq minutes trente secondes.

M. Bouisson (3) accorde également au sommeil éthéré une durée qui varie de trois à cinq minutes. L'auteur ajoute, < quel que soit l'agent qu'on emploie » ; nous pensons qu'il existe sur ce point une différence appréciable entre l'éther et le chloroforme. Les effets du chloroforme sont plus persistants, et par des observations multipliées nous avons constaté que leur durée dépasse cinq minutes. On doit se mettre en garde contre un état insidieux qui peut facilement donner le change. Au sommeil profond, avec résolution musculaire complète, succède assez souvent, sans transition apparente, un sommeil aussi calme, mais pendant lequel la sensibihté,réveillée

(1) Bulletin de la Société de chirurgie, l, IV, p. '2'iO.

(2) Hénot, Mém. cité.

(3) Bouissun, auvr. ci(c, p. 326.

178 DURÉE Eï TERMINAISON DE l'ANESTUÉSIE.

de sa torpeur, ramène, suus l'influence de la moindre excitation périphérique, le désordre et tout l'imprévu de la période initiale.

L'anesthésie confirmée une fois obtenue, on peut, en continuant les inhalations, l'entretenir au même degré, avec la même expression, aussi longtemps que l'exige l'opération la plus longue, la plus minutieuse, sans que l'on ait à redouter l'apparition des efl'ets de l'éthérisme organique. Les annale> de l'art renferment trop d'exemples pour qu'il soit possible dr les reproduire ici, de sujets soumis sans préjudice aux inhalations éthérées pendant une demi-heure, trois quarts d'heur* et même une heure et demie ; la seule précaution à prendre c'est de diminuer suffisamment la quantité des vapeurs inha lées, ou bien encore de procéder par inhalations intermittentes prenant toujours pour guide, dans l'un comme dans l'autrf cas, la nature des effets obtenus. Nous insistons sur ce poin important, parce que nous désirons faire partager cette con viction, que la meilleure chloroformisation est celle qui entre tient l'anéantissement des forces jusqu'à la fin de l'opération ; l'aide d'inhalations méthodiquement continuées. En procédan de la sorte, on évite ce que la pratique des hôpitaux met ; même d'observer journellement : des opérations pendant les quelles le malade ne cesse de crier, de s'agiter, s'il n'arriv^ que le retentissement causé par l'acte sanglant ramène de mouvements excessifs contre lesquels lutte en vain l'habilet de l'opérateur. Force est alors de rendre le chloroforme pou continuer une opération que l'on sera peut-être obhgé d'interrompre encore une deuxième, une troisième fois. Ajoutons une fois de plus, que la plupart des accidents mortels observé jusqu'à ce jour, ont éclaté soudainement au milieu de ce tergiversations.

Page 1