‹ Traité d'anesthésie chirurgicaleChapitre 4 sur 123 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

Par rexamen des faits, on ne tarde pas à acquérir la conviction que l'éthérisation chez l'honime diffère radicalement, sur certains points, de Téthérisation chez les animaux.

Ici l'action anesthésique est en raison directe du titre du mélange stupéfiant et de l'énergie de la fonction respiratoire. On peut donc à l'avance, quand on en a acquis l'habitude, contenir sûrement l'anesthésie dans des limites précises, on pourrait dire rigoureuses.

Là, au contraire, l'énergie de l'effet ne répond plus à l'intensité de la cause. L'homme possède des susceptibilités nouvelles que l'agent met enjeu. En dehors de l'action régulière et progressive qui persiste toujours, surgissent d'autres perturbations contingentes, dont les manifestations jettent le trouble dans l'ordre des phénomènes de l'éthérisme, ou en suspendent l'évolution par un arrêt brusque, parfois définitif des mouvements du cœur.

Ces défaillances organiques imprévues ne sont pas un des moindres problèmes livrés aux méditations du physiologiste, occupé de suivre la vie à tous ses degrés dans sa lutte contre les éthers.

Elles font de la chloroformisation chez l'homme une étude difficile et toute spéciale, de même que les conditions biologiques et psychiques de son existence font de lui un type sans analogue dans le règne animal.

Si, par son intelligence, il a une manière d'être qui n'appartient qu'à lui, il a aussi une manière à lui de réagir et de cesser de vivre pendant la chloroformisation. Ainsi se trouve corroboré jusque dans cette fâcheuse aptitude l'un de ses caractères fondamentaux, l'exclusivité.

Des considérations plus pressantes nous faisaient un devoir d'approfondir, dans la limite de nos forces, cette particularité biologique. Là, en offot, abstraction faite de toute impi'udence.

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