PRÉCAUTIONS PRÉLIMINAIRES
Nous ne savions à quelle cause attribuer tant de désordres, lorsque des vomissements copieux de matières alimentaires vinrent nous tirer d'embarras. Cette cause de désordres éloignée, la cbloroformisation suivit un cours régulièrement progressif. Des faits analogues ont été observés cbez l'homme, assez fréquemment pour que nous ayons rangé la réplétion de l'estomac parmi les causes déterminantes les mieux démontrées des accidents. Ce qu'il y a de fâcheux à cet égard, c'est que, comme le fait observer M. Robert, les malades se persuadent facilement que si on leur défend de manger avant la cbloroformisation, ils peuvent boire impunément. La réplétion de l'estomac par les liquides est tout aussi préjudiciable que par les solides. Tel n'est pas l'avis de ce chirurgien anglais, tant un hasard heureux peut enfimter de préceptes! qui recommande de donner aux malades avant l'éthérisation une certaine quantité de vin ou mieux d'alcool, dans le but d'entretenir l'activité du cœur, quand le sujet est sous l'intluence anesthésique (1). Il paraît que cette pratique n'a eu jusqu'alors aucune influence ûlcheuse. Nous comprenons trop peu l'utilité d'une pareille précaution pour en tenir compte. La diète doit être absolue : il est indispensable de l'apprendre au malade et de s'assurer, avant d'agir, qu'il n'a ni bu ni mangé.
Ainsi que nous l'avons dit, nous pensons qu'il serait préjudiciable de donner du chloroforme après une abstinence prolongée, énervante : à cet égard, la pratique des hôpitaux dans lesquels on ne fait les opérations que vers dix ou onze heures du matin laisse quelque peu à désirer.
^ II. — 4'lioi\ (!ii lieu (le la ehlorororiiiisaliosi.
M. James Miller (2) a conseillé d'endormir les malades à leur lil, avant de les transporter à la salle des opérations. Si nous
(1) The netrosp. ofmed., by Braitwaise, t. XXV, p. 'i0'2,
(2) James Miller, M cm. cité.