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DES RÈGLES DE LA CHLOROFORMISATION

Les règles qui président à une bonne chloroformisation ne se rattachent à aucune méthode exclusive d'administration ; elles peuvent se résumer en un seul mot : éviter par tous les moyens possibles la production de la syncope.

§ L — Précautions» |>rélimliiaii>e$».

A. Examen du malade. — 11 iaut, avant tout, s'imposer l'obligation de ne jamais procéder à l'éthérisation avant d'avoir scrupuleusement recherché les contre-indications qui peuvent exister, soit dans l'état des organes, soit dans Tétat de l'innervation. Une nuit sans sommeil, l'épuisement causé par quelque rêve fatigant, un peu de malaise passager...., toutes ces fluctuations, dont l'action commune est une fatigue des nerfs, ne seront point négligées par le clinicien habile, qui sait que c'est dans la force de résistance du système nerveux que se rencontrent les meilleures chances de succès.

B. Le malade doit-il être prévenu à l'avance de U opération ? — Autrefois les chirurgiens attachaient une grande importance à ce que le malade ignorât le jour et l'heure de l'opération qu'il devait subir : ils redoutaient avec raison l'influence exercée sur le système nerveux par la terreur longtemps subie d'une opération sanglante. L'état d'anéantissement profond qui en était la conséquence, et que chacun a pu apprécier avant l'apparition de la méthode anesthésique, pouvait être porté au point de donner la mort. En fournissant un moyen assuré de calmer la douleur, le chloroforme a fait perdre à cette recommandation beaucoup de son importance, toutefois elle nous paraît encore avoir sa raison d'être dans certains cas. Le patient, débarrassé

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de la crainte de souffrir, ne laisse pas que d'avoir parfois des inquiétudes au sujet de la chloroformisation ou des suites immédiates et des conséquences de l'opération. D'autres considérations, telles que la mise en scène devant un public nombreux, la nécessité de paraître à découvert, sont capables de jeter certains malades, et en particulier les femmes, dans un trouble, une anxiété éminemment défavorables au succès des inhalations. Si le chirurgien remarque cette tendance, il est avantageux, l'opération une fois agréée, d'en cacher l'époque, ou tout au moins de ramener, avant d'agir, le calme et la confiance dans ces consciences alarmées. Parmi les dispositions d'esprit em.pirées par la perspective d'une opération, il en est une qui doit surtout attirer l'attention : c'est ce qu'on appelle le faux courage. 11 consiste à témoigner par de vives démonstrations d'une résolution calme, d'une fermeté qu'on n'a pas : on le reconnaît au contraste qui existe entre les protestations extérieures et la pâleur excessive de la face, l'altération des traits, la fréquence et l'irrégularité du pouls, la faiblesse des battements du cœur. Mieux vaut, dans ces cas, à moins de nécessité, ajourner l'opération, et agir pendant ces moments de répit sur le moral du malade.

C. Le malade doit être à jewi. — C'est une recommandation sur laquelle ont insisté avec beaucoup de raison tous les chirurgiens; quand l'estomac contient des aliments liquides ou solides dont la digestion n'est pas complète, non-seulement l'anesthésie est plus dangereuse, ainsi que nous l'avons déjà dit, mais aussi elle est plus difficile à obtenir. Nous avons constaté l'inlluence de cette disposition même chez les animaux, dans un cas qui se trouve rapporté dans nos recherches expérimentales. On sait combien les phénomènes de l'éthérisation sont simples et réguliers chez le chien. Une seule fois, nous fûmes surpris de rencontrer une période d'excitation tout à fait insolite par sa marche, sa durée, par des alternatives de torpeur et d'excitation, par des convulsions excessives et de brusques Iransilions dans les caractères du pouls et de hi respiration.

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