‹ Traité d'anesthésie chirurgicaleChapitre 90 sur 123 · OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LE PÉRITOINE · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LE PÉRITOINE

Depuis l'avènement de la méthode anesthésique, les plaies chirurgicales faites à cette séreuse ont perdu un peu de leur redoutable réputation. A la faveur d'une anesthésie profonde,

(I) Voyez les observations de M. Robert, note citée, Sur les dangers de la chloroformisation; de M. Debout, Jhillelin de la Sociélé de chirurgie^ 1851; de M. Fano, Archives rjénérales de médecine; de M. Escalier, Union médicale, 1849, etc.

568 APPLICATIONS DE l'aNESTHÉSIE AUX OPÉRATIONS SPÉCIALES.

on ose plus souvent, et les efforts des. opérateurs paraissent couronnés plus souvent de succès.

M. Spiegelberg, dans un mémoire spécial (1), s'est attaché à en faire ressortir les avantages dans l'opération césarienne. Outre le bénéfice de la suppression de la douleur, l'anesthésie lui paraît de nature à atténuer ou à prévenir deux accidents très sérieux : d'abord les accidents nerveux, en soustrayant la malade à l'horrible anxiété dans laquelle elle doit se trouver pendant l'opération; ensuite la péritonite, en paralysant l'intestin qui, sans cela, fait irruption à travers la plaie , exige des manœuvres qui contusionnent l'organe et favorisent le développement de l'inflammation. 11 lui paraît démontré qu'une simple ouverture du péritoine, si elle n'est compliquée de hernie intestinale, ne détermine pas habituellement d'accidents. Les succès récents et déjà nombreux de l'ovariolomie viennent donner une grande autorité à Topinion du professeur de Gœttingue. A coup sûr, on redoute moins le péritoine aujourd'hui qu'il y a quelques années. Dans cette voie de progrès, n'a-t-on fait que renoncer à des craintes excessives, ou bien a-t-on rencontré dans le chloroforme un auxiliaire qui rend positivement moins dangereuses les éventrations imposées par un péril imminent? Cette conquête chirurgicale est trop nouvelle, les faits sont encore trop peu nombreux pour imposer une conviction ; mais les avantages que M. Spiegelberg attribue à la paralysie des muscles du ventre et de l'intestin lui-même sont trop vraisemblables pour que les opérateurs ne soient pas empressés, dès le principe, de conseiller comme une des principales conditions de succès dans l'ovariotomie, d'entretenir chez la patiente, pendant tout le temps nécessaire, une anesthésie profonde avec résolution musculaire. Cette présomption favorable au sujet du rôle important joué par les agents anesthésiques se trouve d'ailleurs confirmée par la physiologie expérimentale.

(1) Deulschc KÛnik, 185G, ii° 15.

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