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LE CLAIR-OBSCUR

(Voir fig. 72, 73, 73, 77, 79, 83, 86 et 128.)

« Le clair-obscur, dit Mengs, est l’art de distribuer la lumière et les ombres. »

Plus tard, Diderot exprime ainsi la poétique séduction et l’clTet puissant de cette distribution harmonieuse : « Que celui qui n’a pas étudié et senti les effets delà lumière et de l’ombre dans les campagnes, au fond des forêts, sur les maisons des hameaux, sur les toits des villes, le jour, la nuit, laisse là les pinceaux; surtout, qu’il ne s’avise pas d'être paysagiste. »

C’est le clair-obscur qui, après la perspective linéaire, contribue le plus à faire paraître, sur une surface plane, les objets en relief et de formes variées et distinctes.

Le clair-obscur peut s’entendre de deux manières :

Dans le sens le plus large, clair-obscur signifie passer des ombres rmx lumières. Ainsi, le temps est orageux, les nuages couvrent le ciel (fig. 72); malgré cela, le soleil fait ce qu’on pourrait appeler ane trouée lumineuse et, apparaissant tout d’un coup, éclaire un 'o in de la nature, tandis que l’autre reste enseveli dans l’ombre; *à et là seulement vient encore jaillir quelque rappel de lumière : eh bien! ce passage subit de la lumière éclatante, selon sa distance, à l’ombre obscure ou transparente, c’est le véritable clair-obscur, autrement dit la variété des oppositions dans les grands aspects de la nature.

Clair-obscur, pris dans un sens plus restreint, se dit des parties pù, dans un effet de lumière, sont dans l’ombre, et s’entend particulièrement du modelé de ces objets parles demi-teintes ouïes vigueurs.

Rembrandt est le maître du clair-obscur ; nous signalons surtout aux paysagistes l’admirable effet de son Paysage aux trois arbres.

PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES DE L’ART

Les Anglais ont aussi beaucoup étudié ces effets et y ont souvent réussi. Parmi les Hollandais, les Ruysdael, les Ilobbema, les Cuyp et autres y ont excellé. Il faut reconnaître que la représentation de ce grand drame de la nature est pour le paysagiste un des sommets de l’art, trop délaissé chez nous aujourd’hui. L’aquarelle se prèle plus que l'huile à l’étude de ces grands aspects; par la rapidité de l'exécution, elle permet de saisir plus vivement ces ensembles cl, par ses qualités de lumière, de mieux grouper ces oppositions de clair et d’ombre.

Le clair-obscur, dit Eugène Fromentin, est l’art de rendre l’atmosphère visible et de peindre un objet enveloppé d’air. Son but est de créer tous les accidents pittoresques de l’ombre, de la demi-teinte et de la lumière, du relief et des distances, etde donner par conséquent plus de variété, d'unité et d’effet, de caprice etde vérité relative, soit aux formes, soit aux contours.

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