L’EFFET
L'effet peut se comprendre de plusieurs manières.
Cherche r l’effel d'un motif signifie chercher l’heure de la journée où ce motif est le plus favorablement éclairé. Exemple: nous sommes en pleine forêt; tout à coup les rayons du soleil, tombant derrière un groupe de hêtres (fig. 73), illuminent un coin de la nature; les arbres qui sont dans l’ombre forment avec la lumière une opposition très puissante de ton et offrent un grand charme: voilà un effet.
L’effet est en quelque sorte le moyen magique de conduire l’œil du spectateur vers le point le plus intéressant du tableau.
L'effet est, dans la grande mélodie qui enveloppe le tableau, la note intéressante surgissant avec tout son charme et toute sa puissance.
L’effet se présente de mille manières; autant d’individualités, autant de recherches d’effets différents. L’uu aime les effets dra-
Fig. 73.
PRINCIPES ELEMENTAIRES DE L’AIIT.
matiques, les orages, les tempêtes; l’autre, le calme, la simplicité; celui-ci, la force, la puissance, l’énergie; celui-là, les gracieuses et suaves harmonies <lu printemps.
Les elfets de soleil levant et de soleil couchant sont aussi deux grandes scènes, tout écrites et lisibles pour ceux qui sont de force à les traduire.
L’étude de ces ctfets, pris sur nature, laisse toujours sur l’œuvre du peintre un charme indéfinissable.
L' effet est une partie du génie du peintre. Tous les grands maîtres, sans exception, ont, comme point d’appui, l'effet.
Savoir mettre une aquarelle à l'effet , c’est donc avoir déjà beaucoup de talent; car c’est l’un de ces grands côtés de l’art qu’on 11e saurait jamais trop étudier : un motif insignifiant bien mis à l’effet peut produire une œuvre remarquable.
Effet et clair-obscur signifient à peu près la même chose : l'un est l’application raisonnée des ombres pour faire vibrer la lumière sur un seul point ; l’autre, l’étude variée de ces ombres pour arriver au même but.